Dans le département de la Drôme, de la Haute Marne et à Québec Nouvelle-France
« Les historiens, les démographes et les généalogistes s’entendent pour affirmer qu’entre 30000 et 60000 Français ont séjourné au Canada avant la Conquête de 1760, dont quelque 10 000 migrantes et migrants se sont établis au Canada sous le Régime français, parmi lesquels plus de 96 % sont d’origine française ».[1]
Je vais vous conter – avec les documents que j’ai pu trouver- le parcours de Françoise Guignard née le
17 mars 1731 à Barbières dans la Drôme ; son nom est cité dans le fichier ‘Origine’ [2] . Elle est le dernier enfant du couple Claude et Jeanne NICOLAS qui eurent sept enfants dont un seul garçon. Veuf, Claude se remarie en 1737 à Besayes avec Marie Duvorzet.
Dans le département Barbières se situe au pied des montagnes du Vercors, un coin un peu reculé de la Drôme où il y avait moins de routes que celles présentes sur cette carte [3]:
Carte de France pour situer le département de la Drôme, département bien éloigné des ports d’où les navires appareillent pour la Nouvelle France :
Le père de Françoise, Claude Guignard, maitre maçon, détenu de maladie corporelle, fait établir un premier testament dans sa maison, à l’âge de 47 ans ; les témoins sont majoritairement des hommes d’église (cinq hommes sur les sept témoins) des paroisses voisines de Barbières [4] qui contient l’église Saint-Sébastien et le Prieuré-cure Saint-Martin de Cernes.
Françoise s’ennuie-t-elle dans son village, a-t-elle envie d’élargir son horizon ou tout simplement est-elle « mise en condition » pour quitter le pays ? par les fréquentations religieuses de son père :
« Quant aux arrivées individuelles, elles sont souvent l’affaire des institutions religieuses qui les recrutent en France comme domestiques ou pour devenir religieuses ».[5]
Pour cela la jeune fille ou la veuve se doit d’avoir une conduite irréprochable : « Dans les ‘Jugements et délibérations du Conseil Souverain’, on voit que l’immigration était surveillée avec soin et vigueur, afin que l’on n’envoyât point de personnes de mœurs douteuses ni de gens adonnés à des métiers dont le besoin ne se faisait point sentir, qui trouveraient difficilement à s’employer en cette qualité ».[6]
La conduite de Françoise a dû être conforme aux attentes : je retrouve sa trace à Québec dans un acte de mariage [7]:
Sur ledit acte les parents de Françoise sont bien ceux inscrits sur son acte de naissance ; ceux de Nicolas sont respectivement Jean-Baptiste (manœuvrier) et Pierrette Tixer ou Tissier inscrits pour la naissance au premier septembre 1725 dans la paroisse de la Rivière sous Aigremont * dans le département de la Haute-Marne. Il est le seul enfant de ce couple (source : https://www.cfqlmc.org/pdf/Villes-et-Villages-de-France).
*aujourd’hui Larrivière sur Apance
La situation professionnelle de Nicolas Degré : il est une recrue dans les troupes de la Marine, compagnie de Lanaudière [8]:
Dans les remarques il est noté que Nicolas embarque le 18 mars 1756 accompagné de sa femme Françoise Guinard ; où l’a-t-il rencontré ? A la Rochelle avant d’embarquer ? leur mariage est célébré à Québec quelques mois plus tard : comment pourrait-elle être sa femme sur le bateau, sa compagne peut-être ? et comment expliquer la naissance de leur premier enfant relevé en 1755 ?
Françoise serait-elle moins prude qu’elle ne l’aurait laissé paraître ? car les enfants de Nicolas et Françoise nés en Nouvelle France, Québec : Thérèse Degré dit Laliberté (1755/1756), Marie Hélène Degré dit Laliberté (1757/1758), Louis Marguerite Degré dit Laliberté (naissance année 1759, pas de relevé date de son décès).
En France, en 1776, Claude Guignard, âgé de 95 ans, père de Françoise, sentant sa fin venir, dicte son deuxième testament[9] en faveur des trois enfants qu’il sait être vivants sans oublier Françoise dont il n’a point de nouvelles :
Sur ce deuxième acte notarié il nomme un ‘Alexis’ comme héritier aussi :
Il décèdera le 12 décembre 1776 à Barbières dans sa maison ; aucun de ses enfants n’est présent pour déclarer le décès.[10] Seul Alexis Culosse et un autre homme seront là :
Françoise n’est pas la seule femme du département de la Drôme émigrant au Québec :
BONIFACE ou BONIFACY, Madeleine, baptisée le 14 septembre 1711 dans la paroisse Saint-Jean à Verclause *. Fille de Jean Boniface et d’Elisabeth Feraud ou Favreau, Mariée une première fois à François Mespec ; veuve elle épouse Nicolas Camus à Québec le 10 juin 1756 ; elle part de France pour la Nouvelle France en 1752.[11]
* près de Nyons, dans le sud du département
Pour une étude démographique plus poussée se référer au travail de Marcel Fournier :
« Entre 1617 et 1759, leur venue et leur présence au Canada étaient indispensables. Elles ont développé une nouvelle contrée avec la nombreuse descendance qu’elles ont engendrée. Des femmes courageuses, souvent instruites et déterminées, ont contribué d’une façon exceptionnelle à la fondation de la société canadienne. Qu’elles soient simples migrantes ou Filles du roi, toutes peuvent à juste titre être considérées comme les mères de la nation québécoise ».
(Source : vue 20, PDF, Synthèse de l’immigration féminine dans la vallée du Saint-Laurent sous le Régime français ; MSGCF, volume 76, numéro 1, cahier 323, printemps 2025 : 22-41)
[1] PDF, Synthèse de l’immigration féminine dans la vallée du Saint-Laurent sous le Régime français, MSGCF, volume 76, numéro 1, cahier 323, printemps 2025 : 22-41, Marcel Fournier
Dans mon écrit précédent sur les Volontaires pour défendre la patrie je cite les armées constituées et leurs affections.
L’armée du Midi, composée de l’armée des Alpes et de l’armée des Pyrénées, est en lien avec mon département, la Drôme et son deuxième bataillon :
« Les volontaires nationaux de la Drôme, notamment ceux de 1791 (bataillons numéro 1,2,3,4), incorporés dans l’armée du Midi, n’avaient aucune raison d’être à Sainte-Menehould, aux Islettes ou à Valmy. Ils ne pouvaient être, d’autant plus en présence des Prussiens, puisqu’on venait de les diriger vers la Suisse ».[1]
Montesquiou Fezensac, général en chef de l’armée du Midi, comprend le premier l’importance pour la France, sur le plan politique et militaire, de conquérir le duché de Savoie et le comté de Nice ;
« L’armée du Midi, disséminée sur la ligne des Alpes, depuis Genève jusqu’à Antibes, ne comptait qu’un petit nombre de soldats mal équipés et mal exercés, pour la plupart gardes nationaux. On tira de l’armée des Pyrénées un renfort de troupes de ligne. Le Languedoc et la Guienne fournirent des bataillons de volontaires ; le 04 septembre le général en chef reçut l’ordre d’invasion »[2] (année 1792).
Fin septembre 1792 les armées françaises occupent Nice et la Savoie (annexion au 27/11/1792) :
En conséquence des lois du 21 juin, 22 juillet et 04 août 1791 le quatrième bataillon de la Drôme, formé le 14/10/1791, originaire de Crest, est en garnison à Nice à la date du 17/11/1792,[3] Nice qui sera annexée à la France le 31 janvier 1793.
Au 18/11/1792 le deuxième bataillon de la Drôme cantonne à Avuzy en Suisse, sous le commandement du maréchal de camp Pourcin.[4]
Plus précisément au début de l’année 1793 le deuxième bataillon des Volontaires de la Drôme stationne à Anot, Digne et Colmars (dans les Basses-Alpes), puis participe au siège de Toulon avec l’armée d’Italie, qui comprenait également le 4ème bataillon, employé contre les Austro-Sardes au-dessus de Nice, écrit Michel Garcin dans son ouvrage.[5]
Le 05/05/1794 le deuxième bataillon de la Drôme est versé dans la 118ème demi-brigade (avec le 2ème bataillon du 59ème régiment d’infanterie, 3ème bataillon des Volontaires de l’Isère).
Je retrouve le capitaine Charles Chirol, retiré par démission le 08 ventôse an 4 (27/02/1796)[6]. Joseph Ochier n’est plus sur les listes.
La 118ème demi-brigade fait la campagne de l’an 2 (1793/1794), l’an 3 (1794/1795) et l’an 4 (1796/1797) aux armées des Alpes et d’Italie [7], armée des Alpes sous les ordres du général Kellermann de l’année 1795 à 1797 :
L’armée des Alpes est une des cinq armées françaises prévue dans le plan de campagne de Lazare Carnot contre les puissances royalistes avec celles de Sambre et Meuse (général Jourdan), de Rhin et Moselle (général Moreau), d’Irlande (plus modestement en Bretagne) (général Hoche) et d’Italie (général Bonaparte).
L’administration municipale se réunie en vertu de l’arrêté départemental du 15 ventôse an 4 (05/03/1796) relatif à la réquisition faite par le commandant en chef de l’armée des Alpes ; il s’agit de fournir des bestiaux, du bois de chauffage, du foin, de la paille et de l’avoine pour les besoins de l’armée.
Plus précisément le canton doit livrer deux bœufs de poids de quatre quintaux au moins.
Extrait du registre des délibérations de Clérieux commençant au 09 pluviôse an 4 jusqu’au 17 germinal an 4 (du 29/01/1796 au 06/04/1796).[8]
La réquisition des jeunes gens se poursuit en soutien notamment de la décision d’envoyer des troupes outre-manche :
Au 28 floréal an 7 (15/05/1796) le tirage au sort désigne, parmi d’autres jeunes, Victor Ochier, âgé de 19 ans, né le 17/03/1777 à Chanos. Il a pour consigne de se rendre au chef-lieu du canton (Clérieux) le 02 prairial (21/05) à 7 heures du matin pour delà se rendre au chef-lieu du département ; il doit apporter deux chemises, deux paires de souliers, de paires de bas le tout en bon état ; il recevra un havre sac au chef-lieu du canton et 35 livres.[9]. Il survivra aux conflits, tisserand, décédera en 1847 à Peyrins dans la Drôme.
Il est le frère de Joseph dont je parle dans mon écrit sur les Volontaires.
A l’origine deux forces devaient débarquer en Grande-Bretagne comme effet de diversion, alors que le corps principal débarquerait en Irlande (source Wikipédia).
« Celle-ci fut la première de plusieurs tentatives de Theobald Wolfe Tone, le ‘prophète de l’indépendance de l’Irlande’, en collaboration avec les généraux français Lazare Carnot et Lazare Hoche, pour débarquer une armée française sur les côtes de l’Irlande en 1796.
Son but : provoquer un soulèvement général contre les Anglais, que Tone aurait alors dirigé. Tragédie de l’histoire, une terrible tempête dispersa la flotte des 43 voiliers. 4000 hommes périrent en mer.
Mais le mauvais temps ne fut pas le pire des obstacles. Bien que commandé par Hoche en personne, l’opération fut sabotée par des « bureaux ministériels…infiltrés par des contre-révolutionnaires favorables à la cause anglaise. En effet, des émigrés furent autorisés à retourner en France et se retrouvèrent à des postes clefs. Ainsi, ils furent capables de retarder à loisir les dossiers et de bloquer le financement de l’opération ; ceci provoqua des délais terribles dans le recrutement des hommes, dans leur armement et dans la mise sur pied de la force d’expédition ».[10]
A cause de la tempête et l’indiscipline environ 1400 français débarquent à Carreg Wasted (au Pays de Galle) en février 1797 :
Arrivée des français :
Les français déposent les armes :
Photographies personnelles faites au Pays de Galles à partir d’une tapisserie représentant l’invasion française, appelée bataille de ‘Fishguard’, musée à l’initiative de la société des arts des gardes cotes gallois.
Ce débarquement se solde par un cuisant échec.
Le 5 brumaire an 6 (26/10/1797) le Directoire décide le rassemblement d’une armée dans le but d’envahir la Grande-Bretagne ; en janvier 1798, 50 000 hommes se rassemblent à Brest ; le 23 février Bonaparte estime le projet irréalisable.
Il faudra attendre le 25/03/1802 pour la signature du traité d’Amiens qui met en place une trêve franco-britannique.
Le 15 fructidor an 6 (05/09/1798) la loi Jourdan énonce que tout français est soldat ; cette loi sur la conscription amène des abus à propos des actes de mariages. Les hommes célibataires, pour certains, contractent un mariage fictif pour éviter l’enrôlement. Pour éviter cette situation les mariages devront se faire au chef-lieu du canton au lieu de devant le maire du village.
Au 18 floréal an 7 (07/05/1799), François Ochier, né le 31/08/1778 à Chanos-Curson, frère de Joseph et de Victor, « Tisserand, est atteint d’une hernie du côté gauche avec un engorgement considérable ; la réduction ne pouvant s’opérer sans danger qu’il est susceptible d’une dispense provisoire de deux mois ».[11]
Cependant la plus grande partie des conscrits de l’an 8, 9 et 10 ne sont pas mobilisés ; plus de 30 000 vétérans de la levée en masse de 1793 sont renvoyés dans leurs foyers écrit Jacques Demougin dans son ouvrage.[13]
A la veille du coup d’Etat de Bonaparte, le 18 et 19 brumaire an 8 (09 et 10/11/1799) l’insécurité se manifeste sur les routes. Une attaque sur une route importante contre la malle-poste qui transporte le courrier de Marseille à Lyon a lieu au cours du mois précédent.[14]
Dans l’étude du brigandage dans la Drôme « Qu’en l’an VIII les troupes de brigands furent renforcées par l’apport des déserteurs qui refusaient la levée d’avril 1799 ‘pour faire face à l’offensive de la seconde coalition contre la France’ ».[15]
Avec mon écrit précédent sur les Volontaires nationaux je peux suivre les appels émis pour défendre la patrie et ceci à travers la mobilisation de trois garçons sur les quatre d’une fratrie. Il s’agit de la famille Ochier où les hommes exercent le métier de tisserand de toile[16].
Au 26 prairial an 6 (14/06/1798) dans le canton de Clérieux dont les Ochier font partie : « Les agriculteurs ne peuvent se procurer des domestiques car ceux-ci ‘veulent exiger des gages exorbitants sous le prétexte qu’ils gagneroient infiniment plus s’ils travailloient à la simple journée’/les domestiques femelles même poussent leurs prétentions extravagantes à cet égard/ce qui oblige les propriétaires à laisser une part de leurs terres en friche ».[17] Affaire qui sous-tend une volonté ‘de renverser la Constitution et le gouvernement où les prêtres réfractaires sont montrés du doigts’.
De par leur profession les Ochier échappent aux contraintes liées à ceux qui font métier de la terre où pour cette activité les bras des fils sont nécessaires pour ‘faire tourner la ferme’.
[1] Page 123, la patrie en danger par Michel Garcin, édition Nigel Cauvin
[2] Vue 133, PDF Gallica, histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1833, tome 1, par Abel Hugo
Si je suis en mesure de présenter cet écrit avec une telle précision au sujet de l’existence de Claude Courbis, c’est grâce au travail remarquable des bénévoles de l’association « Études Généalogiques Drôme » qui, depuis 1977, entreprennent l’indexation systématique des actes et des registres notariés. https://www.geneadrome.org/
Claude Courbis nait le 21 février 1696 à Clérieux[1] ; il est fils de Pierre, maitre charpentier et de Marie Bressot mariés le 27 octobre 1692 dans la paroisse (leur contrat de mariage 2 E 7657 du 11/10/1692).
Clérieux dans le Dauphiné, près de la ville de Romans sur Isère (carte Cassini) [2] :
Le baptême de Claude a lieu dans l’église Sainte-Catherine, située dans le village, pas trop loin de l’habitation familiale (indiquée sur le contrat de mariage de Pierre, frère de Claude, né le 16 août 1693).
L’orientation de l’église Sainte-Catherine à cette époque [3]:
Le nom ‘Courbis’ est implanté dans le département de la Drôme et un peu dans celui de l’Ardèche.[4]
Agé de 16 ans, notre personnage, indisposé, fait établir un second* testament le 23 décembre 1712 [5] à Clérieux, au profit de son frère Pierre, sa mère décédée avant ou pendant l’année 1710 et son père en 1712 :
Néanmoins sein de ses sens en bonne mémoire :
Son corps soit au cimetière de Clérieux :
De son peu de biens il ne peut faire aucun legs à l’église ni aux pauvres :
*pas de trace du premier testament énoncé rédigé 4 à 5 jours avant chez le notaire Boffard
Trois années passent. Le 23 mars 1715 Claude retourne chez un notaire de Romans sur Isère, pour de nouveau tester [6]: il est dit habitant Clérieux, exerçant le métier de charpentier (comme son père),
Il nomme son frère Pierre, mais celui qui héritera sera Vincent Avignon, marchand installé à Clérieux.
Claude en fait son héritier universel pour services rendus.
Dans l’acte :
‘Etant sur le point de partir pour s’en aller à l’armée au service du Roy* dans la compagnie de monsieur d’Amboise, capitaine au régiment de Toulouze’.
Je constate qu’il n’est plus question pour lui de vouloir se faire enterrer dans sa paroisse de naissance.
La majorité est à 25 ans : il part à l’âge de 19 ans : a-t-il demandé l’autorisation à un conseil de famille ?
*Louis XIV décèdera en septembre 1715
« Le régiment de Toulouse est bien un régiment d’infanterie de l’armée française sous l’Ancien Régime, crée en 1684 pour Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse (fils légitimé de Louis XIV) et conservant ce nom jusqu’en 1737, date à laquelle il est rebaptisé régiment de Penthièvre ».[7]
A cette période c’est la guerre de la Quadruple-Alliance (1718-1720) : la France contre la Grande-Bretagne, Provinces-Unies et Autriche, contre l’Espagne de Philippe V.[8]
Je n’ai pas accès à la fiche militaire de Claude : le registre 1 Yc 984 (régiment de Toulouse) n’est pas en ligne sur le site ‘Mémoire des hommes’ [9] et cela est trop fastidieux, sans table alphabétique, de tourner x pages d’un registre pour retrouver l’élément :
Son uniforme : habit, culotte blancs ; veste, collet, parements bleu de roi, boutons, galon blancs.[10]
Son engagement militaire est d’un minimum de six années. Que s’est-il passé dans son parcours de vie pour que je le trouve à Québec [11] :
Les différents groupes d’immigrants au Québec [12] :
Carte du Canada avec la province du Québec et la ville Québec [13] :
Une des explications de l’origine du mot ‘Québec’ : Kébec étant un mot algonquin signifiant ‘ là où le fleuve se rétrécit ‘.
Je passe le récit de la présence de Jacques Cartier.
Pour la période qui m’intéresse : « La colonisation de la Nouvelle-France commence en 1608 avec la fondation de Québec par Samuel de Champlain. À partir de 1663, le roi Louis XIV transforme la Nouvelle-France en colonie royale, ce qui attire de nombreux colons, notamment les « filles du Roy ». Cette expansion se heurte aux guerres contre l’Angleterre et aux tensions avec les Iroquoises et Iroquois.
En 1763, avec le Traité de Paris, la Nouvelle-France devient une colonie britannique. Ce changement est officialisé par la Proclamation royale, et le Québec prend son nom actuel. L’Acte de Québec de 1774 permet aux Canadiennes françaises et aux Canadiens français de conserver leurs droits civils et religieux ».[14]
En 1763 fin de la guerre de Sept Ans. Au traité de Paris, la France cède le Canada à la Grande-Bretagne, qui reçoit aussi la Floride de l’Espagne. (Source : le petit Larousse, l’histoire du monde en 8000 dates).
« Finalement, après une soixantaine de jours en mer et avoir surmonté maladies, tempêtes, pirates et corsaires, remonté le fleuve Saint-Laurent, où les occasions de faire naufrage étaient nombreuses, on atteignait le port de Québec. Le voyageur pouvait enfin mettre le pied en terre canadienne ».[15]
Claude Courbis épouse le 28 octobre 1726 à Québec (paroisse Notre-Dame) Marguerite Senelle[17] qui décèdera en 1758 à Québec [18] :
Dans cet acte pas de ligne informant ‘autorisation d’un supérieur militaire’ cela signifie que Claude a le statut d’un civil. Nous verrons plus loin dans mon écrit la conséquence de La dispense de bans.
Le relevé du mariage ici daté de l’année 1714, de Marguerite avec Prisque Dubois (https://www.myheritage.fr/) :
Le couple donnera naissance à Marie, le 25 mai 1715 à Ste Famille, ile d’Orléans, Québec (source Familysearch).
« On estime à environ 5300 le nombre de travailleurs et d’engagés qui sont venus au Canada entre 1608 et 1760. Parmi ceux-ci, seulement 10 % avaient quelque qualification professionnelle et déjà de l’expérience d’un métier, ce qui signifie que le nombre d’artisans issus de l’immigration fut relativement faible pour l’ensemble de la période française ».[20]
« Un soldat peut s’embarquer, comme militaire ou comme engagé, après avoir fait la navette entre des villes casernes pendant six ou sept ans »[21].
L’émigration de Claude Courbis, charpentier à l’intérieur des terres dauphinoises, vers le Québec, peut s’expliquer ainsi : déjà au XVIIe siècle « Très recherchés dans un pays où tout restait à construire, les maçons, les tailleurs de pierre, les menuisiers et les charpentiers formaient le plus grand contingent d’artisans de la colonie ».[22]
« 39 % des immigrants venaient du nord-ouest, 19 % du centre-ouest et 11 % du sud-ouest ».[23] *
* de la France
« Il y eut essentiellement des esclaves d’origine autochtone (les Pawnees), utilisés comme guides et hommes à tout faire pendant la colonie, mais aussi environ 1400 esclaves d’origine africaine entre le début du XVIIIe et celui du XIXe siècle ». Claude les a-t-il côtoyés ?
Pendant son séjour il n’a pas dû être épargné des morsures de la mouche noire :
« Insecte de la famille des simuliides, est particulièrement active dans les bois au début de l’été, attirée par les parfums et les vêtements foncés, mais d’une manière générale par tout ce qui produit du gaz carbonique et a du sang dans les veines… c’est généralement la démangeaison qui signale que l’on a été piqué par une mouche noire femelle qui est en réalité beaucoup plus petite qu’une mouche inoffensive. On peut parler de morsure plutôt que piqûres ».[24]
Huit ans de présence en tant que soldat (en France ?) puis trois ans en tant qu’engagé – son arrivée en Nouvelle-France en 1725/1726 – : « Ces hommes étaient des ouvriers agricoles, des domestiques, des ouvriers qualifiés ou des assistants personnels. Ils signaient des contrats d’engagement pour une période de trois ans afin de travailler en Nouvelle-France comme engagés ». [25]
J’émets l’hypothèse qu’il rentre en France pendant la saison du printemps de l’année 1729 ou 1730 (pendant l’hiver les glaces envahissement le fleuve Saint-Laurent). Dans ce sens le voyage dure un mois [26] :
Son voyage s’effectue peut-être en flute, grand voilier de commerce à trois mâts, très répandu dans la marine française pour le transport de cargaisons et de passagers entre la France et ses colonies nord-américaines.
Cependant il existe d’autres navires marchands à voile type ‘navire de charge’ : galiote, vaisseau marchand armé, parfois frégate marchande.
En 1776 existe une liste nominative des passagers débarqués au port de Calais[27] ; pourquoi ne pas avoir débarqué dans celui-ci ?
Pour la deuxième fois le 25 juin 1730 (sans aucune information de ce qu’il en est advenu de son premier mariage au Québec) avec Marie Anne Langlois.
« Quand le mariage est célébré loin de la paroisse d’origine, on utilise des lettres dimissoriales ou certificats par lesquels le curé d’origine autorise un autre prêtre à marier son paroissien et confirme son statut (célibataire, non veuf, etc.) ». Cette autorisation est aussi souvent appelée congé ou lettre de recedo[29].
La première union, dispensée des trois bans, n’a pas fait l’objet de lettres dimissoriales et donc n’a pas été enregistrée auprès le curé de Clérieux.
Veuf d’Anne Marie Langlois, il contracte une autre union le 27 juillet 1733 à Calais avec Marie Jeanne Vanrode :
Encore veuf, il reprend une épouse, pour la quatrième fois, le 17 janvier 1739, Marie Anne Antoinette GUILLAUME, à Calais :
De toutes ses unions il aura donné naissance à sept enfants, pas tous arrivés à l’âge adulte.
Je relève sur le dernier acte de mariage qu’il exerce le métier de journalier : qu’est-ce qu’il l’a poussé à changer de profession ? il est charpentier ; peut-être son métier d’engagé à Québec.
Claude décède avant le 12 octobre 1784, indiqué sur l’acte de mariage de son fils Claude Antoine.[30]
Que devient Pierre, son frère, portant le même prénom que leur père.
Il épouse Louise Chabert, à Clérieux. Son contrat de mariage [31] date du 31 décembre 1710 où il est dit ‘travailleur’.
Sa mère énoncée décédée avant ou pendant l’année 1710, seul son père émet une exigence dans le contrat de mariage de son fils :
« Ledit Claude Courbis tombant malade veut qu’il soit nourri par lesdits époux jusqu’à acquit soit remis »
Veuf, Pierre se remarie le 14 septembre 1739 avec Marie Pailharet (Palharey).[32]
De sa première union nait Jean, le 12 novembre 1715 à Clérieux : ce dernier épouse le 28 janvier 1738 à Chantemerle les Blés Marguerite Blanc (cm 2 E 3686 folio 15 à Clérieux) qui lui donnera une fille, Marguerite, née en 1742, décédée en 1753 à Erôme.
De sa deuxième union nait Marie, (pas l’acte de naissance dans les paroissiaux) décédée le 22 mars 1744 à Clérieux à l’âge de 3 ans soit l’année 1744 moins 3 ans cela amène à l’année de naissance 1741,
En conclusion : suite à une information parue dans la revue française de généalogie sur les migrations au Québec j’ai cherché et trouvé le nom d’un paroissien originaire du village de mes ancêtres.
Cela m’a amené à mettre en œuvre des recherches sur cet homme -qui n’appartient pas à ma lignée- et de poser par écrit les découvertes que j’ai faites.
(Source dans Généanet, identifiant ‘arbre des neiges’ au nom de Marie-Thérèse Lemoine et Bernard Plé) :
« Jean SENELÉ a sans doute été recruté comme serviteur par la Compagnie des Indes occidentales, puis acheté par Pierre Boucher de Grosbois, gouverneur de Trois-Rivières. En 1672, il est serviteur chez Pierre Gadois, armurier. Celui-ci cède ensuite ses services à titre de compagnon à Martin Hurtubise.
Par ce contrat : (…) a reconnu et confessé, s’estre engagé, audit Heurtubise pour ce présent et acceptans de luy rendre tous et chacuns ses services en tout lieu dont il sera trouvé et jugé capable pendant le temps de trois années finis et accomplis qui ont commencé, des le vingt septième février dernier passé, et promet pendant ledit temps servir fidèlement ledit Heurtubise en tout ce qui luy sera commandé (…)
Il signe ses contrats: Cenele –
(Source: Jean Senellé (Senelé) serviteur de la famille Hurtubise et Vinet-Larente – Histoire et généalogie des Vinet dit Larente) ».
Pour protéger les frontières de la France pendant la Révolution française contre une coalition de la noblesse-conformément à l’article 14 de la loi du 15 juin 1791-, un registre est ouvert dans chaque district ; s’y inscrivent les Volontaires nationaux dont certains sont d’anciens Gardes nationaux.
« La Constituante qui prévoyait le pire -avec juste raison d’ailleurs- et qui constatait que la dissolution de son armée de métier s’accentuait, multiplia ses efforts pour compenser l’insuffisance des troupes de ligne et combler les vides, d’autant plus qu’elle avait aboli, en mars 1791, les milices provinciales/ l’Assemblée décréta ‘de faire dans chaque département une conscription libre de Gardes nationaux de bonne volonté, dans la proportion de un sur vingt qui devaient être payés par l’Etat, une fois employés au service de la patrie : ce furent là les premiers volontaires nationaux’ ».[1]
[1] Page 52, la patrie en danger par Michel Garcin, édition Nigel Cauvin
La Garde nationale « force de maintien de l’ordre, placée à l’origine sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, avait était organisée par le décret du 12 juin 1790 : elle ne devait pas être engagée dans une guerre extérieure. Les menaces de l’Autriche et de la Prusse, contraignirent donc l’Assemblée à demander à un garde national sur vingt de contracter un engagement d’une année dans des régiments dont les officiers et les sous-officiers étaient élus par la troupe ».[1]
Officiers élus qui ne jouissaient d’aucune considération de la part de leurs subordonnés écrit Bernard Gainot dans son livre ‘les ministres de la guerre 1792/1871’.
Les levées débutent en l’année 1791 pour finir en l’année 1793.
Au 28/01/1791 Alexandre de Lameth propose de porter au complet 30 régiments d’infanterie de ligne avec la création de 100 000 soldats auxiliaires destinés à être répartis dans les régiments (source Wikipédia).
La Drôme fait partie des départements admis à fournir un contingent en 1791 ; d’autres départements fourniront un contingent l’année suivante. Le zèle des sociétés populaires à promouvoir, encourager et soutenir la levée est indéniable « On constate bien des similitudes entre la densité de ces sociétés et les contingents nombreux et vite levés ». C’est le cas de la Drôme, écrit J.P Bertaud dans son ouvrage.[2]
« Dans l’armée de ligne, en effet, l’engagement était à long terme, la discipline sévère, l’espoir d’avancement quasi nul, la sole journalière plus faible. Dans les bataillons de volontaires, au contraire, la solde y était plus élevée (15 sous par jour) ; l’engagement ne valait que pour une campagne ; la discipline, la même que pour la Garde nationale, était fort douce ; enfin tout volontaire pouvait fort bien se persuader qu’il avait dans sa giberne le bâton de maréchal, espérant que le choix de ses camarades l’élèverait aux honneurs et aux grades ».[3]
« Pour compliquer le tout, il y eut aussi des volontaires ou des unités entières qui firent un va-et-vient entre différentes formations : entre l’armée de Ligne et la garde de la représentation nationale, par exemple ».[4]
Comment faire la différence entre la Garde nationale et les Volontaires nationaux dans l’affectation des hommes ? Telle est la difficulté que je rencontre pour cette période allant de 1789 à 1793.
Les hommes sont enrôlés là où se trouve leur lieu d’habitation. Les municipalités ont la charge d’organiser le rassemblement des Volontaires. Ces Volontaires devaient être formés en bataillons de neuf compagnies, et l’effectif du bataillon, état-major compris, était de 574 hommes, note Charles Bellet.[5]
Un habit aux couleurs nationales : bleu, blanc, parements rouges [6]:
Le 04 septembre 1791 : « Ensuite de la décision du Directoire du Département, et de la demande de la majeure partie des Municipalités du District de Romans, de leur faire connaitre le nombre des VOLONTAIRES qu’elles doivent faire marcher au secours de l’Etat, nous vous envoyons la répartition des 497 Gardes nationaux que chaque Municipalité doit fournir, eu égard à sa population. Ayez attention, Messieurs, de rassembler le nombre suffisant de VOLONTAIRES, de leur dire qu’il leur sera donné un armement des magasins de l’Etat, y compris les fusils qui ont été distribués ; de les prévenir des effets demandés si cela est possible, et de se tenir prêts à se rendre à Romans, au premier avis qui leur sera donné incessamment, quoique leur habillement ne soit pas complet, pour y former les Compagnies et Bataillons, de conformité à la Loi du 21 juin dernier ».
A Clérieux, le village principal de mes aïeuls, où la population est de 1515 habitants, il est demandé quinze volontaires. Par comparaison à Romans pour 6130 habitants il faut soixante et un volontaires.[7]
Joseph Ochier, né le 20/04/1772 à Chanos-Curson, décédé à son domicile le 24 prairial an 5 (12/06/1797, vue 105,) volontaire, est incorporé dans le deuxième bataillon, 8ème compagnie [8]:
Le nombre d’hommes dans ce deuxième bataillon s’élève à 571 volontaires, qui seront dirigés fin 1791 à Cavaillon « Où s’opposaient avec une grande violence verbale le parti des papistes ou aristocrates et celui des patriotes ou partisans de la réunion du Comtat à la France ».[9]
Au 10/08/1792 un nouveau procès-verbal conformément à l’article premier du décret du 04/08/1791 est établi pour la formation de Volontaires, ici en trois compagnies (L 342, AD26).
Les Volontaires choisissent dans quelle arme ils veulent servir selon leur taille. Que ceux qui opteront pour l’armée du Nord se rendront à Valenciennes, ceux pour l’armée du Rhin, à Strasbourg ; ceux pour l’armée du Midi, à Nîmes ou à Saint-Esprit.[10]
Le procès-verbal de nomination des officiers, sous-officiers du deuxième bataillon du département de la Drôme, en date du 20/10/1792 explique que :
« Premièrement nous avons divisé lesdits Volontaires en huit compagnies de soixante-onze hommes dont il a été extrait de chacune d’icelle huit hommes de la plus haute taille, à l’indication de leurs camarades, pour composer celle des grenadiers » (L 342, AD26).
« Les grenadiers sont la plupart pères de famille et agriculteurs que s’ils étaient dans le cas de marcher au nombre de quarante les terres du dit canton seraient sans culture et sans être ensemencées, avons officiers municipaux ayant égard aux pré présentations avons réduits (le nombre ?) les grenadiers à fournir pour notre canton au total de vingt ».
Le choix des vingt hommes se fait par tirage au sort effectué le 15/08/1792 : Jean-Pierre Brondon, né en 1763 à Clérieux, sur la liste des grenadiers du canton de Clérieux, doit partir dans l’année.[11]
« En 1791, l’élection des cadres s’était opérée sous le contrôle de la bourgeoisie locale et avait abouti à la nomination aux grades supérieurs de notables, fils de la moyenne bourgeoise ou de la noblesse, ayant pour la plupart une certaine expérience du métier des armes. En 1792, l’élection se fit dans le cadre d’autorités locales renouvelées par l’irruption, en septembre notamment, de militants patriotes issus de couches sociales moins favorisées ».[12]
Toujours sur le même procès-verbal du 20/10/1792 le résultat du vote du deuxième bataillon, désigne Chirol, capitaine.[13]
Je retrouve sa fiche militaire[14] sur laquelle il est noté qu’il appartient à la 4ème compagnie, qu’il a été fait capitaine le 12/10/1791 :
Charles doit être son second prénom parce qu’il n’apparaît pas dans les prénoms des naissances du couple Clément Chirol, de profession ‘bourgeois’, marié à Marie Chaptal (234 J AD26).
31/10/1792 : nouvelle levée d’un nouveau bataillon de Volontaires pour « achever de repousser la ligue des tirans » selon le courrier parti de Crest pour la municipalité de Montclar sur Gervanne :
« Je vous observe qu’on ne peut recevoir dans ce corps que des citoyens d’un civisme connue depuis l’âge de 16 jusqu’à 50 ans, et dont la constitution robuste soit analogue aux fatigues de la guerre et ayant 5 pieds au moins pieds nus ainsi que me le prescrit l’administration du département. Signé le procureur syndic du district de Crest : Barnave ».[15]Michel Barnave lointain cousin du célèbre Antoine Barnave.
« Plusieurs de nos braves volontaires combattans sur les frontières, manquent de souliers, cotisons-nous pour leur en procurer : quel est celui d’entre nous qui ne rougiroit pas d’en avoir deux paires, quand son frère, son défenseur, celui de la liberté est dans un dénuement absolu ? que chacun donne selon ses facultés, non de l’argent, mais des souliers en nature ».[16] (année 1793)
Dans la lettre à la Convention du 29 avril 1793 : « Nos volontaires sont toujours nus. Il faut convenir que c’est un gouffre : à peine un soldat a-t-il des souliers qu’il va les vendre ; il en est qui vendent jusqu’à leurs habits, leurs fusils ».[17]
Mal vêtus et mal nourris par suite de vols de fournisseurs protégés par le général Dumouriez, beaucoup de volontaires, usant d’un droit reconnu par la loi, rentrèrent chez eux après la campagne de 1792.
Le 23/08/1793 la Convention décrète une levée en masse ; A la fin du mois d’octobre 1793, celle-ci, dans mon département, est terminée. Il s’agit de réquisitions et non plus de volontariats.
Huit nouveaux bataillons viennent s’ajouter aux quatre bataillons du mois d’octobre 1791 et aux cinq de l’année 1792.
« Outre les soldats de métier et les volontaires n’étaient sous les drapeaux que les ‘réquisitionnaires’ d’alors c’est-à-dire ceux qui avaient plus de 18 ans et moins de 25 ans le 23 août 1793. Ceux qui avaient eu 18 ans après cette date n’avaient pas été enrôlés mais ceux qui étaient enrôlés, sauf modification de la loi, ne devaient être libérés qu’à la paix… qui paraissait bien lointaine ».[18]
Ceux de l’année 1791 sont composés de bourgeois et de citoyens ‘actifs’, ceux de 1792 d’artisans et paysans, ceux de 1793 d’ouvriers, domestiques et travailleurs de la terre.
A l’appui des recherches que je viens d’effectuer je peux connaitre les raisons pour lesquelles mes ancêtres n’ont pas été retenus : leur niveau social et l’intervalle de l’âge pour l’année 1793.
[1] Page 15, la grande armée par Jacques Demougin, édition trésor du patrimoine
[2] Vue 6, PDF enquête sur les Volontaires de 1792, Annales historiques de la Révolution française, n° 272, par J.P. Bertaud, chez Persée
[3] Page 64, la patrie en danger par Michel Garcin, édition Nigel Cauvin
[4] Vue 4, PDF enquête sur les Volontaires de 1792, Annales historiques de la Révolution française, n° 272, par J.P. Bertaud, chez Persée
En mars 1792 : « Avons convenu que la Garde nationale de notre canton sera divisée en dix compagnies, à savoir que Beaufort sur Gervanne fournira une compagnie de septante trois hommes, Cobonne une compagnie de soixante, Montclar et Vaugelas deux compagnies chacune de soixante hommes/ ».[1]
Mon ancêtre Jean-François Guilhot, apiculteur, né le 08/08/1745 à Montclar sur Gervanne dans la Drôme, est inscrit sur le registre de la Garde nationale de son village à la date du 16 mars 1792. Jean-François, en 1792, est âgé de 47 ans, père de six enfants.
Le fait que le nom de mon ancêtre soit sur le registre de la Garde nationale lui évite d’être regardé comme ennemi de la patrie et traité comme tel. Pour autant, est-il volontaire pour devenir Garde national ? Je n’ai pas d’élément pour le confirmer. Aussi mes recherches portent sur le village de ma branche paternelle, où je me sens plus à l’aise pour les mettre en œuvre.
« Début 1789, quelques villes se dotent de formations armées, à la fois pour faire face aux révoltes populaires mais aussi en prévision d’éventuels complots aristocratiques. Cette ‘Garde bourgeoise’ est nommée ‘Garde nationale’ le 15 juillet 1789 par son chef La Fayette. La Garde nationale est exécutrice des décrets de l’Assemblée Nationale, elle doit veiller à l’exécution de la législation. Malgré son origine bourgeoise, la Garde nationale fut active dans le mouvement populaire, bien qu’elle le réprimât à certaines occasions. Elle fut également une force décentralisée dans les campagnes où sa présence se généralisa à la faveur de la Grande Peur et de la révolution municipale ».[2]
Leurs missions : veiller à l’ordre et à la sécurité des villes, garder les portes et assurer les rondes de nuit : « Pour les gens aisés et nantis, la milice bourgeoise était en quelque sorte le plus sûr garant de leur tranquillité, une barrière et une sécurité contre les débordements ou les revendications imprévisibles de la populace ».[3]
La Garde nationale est impliquée dans les fêtes de commémoration dédiées à la République française. Pour cela (pas d’indication de la date) : « à l’aube du jour deux coups de canon seront tirés/ à six heures du matin les compagnies des communes se mettront en route pour se rendre dans le chef-lieu du canton/chaque commandant conduira sa compagnie sur la place publique pour y prendre les ordres du commandant du bataillon/à huit heures et demi, deux coups de canon seront tirés. A ce signal les tambours battront le rappel et toutes les Gardes nationales assemblées sur la place se rendront au-devant de la salle des séances » extrait du registre débutant le 10 nivôse an 5 (30/12/1796) et se terminant le 29 brumaire an 6 (19/11/1797) des délibérations de l’administration municipale du canton de Clérieux.[4]
La Garde nationale est historiquement l’ensemble des milices de citoyens formées dans chaque commune au moment de la Révolution française (définition Wikipédia). Cela est un peu plus complexe : avant 1789 des corps de troupes nommées ‘Gardes bourgeoises’ ou ‘urbaines’ existaient dans le royaume écrit Claude Magnan dans son article [1], compagnies d’arquebusiers ou de fusiliers, chevaliers de l’arc ou de l’arbalète, compagnie de volontaires.[2]
[1] Vue 77, PDF Gallica, histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1833, tome 1, par Abel Hugo
En décembre 1789 la ville de Tain et Tournon envoient des convocations à toutes les Gardes nationales de la région : Quatre-vingt-huit villes ou villages répondent à l’appel pour y former une confédération patriotique écrit Charles Bellet dans son écrit de Tain pendant la Révolution.[6
Le décret du 12 juin 1790[8] : « Dans le mois qui suivra la publication du présent décret, tous les citoyens actifs des villes, bourgs et autres lieux du royaume, qui voudront conserver l’exercice des droits attachés à cette qualité, seront tenus d’inscrire leurs noms, chacun dans la section de la ville où ils seront domiciliés ou à l’hôtel commun sur un registre qui sera ouvert à cet effet pour le service des Gardes nationales ».
Le recrutement est d’abord censitaire -celui qui paye le cens dont le montant de ses impôts dépasse un seuil- avant d’ouvrir la voie vers un service universel en 1868.
Je ne trouve pas, à Bren et à Charmes sur Herbasse, le nom Bayard dans la liste des potentiels Gardes nationaux, alors que leur descendant Jean payait la taille (voir mon article ‘suffisamment établi pour payer l’impôt’).
Dès mai 1790 il est réservé aux seuls citoyens actifs qui doivent s’équiper et s’armer à leurs frais : ceux
que l’on considère comme actifs payent une contribution au moins égale à trois journées de travail.
Les citoyens nommés passifs sont les manœuvriers, paysans, domestiques, les miséreux ou indigents.
L’Assemblée Nationale impose un uniforme unique à toutes ces milices des villes ou des villages :
« Habit bleu de roi, doublure blanche, parements et revers écarlates et passepoil blanc, collet blanc et passe-poil écarlate, épaulettes jaunes ou en or, la manche ouverte à 3 petits boutons, la poche en dehors à 3 pointes et 3 boutons avec passe-poil rouge : sur le bouton il sera écrit : District de… Les retroussis de l’habit écarlate ; sur l’un des retroussis il sera écrit en lettres jaunes ou en or, ce mot : Constitution, et sur l’autre retroussis ce mot : Liberté, veste et culottes blanches ».[9]
Peinture extraite de l’article sur le sujet ‘fêter le 14 juillet ?’ de la revue drômoise :[1]
Mais face à l’urgence des hommes n’étant pas des citoyens actifs sont admis dans la Garde. La tranche d’âge de ces hommes se situe plutôt entre 26 ans à 45 ans et où le mot ‘sans propriété’ est très souvent inscrit en face de leur nom dans le document ‘l’état des citoyens nommés à former une compagnie d’avant-garde de la Garde nationale du district de Romans sur Isère en exécution de l’arrêté du représentant du peuple Jean Debry, du 06 floréal an 3 (25/04/1795) de l’ère républicaine’.[10]
A Clérieux le nom de mes aïeuls n’apparait pas dans ce document ; Je retiens un autre nom : celui de Nicolas Croze âgé de 30 ans, célibataire ; il nait le 22/01/1765 à Chanos Curson* ; son père est marchand (métier indiqué sur le testament 2 E 7684 du père). Marchand donc citoyen actif ? payant le cens ?
*la population de Chanos-Curson est, à ce moment ci, de 651 habitants.
L’état des traitements dont doivent jouir les Gardes nationaux rassemblés dans les chefs-lieux de leur district au 13/09/1793 [11]:
Le serment fait partie de l’orientation politique de cette période ; celui prêté par 12 000 Gardes nationaux du Dauphiné et du Vivarais le 29 novembre 1789 ; jurant à genoux de rester à jamais unis (…) fidèles au monarque qui a tant de titres à notre amour. (…) Ils seront imités le 14 février à Romans.[12] Puis le décret du 07 janvier 1790 qui demande de prêter ‘serment solennel d’adhérer aux décrets de l’Assemblée Nationale, et d’être fidèles jusqu’au dernier soupir à la Nation, à la Loi et au Roi’.
Le quatrième ventôse de l’an 8 (23/02/1800) à l’Unité sur Isère (Bourg de Péage) le chef (B. Ferlin) de la Garde nationale sédentaire fait lecture de la loi du 21 nivôse qui exige une promesse de fidélité à la Constitution, puis dit : « Je promets d’être fidèle à la Constitution ». A l’instant même tout le bataillon, tous les citoyens présents ont répété ou crié ‘Vive la République, vive la Constitution’.[13]
Affiche montrant le rassemblement des 12 000 Gardes nationaux à Valence[14] :
Le 30 prairial an 3 (18/06/1795) une levée de 808 hommes est mise en action, destinée à un bataillon dans les différentes places frontières pour un service de garnison[15]:
A Clérieux (du district de Romans) où, à cette époque, la population effective est de 1137 habitants[16] quatre hommes sont nécessaires pour faire partie du bataillon de Garde nationale dont la levée est ordonnée par le directoire du département de la Drôme, suivant son arrêté dudit 30 prairial dernier.
Les quatre hommes en question doivent être des citoyens sains, et en état de porter les armes, d’abord, de ceux qui veulent volontairement marcher, ensuite, si leur nombre n’est pas suffisant ils doivent être célibataires depuis l’âge de dix-huit ans jusqu’à quarante ans inclusivement, successivement veufs sans enfant, et après eux les plus jeunes mariés.
Personne ne vient à la convocation : aucun homme correspondant aux critères énumérés ci-dessus n’a l’intention de porter les armes. Renouvellement de la convocation une deuxième fois ; encore personne ; alors le maire (Gabriel Paul Benoit) et son adjoint dressent un procès-verbal en direction du directoire sous les ordres de Moulin, général en chef de l’armée des Alpes.[17]
L’article XIII de la séance publique du 30 prairial an 3 dit :
Un document relève qu’au 16 juillet 1793 le calcul de la population de Clérieux donne le nombre 1515 habitants dont 49 hommes à fournir destinés à s’opposer, comme les autres hommes requis des autres bourgs, au passage des Marseillais.[18]*
Perdre 378 habitants en deux années : soit la méthode de calcul n’est pas la même soit la diminution voulue du nombre d’habitants est en lien avec le peu d’enthousiasme des hommes de ‘partir sauver la patrie’ ?
ou je me rapproche de l’affirmation « les militaires aux armées n’ont pas été comptés » ?[1]
*« L’insurrection organisée à Marseille avait étendu ses ramifications dans les principales villes du Midi /
La troupe de ligne en garnison à Marseille adopta les opinions des habitants, et, réunie à quelques bataillons de gardes nationales et de volontaires, se mit en marche, sous le commandement d’un chef, nommé d’Arbaud, pour aller prendre poste au Pont-Saint-Esprit, afin de faciliter les levées que le comité central des sections avait ordonné de faire dans les départements du Gard, de l’Hérault et du Var. Avant que cette troupe fût arrivée à la Durance, qu’elle devait traverser, le bruit de sa marche, déjà répandu au loin arma contre elle les républicains des villes et des campagnes ».[1]
[1] Vue 292, PDF Gallica, histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1833, tome 1, par Abel Hugo
Le 25 nivôse an 4 (15/01/1796) le citoyen Gabriel Paul Benoit, commandant de la Garde nationale de Clérieux, est requis pour mettre en place la réorganisation de la compagnie selon l’article 9 de la constitution.[19]
Est-ce cet article dont il s’agit ? : « Tout citoyen doit ses services à la patrie et au maintien de la liberté, de l’égalité et de la propriété, toutes les fois que la loi l’appelle à les défendre ».[20]
De même le 30 floréal an 5 (19/05/1797) une lettre de l’administration centrale, destinée aux agents municipaux des communes du canton de Clérieux, ordonne la réorganisation de la Garde nationale en faisant battre la caisse la veille et le jour du rassemblement indiqué [21]: « Vous aurez attention de ne faire nommer qu’un même nombre d’officiers et sous-officiers égal à celui qui fut nommé l’année dernière ».
En juillet 1870 éclate la guerre engagée par Napoléon III contre la Prusse. La Garde nationale choisit de rallier la Commune dans le siège de Paris. L’échec du régime a pour conséquence la dissolution définitive de la Garde nationale dans toutes les communes françaises et ceci décidé par Thiers le 30/08/1871.
« Mal équipées et peu préparées aux rôles qu’on leur assigne, les Gardes nationales vont, avec l’entrée en guerre du Royaume, se retrouver bientôt en première ligne, puisque c’est en leur sein que vont se recruter les premiers ‘bataillons de Volontaires nationaux’ ».[22]
[1] Page 68, la patrie en danger, histoire des bataillons de volontaires de 1791 à 1794 par Michel Garcin chez Gallica
[22] Page 249, L’armée, les Gardes nationaux et la Révolution française par Claude Magnan, numéro 450, 12/1988, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26
Comme le nom Tivolle, Cheval, Bayard, celui de Popon fait partie du paysage de la Drôme des collines et plus spécifiquement du village de Claveyson dont le nom signifie domaine de l’enclos ou du parc, où les habitations n’ont jamais été réunies en une seule agglomération[1]; voici ma branche :
Pierre Pupon (mon Sosa 67776)
Né vers 1430, décédé entre 1461 et 1507
Barthélémy Pupon (mon Sosa 33888)
Né avant 1486, décédé après 1533
Johannes Popon (mon Sosa 16944)
Né avant 1504, décédé ?
Maréchal
Jehan Popon (mon Sosa 8472)
Né avant 1522, décédé après le 03/07/1588
Marié avant 1539 en premières noces avec ? en deuxièmes noces en ? avec Antonia Thomas
Jehan Popon (mon Sosa 4236)
Né vers 1550 décédé le 19/02/1602
Châtelain de Claveyson et de Mureils- sieur de Goutoule
Marié vers 1570 à Isabeau Thivolle, décédée après 1600
Michel Popon (frère de mon Sosa 2118)
Notaire royal delphinal, châtelain de Ratières
Marié cm 2 E 10922 folio 27 le 30/01/1600 avec Jehanna Jullien
Charles Popon (mon Sosa 2118)
Né en 1583, décédé en 1638
Châtelain de Claveyson
Marié le 03/07/1603 à Magdeleine Montalon, fille de François et de Jeanne Figuet, née en 1579, décédée le 29/08/1667 à Claveyson
Gabriel Popon (frère de Laurence)
Né vers 1611 à lieu non connu, décédé le 15/10/1676 à Claveyson
Capitaine châtelain de Claveyson, notaire
Marié le 13/09/1659 à Romans (paroisse Saint-Barnard) à Marguerite Guigou ; marié entre 1668 et 1669 à Marie Barbier ; marié en 1638 à Luce Villate et marié avec ? ; Sa signature [2]:
Née avant 1628 à Claveyson, décédée le 12/06/1701 à Margès
Marié le 27/11/1644 à Fayet (du) Michel, né vers 1600 à lieu non connu, décédé le 04/04/1683 à Margès, cm 2 E 11031 folio 207 du 27/11/1644. Sa signature [4] :
« Popon venant de l’ancien mot ‘pope’ signifiant dodu ».[5]
« Une modeste bourgade comme Claveyson, qui fut pendant de longs siècles un simple domaine féodal, a pour histoire principale celle de ses anciens maitres : c’est surtout par le rôle plus ou moins brillant rempli par eux, par les services plus ou moins importants qu’ils ont rendus au pays, qu’elle peut inspirer de l’intérêt./ Claveyson a été possédé par quatre familles, dont les trois premières étaient héritières les unes des autres : la famille de Claveyson, celle d’Hostun et celle de Lionne, par laquelle la terre fut vendue à la maison de Tournon ». [6]
« Le patrimoine des Claveyson, agrandi peu à peu, était déjà considérable. Dès le commencement du XIIIe siècle, ils possédaient la seigneurie de Mercurol, vers la fin du même siècle, ils acquirent de la maison de Montchenu la belle terre de Mureils ».[7]
Jehan Popon, né vers 1550, est châtelain de Claveyson et de Mureils et sieur de Goutoule.
N’ayant aucunes connaissances quant aux ascendants de Jehan je n’affirmerai pas qu’ils correspondent à la définition : « A l’époque féodale, les châtelains étaient, en Dauphiné, des milites, des officiers nobles pourvus par le Dauphin ou par le seigneur des lieux de compétences militaires, judiciaires et financières qu’ils exerçaient dans le cadre des mandements ».
Les châtelains étaient encore avant la révolution de simples officiers dans le Dauphiné, précise Quentin Duquesne dans son ouvrage.[8]
Les seigneurs de Claveyson sont, à l’époque de Jehan et de son fils Charles, respectivement Charle Ier du nom, né le 30/03/1547 au château de Claveyson – pour son décès seul le testament en date du 16/09/1621 est connu- Charles IIe du nom, seigneur de Claveyson, Mureils, etc., né le 27/03/1597, fils de Charles 1er et de Renée du Peloux, sa seconde femme, Il devient seigneur de Claveyson vers 1611.[9]
Pour remplacer le château féodal délabré « Louis, seigneur de Claveyson, Hoston etc. en 1508, aidé de son frère Antoine, le commandeur de Malte, il entreprit de rebâtir le château de Claveyson, ‘de pied à la cyme, et le fist commencer par ung maçon qu’il envoya quérir à Amboyse’ ».[10]En 1548 l’embellissement du château se fait par le tracé d’allées et la plantation d’arbres.
« Le château de Claveyson gardait encore une partie de sa physionomie féodale, par sa masse, ses épaisses murailles et ses grosses tours rondes. Mais les larges fenêtres à meneaux avaient remplacé les meurtrières, et la couronne de machicoulis se contentait d’embellir l’édifice au lieu de concourir à sa défense/ d’après les ruines, l’ensemble des bâtiments formait un grand carré, au milieu duquel était une cour. Les murs d’enceinte s’étendaient dans la direction du midi, au-dessous du rocher. La grande porte extérieure était au bas, on y arrivait du village par le chemin qui longe le cimetière actuel, en suivant une belle allée d’ormes plantés par Pierre de Claveyson, fils de Louis ».[11]
Il faut faire la différence entre ce château et celui de l’époque de la famille Tournon (voir mon écrit :
Thivolle, Tivolle, Thivol et l’aïeul Jacmatus paru en novembre 2023).
Je suis en présence d’hommes de loi dans cette famille : un des fils de Jehan (marié à Isabeau Thivolle) Michel est notaire de Ratières et de Claveyson, leur petit-fils Gabriel est notaire (le fils de Charles), un autre petit-fils Charles Popon des Marais est procureur d’office ; et de la descendance de Michel son fils et petit-fils sont notaires,
Au 19ème siècle un Jean Popon, notaire à Chanos-Curson, est le descendant d’un Charles, notaire de Mercurol avant 1626,
Le statut social des Popon est évident : des bourgeois. En 1583, un an après l’établissement du calendrier grégorien le prieuré de Châte fut cédé à Jean Popon, châtelain de Claveyson, comme mandataire de Denis Glos, qui en avait déjà obtenu le brevet en 1582.[12]
En 1607, Florisel, seigneur de Claveyson, Hostun, Mercurol, Mureils etc., perd sa jeune femme. Ce malheur l’affecte ‘au point de le détacher entièrement des affaires de ce monde’. Par un acte du 07/08/1608 passé chez Michel Popon, il arrente toutes ses terres de Claveyson et de Mureils à Charles Popon, au prix de 2742 livres par an,[13]
« Madeleine Montalon veuve de feu sieur Charles Popon, âgée d’environ quatre-vingt et huit ans, décédée après avoir reçu les saints sacrements de pénitence viatique et extrême onction a esté enterré dans l’église de Claveson le vingt neufème août mille six cent soixante ».
Gabriel achète de Michel du Fayet le domaine de Michelon et de Maucune et autres terres à Bathernay pour 10 500 livres le tout [14] et acte du 24/03/1667, plus des transactions « Nous soussignés, avons fait les concessions suivantes : à savoir que moi Michel Fayet vend purement et simplement les domaines et fonds que j’ai dans la terre de Bathernay acquis de feu noble Louis de Blanc de Chaptal, seigneur de la Garde et d’autres à monsieur Popon mon beau-frère et ce pour le prix de huit mille cinq cent livres, laquelle dette sera employée à l’acquittement de mes débits antérieurs. Et moi le dit Popon promets de payer ladite somme de huit mille cinq cent livres et de rapporter acquict à monsieur le dit beau-frère Fayet et de ses créanciers / » (E 1494, AD26).
Un hameau du village de Margès porte le nom de Fayet.[15] Michel Fayet sait rédiger [16]:
Les Popon se qualifiaient seigneurs de Maucune au XVIIIe siècle.[17]
Les filles de la famille, celles de Charles marié à Madeleine, sont instruites : Anne en 1638 signe son contrat de mariage, tout comme Charlotte en 1641 ; Marie signe son testament en 1668, Magdeleine entre en 1676 dans les ordres religieux du couvent Saint-Ursule de Romans où elle signe sa protestation.[18]
Elles sont bien dotées : « François et Jean DELACOURT (signent) père et fils marchands de Romans ont confessé avoir heu et receu de Me Gabriel POPON notaire royal et châtelain du marquisat de Claveyson absent moy dit notaire stipullant la somme de 2000 livres tournois pour reste plein et entier payement de la constitution dottalle faicte par ledit sieur POPON à Marie POPON sa fille et femme audit sieur Jean DELACOURT dans le contract de leur mariage receu par Me VILLATE notaire du 27 febvrier 1661 ».[19]
Retranscription du notaire Vierou du contrat de mariage, après le 15/10/1676 (date du décès de Gabriel Popon) * et sans les signatures des parties- des principaux éléments de la dot de mon aïeule Laurence Popon mariée avec Michel Le Fayet ou du Fayet ou Fayet [20] :
« La somme de sept cent livres, une robe, un lit garni de huit linceuls, une couette et quatre brebis le tout à elle légué par sieur Charles Popon son père en son dernier testament reçu par maitre Astruct, notaire, le 20/09/1638, plus deux coffres l’un de noyer pour usage bahut fermant à clé neuf et rempli de linge pour usage de femme ; ensemble quatre linceuls neufs le chacun de quatre aunes, une douzaine de serviettes faites à la petite venise, une nappe aussi à la venise, deux brebis de bon âge et lainage plus la somme de trois cents livres à elle donné dans son contrat de mariage par honnête femme Magdeleine Montalon sa mère plus la somme de deux cents livres et une robe à elle aussi donné en son dit contrat de mariage par sieur Gabriel Popon notaire royal, capitaine chatelain ».
La suite du document parle de dons matériels, d’équivalences financières entre lui et sa femme et Gabriel Popon ainsi que la situation cadastrale du domaine ‘Les Julliens’, héritage perçu par Michel Fayet de sa belle-mère Claude Roujat.
*au-dessus de la signature du notaire Vierou il est noté ‘dudit feu maitre Gabriel Popon’.
Sur l’original du contrat de mariage de Laurence Popon d’avec Michel Fayet date du 27/11/1644 à Saint-Uze (cm 2 E 11031 folio 207) il est indiqué ‘rentier du seigneur de la baulme* à Charmes’.
*NDLR : Méraud d’Hostun, seigneur de la Baume
Le statut social de Michel Fayet se laisse voir : Bail à ferme par Calvier, jésuite, pour le recteur du collège de Tournon, prieur de Saint-Donat, à Fayet, fermier de la baronnie de Charmes, de toutes les dimes en vin et en grains qui appartiennent audit prieuré à Arthémonay et Reculais, pour 200 livres chaque année (année 1647).[21]
Vente par Fayet, fermier de la baronnie de Charmes, à noble Nicolas de Marcoux, sieur du Bay, d’un domaine à Ginot sur Charmes, près de la rivière de l’Herbasse, moyennant 1500 livres et 2 pistoles d’Espagne d’étrennes (en 1649). [22]
Vente par noble Louis de Blanc de Chapteuil, seigneur de Maucune, à Michel Fayet, fermier de la seigneurie de Charmes, d’un domaine sis à Bathernay et de diverses pièces de terre, pour la somme de 6 700 livres (période 1583/1669, E 523, AD26).
Je retrouve Michel Fayet au 27 août 1666 : ‘habitant rentier au château de Saint-Mury’ *(E 1494, AD26) :
*château situé à Montchenu
Le rentier traite avec un propriétaire un bail à ferme (dit aussi arrentement ou albergement) pour louer une exploitation (grange) en contrepartie d’un paiement annuel.
En 1674 il habite Tournay :
Mes ancêtres Fayet ont sept enfants dont quatre filles : Marie s’unie à Thomas Bayard (voir mon écrit Jean Bayard, suffisamment établi pour payer l’impôt publié en janvier 2026).
Un arrière-petit-fils Fayet, du fils Gabriel du couple de Laurence et Michel, est vétéran des grenadiers de la garde ; il a fait les campagnes depuis l’année 1793 ; il prend sa retraite le 25 juillet 1806 ; il est nommé chevalier de la légion d’honneur.[23]
Aux archives communales de Clérieux dans la Drôme j’ai trouvé un document ‘relevé des propriétaires pour le paiement de la taille’. Le nom des Bayard Jean-Pierre y est inscrit.[1] Les Bayard font partie de mon arbre généalogique.
Cet impôt ne touche ni les nobles ni le clergé ni les pauvres. Il concerne les gens qui ont un peu de bien tels les artisans, commerçants, petits et grands bourgeois.
« La taille est le plus ancien des impôts français. Levée exclusivement sur les roturiers à partir du XVe siècle, elle était perçue sur la plupart des villes et des provinces. Seuls en étaient exempts certains ‘pays d’Etats’ (Bretagne, Languedoc, Franche-Comté, Flandre) et certaines villes qui s’y étaient abonnées pour une somme forfaitaire ou contre l’abandon des droits d’octroi. Dans le Midi, la taille était ‘réelle’, c’est-à-dire levée sur les propriétés, mais, dans tout le Nord du royaume, elle était ‘personnelle’, c’est-à-dire levée sur les individus, ou plus exactement sur les feux ».
« La taille était un impôt, non de quotité, mais de répartition ; autrement dit, la somme globale à percevoir était fixée par le roi en son conseil des finances (c’était le ‘brevet de la taille’), puis répartie entre les intendants. Ceux-ci procédaient ensuite à l’opération qu’on nommait ‘département de la taille’, c’est-à-dire qu’ils fixaient la part de chacune des paroisses de leur circonscription ».[2]
Après enquête un Jean-Pierre Bayard naît en 1785 : ce ne peut être lui ; un autre Jean-Pierre né le 13 février 1760 à Saint-Bardoux se marie le 08 avril 1788 avec Gabrielle Montméat. De ce couple plus de traces dans les paroissiaux, dans les actes d’état civil pour soit leur décès, soit les naissances de leurs éventuels enfants ; rien non plus dans les relevés de testaments.[3]
L’acte de décès du père, granger, de Jean-Pierre et de Jean :
« Jean Bayard mari en secondes noces, de Gabrielle Vinay âgé d’environ soixante et dix ans granger au domaine des hottes après avoir reçu les sacrements de salut et dans la communion de Leglise Romaine est mort le dix-sept octobre mil sept cent quatre-vingt-onze et vingt-quatre heures après son décès con corps a été enterré dans le cimetière de St Bardoux en présence d’autre Jean Bayard son fils aîné d’Etienne Peronin et d’Antoine Brit tous illettrés de ce enquis et requis. Jamet Curé ».
La première femme de Jean Bayard est Marie Barrier (la seconde nommé ci-dessus est Gabrielle Vinay).
Marie fait établir son testament deux mois après le mariage : elle lègue à Jean, son époux, 120 livres pour en autre payer l’enterrement et les frais annexes.[4]
Sur le registre du canton de Clérieux, à la ligne numéro 31, apparaît le nom de Jean Bayard, métayer cultivateur, admissible en tant que votant aux assemblées primaires (année 1791, L 2356, AD26).
Un ‘Jean’, mon Sosa 66, journalier, né le 28 juillet 1748 à Clérieux qui décèdera le 09 novembre 1821 à Clérieux, marié à Françoise Rostaing, pourrait avoir le profil du ‘Jean-Pierre’. Que cela soit Jean ou Jean-Pierre cela n’est pas un obstacle à donner pour la suite de ma rédaction.
En 1748 le parrain de Jean est un marchand tuilier[5] et en 1783 l’oncle Joseph Bayard signe sur l’acte de mariage de Jean [6]:
Son testament du 27/09/1792 concerne des legs en livres : 200 à chacune de ses filles.[7]
Dans mon arbre les Bayard sont liés aux Popon par l’intermédiaire d’un Thomas Bayard marié à Marie, fille du couple Michel Fayet et Laurence Popon, notables de Claveyson.
Ce couple a au moins deux autres filles à marier ce qui limite les prétentions quant à l’investissement dans les montants des dots, d’où des unions avec des petits bourgeois : Louise avec Jean Philippe de Millan ou Millan, Madeleine avec Barthélémy Genévrier.
Mathurin Bayard, laboureur, né en 1686 à Saint-Donat, habitant la paroisse de Margès, se marie en 1716 avec Marguerite Pinet qui amène notamment 255 livres en dot.
Un des témoins du contrat de mariage et qui signe est Gabriel Fayet, oncle maternel du promis [8]:
« Les laboureurs ont des biens fonciers qui, souvent, suffiraient à les faire vivre, mais ils arrondissement leur revenu en effectuant dans d’autres propriétés des travaux particuliers ou, le plus fréquemment, en prenant des terres en louage (en ‘arrentement’ dit-on à l’époque) ».[9]
« On sait que la propriété était aussi très répandue parmi les bourgeois et les paysans, qu’il existait beaucoup de petites propriétés ou tout au moins de tenures paysannes, que beaucoup de roturiers étaient pleinement propriétaires de leurs terres. Il est à peu près certain que le progrès de la propriété s’arrêta presque complètement pendant la deuxième moitié du règne de Louis XIV ».[10]
La famille Bayard est originaire de Charmes sur l’Herbasse : Guillaume, laboureur de cette paroisse, désigne son frère Thomas et sa sœur Magdeleine bénéficiaires dans son testament[11].
Le 15/11/1791 Gabriel Bayard et son gendre laboureurs vendent une maison presque en ruine, un jardin, le tout situé dans Charmes. La présente vente se fait moyennant la somme de mille livres.[12]
Gabriel né à Margès est le cousin de Jean (marié à Marie Barrier) mon Sosa 132.
En 1842 sur la liste des électeurs de Charmes le nom de Pierre Bayard, propriétaire, est cité ; il est dit né le 12/09/1774 ; en réalité je pense qu’il nait le 04/09/1775 car il n’y a point d’acte à son nom à la première date à Charmes. Ce Pierre n’est pas de ma branche cependant.[13]
« Charmes : Ce fief a appartenu aux d’Hauterive (XIIe s.), aux Baternay (XVe s.) ; en 1602, Antoine d’Hostun l’acheta de Françoise de Baternay ; en 1652, cette ancienne baronnie fut érigée en comté en faveur de Jacques Coste, président au Parlement, et passa, par succession, aux Bérenger du Gua, qui le vendirent aux Chabrières de Peyrins peu de temps avant 1789 ».[14]
« Ainsi, le 3 janvier 1462, Arthaud de Bathernay, seigneur de Charmes, avec le consentement de noble Jean Millard, châtelain du lieu, et des habitants, alberge à noble Claude de Meyerie (Meyarie), de Saint-Laurent en Royans, huit sétérées de bois communal, où il devra créer une verrerie, à la combe du Ver, sous la cense de 10 sols tournois, le plaid et une pension d’une livre de cire. En 1650, le 20 juin, Guillaume Villate, châtelain de Vausserre, héritier de noble Charles de La Mérie (Méyerie), vendit à nobles Barnéol, frères de Roybon, la verrerie de Charmes, moyennant une pension de 200 livres et 4 douzaines de verre fin et 2 bouteilles d’un pot la pièce. Jacques Coste, baron de Charmes, seigneur direct, déclara, le 31 juillet suivant, vouloir user de son droit de prélation (préférence) et payer le prix convenu ».[15]
Je suppose après son mariage Thomas Bayard s’installe vers 1671 à Margès, village situé à deux kms de Charmes, où Gaspard, son père, est enseveli dans la chapelle de Notre Dame de Tournay, église paroissiale de Saint-Didier de Margès.[16]
Je mène, dans ce document, un travail d’enquête non exhaustif concernant le niveau social des Bayard à partir de quelques exemples de leurs signatures, unions et de leur patrimoine, d’un hameau qui porte leur nom, ceci afin de saisir comment mon ancêtre Jean a l’obligation de payer l’impôt sur les propriétés, impôt supprimé à la Révolution française.
De même, Jean Bit de Saint-Bardoux dépendant de Clérieux, un de mes aïeuls, doit s’acquitter de 5 sols. ; je n’ai pu identifier si c’est un paiement annuel ou partiel.[17] Au 3 juin 1819 apparaît une propriété ‘Bit’ sur le cadastre de Clérieux[18] :
[1] CC 4 (1672-1791), archives communales Clérieux
[2] Page 90 et 91, des rôles de tailles à la démographie historique par Jacques Dupâquier chez Persée
[3] 234 J AD26 et les tables décennales (1792/1862), AD26
Dans le château de Veaunes existent des documents dont celui-ci : « François Palharet dit Martin du lieu de Veaune, vend à damoiselle Prégente Dusses une rente annuelle de un setier de froment à prendre sur une terre de trois seterées assize au lieu dit Saint-Michel, dans le mandement de Clérieu, pour le prix de huit escus d’or sol…, payable à Romans, en la maison d’habitation de la susdite damoiselle achepteresse ». (1) Pour situer cet acte le mariage de Prégente Dusses a lieu entre 1558/1560 (E 2316, AD26).
« Reconstruit sous les Fay, le château qui porte au-dessus de sa principale entrée le millésime de 1612, est adossé à un bois et placé sur un coteau d’où l’on embrasse une vue magnifique, ainsi qu’il en est toujours dans cette contrée pour les points culminants ». (2)
Un article de monsieur Savy (maire et propriétaire du château de Veaunes) paru dans le tome 52 de la société savante de la Drôme confirme le nom de Palharet *: « Le nom de Gobert paraît en 1516, celui de Palheret en 1543 ; des actes authentiques en font foi. » (3) *NDLR : et ses déclinaisons orthographiques
Le plus ancien document connu des actes notariés est une quittance au nom de Palhareys Bernard en date du 02 février 1588 : (4)
Ce Bernard Paylhareys marié à Guigonne Barbe est le début connu de ma branche.
Le nom de Gobert, lui, est inscrit en tant que possesseur de terres sur le plan datant du XVIIIème siècle des terriers de Veaunes appartenant au Chapitre de Saint-Barnard : (5)
(1) Vue 286, tome 53, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26
(2) Vue 153, PDF essaie historique de la baronnie de Clérieu, Anatole de Gallier (3) Vue 128, tome 52, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26 (5) 2 E 22383 folio 23, AD26 (5) 3 G 5486, A26
Dans le département de la Drôme, du Rhône et à Rome
« Depuis le ‘J’accuse’ de Zola publié en janvier 1898 dans l’Aurore, la France est coupée en deux entre Dreyfusards et Antidreyfusards (armée, Eglise…). En 1904, et plus encore en 1905, la situation est très tendue, les forces anticléricales comme les forces cléricales sont mobilisées »[1].
Dans le département cinq députés ont voté pour la loi de la séparation des Eglises et de l’Etat : MM. Antoine Gras, Lucien Bertrand, Charles Chabert, Ferrier et Malizard – Extrait de la séance du 03 juillet 1905 de l’Assemblée Nationale. Pour ceux qui ont voté contre le nom de Hyacinthe de Gailhard-Bancel apparaît ; si d’autres ont voté contre leur nom n’est pas cité dans les chronologies parlementaires.
‘La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte’. Cette phrase simple et claire est la plus célèbre de la loi du 09 décembre 1905, portant séparation des Eglises et de l’Etat – citée par Jean-Louis Debré, Président de l’Assemblée Nationale.
Dans beaucoup de villages, les parents doivent choisir entre l’école publique (laïque) et l’école privée (religieuse), et cela provoque des divisions dans les familles et les communautés.
Les anticléricaux parlaient alors parfois de « l’école du curé » (l’école confessionnelle) comme opposée à
« L’école du diable », un terme ironique utilisé pour désigner l’école laïque, perçue par certains catholiques comme corrompue ou impie.
Inversement les partisans de l’école laïque utilisaient aussi cette formule pour dénoncer l’obscurantisme religieux, en affirmant que l’école laïque libérait les esprits face à l’endoctrinement.
« Longtemps encore, et particulièrement en Bretagne, subsiste la « guerre scolaire » entre « l’école du Diable » et « l’école du Bon Dieu ».[2]
NDLR : Les laïques sont les défenseurs de la laïcité. Les laïcs sont des personnes non religieuses qui suppléent à l’absence de prêtres et leur apportent leur concours. Laïc donne laïcat et pas laïcité.[3]
Les trois écoles et l’Eglise dans le village de Clérieux [4] :
Dans le village de Clérieux, avant cette loi, est là une école privée religieuse ‘l’école libre* (maternelle et élémentaire du Sacré-Cœur – cote 97 Fi 1, AD26).
*libre : désigne avant 1881 les établissement gérés par des congrégations catholiques
La nouvelle église de Clérieux est bénite le 26 septembre 1886 : [5]
Ma tante Marthe née le 01 novembre 1910 dans le village de Clérieux ; elle deviendra religieuse comme ses deux tantes maternelles l’ont précédé : sa vocation religieuse date de l’enfance avec le désir d’être missionnaire hors de France (source : notes familiales).
Son prénom est en lien avec les religieuses de Sainte-Marthe qui créent l’école du Sacré-Cœur en 1890.
Elle obtient le certificat élémentaire en 1924 à la session du 03 juillet à Saint-Donat sur l’Herbasse [7]:
En 1931 je lis son nom sur l’état de recensement du village où elle exerce le métier de couturière à son compte, tout en vivant chez ses parents [8]:
Le 28 mai 1933 Marthe fait sa communion solennelle * après une retraite prêchée par le curé de Larnage [9]:
* communion solennelle : ou profession de foi est une cérémonie ultérieure, marquant un engagement plus formel et public dans la communauté chrétienne.
Elle quitte sa famille à l’âge de 24 ans (en 1934) ; au 1er avril 1937 elle intègre la société Prolana et des Anciens Etablissements Aulagne et Cie, située à Lyon dans la rue Duguesclin où elle grimpe les échelons pour en devenir chef comptable. Elle y restera jusqu’au 14 août 1945, date à laquelle elle démissionne de son poste pour rejoindre le monde religieux le jour même.
Entre-temps diplômée auxiliaire Croix-Rouge elle pratique durant quatre ans durant la guerre, dont ces photographies familiales, ci-dessous, à Gerland en 1940 ? confirment son diplôme et en 1949 sur l’acte de succession de grand-père[10] :
Assistante de dispensaire :
Marthe fait son premier engagement en décembre 1946 dans la congrégation de l’Immaculée Conception.
La maison mère, située à Ecully dans le département du Rhône, voit ma tante exercer le métier d’infirmière (source : document son « CV » rédigé par la congrégation en 2019 suite à ma demande).
« Les Apostoliques de Marie Immaculée aiment tout particulièrement se tenir aux côtés de Marie debout au pied de la croix recueillant le « J’ai soif » de son fils, pour se laisser enseigner par elle. Voilà l’intuition spirituelle qu’elles ont reçu de leur fondatrice, Marie Louise Bayle, née en 1897 à la Frette (Isère) et décédée en janvier 1985. Enfant, Marie Louise veut faire quelque chose pour aider Jésus à sauver les âmes, aider Jésus dans ses prêtres… Elle comprend que sa mission est de prier et s’offrir pour les prêtres. C’est lors d’une rencontre providentielle avec la spiritualité d’Eugène de Mazenod (fondateur des OMI) que Marie Louise Bayle va pouvoir exprimer son intuition fondatrice : En réponse à l’appel de Dieu, se donner sans réserve à Jésus dans une Oblation totale pour continuer son action rédemptrice dans le monde, à l’exemple de Marie Immaculée et en union avec elle (Const. Art.1) et s’offrir pour les prêtres, les missionnaires, spécialement les OMI. »[11]Le 08 décembre c’est la fête de l’Immaculée Conception.
*OMI : Missionnaires Oblats de Marie Immaculée
En avril 1965 Marthe part pour Rome, à la maison générale des OMI où elle exercera son activité à l’économat général.
Marie-Louise Bayle, la Fondatrice, la rejoindra à Rome en avril 1967. Elles vivront toutes les deux dans une grande intimité pendant 18 ans.
Suite à la demande de ma tante, nous retrouverons celle-ci au ‘Pérollier’ en septembre 1990 à 79 ans.
La maison mère au ‘Pérollier’ se situe au numéro 8 rue du Collovrier à Ecully à côté de la rue Pérollier : Institut Apostolique de Marie Immaculée (photographie extraite de Google Map) :
Marthe pendant l’année 2004 au Pérollier :
Elle décède au Pérollier le 24 janvier 2008. Elle a donc été 18 ans dans ce lieu. Elle a rendu de menus services tant qu’elle a pu. La mère supérieure ne se souvient pas qu’elle ait eu des périodes d’hospitalisation : « Pendant les dernières années de sa vie, elle était plus ou moins grabataire et dépendante. Elle n’était pas la seule et nous avions du personnel extérieur pour s’occuper de nos sœurs les plus dépendantes ».
Plaque de la tombe où elle est enterrée au cimetière d’Ecully :
Enfant Marthe a dû entendre parler de la Congrégation de L’Immaculé Conception de la très Ste Vierge établie dans son village (voir mon premier article ‘Quand religion tu fais partie de leur vie’ publié dans le même mois) « où les curés, certains d’entre eux, s’efforcent de contrer l’esprit et le mouvement du siècle* en créant des confréries, des conférences, des associations de charité… » « Désormais, les fidèles n’obéissent plus aux mots d’ordre donnés par leur curé, et
*beaucoup d’entre-eux considèrent que la République laïque n’est pas un danger pour leur foi » ainsi nous en fait part Michel Vernus dans son article.[12]
Voici le 18 avril 1927 ce qu’exprime l’abbé Henri Joud de Clérieux lors de la visite pastorale de l’Evêque[13] :
« La paroisse de Clérieux est mi-ouvrière, mi-agricole. Les ouvriers semblent prendre le dessus par le nombre depuis surtout l’apport étranger. Les ouvriers sont presque en totalité indifférents et quelques-uns seulement hostiles. Les agriculteurs en très grande majorité pratiquent et soutiennent les œuvres. Cette dualité nuit beaucoup au recrutement des œuvres paroissiales, le paysan étant difficile à sortir de ses habitudes anciennes et n’ayant que très peu d’initiative ».
Marthe, et la lignée de sa mère, les Guillermet ont pris le contre-pied de cet esprit en embrassant la vie religieuse.
Le pape accordant la bénédiction apostolique à Marthe (document familial) :
[1] Page 33, la ligues des droits de l’homme et la séparation des Eglises et de l’Etat, revue drômoise n°21, 03/2005
Marie Louise Guillermet nait le 27 octobre 1875 comme toute la fratrie au quartier Baude de Clérieux. A l’âge de 20 ans, vivant chez ses parents, son prénom est sur le recensement de l’année 1896, en tant que cultivatrice.[1] A celui de l’année 1901 elle a quitté le foyer familial.[2]
Je la retrouve en 1901 au cloitre rue Saint-Marie[3] et en 1906 rue Saint-Antoine, au cloitre du monastère Sainte-Claire situé à Romans sur Isère [4]où elle est entrée dans les ordres religieux [5] sous l’appellation ‘sœur du Sacré Cœur’ [6].
L’effectif pour l’intervalle de date 1891-1901 est entre 28 à 31 religieuses.[7]
Les religieuses clarisses, membres de l’Ordre de Sainte-Claire fondé en 1212 par Claire d’Assise, reflète leur engagement envers la pauvreté, la simplicité et la vie contemplative. Elles appartiennent à la grande famille franciscaine. Elles s’occupent surtout d’œuvres de bienfaisance et de piété écrit Laurent Jacquot dans son article sur la loi 1901 et les congrégations religieuses de Romans.
Elles pratiquent l’abstinence perpétuelle, le jeûne durant toute l’année, le coucher sur un lit de paille piquée, le lever au milieu de la nuit, les pieds toujours nus, l’usage de la bure grossière, les prières prolongées, et forment ainsi l’ordre le plus austère qu’il y ait dans l’Eglise, ainsi nous le rapporte Ulysse Chevalier dans sa notice historique sur cet ordre.[8]
« En 1805, 11 religieuses s’installent dans un bâtiment, rue du Fuseau, puis en 1834, font l’acquisition de l’Hôtel des Allées dans lequel elles se trouvent encore aujourd’hui ». [9]
Par contre en 1895 lorsque le maire de Romans établie la liste des congrégations autorisées et celles non autorisées à être présentes dans la ville, celle de Sainte-Claire n’y est pas autorisée.
« Elles font les démarches nécessaires à leur autorisation auprès du Président du Conseil le 09 septembre 1901 ».[10]
Il est à relever que « A partir du milieu du XIXe siècle, la progression de l’usage du français va curieusement s’accompagner d’une reprise de l’écriture de la langue locale. Grâce aux progrès de l’enseignement principal véhicule du français, de larges couches de population devenues bilingues, mais qui pratiquent quotidiennement le parler local, ont appris à lire ».
Page 43, revue drômoise n°507 et 508, année 2003
Position du dit monastère de Sainte-Claire à Romans [11]:
Une des règles des congrégations religieuses :
Article 5 de la congrégation de Sainte-Claire : « Chaque dame, avant d’être engagée, peut disposer de ses biens en faveur de ses parents ou en conserver la propriété ; elle peut recueillir les successions ou héritages qui pourraient lui échoir, mais dès qu’une fille est agrégée dans la maison l’usufruit qui en proviendrait doit être versé dans la masse pour subvenir aux besoins communs ».[12]
Extrait d’un article de journal ‘Le Jacquemart’ en date du 28 mars 1901 en lien avec la congrégation du Saint-Sacrement : « …y compris le montant de la dot et du trousseau que l’exclue revendiquait et que la congrégation ne contestait pas lui restituer ».
La profession solennelle prive le religieux ou la religieuse de sa capacité à posséder des biens, car il est considéré comme mort au monde.
Les parents d’Eugénie Marie et de Marie Louise, Joseph Jacques et son épouse Marie Rose Ochier vont chez un notaire pour faire établir une donation-partage entre leurs enfants.
La distribution se présente ainsi au 17 avril 1909 [13]:
Pour Eugénie Marie et il en sera de même pour Marie Louise ET les autres enfants dont ma grand-mère Justine.
A gauche dans le registre nous pouvons lire acquisitions par donation-partage pour une somme d’une valeur de 12 600 frs ; aucun mouvement n’apparait à droite dans la colonne ‘créance’ de ce registre : les deux sœurs religieuses font-elles don à leur communauté respective de leur part d’héritage familial ?
Quant est-il des vocations volontaires et forcées dans mon arbre généalogique ?
« Les membres de la famille sont décrits comme des bourreaux excessivement peux, secondés dans leur entreprise par des membres du personnel religieux. Les prêtres usent ainsi de divers leviers spirituels (confession, direction de conscience, chantage au salut) pour précipiter les jeunes filles dans le cloître. Les parents veulent souvent privilégier un autre enfant dans la transmission du patrimoine. / La mention du manque de vocation permet d’interroger le consentement à la vie religieuse dans son articulation avec les motifs familiaux. Il faut par exemple envisager le cas de celles et ceux qui acceptent les stratégies décidées par les parents, par souci de cohésion familiale et de réussite de la maisonnée et non par adhésion à ce choix de vie ».[14]
« Tout au long du XIXe siècle, les récits de la vocation forcée comme de l’entrée au couvent manipulée participent ainsi de l’idée que, contrairement aux hommes, les femmes ne peuvent pas consentir à leur profession religieuse, ce qui rappelle que le consentement ‘a une valeur différente pour les hommes et les femmes’ aux yeux des sociétés française et espagnole. S’agit-il d’un moyen commode de passer sous silence le volontariat qui caractérise la grande majorité des entrées dans les ordres féminins au XIXe siècle ?[15]
Marie Louise décède le 29 octobre 1925 à Romans sur Isère, rue Sainte-Marie, religieuse du monastère de Sainte-Claire.[16]
Pour aller plus loin dans l’histoire des religieuses de Sainte-Claire :
Les tomes V, VI, VII de la Société départementale d’archéologie et de statistique en ligne sur le site :
[15] Page 27, nouvelles approches du catholicisme, la fin des vocations forcées ? le consentement féminin à la vie religieuse (France et Espagne, XIXe siècle), Ines Anrich, revue d’histoire du XIXe siècle, n° 69-2024/2
Eugénie Marie Guillermet nait le 05 mars 1871 à Clérieux au quartier Baude[1] dans la maison Ochier, maison (appartenant à sa maman) avec écurie, hangar puits, jardin et terre labourable de la contenance de deux hectares soixante-dix-huit ares. [2]
Au 01 décembre 1834 sur l’état arrêté de situation des écoles primaires l’instituteur laïque pour l’école élémentaire est Cyrille Charbonnier ; celui-ci n’est pas autorisé à recevoir des élèves pensionnaires.
Son école est bien dirigée, la moralité est bonne où le nombre moyen d’élèves en hiver : 40 garçons, 12 filles ; pas d’élèves en été.
25 parents d’élèves payent la scolarité de leur(s) enfant(s) contre 15 enfants reçus gratuitement.
Le nombre d’enfants qui ne reçoivent l’instruction primaire ni dans les écoles publiques ni dans les écoles privées est de l’ordre de 40 garçons et 50 filles. [3]
Antérieurement son oncle Jean-Pierre a-t-il fréquenté l’école laïque ? : en 1838 nous lisons sur l’état le nom du même instituteur.
« Mais le curé ne doit pas se contenter d’ouvrir une école publique, il doit utiliser son traitement d’instituteur communal ‘pour faciliter l’établissement d’une école de filles dirigée par une sœur religieuse’ ». Dans un rapport sur l’instruction publique qu’il présente aux membres du conseil général de la Drôme en 1871, E. M. Madier de Montjau parle de la loi Falloux en ces termes : ‘ Que de délicates prévenances dans la loi couvée par M. le Comte de Falloux, éclose sous son aile, pour assurer à l’Eglise la haute main sur l’enseignement publique et par suite inévitable sur le pays tout entier’ ». (A)
(A) Page 26, 28 Grandeur et décadence des écoles primaires congréganistes dans la Drôme, 1833/1903, P. Debard, BH 1419, AD26
Eugénie fréquente l’école congréganiste de Clérieux qui correspondrait à celle de Sainte-Marthe* où elle y est nommée de même que deux autres élèves dans le recensement de l’année 1881.[3]
* l’école laïque et l’école congréganiste sont identifiées toutes deux au bourg, ‘l’église’ dans plusieurs années de recensement.
Ce qui me permet de les différencier c’est l’enquête initiée par l’Education Nationale en 1884 où apparaissent les noms des enseignants dans les écoles laïques.
En 1894 à Clérieux les religieuses de Sainte-Marthe, qui dirigent l’école de filles, viennent d’obtenir de brillants succès aux examens du certificat supérieur et simple.[4]
En 1891, âgée de 20 ans, sur la liste de recensement de Clérieux elle est dite ‘ouvrière en soie’ ; en 1896 son nom n’apparait plus. [5] A Romans sur Isère non plus son nom n’apparait pas dans les recensements des années 1896, 1901 et 1906 à la rue Jacquemart, adresse du couvent de Sainte-Marthe qu’elle ira rejoindre ultérieurement, [6]
En 1911 son nom est inscrit dans le recensement de Draguignan (dans le département du Var) au Couvent de Sainte-Marthe.[8] Elle est entrée en religion sous le prénom de Louise Joséphine [9]:
Complément d’information : Sainte-Marthe à Romans (1816/1907) ; succursales de Guers (Var) (1853/1854) ; Draguignan (Var) (1856/1857) ; Montélimar (1826/1845) ; Solliès-Pont (Var) (1859/1860) ; Valence (1817/1888). Source : Série V son inventaire, AD26.
Cette congrégation est la seule dont la maison-mère est encore dans notre ville. La fondatrice en est Edwige du Vivier, née à Romans en 1785/En 1815, elle fonde cette congrégation qui s’installe en 1817 dans l’ancien hôpital Sainte-Foy, en raison du nombre croissant de ‘novices et orphelines’. Les religieuses de Sainte-Marthe font vœu de ‘pauvreté, chasteté et obéissance’ : elles unissent à une vie active une vie contemplative. La congrégation se consacre à l’éducation des jeunes filles surtout pauvres.
En 1895, le maire Lacoste adresse au préfet la liste des congrégations présentes à Romans, en précisant si elles sont autorisées ou non, conséquences de la crise du 16 mai 1877 : Sainte-Marthe l’est -maison mère à Romans-en date du 26 mai 1826, pas concernée par la loi de 1901.[12]
À la fin du XIXe siècle, dans un climat de tension entre l’État et l’Église catholique, la République française cherche à renforcer la laïcité et à limiter l’influence des congrégations religieuses dans les domaines de l’éducation et de la vie publique : la loi du 1er juillet 1901 qui a un impact majeur, notamment avec les lois Combes (1902-1904), qui ont conduit à la fermeture de milliers d’écoles congréganistes.
« La fortune des ordres religieux, support de leur puissance, fait l’objet de supputations souvent sérieuses : ceux qui paient leurs impôts s’inquiètent enfin de procédés par lesquels les congrégations fraudent le fisc, leur richesse immobilière aurait plus que doublé en cinquante ans. Les autorités sont attentives aux legs effectués au bénéfices des congrégations : à Romans comme ailleurs ».[13]
En 1902, à la suite des lois interdisant l’enseignement aux congrégations religieuses, les religieuses romanaises partent en exil en Italie ; elles reviennent six ans plus tard *et ouvrent l’école N.D des Champs * et l’orphelinat Saint-Yves, rue Etienne Dolet. Aujourd’hui les religieuses ne dirigent plus cette école ainsi que nous pouvons lire ces informations dans l’article paru dans la revue drômoise numéro 9 de mars 2002. [14]
*après la loi du 09 décembre 1905
La loi Combes du 07 juillet 1904 interdit aux congrégations religieuses d’enseigner.
L’école Notre-Dame des Champs occupe un vaste emplacement situé entre le cours Pierre Didier, la rue Jacquemart, la place Jacquemart et la rue Bonjour.
*l’école Sainte-Marthe s’installa à Pizançon où elle prit le nom de Notre-Dame des Champs. Elle garda ce nom à son retour à Romans, en 1919, et encore aujourd’hui.
Sœur Louise Joséphine revenue à Romans sur Isère, y décède le 05 mars 1952 [16]:
Religion quand tu fais partie de leur vie (1ere partie)
Dans le département de la Drôme
Localisation des lieux de vie nommés dans ce document- carte IGN d’aujourd’hui [1]:
Jean-Pierre Guillermet, né à Saint-Antoine l’Abbaye dans le département de l’Isère, en 1794, arrive à Saint-Bardoux [2]; il y fréquente une fille Marie Bit qui vit dans ce lieu avec son père Joseph veuf de Marie Antoinette Badoye [3]:
Jean-Pierre épouse Marie à Clérieux en 1823 où il est dit qu’il exerce le métier de cultivateur.[4]
De leur union naissent Marie Rose en 1824, Jean-Pierre en 1827, Henriette en 1829, François en 1831, Joseph-Jacques en 1834, Ferdinand Antoine en 1836 et Jules en 1839.
Au mariage d’un de leurs fils, Joseph Jacques, il ne peut signer à cause de la paralysie dont il est atteint qui le prive de l’usage de ses mains.[5] Il a, aussi, exercé le métier d’ouvrier carrier.[6]
Vient-il à Saint-Bardoux pour une espérance de guérison ? :
« La chapelle Saint-Baudile est mentionnée dans la charte 205 du cartulaire de Saint-Barnard, passée selon M Giraud entre 1088 et 1199. Dans le voisinage de ce vieil édicule jaillit une fontaine visitée par de nombreux fiévreux qu’une superstition locale amène pour y subir une singulière épreuve. Si l’objet jeté par eux dans la source remonte à la surface, il annonce un prompt rétablissement. Dans le cas contraire, on doit désespérer de la guérison ».[7]
Je relève dans cette commune une confrérie* et une congrégation religieuse* quatre décennies plus tard :
« L’an mille huit cent soixante-trois et le vingt du mois de décembre pendant une mission prêchée dans la paroisse de St Bardoux par le révérend Père Eugène, missionnaire capucin, je soussigné Félix Emilien Frédéric Garciel, curé de St Bardoux après avoir obtenu de Monseigneur Jean-Paul François Félix Marie Lyonnet, évêque de Valence, le diplôme d’érection de la confrérie du St Rosaire mentionné ci-dessus, ai érigé solennellement de concert avec le père Eugène la confrérie du St Rosaire dans la paroisse de St Bardoux, pour faire jouir les personnes qui en feront partie, de toutes les faveurs et indulgences accordées par les souverains pontifes à ladite confrérie …. ».
Je rajoute qu’après ce procès-verbal est noté : « La confrérie du Saint-Rosaire a pour but la sanctification des femmes chrétiennes de la paroisse. Soixante-douze personnes ont été reçues le même jour de la confrérie du St Rosaire, en présence d’une foule très nombreuse. Enfin, par son agrégation à la confrérie de Rome, elle les fait participer à toutes les prières et bonnes œuvres des religieuses de l’ordre de St Dominique, et leur donne la faculté de gagner souvent de très riches indulgences ». [9]
*Confrérie : association pieuse de laïcs
* L’émission des vœux solennels caractérise l’ordre religieux et le différencie de la congrégation religieuse, qui est à vœux simples (définition extraite de Wikipédia)
A la même date apparait le procès-verbal de l’érection de la Congrégation de L’Immaculé Conception de la très Ste Vierge, où trente demoiselles ont été reçues. Elles doivent suivre ces instructions notées dans le fascicule :
Article 1er : la fête patronale de la congrégation est la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre. Ce jour-là toutes les congréganistes se feront un devoir de s’approcher de la table sainte avec le costume de la congrégation. Le patron secondaire est St Joseph, époux de la Ste Vierge, sa fête est le 13 mars.
Article 2ème : le costume se compose de la robe blanche avec un voile et d’une médaille de la Ste Vierge suspendue à un ruban bleu.
Article 3ème : le costume est exigé aux processions solennelles de la paroisse : le jour de l’Immaculée Conception à la messe, aux enterrements des congréganistes. Les congréganistes ont seules le droit de porter ce costume.
Le service religieux existe déjà où en 1791 où deux chapelles sont mentionnées : Saint-Jacques et Saint-Etienne attenantes à l’église paroissiale.[10]
Le 13 mars 1864, dimanche de la passion, ‘je soussigné, curé de St-Bardoux, ai fait faire la 1ere communion aux enfants dont les noms suivent, à la suite d’une retraite prêchée par M. Jeunot aumônier de Ste Claire à Romans’.
Parmi la liste des filles je trouve le nom de mon arrière-grand-mère Rosalie Félicité Robin. Je la retrouve sur la liste de la congrégation de l’Immaculée Conception.[11]
Représentation de la procession de la vierge (musée national des arts et traditions populaires à Paris) :
A Clérieux aussi, son curé, avec l’autorisation de l’évêque, dresse un procès-verbal le premier dimanche d’octobre de l’année 1836 de l’érection de la confrérie de l’Immaculé Conception.
Y est reçue le 25 mars 1838 Rose Giroud (prénommée Rosalie dans le document), née en 1822.
Au premier janvier 1925 ma tante Fernande y est également reçue ainsi que mon autre tante Marthe Thérèse au 11 décembre 1927.[12]
Je n’ai pas connaissance des noms de toutes les admises, le document ne comportant pas toutes les listes.
Le 20 février 1838 l’évêque de Valence autorise le curé de Clérieux, monsieur Tournier, à ériger dans sa paroisse la confrérie du Saint Rosaire.[13]
Depuis que le pape Pie IX a proclamé le dogme de l’Immaculée Conception en 1854 (Marie conçue sans péché originel) *, il y a un immense élan de piété mariale dans l’Église catholique. Fonder une congrégation sous ce titre est un moyen de promouvoir cette foi nouvelle et renforcer la dévotion à Marie.[14]
* Dans la théologie chrétienne, le péché originel est l’état de séparation d’avec Dieu dans lequel, selon la tradition, tous les êtres humains naissent, à cause de la désobéissance d’Adam et Ève dans le récit de la Genèse.
Lisons une autre théorie : « La théorie de l’Immaculée Conception fut unanimement rejetée par les théologiens occidents, dont saint Bernard de Clairvaux, jusqu’au début du XVe siècle. Elle fut ensuite écartée, bien sûr, par les protestants. Aujourd’hui, la plupart des catholiques continuent à la confondre avec ‘la conception virginale’ ».[15]
« Le catholicisme de la deuxième partie du XIXe siècle est marqué par une internationalisation croissante, qui prend notamment la forme d’un resserrement des liens entre les fidèles et la papauté. / A partir de la décennie 1860, les catholiques se mobilisent massivement pour défendre le pouvoir temporel du pape. / Seuls quelques intransigeants suivent l’appel du pape, et ils sont à l’origine des polémiques qui vont conduire à la crise du Seize-Mai. / En 1877, l’Eglise est l’objet d’attaques croissantes. Si le président de la République est un conservateur et si le Sénat est dominé par la droite, les républicains ont obtenu une majorité nette à la Chambre lors des élections de 1876 et ils y défendent des mesures anticléricales ».[16]
La crise du 16 mai 1877 est un affrontement entre le président monarchiste (soutenu par des catholiques conservateurs) et le Parlement républicain, (vision de la société laïque) et elle marque la victoire définitive des institutions parlementaires sur le pouvoir présidentiel en France.
A partir de l’année 1880 jusqu’à celle de 1906 les ecclésiastiques sont fichés par le gouvernement, car vus comme ces opposants politiques potentiels.
L’État cherche à surveiller leur attitude envers la République : loyauté, propagande antirépublicaine, etc.
Dans le village de Clérieux :
Pierre Romain Tortel, né en 1836 à Peyrins, dessert Clérieux en 1881, aumônier des Sœurs de Sainte-Marthe à Valence, chanoine sans traitement en 1897. Le 22 décembre 1896 il est proposé pour un canonicat* et le 7 janvier 1897 : (du préfet) bons renseignements. Agréer.
* Dignité, office, bénéfice de chanoine.
Le résultat de l’enquête n’a pas la même couleur avec Cyrille Constant Barlatier, né le 11 novembre 1837 dans la commune, qui après avoir desservi d’autres lieux, est vicaire à Clérieux en 1894. De lui il est noté « 10 mars 83 : signalé par le Préfet pour sa campagne contre la nouvelle loi sur l’enseignement »
Également dans la commune de Saint-Bardoux où Etienne Reynaud, dessert Saint-Bardoux en 1881, puis Saint-Martin d’Albon ou du Rozier de 1890 à 1891, démissionnaire en 1902.
« Le 11 décembre 1889 : (du préfet) active propagande en chaire, distribution de journaux hostiles. A insisté près d’un électeur pour influencer son vote. A dit que si on ne vendait pas le blé cher, cela tenait aux mauvais choix faits dans les précédentes élections.
Conclut à la suppression du traitement ; 27 décembre 1890 : (à l’évêque et au préfet) avis de suppression de traitement ; (du préfet) annonce qu’une pétition signée de femmes, d’enfants et d’étrangers circule dans la presse et va être adressée à l’évêque. Le maire refuse de légaliser ; 25 décembre 1890 : le préfet dit qu’il est déplacé et demande l’autorisation de lui rendre son traitement ; 1er aout 1890 : (au préfet) le payer depuis son départ pour Saint-Martin ».[17]
La famille de Jean-Pierre Guillermet, marié à Marie Bit, vit dans la commune de Clérieux – section de Saint-Bardoux[18]– au quartier Oulettes (ainsi écrit en 1846) où il est propriétaire.[19]
Y a-t-il un lien entre ces manifestations religieuses et ma famille pour que les deux sœurs de ma grand-mère paternelle Justine Guillermet, sur les sept enfants de la fratrie, entrent au couvent et au monastère ?
Filles de Joseph Jacques, marié à Marie Rose Ochier, cultivateur, et les petites-filles de Jean-Pierre, marié à Marie Bit.
Dans les actes d’état civil de la commune de Clérieux il n’est pas toujours indiqué si la personne concernée dans le dit acte appartient à la section de Clérieux ou à celle de Saint-Bardoux.
En date de l’année 1851, dans la copie du rapport adressé à Monseigneur l’évêque de Valence, par les commissaires désignés à l’effet de donner leurs avis sur la délimitation des paroisses de Clérieux et Saint-Bardoux voici la conclusion du curé de la paroisse de Mours et du curé de la paroisse de Saint-Nicolas de Romans sur Isère [21]:
Il reste à Clérieux une population de douze cents âmes tandis que Saint-Bardoux n’a une population de six cent à six cent cinquante âmes.
Au premier juin 1852 le curé de Saint-Bardoux écrit à l’évêque pour contester cette répartition :
« J’éprouvai une bien douce consolation, en voyant que quoique la mienne fut diminué de plus de trente maisons au profit de celle de Clérieux, du moins mes paroissiens me seraient plus incertains, par les sollicitations et les menaces, du quel côté ils devaient se rende et quel était leur vrai pasteur ».
[15] Page 359, Vie de Jude frère de Jésus, Françoise Chandernargor, éditions Albin Michel
[16] Page 54, 63, 66, nouvelles approches du catholicisme, aux origines romaines de la crise du 16 mai 1877 : les ‘menées ultramontaines’, Arthur Herrisson, revue d’histoire du XIXe siècle, n° 69-2024/2
Le 9 octobre 1848, l’Assemblée décide l’élection du président de la République au suffrage universel masculin. Le 10 décembre, Louis Napoléon Bonaparte est élu et le 20 décembre il prête serment à l’Assemblée constituante. Le 2 décembre 1851, cet unique président de la seconde République, neveu de Napoléon 1er, déclenche un coup d’État et prolonge son mandat de dix ans. Pour cela il fait arrêter les députés royalistes, faisant croire ainsi qu’il sauve la République.
Les motivations des insurgés :
Il s’agit de la défense de la Constitution au nom des libertés bafouées et contre la misère. Il faut installer une République « sociale » pour mettre un terme aux ambitions de Louis Napoléon Bonaparte et l’empêcher de rester au pouvoir : la Constitution lui interdisant de se faire réélire.
Ceux qui assurent des fonctions de responsabilité dans ce mouvement sont médecins, pharmaciens, négociants, propriétaires, entrepreneurs. Dans les rangs, ils sont instituteurs, cantonniers, gardes champêtres, ouvriers, artisans et commerçants ainsi que des femmes. Certains d’entre eux doivent fuir ou se cacher devant le risque d’être emprisonnés à la tour de Crest.
La population paysanne composée de petits propriétaires, métayers et journaliers, n’occupe pas de fonction dirigeante dans l’insurrection bien que leur nombre soit un peu au-dessus de la moitié des insurgés. [1]
Plusieurs sociétés secrètes sont mêlées aux évènements de 1848 à 1851. Elles sont étroitement surveillées depuis les élections législatives de mai 1849 qui donnent une large majorité de sièges au regroupement des conservateurs (légitimistes, orléanistes et bonapartistes), tous adversaires de la République.
Les raisons principales de leur échec :
Les autorités s’étaient lancées dans un processus de répression systématique des vecteurs de la démocratie et de la « gauche ».[2]
Bien avant les mouvements de fin 1851, Ferlay, le préfet de la Drôme, tisse un réseau répressif à sa disposition. Les insurgés n’ont pas de moyens suffisants en armes. En face d’eux se trouvent des militaires expérimentés. Après les premiers coups de canon des troupes, la peur en a fait reculer plus d’un car la plupart des hommes sont chargés de famille.
L’unique journal non interdit sert les intérêts napoléoniens : « La ville de Crest, si durement éprouvée par les bandes anarchiques de la Drôme, est venue joindre ses biens vives et si légitimes sympathies à celles qui éclatent sur tous les points de la France, en faveur du prince. Il appartenait à cette cité, plus qu’à toute autre du département, de témoigner sa joie et sa reconnaissance pour la délivrance d’un péril dont elle a senti toute la gravité ».[3]
Le 30 juillet 1881 est promulguée la loi de réparation nationale en faveur des victimes du 2 décembre 1851. Peuvent prétendre à des indemnités les intéressés eux-mêmes ou leurs représentants. Elle comprend la réversion de la moitié de la pension du crédirentier décédé sur la veuve non remariée et sur les descendants au premier degré.
Quelques Drômois dans la tourmente :
J’ai dû faire des choix parmi plus de 1400 dossiers : environ dix mille personnes étaient impliquées dans ce mouvement.
Selon l’implication des individus « poursuivis », plusieurs degrés de condamnations en découlent : mise sous surveillance de la police, Conseil de guerre, transportation à Cayenne ou en Algérie, expulsion ou éloignement provisoire du territoire français, assignation à résidence dans une localité déterminée.
Joseph Fauchier, cultivateur propriétaire, hameau de Vaugelas, né le 1er nivôse an 7 à Pont-de-Barret, fils de Jacques et Elisabeth Charavan, marié le 30 juillet 1826 avec Louise Reynier.
La municipalité de Montclar-sur-Gervanne surveille ses activités. L’adjoint au maire, Reboul dépose : « Le 6 décembre, je fus accosté par Fauchier père et le domestique d’Eraud, qui me forcèrent à leur livrer la clef du clocher ». Des habitants témoignent : « Fauchier père et Boulard commandaient les gens de Vaugelas ». « Le 6, Fauchier, accompagné de quelques autres, est venu me prendre au collet en disant qu’il fallait partir. Il était un des chefs du mouvement ».
Dans le dossier de son procès [4] il est noté : « meneur capable de s’insurger à un moment donné ». Il est condamné « à cinq ans d’Afrique à cause d’affaires publiques de décembre dernier », destination Castiglione Douera, colonie agricole.
Le maire de Beaufort intercède auprès du préfet le 2 décembre 1852 «pour s’intéresser sur le sort d’une famille malheureuse, que vous éprouverez du plaisir à la tirer de la misère dans laquelle elle est plongée depuis longtemps ».
Est jointe une demande de grâce de Joseph Fauchier au président de la République : « Monseigneur, j’ai le répentir le plus sincère de mêtre laisser entrainer dans un parti qui était contraire à vôtre Gouvernement, mon ignorance seule en a été la cause ». Il termine par « Le plus fidèle, le plus humble, le plus soumis et le plus reconnaissant de vos serviteurs ».[5] Il est gracié le 4 décembre 1852.[6]
Après son décès, le 15 août 1883 à Montclar, par l’intermédiaire du préfet, ses trois enfants demandent en janvier 1884 à bénéficier « de la réversion de la pension de 800 frs allouée à leur père comme victime de 1851, en vertu de l’art. 13 de la loi de 1881 » (1M 1420).
Ce sont : Antoine, marié 11.6.1863 avec Sylvie Faquin, Mirabel-et-Blacons ; Marie mariée 17.3.1860 avec Joseph Guillard, Eurre ; Amélie mariée 22.1.1869 avec Philippe Eugène Monastier, Mirabel-et-Blacons.
Jean-Antoine Matton, cafetier à Luc-en-Diois, né le 01 avril 1808, fils de Joseph Gabriel et de Marie Marguerite Chapon, décédé le 13 octobre 1859 à Luc, époux de Julie Lachaud.
Arrêté le 20 janvier 1852, il est extrait de la maison d’arrêt de Die pour interrogation par le Juge d’instruction : – « Quelques jours avant les dernières élections l’huissier Crozet et le docteur Chevandier ne sont-ils pas venus à Luc et là, en compagnie de plusieurs socialistes de cette commune, ne se sont-ils pas réunis dans votre café ? ». – « Non Monsieur, je ne les ai pas vus. J’ai seulement ouï dire le lendemain que le docteur Chevandier était venu voir des malades et que l’huissier Crozet venait de faire une assignation à Lesches et qu’à son retour à Luc il avait rencontré le médecin Chevandier ; que M. Buis fils, de Montlahuc, s’était joint à eux et que tous ensemble ils avaient pris de la bière dans le café de mon frère cadet ». (Jean François Victor Matton 37 ans, aubergiste à Luc, marié 2 enfants, grâcié le 2.2.1853).
Un document anonyme précise : « Aucun fait précis n’a été révélé par la procédure contre Matton, pouvant établir la part que cet inculpé a pu prendre au complot insurrectionnel. Mais il est de notoriété publique à Luc que Matton recevait habituellement dans son café les hommes notoirement connus comme affiliés aux sociétés secrètes, qu’il partageait leurs idées et qu’il aurait préparé aux mêmes méfaits. Cet homme d’une moralité privée détestable, qui vit publiquement en concubinage, séparé de sa femme, est considéré comme un homme dangereux ».
Condamné à la transportation en Algérie, à Oued-el-Hammam (colonie pénitentiaire), il est gracié le 25 août 1852. Il remercie le Président de la République et « s’engage à ne jamais faire partie d’une société secrète ».
Le 27 mai 1882, le Préfet de la Drôme demande à celui des Hautes-Alpes de fournir les pièces nécessaires pour la veuve Matton demeurant à Aspres-les-Veynes, en vue de l’établissement du titre de rente qui lui est destiné. [7]
Jean Archinard, de Suze-sur-Crest, cultivateur propriétaire aisé, né le 06 octobre 1796 à Montclar, fils de Pierre & Jeanne Faquin, marié le 18 mai 1824 avec Marie Reboulet.
Il est poursuivi pour avoir fait partie des insurgés de Suze qui ont attaqué la tour de Crest le dix décembre.
« Chef du mouvement insurrectionnel de Suze ; a commandé une bande qui a concouru au meurtre des militaires tués à Crest. Complicité de meurtre et commandement exercé dans un mouvement avant les émeutes.[8]
Lors de son interrogatoire le 5.2.1852, il déclare : « …/ selon l’ordre de prévenir les habitants de se soulever pour venir au secours de Crest. Je prévins plusieurs de mes voisins ; à la suite de cela il y eu une prise d’armes mais l’on n’est pas sortis de la commune. Dans toute cette affaire j’ai agi très innocemment ».
Pas d’indication sur le jugement du conseil de guerre. En 1861, il habite à Suze avec sa femme et son fils.
Louis Soulier, de Chabrillan, cultivateur, né en 1806 à Chabrillan, célibataire, fils naturel de Marie Soulier.
« Inculpé du meurtre du maréchal des logis Carrier, ainsi qu’il résulte de plusieurs dépositions ».[9]Condamné à la peine de mort le 22 mars 1852 à Lyon, sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité au bagne de Guyane. « Détaché de la chaîne le 2 juin 1855, embarqué à Toulon sur la Corvette La Fortune, arrivé au bagne le 11 juillet, décédé le 22 août 1855 » (ANOM).
Adolphe Souchard, de Combovin, cultivateur, né le 13.1.1803, fils de Victor, maire, et Marianne Montagnat. Veuf de Marie Julie Lambert.
Organisateur des sociétés secrètes. Sous surveillance le 5.4.1852. Condamné à la déportation en Algérie. Gracié le 02 février 1853.[10]
Casimir Cerclerat, d’Alixan, célibataire, 23 ans, né à Châteauneuf-sur-Isère. Arrêté par mesure de sûreté à la suite du meurtre d’un militaire. En l’absence de charges, remis en liberté le 10 février 1852.
À signaler sur le site « poursuivis-decembre-1851.fr », la base de données réalisée par Jean Claude Farcy. Elle rassemble les informations nominatives disponibles sur les 26.848 individus poursuivis à l’occasion de l’insurrection de décembre 1851.
« En 1480, dans la Drôme des Collines, il y a deux petits villages, l’un nommé, Motte Castagnier, plus connu maintenant sous le nom de Saint Andéol et l’autre Claveyson, ou vivaient plusieurs grandes familles dont le nom a prospéré dans le temps par une très nombreuse descendance ».[1]
Les noms de familles en question sont les ‘Tivolle’ (Thivolle), les ‘Rebastet’ (Rebatet), les ‘Bergognon’ (Bourguignon) et les ‘Cheval’. La lignée Tivolle avec leur ancêtre Jacmatus a été le sujet d’un article de ma part. Aujourd’hui ma rédaction se consacre à celle des ‘Cheval’.
« Le premier du nom de Cheval que j’ai trouvé se trouve dans un terrier des années 1412/1450*; il a une terre à Bathernay et il s’appelle Stephanus (Etienne) ; je ne sais rien de plus sur lui ; il est peut-être et même sûrement l’ancêtre d’une ou des familles Cheval de Saint Andéol.
Suivant la coutume du temps le nom se transmettait de père en fils, de grand-père à petit-fils et on retrouve le nom de Stéphanus à Saint Andéol dans la descendance de Colin Cheval.
Les terres de Saint Andéol et Claveyson appartenant aux seigneurs de Beaucroissant, la solution est peut-être aux archives de Grenoble.
A Bren en l’an 1520, on trouve un Franscico Cheval, là aussi pas d’autres renseignements ; il a sûrement un lien avec les Cheval de Saint Andéol, lequel ?
Porté dans des régions assez variées, c’est dans la Drôme que le nom est le plus répandu. On le trouve aussi dans le Nord et le Morbihan. Comme pour tous les noms d’animaux, le surnom est difficile à interpréter avec certitude : le possesseur d’un cheval (métonymie) ou celui qui, pour une raison ou une autre, ressemble à un cheval (métaphore).[3]
Les ‘Cheval’ sont éclatés en plusieurs branches : celle de Pierre Cheval, celle dite de Marnas, celle dite Cheval, celle dite Béraud, celle dit Maret, celle dite Morand et celle dite François Cheval (ancêtre du nom de Ferdinand Cheval le facteur bien connu). La mienne est celle de Pierre Cheval :
Colin Cheval (mon Sosa 45568)
Etienne Cheval (mon Sosa 22784)
Né vers 1480, décédé vers 1550
Pierre Cheval (mon Sosa 11392)
décédé avant 1554, laboureur
Marié en 1515 avec Guilherme Challiaud, décédée entre 1551 et 1583. Le couple a 7 enfants : Catherine, Jean, Jeanne, Etienne, Guillaume, Claude (dit Beraud) et Clauda.
Claude Cheval ‘dit Beraud’ (mon Sosa 5696)
Né en 1520, décédé en 1598 à Bren
Marié vers 1550 avec nom non connu. Le couple a 3 enfants : Pierre (dit Beraud), Antoine et Françoise (dit Beraud)
Prodhome Antoine Cheval (mon Sosa 2848)
Né en 1555, décédé après le 31/12/1581 et avant le 12/12/1595
Marié en 1575 avec Françoise Sozet, décédée après 1599.
Jean le Jeune Cheval dit ‘Bizet’ (mon Sosa 1424)
Né en 1569, décédé entre 1644 et 1646
Marié le 20/03/1594 à Claveyson avec Florenda (Florentine) Carrier, née vers 1578 à Claveyson. Le couple a 6 enfants : Jean (dit Mottin), Charles, Antoine (dit Bizet), Jean (dit Nome), Marguerite et Louis.
Antoine Cheval dit ‘Bizet’ (mon Sosa 712)
Décédé après le 16/04/1669
Marié en 1635 avec Mathiène Pallier, décédée avant 1663.
Mathieu Cheval (mon Sosa 356)
Né vers 1650 à Bren, décédé le 02/09/1712 à Bren
Testament 2 E 9660 folio 2045 du 28/11/1676, laboureur
Marié avant 1672 à Claveyson avec Clémence Martin, née en 1653 à Claveyson, décédée le 30/11/1703 à Bren. Le couple a 10 enfants : Antoine, Jeanne, Louise, Claude, Antoine, Barthélémy, Jacques, Louise, Jean, Reymond.
Barthélémy Cheval (mon Sosa 178)
Né le 14/05/1682 à Bren, décédé de mort subite le 26/01/1751 à Bren, laboureur
Testament 2 E 9671 folio 3004 du 20/04/1710 à Claveyson
Marié le 01/09/1705 à Saint-Bonnet de Galaure avec Marguerite Doyat, née le 03/02/1682 à Saint-Bonnet de Galaure, décédée le 09/08/1752 à Bren. Le couple a 5 enfants : Marguerite, Marie, Barthélémy, Claudine, Jeanne. Le 20/04/1710, Barthélémy Cheval, laboureur de Bren, fils de Mathieu (hu) laboureur, détenu de maladie, fait une donation entre vif en faveur de Marguerite âgée de 12 ans, la somme de 150 livres sa fille, à Marguerite Doyat sa femme la somme de 150 livres.
Claudine (Clauda sur son acte de baptême) Cheval (mon Sosa 89)
Née le 10/04/1721 à Bren, décédée le 23/07/1793 à Marsaz, son mari travailleur
Testament 2 E 28904 folio 59 du 22/04/1769 à Saint-Vallier
Mariée le 19/01/1745 à Bren ave Pierre Ochier, né le 14/04/713 à St Barthélémy de Vals dont le décès n’est pas connu.
Si j’aborde l’histoire de France au temps de vie de Stephanus nous sommes sous le règne de Louis XI :
« L’administration provinciale au temps de Louis XI est encore mal connue. Le roi ne parvint guère, ce semble, malgré ses menaces et ses destitutions, à tenir en main les officiers qui, loin de lui, gouvernaient, jugeaient et levaient les impôts. Les ‘povres subjectz’ se plaignaient d’être exploités sans merci ».[4]
Ensuite, sous le règne de François 1er :
« La fin du XVe siècle et la première moitié du XVIe siècle, malgré les guerres et les abus financiers du gouvernement, furent un temps de prospérité pour le pays. Sauf aux frontières, vers la Picardie, la Champagne et la Provence, les hostilités se passèrent en dehors de la France ».[5]
Les ‘Cheval’, est une famille de condition très aisée, possesseuse de nombreuses terres depuis de très longues années transmises par héritage à Saint-Andéol et Claveyson. Des exemples que je relève du travail de Roger Colin [6]:
« Le 17/09/1582, Claude Cheval dit Béraud, a reçu un carnet d’arrentements contenant 25 feuillets ; fait dans la boutique de Mathieu Baraton maréchal de St Bonnet de Galaure, en présence de Sébastien Duret ». « Le 01/05/1596, Jean Cheval le Vieux fils d’Antoine, du lieu de Bren confesse avoir reçu de Jean Chataing, fils de feu Claude dudit lieu, la somme de 60 écus ; fait en présence de Guillaume Soleriat, Claude Guibert, Thomas Guignon ».
« Quittance du 14/01/1645 : Marie Faure veuve de Jean Cheval Motin de Bren, assistée de Pierre Faure son frère, confesse avoir reçu de Jean Cheval le plus jeune dit Nommé son beau-frère, la somme de 76 livres 10 sols, pour l’acquisition des biens de son frère.
« Le 06/03/1655, Charles Cheval Maret, du lieu de St Andéol, détenue de maladie, donne et lègue à messire Pierre la somme de 200 livres, à Claude la somme de 200 livres au cas où il revienne de la guerre, à Benoît (hu) ; il révoque le lègue fait précédemment à Pierre Muret prêtre ; fait en présence de Benoit Cottonay, Pierre Thomas, fils de Jean, Aymar Cheval, Barthélémy Gentil, Jean Verlliet de Bren, Jean Royane ».
Mon ancêtre Claudine ou Clauda, à l’âge de 48 ans, teste en faveur de ses enfants alors qu’elle est mariée et vit à Saint-Barthélémy de Vals.[7] Claudine ne sait pas signer. Son décès est acté le 22 juillet 1793 à Marsaz.
En 1642 la famille Cheval ne fait pas encore partie des propriétaires du village de Bren ? [8] pourtant Mathieu (mon Sosa 356) nait à Bren vers 1650 :
Le 03/05/1710 à Bren sa fille Clauda fait établir l’inventaire[9] des biens du couple, après le décès de son époux Nicolas Perrossier, journalier ; en voici un petit extrait :
« Un coffre de bois noyer fermant aclef presque neuf que ladite veuve Cheval a dit estre le mesme qu’elle se constitua dans son contract de mariage ».
Il ne reste qu’une poule les autres ayant été employées pour le service du défunt pendant sa maladie.
Il y a tant de cousins et cousines Cheval qui portent le même prénom que peut-être les prêtres, avant de célébrer les baptêmes et les mariages et d’enregistrer les décès du nom ‘Cheval’ sollicitent les actes de naissance des dits Cheval afin d’être en mesure d’identifier lequel des Cheval il s’agit ?
A Bren, comme certainement à Saint-Andéol et Claveyson, le curé étudie les alliances par rapport à la consanguinité ; une représentation généalogique précède ce texte dans les registres paroissiaux [10]:
J’apprends sur l’acte de décès de Barthélémy Cheval (mon Sosa 178) que celui-ci est enterré dans l’église de Bren le 28 janvier 1751. Mathieu Cheval, le père de Barthélémy habite le lieu de Bren en 1676.[11]
« Depuis le Moyen âge, dans un contexte d’ignorance et de superstition, l’âme d’un corps placé dans l’église était supposée aller plus vite et plus près de dieu au paradis ; ceci moyennant finance, les places les plus proches du chœur étant les plus chères ; les familles achetaient un caveau à tel emplacement ; leurs enfants et descendants, dans leur testament, « élisaient leur sépulture dans telle tombe où sont enterrés leurs prédécesseurs », parfois en précisant l’emplacement à l’intérieur de l’église par exemple « à côté de la chapelle Ste Catherine » (trouvé dans un testament) ».[12]
A Bren en l’année 1789 :
« Les récoltes qui s’y perçoivent sont seigle, bled noir et quelques légumes ; tout quoi sert à la nourriture des habitants, n’y ayant pour ainsi parler presque point de bled froment. A l’égard de la récolte de vin, elle est de petite qualité et tout au plus suffisante pour la consommation. Dns les temps de disette, les habitants sont obligés de se rendre, soit en la ville de Romans, soit en celle de St-Vallier pour y acheter leurs grains nécessaires ; mais les chemins pour y aboutir sont des plus inaccessibles, n’étant que sable, montées, descentes, combes affreuses et précipices ».[13]
Cette lignée Cheval perdure pourtant dans ce lieu : de génération en génération par les transmissions de la terre de fils en fils : Barthélémy Cheval (mon Sosa 178) marié à Marguerite Doyat ; leurs fils : Barthélémy marié à Marie Cheval ; le petit fils : Barthélémy marié à Marie Valernaud ; l’arrière-petit-fils : Jean Barthélémy, décédé en 1840 marié à Rose Sylvestre ; L’arrière arrière- petit-fils : : Barthélémy, né en 1806, décédé le 19/10/1871 au quartier la Plaine[14] marié à Marie Chapelle.
J’identifie le numéro de la parcelle de la maison de Barthélémy Cheval, parcelle nommée à la date du 13 décembre 1834 [15] :
Je situe sur le cadastre le lieu de vie de ma branche Cheval [16]:
Au XXème siècle Les ‘Cheval’ sont toujours présents à Bren ; cependant je ne sais pas si la naissance que je relève en l’année 1944 fait partie de la descendance de Barthélémy.
« A partir d’un fichier Gedcom, en définissant deux individus, l’un comme point de départ, l’autre comme point d’arrivée (par exemple vous-même et votre arrière-grand-père), l’intelligence artificielle écrira un récit généalogique basé sur les dates, les lieux et les métiers issus de vos recherches. Ce récit sera étoffé des recherches approfondies faites par l’IA, pour donner du corps à la narration tant sur le plan local ou social, qu’historique ».
Le 16 fructidor an II (02/09/1794), dans la Drôme, débute un registre servant à enregistrer les brevets et congés des militaires qui se retirent dans leurs foyers.[1]
Il est écrit que François Rochard, né le 10/08/1737, sans indication du lieu, est soldat le 03/02/1755, caporal le 06/10/1766, sergent le 05/10/1768, sergent major le 26/06/1781, vétéran le 29/07/1780, sous-lieutenant le 12/01/1792, lieutenant le 12/05/1792.
Son brevet apparait ; il devient capitaine le 01 juillet 1793 : Il appartient au 4ème régiment d’infanterie, 2ème bataillon :
« Le conseil exécutif provisoire établi en vertu de la loi du 15 août 1792 l’an 1er de la liberté prenant une entière confiance dans la valeur bonne conduite et de fidélité à la Patrie, dont a donné des preuves dans toutes les occasions le lieutenant François Rochard l’a nommé à la place du capitaine Caragnol ( ?) à daté du 31 mars dernier pour en faire les fonctions sous l’autorité du conseil exécutif provisoire et sous les ordres des officiers généraux employés auprès des troupes … » L877, AD26 :
La campagne de Mahon en 1756 citée dans les conflits auxquels il participe :
« La bataille de Minorque ou bataille de Port Mahon est un affrontement naval et terrestre qui a lieu en mai et juin 1756 au début de la guerre de Sept ans. Cette bataille oppose la France et l’Angleterre pour le contrôle de l’Ile de Minorque en méditerranée occidentale ».[2]
Pour retrouver sa fiche militaire et également son lieu de naissance je pars d’une indication de ses états de service : il a fait la campagne d’Amérique de 1780, 1781, 1782 et 1783.
En décembre 1777, Louis XVI s’engage à soutenir l’Amérique dans la guerre d’indépendance de ses treize colonies anglaises.
Dans le document ‘Les combattants français de la guerre américaine, 1778/1783’ établi par le ministère des affaires étrangères je trouve le nom de François Rochard et son régiment, celui du Soissonnais [3]:
Abréviation : S. signifie= entré au service
« Suivant Claude Bernard, commissaire des guerres principal de ce corps auxiliaire français de l’armée américaine, l’armée de Rochambeau s’embarqua sur 7 vaisseaux, 2 frégates et 25 à 30 transports. Cette flotte atteignit les eaux américaines vers le milieu du mois de juillet 1780 ; l’armée débarqua à Newport, assez maltraitée par la longue traversée et le mauvais temps : sur 5 000 hommes, 800 étaient malades ».[4]
« Le 06 avril 1780, les deux bataillons du régiment s’embarquèrent à Brest avec le comte de Rochambeau pour aller porter secours aux Etats-Unis d’Amérique. Débarqué au mois de juillet à Newport avec le Bourbonnais, il fut comme lui, d’abord employé à la garde des forts du Rhode-Island, et participa à toutes les opérations principales de l’armée de Rochambeau jusqu’au siège d’York-Town. Le 21 juillet 1781, les compagnies d’élite du Soissonnais prirent part à l’expédition du chevalier de Chastellux sur Kingsbrigde. (…).
Le Soissonnais prit alors ses quartiers d’hiver à Hampton. Il y demeura jusqu’au mois de mars 1783, époque à laquelle il s’embarqua pour revenir en France.
En 1791, ce régiment perdit son nom de Soissonais, qu’il remplaça par la désignation du 40ème régiment d’infanterie ».[5]
A partir du nom du régiment ‘Soissonnais’ dans lequel François est affecté, je recherche sa fiche militaire sur le site ‘Mémoire des hommes’ [6]. Les informations de son parcours militaire sur ledit site sont identiques à celles fournies par le document drômois :
Les grenadiers :
« La grenade à main remonte à l’époque de la guerre de Cent Ans et des guerres d’Italie du XVe siècle ; c’est alors un vase de terre cuite rempli de poudre et allumé par une mèche, que l’on emploie dans la défense de forteresses. Bien vite, cette arme devient offense et elle est confiée à des soldats d’élite : quatre par compagnie d’infanterie en 1661, ils formeront à la fin du XVIIe siècle une compagnie par bataillon. Au XVIIIe siècle, les fantassins de ces compagnies d’élite portent déjà le bonnet à poil, du ‘bonnet d’oursin’ ou d’ourson’, et le sabre-briquet ».
La taille des hommes dans cette partie des régiments d’infanterie est réglementée : 5 pieds 6 pouces. La sienne est de 5 pieds 8 pouces (172.72 cm).[7]
En 1794 il prend sa retraite après 39 ans de service : selon sa fiche militaire il est âgé de 57 ans,
« La pension est accordée à 50 ans minimum et pour 30 ans de service. Dans ce cas, le militaire reçoit le quart de son traitement antérieur et la somme versée ne peut être inférieure à 150 livres. Cette somme est augmentée si le militaire dépasse les 30 ans de service ».[8]
Mon ancêtre Laurent Migouret au sobriquet ‘Migouret’, né le 21 juin 1757 à Romans, épouse le 09 février 1787 à Clérieux Denise Revol.
Il est, à cette période, intégré dans les armées de Louis XVI : son engagement débute le 11/12/1775 dans le régiment de Bourbon, compagnie Carondelet, devenu 56ème régiment d’infanterie de ligne à la Révolution.[1]
Le 11/12/1783 il se réengage pour huit ans : il ira jusqu’au 15/06/1790.
« Comme les hautes payes données aux rengagés ne provoquaient pas assez de rengagements et chargeaient trop les finances il (Choiseul) les remplaça par des primes de rengagement. La haute-paye était pour le soldat d’un ou par jour, pour le sous-officier de cinq sous ; la prime varia suivant la durée du service, pour l’infanterie de cent livres à cent cinquante, pour la cavalerie, de cent vingt à cent soixante-dix. ».[1]
[1] Page 56, chapitre III, livre premier, Louis XVI et les essais de réforme, les réformes dans l’armée et la marine (1774/1789), histoire de France, E. Lavisse
Pour pouvoir se marier il demande le consentement au colonel de son régiment de Bourbon, monsieur Franval, ce qui prouve sa présence militairement ; car pendant la Révolution et l’Empire les armées de l’Ancien Régime conservaient une tradition de laisser sur les registres les morts et les déserteurs, afin de toucher la solde de ces combattants ‘virtuels’[2].
Le consentement est acquis. [3] Laurent signe son acte de mariage :
Si je compare les critères d’admission dans chaque arme durant la période napoléonienne Laurent est peut-être admis dans l’infanterie à cause de sa taille qui est de 157.48 cm comme il est indiqué sur sa fiche militaire.
Sous l’Ancien Régime deux régiments ‘Bourbon’ possibles peuvent contenir la fiche de mon aïeul, par rapport à sa date d’admission : 1 Yc 173 ou 1 Yc 176[4] ; cependant par manque du répertoire alphabétique en fin de registre la tâche est trop ardue de la rechercher.
Le régiment, 2ème bataillon, se présente ainsi en 1776 [5] :
Bourbon est un vieux régiment, qui s’appelait Enghien, et faisait partie des troupes de Condé, pendant la Fronde. Il est devenu Bourbon le 28 décembre 1686, à la faveur d’un changement de propriétaire, et l’est resté jusqu’en 1791 (devenu alors 56ème d’infanterie de ligne) sous les ordres de Pierre Louis Simon de Francval. En 1760, le colonel-propriétaire est Louis Joseph Henry, duc de Bourbon, Franval étant probablement le colonel-commandant effectif.
Le régiment de Bourbon n’a jamais séjourné dans notre région ; en 1787 il se trouve dans le secteur Avranches-Cherbourg-Morlaix, puis au Havre en mars 1788.
Information fournie par Monsieur Magnan en 2012, historien de la période napoléonienne, Etude Drômoise.
Le parcours militaire du colonel de Francval [6] :
« Orbec, 04/01/1735 : Lieutenant en second 1740 -enseigne dans Bourbon Inf.1741- capitaine 1748 – capitaine de grenadiers 1774 – capitaine commandant 1776 – lieutenant colonel 1780 – colonel du 56è régiments 1791 – démissionnaire chevalier de St Louis 1770 – émigré – commandant de compagnie des officiers de Bourbon inf. à l’armée de Bourbon 1792 – capitaine dans Loyal Emigrant 1793 – blessé à la prise de Furnes le 25/05/1793 – mort de ses blessures le 24/06/1794 (Pinasseau, l’émigration militaire, armée royale page 55) ».
L’uniforme et le drapeau du régiment de Bourbon en 1772 [7] :
A partir de la Révolution française :
« L’habit de l’infanterie de ligne était bleu roi, doublure blanche, parements et collet écarlates à passepoil blanc, revers blancs à passepoil écarlate, pans retroussés et agrafés, boutons jaunes au numéro du régiment, chapeau à trois cornes, porté ‘à l’ordonnance’ c’est-à-dire enfoncé sur le sourcil droit, la corne de devant placée au-dessus du sourcil gauche, découvert de l’épaisseur d’un demi pouce ».[8]
Le fantassin est armé d’un fusil modèle 1777 dont la caractéristique de l’arme repose sur la mise à feu de la poudre par des étincelles provoquées par le choc d’une pierre à silex sur la platine métallique [9] :
Le régiment de Laurent Migouret ne participe pas à la guerre d’indépendance américaine qui fait de nombreuses victimes militaires françaises. [10]
La guerre :
« Celle-ci oppose les treize colonies, un groupe de colonies frontalières d’Amérique du Nord, au royaume de Grande-Bretagne de 1775 à 1783. Le Royaume-Uni, craignant une insurrection armée, organise une saisie d’armes dans les colonies. Celle-ci dérape, dans le Massachussetts ce qui conduisit aux batailles de Lexington et Concord en 1775. La guerre d’indépendance était déclarée entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis d’Amérique qui proclamèrent par ailleurs leur indépendance le 04 juillet 1776 à Philadelphie ».[11]
« Le mois de janvier 1778 fut marqué par d’intenses discussions et négociations pour établir les termes d’un contrat passé entre la monarchie française et les colonies américaines qui avaient déclaré leur indépendance. Au final, ce seront deux traités qui verront le jour à la suite de ces débats. (…) Le second traité conclu entre la France et les Etats-Unis constitue le cœur de l’engagement français dans la guerre d’indépendance américaine. Celui-ci est dit ‘traité d’alliance éventuelle et défensive’ ».[12]
Laurent Migouret revient « au pays » pour se marier dans la même paroisse qu’habite mon autre ancêtre Louis Giroud, puis repart dans son régiment pour trois ans ; les deux retirés de l’armée se sont peut-être côtoyés jusqu’à l’an 8 (1800), année du décès de Louis.
Laurent, se mariant une première fois en février 1787, Louis, de Clérieux, attendant la naissance de son premier enfant en novembre 1787.
Au décès dudit Laurent le 23 décembre 1819 à Veaunes, il est noté dans l’état des sections de Clérieux qu’il était possesseur dans le village, de deux maisons avec leur jardin.[1]
[12] Page 41, page 42, La France et les Français dans la guerre d’indépendance américaine : phases et aspects d’un engagement singulier par Raphaël Franco, Master 1, année 2015/2016, université Grenoble Alpes
Nous sommes sous le règne de Louis XVI, né le 23 août 1754 à Versailles sous le nom de Louis-Auguste de France et mort guillotiné le 21 janvier 1793 à Paris, est roi de France et de Navarre du 10 mai 1774 au 6 novembre 1789, puis roi des Français jusqu’au 21 septembre 1792. Il est le dernier roi de France de la période dite de l’Ancien Régime.
L’armée a besoin d’hommes : « Le racolage est opéré, les jours de foire et de marché, par des sous-officiers qui dressent une estrade et attirent l’attention par une parade de roulements de tambour. On fait aux jeunes gens de belles promesses, on leur offre à boire et pour cette population encore largement analphabète le fait de trinquer à la santé du roi équivaut à un engagement. Une fois dégrisé, le jeune homme ne peut se libérer qu’en payant une somme exorbitante ou en fournissant deux hommes pour le remplacer ».[1]
Ce qui ne semble pas être le cas de mon ancêtre, je dis ‘ne pas être’ parce que le terme ‘de ma propre volonté’ est possible la formule utilisée pour la signature du document de recrutement ; recherche-t-il l’aventure ou plus justement d’amasser un petit pécule pour faire vivre décemment sa future famille ? (Voir mon article ‘première partie de balme creusée, descendance créée’).
« Je, soussigné Louis Giroud, m’engage de ma propre volonté pour servir le roi pendant 8 ans dans le régiment de Grenoble artillerie en qualité de canonnier. En foi de quoi j’ai fait ma marque sur le présent engagement. Fait à Romans le 1er décembre 1777, X, signé J. Vachier ».
« Ledit Louis Giroud a déclaré être travailleur de terre, natif de Mercurol, paroisse de Mercurol, diocèse de Vienne, province du Dauphiné, généralité de Grenoble, fils de Jean Giroud et de Marie Robin, âgé de 18 ans, taille de 5 pieds 4 pouces, * cheveux et sourcils noirs, yeux gris, nez gros et écrasé, bouche petite, visage ovale, menton rond, front couvert, marque de quelques grains de petite vérole.
Sa description physique selon le texte ci-dessus que j’ai fourni à ChatGPT :
Je retrouve sa fiche militaire sur le site de mémoire des hommes, sous le nom de Giraud [3]:
Aux XVII et XVIIIe siècles les armées de l’Ancien Régime comptent peu d’hommes et sont composées essentiellement de volontaires. Le recrutement est encore une entreprise privée confiée aux capitaines, généralement nobles, propriétaires de leur compagnie. Ceux-ci reçoivent une commission du roi pour rassembler un effectif déterminé.
L’armée française comptait, à la veille de la révolution française, 104 régiments d’infanterie, 62 régiments de troupes montées et 7 régiments d’artillerie, écrit page 1069 du dictionnaire de l’Ancien Régime de Lucien Bély.
En 1693 : Création à partir du Régiment des Fusiliers du Roi et en 1765 réorganisation de ce régiment en sept autres dont celui de Grenoble. [4]
A la fin du règne de Louis XVI, l’uniforme de l’artillerie est le suivant :
Habit bleu, revers, collet, veste culotte et contre-épaulette en drap bleu, parements, doublures et passepoil écarlates, boutons jaunes.[5]
Louis est intégré dans le 1er bataillon du régiment de Grenoble du corps royal de l’artillerie : compagnie Saint Vulfraut.
L’artillerie n’a pas toujours constitué un corps d’armée distinct sous l’Ancien Régime, se retrouvant mêlée aux régiments d’infanterie précise le site Mémoire des Hommes.
« Le Corps-Royal d’artillerie est maintenu à part et chargé du service des arsenaux et manufactures en temps de paix et de l’encadrement des pièces de siège et de place en temps de guerre.
Les guerres des XVIIe et XVIIIe siècles furent pour l’essentiel des guerres de siège. L’artillerie, que met en œuvre cette tactique, est composée de canons longs et lourds : ils doivent dépasser l’épaisseur de la muraille pour les assiégés, et pour les assiégeants posséder une longue portée et une grande puissance de rupture ».[6]
En 1777 : « Gribeauval reconstitua son matériel d’artillerie, ramena les pièces à un petit nombre de types et en accrut la puissance. Le calibre de l’âme et celui des boulets furent exactement mesurés avec de nouveaux appareils, de sorte que l’on eut désormais des projectiles adaptés exactement aux pièces ; la portée de l’artillerie se trouva quadruplée pour les petits calibres ; l’invention de la vis de pointage et de la hausse mobile permit une plus grande précision dans le tir. L’attelage des pièces fut perfectionné, de façon qu’on put leur faire franchir des obstacles, et tirer au besoin sans dételer. L’artillerie française devint, grâce à lui, la première du monde ».[1]
[1] Page 55, chapitre III, livre premier, Louis XVI et les essais de réforme, les réformes dans l’armée et la marine (1774/1789), histoire de France, E. Lavisse
Voici comment se présente en l’année 1772 ledit régiment [7] :
A la lecture du registre qui contient la fiche militaire de mon ancêtre un soldat de la même compagnie que lui, originaire du département des Hautes-Alpes, décède le 06/10/1777 à l’hôpital d’Haguenau en Alsace comme un autre également, originaire de l’Ardèche, y décède le 07/09/1778 (Vue 96, GR 10 Yc 18).
J’émets l’hypothèse que pendant plus d’une année Louis a stationné en Alsace.
Haguenau se situe à environ 30 kms de la frontière naturelle du fleuve le Rhin avec l’Allemagne.
Seule la compagnie du capitaine Savournin, du régiment de Grenoble, fait partie des combattants français de la guerre d’indépendance d’Amérique période 1778/1783. [8]
Je retrouve le régiment de Grenoble au 03 janvier 1779 à Dunkerque où l’artillerie y est réunie sous le commandement de Louis Augustin Lamy. [1]
« Dans la Drôme, seule Valence possède une garnison permanente : c’est, traditionnellement, le ‘Régiment d’artillerie de Grenoble’ qui recevra le numéro 4 en 1791, ainsi que l’Ecole d’artillerie qui lui est rattachée ».[1]
Mon ancêtre Louis, libéré de son engagement militaire le 02 décembre 1785, revient « au pays » retrouver son épouse et où un enfant qui sera prénommé Jean-Louis naitra le 03 novembre 1787.
[1] Page 13, la grande armée par Jacques Demougin, édition trésor du patrimoine
Dans la première partie de mon article ‘Balme creusée, descendance créée’ je nomme le mariage de Louis Giroud avec Marie Anne (Marianne) Ramat.
Les parents de Marie Anne sont Jean Ramat, journalier, et Jeanne Desfrançois, mariés le 13/01/1756 à Saint-Barthélémy de Vals ; présence d’un contrat de mariage sans dot 2 E 7805 du 22/11/1755.
Dans le département de la Drôme les ‘Ramat’ se situent principalement à Albon, en grande majorité dans la paroisse Saint-Romain, par des naissances qui débutent pendant l’année 1674.
Les Desfrançois se situent à Saint-Barthélémy de Vals, également dans la Drôme, par des naissances qui débutent pendant l’année 1682.
Des Ramat, beaucoup sont originaires de l’Ardèche de la paroisse de Saint-Victor. Le re mariage de la mère de Louis avec François Ramat en est un exemple par son origine de Saint-Victor : un lien certainement lointain avec la famille de Marie Anne. Le nom peut s’écrire Rama ou Ramat ou Ramas.
Jeanne est originaire de la paroisse de Lemps, hameau Tinal (vérification de son nom avec le fascicule ‘Listes des communes/paroisses’ édité par la Saga).
La famille Ramat est installée depuis des générations à Saint-Victor. J’émets l’hypothèse que c’est la misère qui oblige à l’émigration. J’évoque ce sujet dans mon écrit ‘Déplacements de mes ancêtres des hauts plateaux à la vallée du Rhône’.
Les premiers Ramat et Desfrançois traversent le Rhône au niveau de la ville de Sarras pour rejoindre ensuite Saint-Barthélémy de Vals :
Carte de la couverture du cahier de Mémoire d’Ardèche et Temps Présent numéro 151, 2021 :
1758 : « Cette année, l’argent étant fort rare à cause de la guerre qu’avait le Roy de France avec l’Angleterre et le Roy de Prusse. Les impôts étaient très forts pour soutenir cette guerre par mer et par terre. Toutes ces calamités produisirent beaucoup de pauvres. Beaucoup de familles lesquelles quoiqu’elles eussent des domaines mourraient de faim et étaient obligées de mendier leur pain ne trouvant pas à vendre des terres et autres effets à cause de la rareté de l’argent – registres paroissiaux de Crépol ».[1]
Vient le temps des déplacements au gré des contrats de travail ; je m’appuie sur les actes de naissance de leurs enfants qui sont au nombre de huit[2]: après Saint-Barthélémy de Vals, le couple fréquente les paroisses de Saint-Vallier, Mercurol, Chanos-Curson et Clérieux.
Jean-Louis Ramat (fils de Jean et de Jeanne Desfrançois) nait en 1768 à Chanos-Curson où habitent Marie Robin, mère de Louis et François Ramat beau-père de Louis. Les deux familles Ramat se fréquentent -elles ? Louis a 11 ans et sa future femme 12 ans.
En 1770 Jean Ramat et sa famille s’installent définitivement à Clérieux.
Leur fille, Virginie, âgée de trois ans et demi environ, se noie dans le béal* des Fabriques le 07/10/1774.[3]
*pli en creux d’un terrain qui devient ruisseau en cas de pluie. Servait souvent de limite séparative entre pièces de terre et apparaît dans la définition des confronts.[4]
3 P 2247/5, section C2, Saint-Bardoux, Péanez, AD26 :
Jean Ramat père achète un bien pour une valeur de 160 livres : une vente effectuée par François Bossan enregistrée chez le notaire Berard à Saint-Donat[5]. Le 01 frimaire de l’an X (22/11/1801) son fils Jean doit finir de rembourser cet achat pour un montant de 40 livres tournois : il s’en acquitte en en monnaie métallique : Le décret du 24 août 1793 introduisit le système décimal (1 livre = 10 décimes, 1 décime = 10 centimes).[6] En l’an IV le prix moyen du franc métallique est de 220 livres (cours du Louis à la Bourse de Paris, les 6 et 7 pluviôse de l’an IV).
Le 08/03/1788 Jean (père) décède : le curé a écrit ‘habitant dans une beaume* qu’il s’est creusé prise au-dessus du chemin du domaine de Saint-Roméane’.[7] *NDLR ou balme
« La balme d’habitation est une grotte creusée dans la molasse, formée d’une seule pièce, où tout le monde vit entassé. Ce ceux les plus pauvres des habitants d’un village qui y résident ».[8]
Ce qui ne veut pas dire que Jean vit dans une beaume. L’état des propriétés non bâties et bâties débutant en septembre 1824 je n’y trouverai pas de relevé à son nom qui confirmera ou informera qu’il vit soit dans une grotte soit dans une maison et rechercher l’acte d’achat cité ci-dessus est trop fastidieux chez un notaire qui travaille avec tous les villages autour de sa ville.
En l’an VIII Louis Giroud décède brutalement. Il a 43 ans. Je ne trouve pas l’inscription de sa mort dans les tables des décès (appelées plus tard tables des successions et absences),[9]
Les matrices des dites propriétés foncières détaillent les acquisitions de Louis : un jardin, une maison (parcelle 260) au lieu-dit Peaney.[10]
Pour vérification de l’achat de ladite maison je recherche son nom dans les tables des nouveaux possesseurs et dans la table des acquéreurs période débutant en 1774 finissant en 1800 : je ne le trouve pas.[11]
Louis mort en 1800, Marie Anne Ramat non décédée encore en 1824, le nom inscrit dans les matrices est-il d’office celui de l’époux même s’il s’agit de la succession de son beau-père ? J’en déduit alors que l’achat s’est effectué par la famille Ramat bien avant la venue de Louis.
Cependant, sur la matrice des propriétés foncières, arrêtée à la date du 28 septembre 1824, qui contient son patronyme, des lignes apparaissent : terres labourables aux Voleyses et à Saint-Bardoux encore terres labourables et bois et taillis.[12]
Le processus de concentration des terres au profit des plus riches a été arrêté à la Révolution ;
Grâce aux partages des communaux et aux spéculations qui ont suivi, le nombre de propriétaires s’est accru ; à son activité de cultivateur et celle de garde-champêtre mon ancêtre acquiert un patrimoine.
Marie Anne doit travailler : elle est journalière ainsi qu’il est noté dans la table des successions et absences à son décès le 16/05/1831 à Clérieux[13] :
« Indigente n’a absolument rien laissé » pourtant au 28/09/1824 dans ces mêmes matrices des propriétés foncières, je retrouve une inscription, pour Marie Anne veuve Giroud, qui dit qu’elle est propriétaire d’une parcelle de terre labourable au lieu-dit Peaney[14] :
« Posséder un lopin de terre ou une masure, est pour l’indigent l’assurance d’être secouru car il les lèguera à celui qui l’hébergera en échange de bons soins qu’il espère recevoir. C’est la contrepartie ; on n’a rien sans rien ». [15]
Elle ne finit pas son existence dans un hospice[16], mais dans sa maison d’habitation, comme indiqué sur son acte de décès[17].
Localisation de l’emplacement du hameau Péanez situé au nord du village et regardant vers la commune de Saint-Bardoux :
[8] Les structures familiales et les rapports inter générations dans deux localités de la Drôme : Chantemerle Les Blés et Mirabel Les Baronnies de 1650 à 1789 de I. Dumas et S. Plagiau, BH, AD26
[9] 3 Q 9896 (1791/an X), vue 41 et vue 96, bureau de Romans, AD26, dans le 3 Q 9897 (an X/1806) vue 31
Louis, fils de Jean et de Anne Marie Robin, nait le 21 mars 1757 à Mercurol paroisse Sainte-Anne.
Nous sommes sous le règne de Louis XV jusqu’en 1774 ensuite sous le règne de Louis XVI puis pendant la Révolution française.
Pour pouvoir laisser une trace dans les registres les notaires et les curés ont-ils appliqué cette recette ? :
« Pour faire bon encre, faut avoir un pot de terre de deux liards ou plus grand si on veut, tout neuf et le remplir presque d’eau de pluie, ou bien d’icelle qui se trouve dans la borne d’un roure, ou dans un bateau de rivière, et dans iceluy mettre quatre onces de galle Romaine, deux onces de gomme arabique, deux onces de vitriol romain, deux onces de coppe rose et faire tout cela bouillir au feu et que diminue de la moitié. Et après étant froid le couler dans une molle ou flascon de verre et faire demeurer au soleil durant quatre ou cinq jours ou plus et sera bon et bien noir. Est notte de la recette écritte par feu M. Antoine de Giffone trouvée dans un mémorial des investitures de noble Antoine de Surville Ecuyer. Sgr des Hermessènes et en partie de Gras ».[1]
Mon ancêtre ne connaitra jamais son père : celui-ci décède sept mois avant la naissance.
Je n’ai pas d’informations quant à la vie de Louis avant qu’il atteigne l’âge de 20 ans. A cet âge-ci, journalier de la paroisse de Mercurol, il fréquente Marie Anne (Marianne) Ramat, journalière, résidant à Clérieux.
Ensemble ils font établir leur contrat de mariage le 18/05/1777 à Tain sans citation d’une dot,[2] puis se marient à Clérieux le 22/07/1777.
Environ cinq mois plus tard, le 02/12/1777 Louis s’engage volontairement pour 8 ans dans l’armée : cela fera l’objet d’un autre écrit. J’émets l’hypothèse qu’il laisse sa femme pour plusieurs années afin de pouvoir amasser un petit pécule en devenant soldat.
Sa mère, veuve, journalière, travaillait pour subvenir à ses propres besoins avant son re mariage (voir mon écrit ‘Baptêmes à Mercurol).
Les frères de Louis, Antoine, qui décèdera en 1778 à Saint-Bardoux, Jean-Antoine[3] et François ont quitté le foyer maternel.
Louis revient au pays le 02/12/1785. Il s’installe avec son épouse dans la paroisse de Clérieux, distance de sept kms environ de Mercurol. Je ne déplierai pas l’histoire de Clérieux, l’ayant fait dans une rédaction en deux parties intitulées ‘Clérieu avant la venue de mon ancêtre’.
Le 03/11/1787 Anne Marie Ramat donne naissance à Jean-Louis, premier enfant du couple Giroud/Ramat.
Le couple est localisé au quartier Saint-Réméane où y sont également présents le parrain et les témoins sur l’acte de naissance. Louis est dit travailleur.[4]
« Il y a une seule accoucheuse dans la communauté, peu instruite, qui aurait besoin, pour l’utilité publique de connaissances par les moyens des gens de cet art » dit le cahier des doléances de Clérieux (C 3).
N’a-t-il pas les moyens financiers ou fait-il trop froid pour se rendre à l’enterrement de sa mère ? celle-ci décède à Mercurol en janvier 1790.
Puis le 05/01/1794 nait Marie Anne à Clérieux mais sans précision du quartier ; avant la Révolution française le curé indiquait le quartier dans la paroisse.
Sous l’Ancien Régime ‘Saint-Roméane’, puis ‘Serremeannes’[5], ‘Réméane’.[6]
Serre Meannes : devenu Saint Réméane suite à une déformation du nom par les services du cadastre. Le mot Serre en occitan dénomme un endroit élevé.[7]
Le couple n’est pas riche : le nom de Louis n’apparaît pas dans le répertoire des propriétaires de Clérieux.[8]
Je montrerai dans un écrit à venir que Louis, au milieu de son existence, réussit à construire un patrimoine.
Aussi ayant peu d’informations en lien avec son existence je développe les évènements de cette période laissant le champ libre à l’imagination de ce que pourrait être le ressenti de mon aïeul.
Il ne fait certainement pas partie du conseil de fabriques qui est composé de notables choisis ; chaque paroisse dispose d’une fabrique chargée de veiller à l’entretien et à la conservation des lieux de culte.
Louis a d’autres préoccupations que celle-ci-dessus énoncée :
« Une grave crise économique et sociale se préparait contre laquelle on n’avait rien prévu. Alors que les paysans avaient dû subir un grave déficit de la sériculture en 1787 et une moisson désastreuse en 1788, un temps exécrable allait ruiner tout espoir pour 1789 ; après une série de pluies catastrophiques à l’automne, l’hiver 1788/1789 fut terrible ».[10]
Le premier janvier 1789 :
« Un froid intense sévit sur toute la France. Toutes les provinces, même du Midi, enregistrent de fortes chutes de neige (…) A Lyon, le Rhône est totalement pris par les glaces. Selon les observateurs de Greenwich, cet hiver surpasse en rigueur celui de 1740, de si funeste mémoire ».[11]
Le malaise d’une minorité aristocratique et bourgeoise désireuse de certaines réformes qui touchent alors assez peu les masses rurales très pauvres sans horizon politique. [12]
« Le calendrier républicain ne fut voté qu’en 1793, avec effet rétroactif désignant 1792 comme l’an UN.
L’année républicaine partira désormais du 22 septembre (le 1 Vendémiaire) avec 12 mois de 3 ‘décades’. Il y avait un manque de 5 jours qu’on ajoutera sous le nom patriotique de ‘sans-culottides ’, jours fériés qui célèbreront tour à tour la Vertu, le Génie, le Travail, la Récompense, l’Opinion. »[13]
Du 1er décembre 1788 au 16 janvier 1789 l’assemblée des états généraux du Dauphiné se tient à Romans, paroisse distante de 10 kms de Clérieux ; mon aïeul en a peut-être des échos par le fermier du domaine dans lequel il travaille ?
Extraits des réponses au questionnaire de la commission des Etats du Dauphiné de 1788 émis pour la convocation des États généraux par le gouvernement en la personne de Loménie de Brienne, le 1er mai 1789. Cet évènement ne s’étant pas produit depuis l’année 1614.
Les cahiers de doléances de la paroisse de Clérieux et celle de Saint-Bardoux est composée de 242 habitants au total :[14]
« Les récoltes ne consistent qu’en seigle, bled noir, peu de froment comme aussi en peu de légumes et truffes blanches et en châtaignes tout quoi est la nourriture favorite des habitants ; pour la récolte de vin elle n’est pas suffisante et d’ailleurs est de médiocre qualité. Les récoltes, de quelques natures qu’elles soient ne sont suffisantes pour la consommation des habitants qui sont obligés de se rendre à deux lieus à l’environ pour en acheter de l’étranger par le moyen des barques qui viennent de Bourgogne par le Rhône ».
Pendant le printemps et l’été de l’an 1794 les pluies sont très fréquentes. La récolte est de moitié inférieure à celle de l’année 1793. L’hiver 1794/1795 est très rigoureux : le froid et la neige rendent les chemins impraticables et freinent l’acheminement des grains.[15]
Le registre des délibérations de l’administration municipale du canton écrit, à la date 26 prairial de l’an VI (14/06/1798) : « Considérant que le prix modique actuel du bled et l’abondance de la récolte de cette année ne permettent pas aux propriétaires de payer des gages et des salaires au-dessus du taux où ils étaient en 1790 ».[16]
Les foires seront tout de même présentes à Clérieux : la première date est le 1er nivôse et la deuxième date est le 1er floréal de chaque année, suite, le 23 pluviôse an VI (11/02/1798), à la sollicitation de foires.[17]
« Le peuple de 1789 est religieux et fidèle à l’Eglise catholique en immense majorité. Il la veut moins riche, oui ; il veut l’appauvrir, oui ; il veut l’abolition de la mainmorte et autres abus inouïs dont vous trouverez le détail dans M. Champion ; il veut que des richesses colossales qui ont été données au clergé pour servir au bien public, et qui, depuis longtemps, n’y servent plus du tout, soient enlevées à l’Église ». [18]
« L’évêque commendataire de l’Ancien Régime, toujours en procès pour recouvrer ou augmenter ses revenus, absent de son diocèse mais jaloux de son autorité, ‘insouciant du soin de son troupeau’, comme il est noté à propos de l’évêque de Valence. Il n’est donc pas étonnant que les ‘paroissiaux’, c’est-à-dire les curés et vicaires ayant charges d’âmes dans les paroisses, soutiennent vigoureusement les travaux de l’Assemblée Nationale au cours de l’été 1789 ».[19]
Le curé qui est en place à Clérieux est Claude Charignon, né à Charpey (paroisse Saint-Nicolas) * le 15/11/1725. Il exerce dans le dit Clérieux du 01/03/1768 au 28/10/1792. En 1791 il est décidé une seule paroisse pour Clérieux, Chanos, Marsas. Le religieux se retire chez son neveu Charignon le 01/05/1792. Il est remplacé par Jean Antoine Xavier Dumas qui y est encore en l’an IX[20] et qui sera secrétaire de la mairie de Clérieux (2 E 24336 folio 34 du 11 brumaire an X (02/11/1801)).
*source : EGDA ; son père est Antoine et sa mère est Françoise Bellon
Suite au décret du 02 frimaire de l’an II Claude Charignon remet ses lettres de prêtrise ; il touchera en traitement annuel 1000 francs comme secours.[21]
Son vicaire, en 1792, est Pierre Trouiller. Ayant abdiqué sa fonction de prêtrise, il part soldat au bataillon de la Drôme, 2ème ligne à Carouge (2 J 676, AD26).
Lui aussi a remis ses lettres de prêtrise, contre un traitement annuel de 800 francs (L 582, AD26).
Le remplaçant Dumas, curé ‘jureur’ a-t-il été élu ? « L’élection des curés ne pourra se faire ou être commencée qu’un jour de dimanche, dans la principale église du chef-lieu du district, à l’issue de la messe paroissiale à laquelle tous les électeurs seront tenus d’assister ».[22]
A Saint-Bardoux, paroisse dépendante de celle de Clérieux, la situation se déroule différemment : le curé Augustin Grégoire, âgé de moins de 50 ans, abdique sa fonction et touchera une indemnité de 800 francs annuellement mais le curé Jean-François Jamet, lui, demeure réfractaire aux lois contre l’église (L 582 et 2 J 676, AD26).
Curé en 1781, il est déporté le 25/10/1792 : la cure est supprimée. Jamet se retire à Arras en Ardèche ; en l’an IX il y est encore. On dit de lui ‘très dangereux, sans mœurs’.[23]
Les évêques et les curés sont désormais élus par le peuple et doivent prêter serment à la Constitution civile de l’Etat français.
Voici par exemple le serment, pour se conformer à l’article 25 de la loi du 19 fructidor an V (05/09/1797), du citoyen Jean-André Odoard, curé de Chavannes, habitant actuellement à Mercurol, : « Je jure haine à la royauté et à l’anarchie, attachement et fidélité à la République et à la Constitution de l’an trois ».[24]
L’administration municipale établie ses séances, depuis le premier frimaire an III, dans la maison curiale de la commune de Clérieux. Or cette maison, inhabitée depuis près de trois années, c’est-à-dire depuis l’expulsion du curé est devenue est devenue la ‘proie’ du premier occupant. Elle est dévastée dans son intérieur et son extérieur, ce qui amène l’administration municipale, en l’an VI, à faire établir des devis pour réparer les dégâts – demande renvoyée au directeur de l’enregistrement pour avis le 23 germinal an VII.[25]
Le 21 août 1792, témoin au mariage de son beau-frère Jean Ramat, mon ancêtre ne sait pas signer. [26]
Pour comparaison avec ma branche cognatique, en 1728, Louis Guilhot signe (voir mon article ‘La Chapelle en Vercors, départ de ma branche maternelle).
Pendant la période 1790/1791 le registre civique du canton de Clérieux ne montre pas le nom de mon ancêtre Louis dans la liste des hommes pour l’inscription des citoyens qui ont les conditions pour être électeurs[27] pas plus que durant l’année 1797 :[28] ce qui dénonce sa classe sociale car seuls ceux qui paient des impôts peuvent être inscrits :
Ni en l’an VII (année 1797/1798) et les années antérieures dans le livre des mutations qui contient la liste des acquéreurs.[29]
Le décret du 03 brumaire an IV (24/10/1795) distingue trois sortes d’établissements scolaires : les écoles primaires, les écoles centrales et les écoles spéciales. L’enseignement primaire est payant, mais chaque école dispose de places gratuites pour les indigents. Le nombre des écoles par canton est laissé à la discrétion de l’administration départementales. Le programme est limité à la lecture, l’écriture, le calcul et la morale républicaine. les municipalités nomment les instituteurs dont la compétance est vérifiée par un jury départemental d’instruction.
Le 5 floréal de l’an IV (24/04/1796) l’ouverture d’une école primaire est actée : le presbytère et jardin attenant (NDLR : aux locaux de l’école) serviront au logement d’un instituteur et institutrice[30] ; le 08 floréal de l’an IV un instituteur est nommé.[31]
Mon ancêtre exerce le métier de garde champêtre du 26 brumaire an V (16/11/1796) au 25 fructidor an 5 (11/09/1797) avec le paiement au trimestre échu soit le 20 vendémiaire an VI (11/10/1797).
Il n’est pas seul à l’avoir exercé : un certain Deleue qui correspondrait au nom de Deleaud (nom existant dans les registres paroissiaux de Clérieux). Leur salaire annuel est de 200 francs chacun.
La signature de Louis lente, grossière ou « en bâton » est de celles qui traduisent plutôt l’aptitude à la lecture seule, et non à l’écriture [32] ; il a dû apprendre à signer entre l’ouverture de l’école et l’attribution de son poste :
Ce poste est attribué de préférence à des militaires qui ont donné des preuves de leur attachement à la Constitution, après examen de leur certificat de vie et de mœurs et ensuite avoir prêté serment.
Il est demandé, en autre, aux gardes champêtres de veiller à ce qu’il ne soit fait aucuns dommages dans les récoltes de toutes espèces et dans les propriétés ; empêchement que les chasseurs tant étrangers que de la commune ne chassent dans les récoltes soit avec des chiens ou sans chiens (…) les chasseurs sont souvent les premiers à dévaster les propriétés et à voler les fruits des branches. Les gardes dresseront procès-verbal.[33]
L’insécurité qui sévit avant 1789 dans les campagnes persiste encore pendant près de dix ans.
Pour preuve un vol de de fer d’au moins de dix livres servant de fermeture à une petite fenêtre, de la détérioration, du vol de bois de coupe.[34]
Louis n’aura pas l’occasion de pouvoir voter, suite à la mise en place du suffrage universel par la Constitution du 22 frimaire de l’an VIII (13/12/1799) ; il décède le 24 floréal an VIII (14/05/1800), où il est indiqué sur l’acte, qu’il est cultivateur.
Français, ton pays défendras, afin de vivre librement.
Tous les tyrans tu poursuivras jusqu’au-delà de l’Indostan.
Les loix, les vertus soutiendras, même s’il le faut de ton sang.
Les perfides dénonceras, sans le moindre ménagement.
Jamais foi tu n’ajouteras à la conversion d’un grand.
Comme un frère, soulageras ton compatriote souffrant.
Lorsque vainqueur tu te verras, sois fier, mais sois compatissant.
Sur les emplois tu veilleras, pour en expulser l’intrigant.
Le dix Août sanctifieras pour l’aimer éternellement.
Le bien des fuyards verseras sur le Sans-Culotte indigent ».
« Français, ton pays défendras » : je me consacrerai dans un futur proche à la rédaction d’articles du domaine militaire, de l’année 1789 aux guerres napoléoniennes.
Au XVIIe siècle des troupes sont levées dans les communes pour renforcer l’armée régulière.
« A côté des soldats de métier, il y avait aussi ceux de la milice provinciale, force de réserves, mais dont les bataillons, moyennant un coup de force sans précédent dans l’histoire militaire de la France, ont été amalgamés aux troupes ‘réglées’ dès le début de la guerre de succession d’Espagne. Ces véritables conscrits/ ont formé jusqu’à 35 % des effectifs de l’armée de ligne. D’ailleurs, à partir de 1703, afin d’aller plus vite en besogne, les hommes qui tirent le mauvais numéro lors des levées de la milice sont directement incorporés dans les régiments royaux ».[1]
Voici comment se compose la milice en 1748, relevé du contrôle des troupes [2]:
Pendant le règne de Louis XV la milice, ancêtre du service militaire, pour six ans, devient permanente en 1726. Le milicien ne peut pas se marier. Les uniformes sont à la charge de la paroisse soit 100 à 200 livres. [3]
« L’an mil sept cent trente-quatre, le vingt-neuf janvier, en exécution de l’ordonnance du roi du douze novembre dernier, et de la lettre de monsieur de Grollier ordonnateur, à nous écrite pour le remplacement des miliciens licenciés, morts, ou désertés, et pour la levée de ceux que l’augmentation prescrite, nous nous sommes transportés dans la communauté de Mercurol que nous aurions fait avertir de se trouver prête au présent jour pour procéder à la levée d’un milicien que ladite communauté doit fournir ou étant nous avons fait faire lecture de ladite ordonnance et de celle de Monsieur de Grollier du 10 décembre dernier en présence des châtelains, consuls, notables et principaux habitants, et après nous avoir fait remettre par lesdits officiers de communauté le rolle de tous les garçons, et à leur défaut de tous les jeunes mariés de leur communauté en état de porter les armes, nous en avons fait l’appel ainsi qu’il suit :
« Chaque année depuis Louis XIV, la paroisse organisait, pour obéir au roi, le tirage de la milice. En soixante-quinze, Elie tombait dans sa seizième année. Il fut donc de la levée. Au jour dit, on mélangea dans un pot profond autant de billets qu’il y avait de présents. Tous ces billets étaient blancs sauf un, noir. Celui des pressentis qui tirait le billet noir sur lequel on avait écrit le mot ‘milicien’ se voyait choisi pour six ans. Il devenait soldat provincial. Ceux qui tiraient un billet blanc restaient dans leur famille ».
(Source : les Cayol, n°1 Au pas le Roy, Raymond Leclerc, édition Pocket)
François Giroud, âgé de 19 ans, d’une hauteur de 5 pieds*(équivalent de 1,524 m), habitant Mercurol, travailleur, est sur la liste de ceux qui tireront soit un billet blanc soit un billet noir [4] :
J’émets l’hypothèse qu’il doit rejoindre les bataillons de cet ordre militaire. Je me base sur l’année 1734 additionnée de 6 ans d’incorporation pour arriver à l’année 1740. En 1740 je le retrouve, travailleur, habitant Mercurol, témoin dans un acte notarié (2 E 23174 folio 42, AD26). Entre l’année 1734 et l’année 1740 je n’ai pas de trace de sa présence dans les actes du notaire Gallix à Mercurol ; l’autre homme de loi, Pierre Servant officie à Tain, de l’année 1728 à l’année 1750 : c’est trop loin du lieu de travail de François pour être appelé en tant que témoin.
Mon aïeul obéit au texte de l’ordonnance : « De par le Roy, Gaspard-Moyse de Fontanieu, chevalier, Seigneur de Saint Aubin sur Mer/intendant de justice, police et finances en Dauphiné : étant nécessaire de connaitre si les milices levées en exécution de l’ordonnance du Roy du vingt-cinquième février mil sept cent vingt-six sont complètes et d’en faire la revue.
Nous ordonnons aux châtelains, consuls et autres officiers des communautés d’envoyer les garçons auquel le sort est échu dans lesdites communautés, aux lieux et aux jours qui leur seront indiqués par les sieurs commissaires des guerres ou autres qui seront par nous chargés de procéder audites revues ».[5]
Au cas où François aurait été absent ce jour-là, ses parents doivent justifier l’absence ou l’empêchement légitime. Dans son cas seul son père Jean aurait pu le faire, sa mère Michèle Poulin étant décédée en 1712.
Ceux qui tirent un « billet noir » s’enfuient au lieu de rejoindre leur corps et sont déclarés ‘traites à la Couronne’.
(D’après le livre de Roger Pierre ‘240 000 drômois, la fin de l’Ancien Régime, les débuts de la Révolution, édition peuple libre, Valence).
La guerre de succession de Pologne (1733/1738) a-t-elle vu la participation de cet aïeul ?
Son retour à la vie civile doit se situer aux alentours de l’année 1740.
Le 04/11/1741 François et Marie Duret font établir leur contrat de mariage à Mercurol [6]:
Aucun empêchement d’ordre militaire ne vient puisque François est témoin encore dans deux actes notariés dont un le 23/04/1742 où il est écrit qu’il habite la Rivière Saint-Clément.[7]
« En 1740 chaque soldat coûtait annuellement en temps de guerre 132 livres 18 sous 9 deniers ½ pour l’infanterie française ».[8]
Les décrets du 16 décembre 1789 et du 20 mars 1791 aboliront la milice.[1]
[1] Page 13, la grande armée par Jacques Demougin, édition trésor du patrimoine
[1] Page 82 les galériens d’André Zysberg, édition le seuil
[2] Vue 123, 125, PDF le contrôle des troupes de l’Ancien Régime, tome 1 par A. Corvisier
[3] Vendée, bande dessinée par Reynald Secher et René le Honzec
Claude Poulin, né le 27/04/1666 à Mercurol paroisse Saint-Anne, frère de mon ancêtre Michèle (épouse de Jean Giroud), est sur le point de partir pour l’armée après le 19/01/1701.
De crainte de laisser sa vie sur un champ de bataille ou de mourir de blessures, il teste à l’âge de 35 ans.
Dans son testament je trouve son affectation : dans la compagnie de monsieur Dallicieux du Martinat, capitaine au régiment d’Auvergne.[1]
« Ce régiment est de deux bataillons. Il fut créé sous Henri IV en 1606. Il s’appela ‘du Bourg’, du nom de son premier colonel. Ensuite ‘L’Epinasse’ en 1610 sous Louis XIII. Il eut le nom de la province d’Auvergne, avec le drapeau blanc en 1635. Il roule avec ‘Bourbonnois et Rohan’ suivant l’ordonnance du 28 février 1666.
L’uniforme est un habit complet, gris blanc, boutons d’étain plats et chapeau bordé d’argent ».[2]
Aux XVII et XXVIIIe siècles, les armées de l’Ancien Régime sont formées de volontaires. Le recrutement est encore une entreprise privée confiée aux capitaines, généralement nobles, propriétaires de leur compagnie, chargés d’équiper et d’entretenir leurs hommes.
Quelle raison pousse Claude à s’engager ? voir du pays ? non la réponse est dans son testament : il est question de rachat du genre humain en lien « avec la mort du seigneur Jésus-Christ, souffrir sur terre pour lui ».
Le conflit à cette période est la guerre de Succession d’Espagne « Est un conflit ayant opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1713, et dont l’enjeu était, à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol, Charles II, la succession au trône d’Espagne, et, à travers elle, la domination en Europe ».[4] « La plupart des pays européens (Angleterre, Provinces-Unies, Saint Empire Romain Germanique) s’opposent à ce que le petit fils de Louis XIV, Philippe d’Anjou, accède au trône d’Espagne, prenant ainsi la tête de deux puissants royaumes d’alors, la France et l’Espagne ».[5]
Les recherches sont trop fastidieuses pour en savoir plus sur le parcours de Claude : il existe trop de registres militaires pour les régiments d’infanterie d’Auvergne (GR 1 YC 70 pour celui qui débute en 1701).[6]
Je n’ai pas de trace de son retour à Mercurol et dans la Drôme en recherchant dans les bases des décès[7] pas plus que dans les documents de l’hôtel des Invalides.
Également d’autres hommes (je n’ai pas assez d’éléments sûrs pour identifier s’ils ont contacté une union) sont dans les armées de Louis XIV, par exemple Jean Amblard dit La Croix, natif de Chantemerle les Blés, âgé de 55 ans, ayant déjà 32 ans de service, participe en 1705, aux combats, en Italie, de Castiglione, de Cassano. Il décède le 01/11/1716 aux Isles de Sainte-Marguerite (dans les Alpes Maritimes) (cote SHD/GR/2Xy19, 027288).
Ces renseignements sont fournis par l’association ‘l’Hôtel des Invalides’, indexation des fiches militaires du service historique de la Défense.[8]
« La seule institution charitable à l’usage de l’armée, qui ait réussi au temps de Louis XIV, fut l’hôtel des Invalides. Les soldats estropiés étaient jusque-là mis à la charge des monastères, où ils devaient vivre en ‘religieux lais’ ».[9]
« Pendant la guerre de Succession d’Espagne (1702/1713), Louis XIV a effectué des levées d’hommes en masse. Le recrutement se faisait par tirage au sort pour un homme par famille, âgé de 20 à 25 ans et non marié, ou par racolage avec la promesse de gain et de voir du pays ».[10]
« Les tarifs de soldes furent souvent réglés sur la hausse ou la baisse des monnaies. D’après l’ordonnance de 1663 un soldat d’infanterie recevait 5 sous (valeur 1830 = 37 centimes), un cavalier 7 sous (valeur 1830 = 62 centimes) ».[11]
Ce qui n’empêche pas les désertions : « La désertion était coutumière à des malheureux que l’on avait pris de force, et que l’on retenait souvent au-delà de leur engagement ».[12]Jusqu’en 1715 les casernes n’existent pas : « Le soldat, obligé de vivre sur l’habitant, était aussi dur au compatriote qu’à l’ennemi. Sous les armes, il pillait de droit. Déserteur ou licencié, il brigandait ».[13]
D’autres conflits étaient présents avant l’année 1701 : la guerre d’Espagne (1635/1659), à la guerre de dévolution (1667/1668), à la guerre de Hollande (1672/1678), à la guerre des réunions (1683/1684), [14]
Michel Tavervon, dit Rochefort, né le 21/11/1629 à Romans, [15] est sergent du sieur de Netz, régiment du Maine où il a servi 42 ans, porté par son certificat. Ses blessures le mettent hors de service ; cordonnier de sa vacation et est catholique. Il décède le 22/08/1695 (SHD/GR/2Xy10, hôtel des invalides).
Né en 1629, si son engagement débute à l’âge de 18 ans, cela amène à l’année 1647 jusqu’à plus 42 ans, à l’année 1689.
Ce soldat participe peut-être à plusieurs de ces batailles où, au début du règne de Louis XIV, il se sert du mousquet et de la pique comme armes dans l’infanterie.
Les divers conflits qui se sont déroulés tout le long du XVIIe siècle ont affaibli l’armée régulière du royaume et pour suppléer à l’insuffisance de volontaires le roi décide la levée de miliciens.
Sous le règne de Louis XV l’enrôlement dans la milice, de François, frère de mon ancêtre Jean, sera le sujet de mon prochain article.
Complément d’information :
« Parmi les obligations qui pesèrent sur les communautés du royaume de France à partir du règne de
Louis XIV figure, notamment pour les hommes, l’enrôlement dans la ‘milice royale’, créée en 1688, en pleine guerre de la ligue d’Augsbourg, afin d’apporter un supplément de soldats puisqu’il n’y avait pas assez d’enrôlés ni de mercenaires dans les armées du roi de France.
De ce fait, tous les hommes ayan entre 18 et 40 ans (puis ultérieurement entre 16 et 45 ans) furent inscrits sur les rôles des paroisses et, une fois par an, un certain nombre d’entre eux étaient tirés au sort pour ensuite aller servir dans cette milice pendant un temps plus ou moins long pouvant aller parfois jusqu’à cinq ans. Ces milices furent supprimées en 1697, au moment de la paix de Ryswick, puis recréées entre 1701 et 1714 lors de la guerre de Succession d’Espagne ».[16]
Mon objectif est le suivant : que devient le régiment de mon arrière-grand-père Marius Rivier après le décès de celui-ci en avril 1915 (voir mon article ‘Marius, arrière-grand-père maternel, né en Ardèche, soldat de la guerre 14/18’, que j’ai publié en octobre 2023).
A partir de l’année 1915, un autre uniforme est adopté dit ‘bleu horizon’, mis en circulation à l’automne. Pour protéger la tête des poilus, l’armée a recours à casque en acier, le casque Adrian, du nom de son inventeur[1] :
« Le général Falkenhayn avait étudié plusieurs hypothèses (Reims, Amiens, Belfort) avant de fixer son choix sur Verdun. Parmi les critères de choix nul doute que la logistique a joué un rôle considérable : si le réseau de communication est bien organisé du côté allemand, avec sept voies ferrées disponibles, il est très limité côté français ».[2]
Près de trois quarts de l’armée française combat à Verdun en 1916 (source : Mémorial de Verdun).
Le 21 février 1916, la Vème armée allemande attaque les positions françaises au nord et à l’est de Verdun.
« Pour dégager Verdun, il importait d’élargir nos conquêtes et de porter notre ligne au nord de Vacherauville, de la côte du Poivre, de Louvement, de Bezonvaux ; ce fut le but de l’offensive de décembre 1916, à laquelle le 255e participa. Le 15 décembre, à 10 heures du matin, le régiment montait à l’assaut de la côte du Poivre. Il semblait qu’une minutieuse préparation d’artillerie de cinq jours eût dû abattre tous les obstacles dont la ligne allemande était hérissée ; sur le front d’attaque du 255e, le travail de destruction avait été malheureusement incomplet / Le 16 décembre à l’aube, le 255e avait atteint tous ses objectifs ».[3]
Le journal des marches et opérations du 255e régiment d’infanterie relate les faits[5] :
« La situation le 15 au soir est la suivante : Nous sommes sans liaison avec le 55e qui est à notre gauche, mais nous occupons Munich à notre droite jusqu’à 8925 et nous nous relions en 9026 avec le 173e. Les 17e et 18e compagnies reçoivent l’ordre d’établir notre liaison à gauche et de progresser par les boyaux et tranchées jusqu’à Marfa, s’y établir si possible ou tout au moins établir solidement une ligne d’avant-postes au nord de la route Vacherauville-Louvement avec pour but d’encercler la côte du Poivre, le 55e à notre gauche se dirigeant également sur Marfa par la route de Vacherauville ».
Les moyens mis en œuvre pour communiquer entre les compagnies ainsi que les appuis logistiques :
Les lignes téléphoniques, quand celles-ci ne sont pas coupées par les tirs d’artillerie, les signaux optiques souvent masqués par la fumée, les pigeons voyageurs qui sont stoppés par les explosions et tirs, explique le mémorial de Verdun. Progressivement la T.S.F (Télégraphie sans fil) se développe sur le champ de bataille et même dans les avions. Plus besoin de fils.[6]
« Le décret du 28 juin 1910 et du 29 septembre 1914 organisent le recensement général des chevaux, juments mulets et mules d’âge égal ou supérieur à 5 ans. Deux grandes périodes de réquisition ont eu lieu, celle d’août 1914 à août 1915, début de la guerre des tranchées nécessitant moins de chevaux, puis celle à partir du 12 avril 1918, la guerre de mouvement ayant repris, nécessitant plus de chevaux.
Pour le transport des troupes lors des grandes offensives ; le transport des marchandises particulièrement à partir des gares régulatrices, le transport de l’artillerie légère notamment du fameux canon de 75 ».[7]
Ils sont âgés de 19 à 45 ans environ ; ils ont été obligés de lâcher leur métier pour enfiler l’uniforme. Se côtoient différentes classes sociales telles celles des agriculteurs, ouvriers, commerçants, artisans, employés, élèves des grandes écoles, professions libérales, les troupes proviennent de toutes les régions de France.
Fin 1914 : « Il n’y a guère plus de deux mois que ces hommes sont partis, vêtus de rouge, de bleu vifs et sanglés de cuirs brillants / Leur peau s’est hâlée, tannée, durcie ; elle colle à leurs pommettes, qui saillent sous les orbites où s’est terni l’éclat des yeux ».[9]
« Hors des temps de combat, les soldats accomplissent de nombreux travaux et corvées : une moyenne de 5 à 6 heures de travail par jour en première ligne, de 3 en seconde ».[10]
A partir du 15 février 1915 : « A l’avenir, les bataillons resteront 6 jours dans les tranchées et 3 jours au repos ».[11]
Le 24 octobre 1917 le régiment est dissous ; les hommes sont répartis dans différents bataillons.
« Il se produit dans les esprits un revirement singulier : le dogme de l’inviolabilité du front qui ne sera détruit que par la percée du printemps de 1918. Notre échec à Lamorville, l’échec des Allemands aux Eparges et à Mouilly, incitent à généraliser et à conclure que nulle part ailleurs on ne passera ».[12]
Le questionnement sur la valeur des hauts gradés militaires français durant ce conflit :
« Foch redore son blason lors de la bataille de la Marne et obtient les faveurs de Joffre, qui le nomme commandant en chef adjoint de la zone nord. Toutefois, en mai 1915, lors de la seconde bataille d’Artois, l’offensive de Foch est symbolisée par la mauvaise coordination des troupes françaises ».[13]
Le général Nivelles, commandant en chef des armées françaises en 1916 et en 1917, est limogé dès le 15 mai 1917 en raison de ses options stratégiques meurtrières notamment au Chemin des Dames. Il est remplacé par le général Pétain.
Je conclus sur une note positive :
« Au lendemain des combats, l’ensemble du champ de bataille porte les cicatrices des violents combats qui se sont déroulés. Cet immense territoire de 17 000 hectares appelé ‘zone rouge’ (= 28 terrains de foot) est remis à l’administration des Eaux et Forêts pour être boisé (ONF). Toute la forêt domaniale de Verdun est donc issue de plantations réalisées pendant une très courte période (1927 à 1934) directement sur terrain bouleversé, à base de résineux ».[14]
Pour aller plus loin : PDF Mémorial de Verdun, historial de la grande guerre de Péronne, année scolaire 2019-2020
Nous sommes sous le règne du roi Louis XV. Le 25 octobre 1722, celui-ci est sacré Roi de France à Versailles. Entretemps, l’enfant a été confié à son grand-oncle, le duc d’Orléans, régent du royaume. Mais ce n’est qu’en 1743 que le roi gouverne seul, à la mort du cardinal Fleury.
Par ce nouvel article je quitte la paroisse de Saint-Clément pour entrer dans la paroisse de Mercurol.
Les enfants de Jean -encore un ‘Jean’- (mon Sosa 128) naissent dans cette paroisse, baptisés dans l’église Saint-Anne. Ceux sont respectivement Catherine, née du premier mariage de Jean avec Louis Bélier, Antoine, Marie, Jean-Antoine, François et Louis nés de la seconde union avec Marie Anne Robin.
Au point de vue féodal, Mercurol était un arrière-fief de la baronnie de Clérieu appartenant dès le XIe siècle à une famille de son nom et dont une partie passa vers le milieu du XIIIe aux Claveyson, qui acquirent ensuite toute la terre. Les Claveyson s’étant éteints en 1440 chez les Hostun, ceux-ci portèrent en 1615 Mercurol en mariage à la famille Lionne, qui le vendirent en 1753 aux D’Urre, ses derniers seigneurs.
La population de Mercurol se composait de 100 ménages en 1688.
« A l’extrémité d’une crête isolée par un fossé, dominant le village, donjon quadrangulaire (avec deux fenêtres romanes), et reste de courtines. Le château est cité en 1064 et 1150 aux mains des seigneurs de ce nom, vassaux des barons de Clérieu. Accrochée au château, reste de l’enceinte du village. Blanchelaine, ancienne maison-forte des nobles de ce nom, bâtie vers la fin du XVème siècle ».[2]
Le 08 octobre 1737 Marie Popon de Letang, native de Blanchelaine, âgée de 15 ans, fille d’Etienne Popon de Letang et de défunte dame Catherine de Semons demeurant à Tain, intègre le couvent des Visitandines de Valence.[1]
Jusqu’à la guerre de 1914-1918 la France est à 85 % rurale. Les liens familiaux déterminent les métiers ; Jean a repris le métier que son père : celui de travailler la terre. Cependant il existe des différences de niveau social :
Dans une comparaison de deux inventaires : « Un exemple de ce que furent les progrès de la production agricole et l’amélioration des conditions de vie (le confort mis à part) dans les campagnes françaises entre le règne de Louis XIV et celui de Louis XV /ce n’était plus la même incertitude du lendemain que quelques décennies auparavant ».[3]
Les manques possibles d’actes de contrats de travail avant l’année 1741 sont le fait d’une tâche trop ardue pour moi d’aller explorer tous les registres des notaires situés autour du village d’origine de mes aïeuls.
Dans le contrat de mariage avec Louise Bélier il est écrit que Jean, habitant Chavannes, y est au service de Jean Sonier granger du notaire Jean Bossard.[4] C’est là qu’il rencontre sa promise Louise, elle-même travaillant dans ce lieu et l’épouse à Chavannes le 20/06/1741.
En 1743 je le trouve laboureur avec un grangeage pour six années, à mi-grains, mi-fruits, dans le mandement* de Chantemerle (les Blés) pour le bourgeois Jean-François Bégot.[5]
*mandement : circonscription territoriale organisée autour de la motte castrale.
A sa deuxième union il habite Saint-Clément[6]; le mariage se déroule le 03/08/1745 dans le village : les parents de la mariée s’y s’étant installés. Son frère François est témoin et habite également Saint-Clément.
En 1753 Jean est présent soit dans la paroisse de Saint-Clément soit dans la paroisse de Mercurol où témoin d’une agression il témoigne « Etant dans le bois du sieur Galix* notaire au même lieu ».
*Il s’agit de Claude Gallix. Voir mon écrit : ‘Agresseur : profession notaire’ paru le 15 mars 2023.
A certaines périodes de l’existence de mon aïeul la météorologie n’est pas favorable :
« Le 27 février 1748, il tomba une si grande quantité de neige qu’on fut obligé de décharger les toits des maisons, puisqu’il y en avait trois pieds en pleine campagne. Elle resta tout le mois de mars et ne fut fondue que dans le mois d’avril. Il fit un froid si excessif qu’il gela jusqu’en mai ». Et « Il fait un froid si rigoureux pendant le mois de janvier 1755 que le Rhône se prit vis-à vis de la terrasse des Capucins, et plus de 3000 personnes le traversèrent sur la glace le 1er février ». Et encore « Le 17ème jour du mois d’avril 1758, /il tomba de la neige tout le jour. Le lendemain matin il gela si fort que la glace avait plus d’un pouce. Il tomba une si forte gelée que périrent entièrement : vignes, noyers, feuilles de mûriers et seigles ».[7]
Mon cousin Michel Giroud qui avait étudié les actes notariaux à partir du 17ème siècle n’avait pas relevé de testaments émis à cause d’une épidémie de peste dans la paroisse de Mercurol ni celle de Clérieux.
L’inventaire des biens de Jean, et d’autres personnes, effectué dimanche 16/09/1753 à Mercurol [8]:
« Les paysans avaient des conditions de vie particulièrement précaires. Il suffisait simplement qu’une récolte s’annonce médiocre pour que le prix des grains qui constituaient la base de l’alimentation populaire s’envole et que les « manouvriers », c’est-à-dire ceux qui ne possédaient rien et louaient leur travail, soient au bord de la famine. Le régime alimentaire des paysans était monotone et précaire. Ils mangeaient des bouillies de céréales et des soupes de légumes, du pain surtout, très peu de viande et quasi exclusivement du porc ».[9]
Dans la hiérarchie ascendante du monde du travail respectivement je trouve le journalier, le travailleur, le granger, le ménager, le laboureur et le fermier.
A la lecture de la synthèse du patrimoine Jean n’est pas dans la pauvreté ; il hérite de son père ; (voir mon article précédent ‘ancrage à Saint-Clément’). Il n’a pas celui-ci à sa charge puisqu’il n’est pas l’héritier universel. Il travaille et ses terres doivent lui rapporter un petit pécule : si une sétérée est équivalente à environ 3000 m2 alors la superficie cultivable appartenant à Jean est de l’ordre de 75 000m2 (25 sétérées x 3000 m2).[10]
Le 02/03/1673 vente à Sébastien de Lionne, marquis de Claveyson, seigneur de Mercurol, le domaine appelé de Blanchelaine, consistant/ bastoirs à chanvre.[11]
Une autre profession apparaît, autre que celle du travail de la terre, exercée par un homonyme Jean Giroud, peigneur de chanvre, originaire de Roybon. Il se marie, habitant Saint-Donat, le 07/01/1671 avec Marguerite Brunet originaire de Beausemblant. Ensemble ils ont trois enfants Marie, Catherine et Marie.
Le 26/12/1675 Jean habite le mandement de Mercurol la maison de feu Soton, située au-dessous du chemin allant à Blanchelaine (2 E 7701 folio 51, AD26).
Le 02/05/1682 il habite la Rivière Saint-Clément et accepte un tènement au lieu de Chanos[12]. Veuf, il se remarie avec Catherine Dusserre le 04/11/1685 à Chantemerle les Blés.
Heureusement que de toutes époques existent des temps d’amusement pour se soustraire un peu du rude labeur : « De façon hebdomadaire, la messe paroissiale du dimanche ouvre souvent des rassemblements villageois sur la Grand-Place ou dans les cabarets. Si les journées de travail sont longues et le loisir quotidien rare, les occasions de festoyer sont nombreuses. Leur nombre varie selon les régions, mais en comprenant les dimanches, on ne compte en moyenne pas moins de quatre-vingt-dix jours chômés (le nombre allant d’abord croissant au XVIe siècle, avant de s’amenuiser par la suite), soit près d’un tiers de l’année. Le jeu de quilles, les boules, le jeu du plus près du couteau, la raie du van, le picquarone, le bouclier, l’épée à deux mains, les poulies, les noix, la grille sont autant de jeux parmi d’autres de leur temps/. Ces jeux permettent aux jeunes gens de se défouler et de se distraire ».[13]
Un malheur arrive : Jean décède à l’âge de 49 ans ; sa femme Marie Anne est enceinte de Louis, mon ancêtre. Jean est enterré le 30/08/1756 dans le village par le curé de l’église Saint-Anne ; les témoins sont Jean Gay, Thomas Roland.
A la naissance de Louis en 1757 sa demi sœur et ses frères et sœurs ont respectivement Catherine 15 ans, Antoine 11 ans, Marie 8 ans, Jean Antoine 6 ans, François 3 ans.
Marie Anne Robin ne peut guère demander l’aide de sa mère Jeanne Chaléat, celle-ci décède en 1725.
Quelques années plus tard :
« Dès qu’ils ont six ans, les enfants se voient confier des tâches de proximité, comme la garde du cochon quand on le sort au « commun », l’entretien du poulailler, la garde de brebis et de vaches quand elles ne sont pas confiées au berger pour la pâture. Vers douze ans, on les place comme apprenti ou comme aide, qui chez un tisserand, qui chez un autre laboureur/Ils ne sont pas payés mais simplement nourris et logés. Vers seize ans, ils commencent à recevoir un modeste salaire, versé à leur père qui s’en sert parfois pour éteindre ses propres créances mais surtout pour constituer un pécule à ses enfants en vue de leur mariage. Vers dix-neuf ou vingt ans enfin, les enfants rentrent au chazal paternel ou fraternel, travaillent à son profit jusqu’à leur majorité puis quittent la maison en emportant leur part de pécule quand ils n’ont pas la chance d’être l’héritier ».[14]
Le 04/01/1769 Marie Anne se remarie avec François Rama à Chanos Curson où elle habite.[1] Tous deux sont veufs.
Le 25/08/1785 Marie Anne, veuve Giroud, journalière, habitant Mercurol, par un traité avec François son frère et son père également nommé, récupèrera sa part d’héritage provenant des biens de leur mère Jeanne, d’un montant de 99 livres 19 sols, sommes étalées sur plusieurs années, pour elle et Jean-Antoine, son fils co héritier.[15]
Le décès d’Anne Marie, ménagère, est constaté le 29/01/1790. Elle a 69 ans ; ses fils Jean (Antoine) et François sont présents à son enterrement. Pas de trace du décès de son second mari.
Louis son dernier fils avait déjà quitté Mercurol à cette date. Je lui consacre le chapitre suivant.
[1] Page 242, tome 6, Saint-Clément par A. de Gallier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26
[2] Page 746, dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen-Age en France
[3] Page 8, René Neboit-Guilhot, revue origines ardéchoises numéro 62 de 06/2012
[13] Page 3 et 14, loisirs populaires et évolution des pratiques sous l’Ancien Régime (XVIe/XVIIIe siècle) par Damien Accoulon, Université de Strasbourg, année 2010/2011
Je peux sortir de l’ombre la vie de nos ancêtres grâce au travail de plus de vingt-cinq ans de mon cousin Michel Henri Giroud descendant de la branche de Mercurol. Je le remercie pour toute l’aide qu’il m’a apportée lors de nos échanges verbaux.
Générations représentées sous forme de tableau :
Nous sommes sous le règne du roi Louis XIV jusqu’en 1715, sous la régence du duc d’Orléans (fils du frère cadet de Louis XIV) jusqu’à sa mort en 1723 puis sous le règne de Louis XV.
« L’horizon naturel est toujours celui du village et de l’espace compris dans un rayon d’une ou deux lieues alentour -4 à 8 kilomètres. La lieue représente la distance que franchit normalement un adulte en une heure. Deux lieues, c’est le trajet qu’effectue un villageois pour se rendre dans le village voisin. Avec le chemin du retour, cela lui fait quatre lieues, soit 16 kilomètres : 4 heures de marche ; c’est un maximum ». [1]
De la paroisse de Châteauneuf d’Isère Antoine et Mathieu, son père (marié à Alix Vinay), se déplacent dans la paroisse de Mercurol. Je vois que mes ancêtres peuvent éviter ce péage :
« Des arrêts du Conseil de 1664 et du 03 janvier 1736 confirmèrent ce péage aux successeurs des barons de Clérieux. A la dernière date, c’était le comte de Saint-Vallier. En 1152, l’empereur d’Allemagne le concéda à Silvion de Clérieux et ses pancartes remontaient à 1496 et 1530, selon Guy Allard. Il se levait à Curson entre Tain et Romans ».[2]
Le 25/10/1669 tous deux, laboureurs, officialisent un grangeage situé au terroir du Buisson. Je n’ai pas trouvé sur une carte où se trouve (trouvait ?) cet endroit.
En réalité leur prise de travail commence l’année précédente en 1668 pour une durée de quatre ans finissant en 1672, mais l’acte notarié est établi une année après. [3]
Le sieur Chaléat bailleur dudit acte est une connaissance de mes ancêtres, d’où, je suppose, un contrat de confiance expliquant le décalage entre le début de l’activité et sa rédaction : « Antoine parti travailler avec son père à Mercurol de 1668 à 1672 [4], puis avec son épouse de l’année 1673 à celle de 1679, revient à Châteauneuf sur Isère pratiquer le métier de granger ou grangier* chez le sieur Chaléat ».[5]
Je remarque que la famille de la mère de Catherine Vinay, la famille Penchenier, est présente à Châteauneuf d’Isère depuis 1430[6]. Des deux frères de Catherine un y est tailleur de pierres, l’autre est installé à Valence en tant que maréchal-ferrant (E 2608 folio 281 du 05/01/1679, vue 268).
Quelle est la raison pour laquelle Antoine fait des aller-retours entre ce village et celui de Mercurol : mésentente avec sa belle-famille ? besoin de liberté ? pas assez de travail pour tous ?
Antoine a été émancipé par son père : information fournie sur l’écrit notarial du 25/10/1669 :
L’âge légal de la majorité est, pour la période de de février 1556 au 29 septembre 1792, de 30 ans pour les hommes et de 25 pour les femmes.[7] Donc l’émancipation Antoine né en 1636 a eu lieu avant l’année 1666.
Cette procédure permet de contracter une union, de disposer de ses biens sans avoir besoin de l’autorisation du paternel et de risquer d’être déshérité.
Pendant la présence d’Antoine à Mercurol plus précisément dans la paroisse Saint-Clément naissent ses enfants : Jean en 1674, Antoine en 1676, Marcelin en 1681, Charles en 1683 et Marie en 1687 comme il est noté sur les registres paroissiaux. Ensuite retour sur Châteauneuf d’Isère avec femme et enfants.
Je n’ai pas de trace d’acte de grangeage à Saint-Clément qui permet de faire le lien suivant avec celui « du Buisson ».
Jean, né le 13//02/1674, (mon Sosa 256), se marie une première fois à Chanos le 24/05/1701 avec Gabrielle Feugier. Veuf il se marie une seconde fois avec Michèle Poulin, toujours à Chanos le 20/02/1703, native de La Rivière, paroisse Saint-Clément (cm 2 E 7704 folio 125 du 01/02/1703).
Jean s’installe avec son épouse dans ce lieu où est originaire son beau-père Claude Poulin et le père de Claude, encore un Claude -indiqué sur l’acte de décès de ce dernier, le 08/02/1677. [8] Un Claude Poulin ainsi que d’autres Poulin sont sur la liste des consuls modernes au 25 juillet 1666 (B 1579, AD26).
Le ‘village’ Saint-Clément
Représentation : en bas de cette carte direction le village de Larnage (SC 1455 sans date, AD26) :
La lettre K signifie la présence d’un pont vouté en tuf et en pierres pour le chemin de Saint-Clément à Larnage.
La lettre L signifie l’angle et point de retour des eaux du canal de dérivation dans la Bouterne.
Photographies de l’auteur d’un pan mur de la maison Traversier, parcelle 230, située au carrefour du chemin de Saint-Clément, correspondant dans le cadastre napoléonien section A1, Saint-Clément et Blanche-Laine, au 15/02/1834, 3 P 3431/2, 3 P 3431/14, AD26 :
Et un pan de mur de la maison située sur la parcelle 233 ; mur faisant face à la parcelle 232 de monsieur Derrier section A1, Saint-Clément et Blanche-Laine, au 15/02/1834, 3 P 3431/2, 3 P 3431/14 :
Carte napoléonienne au 15 février 1834, AD26 :
« Saint-Clément, prieuré de l’ordre de Saint-Augustin dépendant de celui de Saint-Félix de Valence, auquel le pape Innocent IV en confirma la possession en 1226, fut incorporé avec ce monastère dans l’Ordre de Saint-Ruf au XIVème siècle et érigé vers la fin du XVIIIème siècle, en paroisse, comprenant une partie du territoire de Mercurol. Le nom de la rivière Saint-Clément se trouve appliqué dans les anciens actes à ce quartier de la commune. La chapelle, d’un style roman fort simple, est aujourd’hui en ruines. Sur la porte on voit encore l’inscription suivante en caractères gothiques : [9]
« La paroisse de St Clément a cessé d’exister au 23/02/1776 avec le dernier curé. »[10]
La vente des biens du clergé à la Révolution française[11] : dans les recherches que j’ai entreprises je ne trouve pas le nom de mes aïeuls dans les registres d’achats de biens, de terres, ni en tant que confront. Je ne trouve pas non plus de baux à ferme avec les gens d’église de ce lieu (Q 397 à Q 399, AD26) :
D’autres éléments (75 V 1-2, AD26) : église vendue à Jean-Pierre Gressot :
En l’an V le lieu ‘Saint-Clément’ existe encore : Claude Perrot lègue à ses 7 enfants immeubles situés à Saint-Clément ; Usufruit à sa femme Françoise Cheval 2 C 1813 (1774/an XII).
A Saint-Clément Jean et Michèle Poulin ont trois enfants : Claire née en 1704, Jean né en 1707 et François né en 1711.
Le 11 octobre 1741 Jean émancipe ses trois enfants[12]: « Nous avons fait assoir sur une chaise à côté de nous le chapeau sur la tête, et nous avons fait mettre à genoux devant lui ledit Jean Giroud second du nom et le dit François Giroud ses fils tête nue et ladite Claire Giroud sa fille les mains jointes… ».
Même à un âge respectable, Jean le second du nom est âgé de 34 ans, la cérémonie d’émancipation devant le notaire répondait à un rite très codifié : l’ouverture des mains par le père était le symbole de la liberté.
Jean, le père, laboureur, veuf de Michèle Poulin, se marie une troisième fois à Chanos avec Catherine Payenas[13], originaire de Saint-Bardoux, née le 04/08/1676 ; Ils n’auront pas d’enfants.
Le 11/11/1741 mon ancêtre fait établir son testament où il nomme François, héritier universel du bien de sa mère Michèle Poulin ; il demande à ses enfants de le prendre en charge avec sa troisième épouse pour leur entretien de vie et vêtements pendant leurs vieux jours, « Il sera versé à Giroud père une pension annuelle viagère de huit setiers, huit barraux de vin et vingt livres d’huile de noix au terme de la récolte de chaque espèce des dites denrées etc… »[14]. Elle-même, le 01/03/1746, malade, désigne François comme héritier universel.[15]
Les biens appartenant à Michèle viennent suite au testament de son frère Claude dont elle est bénéficiaire (E 2271 folio 80 du 19/01/1701). Michèle, elle, n’a pas fait de testament parce qu’elle décède subitement à l’âge de 38 ans le 06/03/1712 à Mercurol Saint-Clément.
« La vieillesse aux XVIIe et XVIIIe siècles, correspond avant tout à une décrépitude physique qui est attente dès l’âge de quarante ans, à cause des conditions de vie difficiles ».[16]
En 1723 Louis XIV émis un édit qui défend de mendier dans les rues et dans les chemins parce que des gens abandonnent la culture des terres trouvant dans la mendicité plus de revenus que leurs terres pourraient leur en procurer ; cet édit se nomme « Edit des fainéants ».[17] Quant à la noblesse : propos tenus par Madame de Maintenon : « A la cour, personne hors le Roi, ses ministres et ses maréchaux, n’a rien à faire. Les journées se passent en vains propos, en jeux, en intrigues. Quand elles ne perdaient pas des mille et des cent à la « bassette » ou au « pharaon » (jeux de cartes à la mode), les dames passaient leurs jours et leurs nuits à manger des dragées et des confitures, à s’enivrer de liqueurs fortes, ou même, tant leur désœuvrement était grand, à prendre médecine (prendre des remèdes ; le plus souvent, se purger) pour se divertir. Les corps étaient ainsi occupés, on meublait les esprits par l’astrologie, l’examen des écritures, les tarots, les philtres d’amour et tous les procédés de la divination et de la magie. Les bavardages sur la famille royale achevaient de remplir ces petites têtes. Un regard du Roi, un sourire du Roi fournissaient à la conversation pour la semaine ; jugez par là si, quand il avait fait un ‘mot’ on n’en avait pas pour le mois ».[18]
Les laboureurs ont des biens fonciers, qui, souvent, suffiraient à les faire vivre, mais ils arrondissement leur revenu en effectuant dans d’autres propriétés des travaux particuliers, ou le plus fréquemment, en prenant des terres en louage (en ‘arrentement’ dit-on à l’époque).[19]
A la Révolution française : « Les citoyens actifs restreints sont tous ceux qui paient des impôts équivalents ou une contribution directe égale à la valeur locale de plus ou moins trois jours de travail (soit une livre et demi à trois livres) : ils ont le droit d’élire le conseil de commune et les juges de paix. Ils se réunissaient en assemblées primaires pour désigner les municipalités et les électeurs ».[20]
La lignée Giroud s’implante à Mercurol : l’arrière-petit-fils de Jean (le père), Pierre, né en 1769, admissible aux assemblées primaires, est votant sur le registre civique de l’année 1797 (L 2356, AD26) ce qui me fait dire que Jean commence à acquérir un patrimoine.
« Jusqu’à la Révolution française, les contrées méridionales furent terres de droit écrit ; le testament permettait au père de favoriser un enfant pour lui succéder ».[21]
Les prêtres repèrent les enfants doués ; ils leur apprennent à lire, et même à écrire.
François est le troisième enfant : habitant la rivière Saint-Clément en 1741 est-il choisi par son père parce qu’il reçoit un peu d’instruction scolaire donnée par les religieux du prieuré de Saint-Clément, qu’il sait signer (paroisse de Marsaz, page 48, 5 Mi 118/R2, année 1746, AD26) ou « parce c’est aussi le moyen de choisir l’héritier le plus digne, celui qui assurera l’avenir de la famille, et donc de renforcer encore les intérêts du lignage » : [22]
« L’agriculture ne fait aucun progrès » je cite page 224, tome 8, les charges des classes sociales sous Louis XIV par E. Lavisse,
Dans le grangeage du Buisson de l’année 1669 il est dit de cultiver les vignes, que pour faire le labourage il est mis à disposition une mule, une jument aveugle acquise par mon ancêtre, je suppose, en accompagnement d’une charrue fournie par le bailleur :
Charrue provenant de Méaudre, fin du XVIIIe siècle (source Musée Dauphinois) ;
Le parcours professionnel des gens de la terre est mis à rude épreuve : de la grêle en 1700, 1708, 1717, 1718, des tempêtes en 1710, 1716, des sècheresses en 1716, 1724, des chenilles en 1700 et d’autres années encore plus en avant vers mon époque. La vigne n’est pas épargnée avec le fléau de la rouille en 1739.[23]
Déjà en 1665 le notaire Servant écrit dans un de ses registres :
« Comme ainsy soit que les habitans et paroissiens du lieu de Mercurol ayent heu des desgats et accicents estranges au mouen de la gresle extraordinaire qui auroit ravagé leur prinses et comme croyant que c’est un coup de la Justice de Dieu par un acte d’assemblée où les paroissiens auroint comparu auroit été résolu qu’on auroit recours aux prières et intercession des glorieux Saints martyrs Senne et Abdon, et que pour cet effect il falloit construire et édifier une chapelle dans l’Eglise proissiales soubs le vocable desdits saints, le tout soubs le bon plaisir et aréement de Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissme Archevesque et Comte de Vienne, et que lesdits paroissiens du despuis auroint faict et mis ladite chapelle en estat, garny son autel d’un tableau représentant lesdit Saints Senne et Abdon, aux fins qu’il luy pleust accorder la bénédiction d’icelle par son décret du synode dernier auroit commis son archiprête de Romans pour se porter sur les lieux(…) de fonder size messes annuellement pour cet effect de ce jour premier juin mil six centz soixante-cinq ».[24]
NDLR : Fêtés le 30 juillet, les deux saints martyrs Abdon (ou Abdus) et Sennen (ou Sennès) étaient invoqués contre la foudre et la grêle. C’étaient de riches nobles persans fidèles à la religion chrétienne. Vers l’an 249, persécutés par l’empereur Dèce- qu’on appelait « animal exécrable » ; ils furent faits prisonniers à Rome et refusant de renier le Christ, ils y furent égorgés.
Je ne peux pas passer sous silence la météorologie de l’année 1709 :
« Le froid sec qui a commencé le lundi 07 janvier dure jusqu’au 03 ou 04 février. Il fait place à une neige fine d’un demi pied de haut, vite chassée des champs par un fort vent du nord, nord-ouest. Vent qui forme des congères qui ne vont pas faciliter la circulation. Les blés découverts disparaissent, brûlés par le gel. Il s’en suit un redoux jusqu’à la fin mars mais il fait à nouveau froid. Cette deuxième vague finit le désastre de janvier car, à cause des températures plus clémentes, la végétation avait redémarré ».[25]
« Lorsque le printemps arriva, au lieu d’apporter la joie ordinaire sur la terre par la verdure des champs et par la fleur des arbres ; au lieu de consoler le laboureur par l’espérance de ses fruits, ne lui présenta que l’idée de la mort et du désespoir ».[26]
« Jean Arnaud, propriétaire à Gervans, inscrivait consciencieusement des notes relatives à la vie quotidienne du vollage dans son carnet personnel (conservé par son fils Jean-Baptiste) aux environs de 1738. Il expose qu’il y eu un tremblement de terre le 30 janvier 1740 à midi et le 21 février suivant : le 21 février de la même année, à quatre heures du matin on a entendu et senti un autre temblement de terre ».[27]
En plus des calamités climatiques les habitants sont écrasés par les impôts qui contribuent à accroitre leur misère :
« Mais les impôts royaux sont, au contraire, une charge excessivement lourde, après qu’aux impôts anciens sont venus s’ajouter la capitation, le dixième, une foue de contributions nouvelles. Il faut, dit Vaubon, que le paysan pousse sa précaution jusqu’au point de se priver du nécessaire, pour ne pas paraître accommodé ».[28]
Après avoir réglé les frais d’obsèques de leur père, dévolus à l’héritier universel, et, postérieur au premier mars 1746, avec la mort de sa belle-mère Catherine (épouse de son père Jean), François doit régulariser la situation du patrimoine familial : il verse 99 livres* et 19 sols le 07/05/1745 justifiée par quittance à son frère Jean,[29] quelques semaines avant le contrat de mariage de celui-ci.
*NDLR :D’après un inventaire (8 mars 1740), 1 cheval avec harnachement vaut 25 livres. [30]
Le salaire annuel d’un travailleur de terre ou d’une servante est de 20 à 30 livres extrait de l’article ‘transactions et crédits des curés au XVIIIe siècle, revue drômoise de mars 2021’.
Dans le testament de Jean, le père, décédé de mort subite, il est noté « bien » pour définir ce qu’il possède. Je ne sais pas s’il y a l’existence d’une habitation dans la succession : François, laboureur, travaille à Marsaz en février 1746[1]. La dot de sa future épouse est égale à trois cent livres (somme que doit un bourgeois de Marsaz à la mère de la future, contrat de mariage 2 E 23174 folio 87 du 04/11/1741, AD26). Le couple attendra trois ans pour convoler en noces le 05/05/1745 à Marsaz. Le 09/02/1748, François, témoin dans un acte, le notaire écrit ‘habitant la Rivière Saint-Clément’.[2]
[5] Mon écrit : Châteauneuf sur Isère, un bail au nom d’Antoine marié à Marguerite paru le 15/05/2024
[6] Généanet, identifiant giroudguilhot : ascendance de Jean Vinay et de Jeanne Penchenier et page 334, tome 53, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26
[16] Page 70 à page 80, les structures familiales et les rapports inter générations dans deux localités de la Drôme : Chantemerle Les Blés et Mirabel Les Baronnies de 1650 à 1789 de I. Dumas et S. Plagiau, BH 1440, AD26.
Le 28 octobre 1745 à Clérieux dans la maison et par devant nous Pierre Tousquan *, châtelain du marquisat du dit Clérieux, écrivant le secrétaire greffier [1], compare mon ancêtre Elie Bit, consul moderne de la communauté du dit Clérieux. [2]
Celui-ci est en charge, suite à une délibération en assemblée des habitants, à appensionner, par la pratique des enchères, la personne qui fera la « condition meilleure » et l’offre la plus intéressante du dernier enchérisseur, de pièces de terre situées au terroir de la Voleyze (nom actuel : les Voleyses) :
« La communauté d’habitants se réunissait rarement (trois à quinze fois par an) ; L’assemblée avait presque toujours lieu le dimanche (comme en attestent les dates des actes de délibération), ‘à l’issue de la grand-messe’, sur la place publique en face de l’église ».
Elie Bit doit avoir les qualités requises pour exercer la fonction de consul : être solvable, savoir compter, voire lire et signer [3].
Signer il ne le sait pas (précisé au cours et à la fin du document, au moment d’apposer les signatures) :
Elie, travailleur, nait le 30 mai 1684 à Clérieux, décède le 26 mai 1760 à Clérieux. Il se marie le 11 juillet 1713 à Saint-Bardoux avec Louise Chastain.
Il est le fils de Pierre Bit Toney, venant de la paroisse d’Izeron en Isère, décédé à Clérieux en 1726.
Ce jeudi 28 octobre 1745, l’heure tarde : à la réquisition du consul la continuation de l’enchère se déroulera dimanche matin au même endroit.
Les présents qui savent signer le font à cette première partie : Vincent Avignon, Michel Rousset, Jean Molle, Antoine Gobert de Veaunes,
Dimanche 31 octobre à neuf du matin, dans le même lieu, reprise du processus :
Les uns après les autres, plusieurs hommes font des propositions ouvertes de pension de différents montants :
Jean Bel, laboureur, vient une deuxième fois pour proposer une plus grosse somme :
« Que personne n’a voulu sur enchérir sur l’offre faite par ledit Jean Bel, ledit Bit consul nous requiat luy adjuger le dit appensionnement aquel effet icelliy du s’obliger de payer ladite pension de cinq livres six sols annuellement payable à commencer à ladite Toussaint de l’année prochaine 1746… ».[4]
Jean Bel, comme les autres compétiteurs ont des intérêts à cette opération : « Au levant bruyère de Jean Bel et vigne dudit/ de bize vigne dudit Avignon ».
L’heure de l’achèvement de cette instruction n’est pas indiquée : peut-être que les participants ont quand même le temps d’aller à la messe ce jour ?
Le petit-fils d’Elie, prénommé également Elie, sera officier public dans la commune de Clérieux (03 floréal an III, L 843, AD26).
[1] A la fin du document il est précisé Platel, secrétaire greffier
La 6ème coalition (1812/1814) qui réunit l’Autriche ainsi que la Grande-Bretagne, l’empire russe, le royaume de Prusse, la Suède et quelques états allemands contre la France napoléonienne explique leur venue dans cette ville.
Dimanche 20 mars 1814, dans la matinée, se déroule à Tain le mariage de Jean-Antoine Juge et de Marguerite Rose Sauvageon officié par le maire Jean-Vincent Mure de Larnage pendant qu’arrive de Lyon [1] l’armée française en déroute.
Les militaires battent en retraite dans la Drôme après le combat qui a lieu aux portes de Lyon ce jour-ci mené par l’armée autrichienne. Valence devient le quartier général du commandement, Tain et des villages aux alentours ont ordre de loger les soldats chez des particuliers.
Le bouleversement de cette journée à Tain est peut-être amoindri par l’âge des mariés respectivement de 60 et 56 ans…. Une semaine plus tard le 28 mars les Autrichiens rentrent dans ladite commune tandis que les militaires français se replient sur Valence et Romans.
Les membres du conseil municipal et les habitants se réunissent pour se concerter. Ils délibèrent sur les mesures à prendre dans le cas de figure où l’ennemi leur demanderait des contributions à la population. Ils établissent une ligne de conduite à suivre sous forme d’articles rédigés, au nombre de sept :
« Article premier : Les réquisitions qui seront faites depuis le vingt-huit du mois de mars mil huit cent quatorze, par l’autorité militaire, en denrées de toute nature et en contributions de toute espèce, et enfin celles qui pourront avoir lieu pendant l’occupation du territoire de la commune, seront supportées également par tous les habitants sans distinction ».[2]
Jean-Antoine Mure de Larnage émigré en Allemagne en 1792[3] avec son fils Jean-Vincent, donne l’opportunité à celui-ci, premier officier municipal de Tain, d’apprendre la langue de Goethe, et ainsi pouvoir contribuer à aplanir les difficultés ou malentendus avec le commandement autrichien au cours de cette période napoléonienne.
Malgré cela la présence militaire étrangère jusqu’au 15 avril de près de 7 000 hommes de toutes armes ne s’est pas faite sans heurt comme en témoigne cet extrait des registres des délibérations du conseil municipal en date du 17 juin 1814 :
« Les conseils municipaux devront enfin, soit de même par leurs propres renseignements, soit en chargeant une commission de s’en procurer d’exacts et bien circonstanciés, dresser un état des particuliers qui auraient souffert d’une manière notable sur leurs personnes, ou leurs propriétés, du fait des troupes ; cet état devant présenter sommairement pour chaque particulier la cause, l’espèce du mal ou dommage souffert et l’évaluation de ce dommage ».[4]
Le maire n’est pas épargné par les dégradations : vol d’échalas de vigne et paille à son domicile pour une valeur de 670 F, suite au rachat dans l’exemple ci-après « au 27 nivôse an 2 les journaux de la vigne du grand Méne faisant partie du 18ème bulletin, le surplus racheté par M. de Larnage ».
Et plus loin dans le temps, le 24 frimaire de l’an 10, les biens-fonds rachetés à des tiers par l’ancien propriétaire, directement ou par personnes interposés, « Julienne de Ruinat, veuve de Larnage et Hypolithe Florentin Mure de Larnage son fils, aquéreur subrogés de Jean Monier, négociant, adjud des dits biens »[5] parce que Jean Monier, beau-père de Jean-Vincent, à la vente des biens des émigrés, achète des parcelles de vigne des Mure de Larnage.
Le 14 avril 1814 Louis XVIII monte sur le trône de France, Le dimanche suivant en l’église de Tain les paroissiens chantent un Te Deum en actions de grâces de la fin de la guerre qui promet la tranquillité à la France.
Gaspard Antoine Margaron, bourgeois, maître fabriquant d’étoffes de soie, naît le 31/10/1720 à Lyon, paroisse Notre Dame de la Platière, se marie le 25/01/1748 à Lyon avec Marie-Claire Cler. Il décède, guillotiné, le 29/12/1793 (09 nivôse an 2) une heure et quart du soir, place des Terreaux à Lyon.
Ndlr : A cette époque il a y une telle confusion que des milliers de victimes ne sont pas inscrites sur les listes d’état civil des décès (lu dans un article internet).
En 1619 à Lyon le nom de Margaron apparaît dans la liste des compagnons ouvriers de l’art de la soie [1]
Il hérite par sa famille du statut de bourgeois, statut acquis depuis le 17ème siècle dans la ville de Lyon. Son métier est marchand, fabriquant d’étoffes de soie.
Son habitation se situe sur les pentes de la Croix Rousse. Il a, comme d’autres familles de même niveau social que le sien, une maison à la campagne ; la sienne se situe à Ecully dont il est le maire de décembre 1792 à août 1793.
« En 1793 la Terreur sévit à Lyon, Il fait sonner les cloches pour appeler ses concitoyens d’Ecully à résister en rejoignant les Lyonnais contre-révolutionnaires. Mais les habitants ne le suivent pas, alors le 11 août il donne sa démission. Ensuite tout se précipite, débordé par le flot révolutionnaire il est emprisonné. »[2]
Condamné par la Commission révolutionnaire de Lyon il est guillotiné pour le motif : « A fait sonner le tocsin lorsque les armées de la République attaquèrent Lyon. » [3] Nous trouvons son procès aux archives départementales du Rhône. [4]
Deux parmi les enfants de Gaspard prennent la fuite vers la Suisse ; il s’agit d’Antoine dit le Cadet, marchand de gazes, né en 1753 à Lyon qui divorce le 11/04/1793 et décède en 1808 à Lyon.
« Au moment de la Révolution il habite place des Cordeliers. Il est condamné par contumace par la Commission révolutionnaire de Lyon, le 11/12/1793. Commandant de bataillon, contre-révolutionnaire, condamné à mort et non exécuté, attendu son évasion. Il fut l’un des quinze évadés des caves de l’Hôtel de ville, dont l’ouverture avait été pratiquée par Félissent de Lucenay. Il ne fut pas repris malgré l’affichage de son signalement : margon, 35 ans, bel homme, visage plein et rond, marchand de gazes, 5 pieds, 7 pouces ».[5]
Jean André, négociant, donneur d’eau, né le 28/02/1759 à Lyon, décède le 31/12/1821 à Lyon.
« Ce dernier fut proscrit et obligé de s’exiler. Réfugié en Suisse, il y trouva l’un de ses frères et ils fondèrent ensemble un établissement de commerce qui leur donna les moyens de subsister honorablement et de tendre des secours à d’autres victimes de l’anarchie.
Au retour du calme, il revit la terre natale. Il renoua ses anciennes relations commerciales ; et l’industrie lyonnaise lui dut le perfectionnement de ces apprêts qui donnent à nos étoffes de soie un éclat et un ton régulier que nos rivaux se sont efforcés en vain d’imiter. Il devint propriétaire à Dardilly et fut nommé maire pendant 20 ans ».[6]
La dénonciation est une vertu républicaine : cette phrase est inscrite dans le procès de leur père.
D’après la liste des dénonciateurs et dénoncés le nom de Jacques Margaron apparait à la page 5 : [7]
Apprêteur d’étoffes de soie il naît en 1755 à Lyon et décède en 1837 à Lyon. Pour échapper à la mort je suppose qu’il prend le même chemin que ses frères Antoine et Jean-André.
André Jean-Claude, fabriquant de bas, ancêtre de mon petit-fils, nait le 05/02/1771 à Lyon,[8] s’exile dans le département du Nord. Il se marie le 09/07/1807 à Féchain avec Catherine Judith Dupas et décède dans cette commune le 16/11/1832.
Avant de s’unir à Catherine ils ont eu sept enfants dont les prénoms figurent sur leur acte de mariage.
Cependant sur le premier acte de naissance du 25 nivôse an 4 (15/01/1796) je lis :
« M’ont déclaré la naissance d’un enfant de sexe masculin, né en légitime mariage de André Margaron et de Catherine Dupas ».[9]
L’enfant n’est pas légitime au sens juridique : le mariage des parents a lieu en 1807. Je suppose qu’il en sera ainsi du terme ‘légitime’ pour les six autres enfants.
Lorsque je regarde la profession d’André Jean-Claude il est dit qu’il est fabriquant de bas.
A-t-il émigré dans ce coin de France lié à l’industrie du textile en lien avec ses connaissances familiales ?
Et ne s’est-il pas marié avant 1807 afin de ne pas se faire remarquer et rattraper par le régime de répression de la période révolutionnaire ?
Pour compréhension de la raison de la guillotine à Lyon se référer à mon article publié le 15 mai 2023 :
[5]Page 289, victimes et martyrs de la Révolution française en lyonnais Forez et Beaujolais par Antonin Portallier,
[6] Page 301 à 305, compte rendu des travaux de la Société royale d’agriculture, histoire naturelle et arts utiles de Lyon par L.F. Grognier, paru en 1822
[7] Livre compte rendu aux sans culottes de la République Française de Tisset François, fichier PDF dans Gallica.
[8] Paroisse Saint-Pierre Saint Saturnin, vue 5, archives communales Lyon
La Grande Guerre, entre la France et l’Allemagne, mobilise les hommes, jeunes et moins jeunes.
De la classe 1893, mon grand-père effectue son service militaire au 4e Régiment du Génie : arrivée au corps le 13/12/1894 ; passage dans la Réserve de l’armée active le 01 novembre 1895* ; Il y accomplit une première période d’exercices du 27 août au 23 septembre 1900 puis une seconde période du 20 juillet au 16 août 1903 selon les indications sur sa fiche militaire. Il est versé dans l’armée territoriale le premier octobre 1907.[1]
* La loi de 1889 est aussi la loi des « curés sac au dos ! ». Néanmoins, le tirage au sort est maintenu. Il permet de désigner les conscrits susceptibles d’être renvoyés dans leurs foyers au bout d’une année de service, principalement pour des raisons budgétaires (https://sourcesdelagrandeguerre.fr/?p=534).
Né à Clérieux dans le département de la Drôme en 1873 mon grand-père Ferdinand Giroud, en août 1914, a presque 41 ans, marié et père de trois enfants respectivement de 12 ans, 11 ans et 9 ans lorsqu’il est rappelé par l’armée. La famille habite dans le village au 64 rue du Béal.[2]
Le 06/08/1914 mon grand-père arrive à son corps d’armée : il intègre le 9ème régiment d’artillerie à pied, 11e batterie de Belfort le 15/08/1914 jusqu’au 12/04/1916. Les régiments d’artillerie à pied sont des régiments d’artillerie de forteresse.
« Il n’y a plus de « Bataillon d’Artillerie à Pied » depuis 1910 lorsque les 18 Bataillons d’Artillerie à Pied existant sont réorganisés en 11 Régiments d’Artillerie à Pied (R.A.P) et 2 Groupes d’Artillerie à Pied d’Afrique (G.A.P.A)..En avril 1914, 2 R.A.P sont dissous (2ème et 4ème R.A.P), il n’y a donc plus que 9 Régiments d’Artillerie à Pied et 2 G.A.P.A en 1914 /Les unités mobilisées (de réserve et territoriales) sont elles aussi réorganisées en 1910 et suivent la réorganisation des unités actives / il faut tenir compte de l’incroyable confusion qui a régné dans l’Artillerie à Pied au moment de la déclaration de guerre du fait d’une réorganisation en cours et malheureusement inachevée ».[3]
« Si au début de la guerre, et comme les règlements le prévoyaient, l’artillerie à pied resta affectée à la défense et à l’organisation des batteries des places, bientôt en effet il fut possible d’exécuter en arrière d’un front relativement stable les travaux importants que nécessite l’installation d’une batterie de siège. Les forts désormais inutiles furent en partie désarmés et l’ancien mais toujours robuste matériel Ide Bange, servi par l’artillerie à pied, constitua le noyau de notre artillerie lourde. Le 9e R. A. P. ne devait pas échapper à la loi commune. Dès novembre 1914 ses batteries abandonnent les forts de la place et sont envoyées sur le front d’Alsace où elles seront à peu près toutes en position au début de février 1915 ».[4]
En juillet 1915 elles partent toutes en secteur sauf la 11ème qui reste à Belfort comme batterie de parc.
« La défaite de 1870-1871 et l’annexion de l’Alsace qui en découle rapproche dangereusement la frontière allemande de Belfort. Aussi, alors que la IIIe République cherche à doter la France d’une armée et d’outils défensifs, tout le système fortifié de la frontière de l’Est doit-il être revu.
Le général Séré de Rivière est chargé de cette tâche. Celui-ci met en place un système de rideaux défensifs et de places fortes, destiné à empêcher une invasion similaire à celle de l’été 1870. Belfort et sa région sont l’objet d’un renforcement des fortifications déjà existantes et de création de toute une série de forts et d’ouvrages nouveaux, qu’il convient de perfectionner, face au progrès constant de l’artillerie. La ceinture fortifiée de Belfort s’étend des contreforts du Jura suisse au piémont vosgien, en passant par Montbéliard et Héricourt. Sa construction mobilise des moyens financiers, matériels et humains considérables ».[5]
Forts et Citadelles, carte IGN spécialement éditée pour Shell année 1995 :
Légende :
La trouée de Belfort correspond au passage le plus aisé entre la plaine d’Alsace et le bassin du Rhône.
Communications, ravitaillement et évacuations à la date du 19 août 1914[6] :
« La ‘région fortifiée de Belfort’ comprendra : la 57e division, le groupement Legros*, transformé en division territoriale, la place de Belfort, la 10e D.C., la 9e D.C. (provisoirement), les garnisons des organisations défensives des crêtes vosgiennes jusqu’au massif inclus Ballon d’Alsace, Grisson, Rossberg. Elle relèvera du général commandant la VIIe armée. Le général commandant ‘la région fortifiée de Belfort’ sera en même temps gouverneur de la place. Il aura rang de commandant de corps d’armée ».[7]
Pour complément d’informations : « La mobilisation territoriale les hommes de 34 à 40 ans. Ces derniers sont placés à l’arrière du front et aménagent des positions. Ils forment l’ossature du camp retranché de Belfort lorsque le secteur devient calme fin 1914 ».[8]
Ferdinand, caserne, à la batterie du fort Chabrol située dans la ville de ladite Belfort où sont affectés des réservistes territoriaux.[9] Une batterie contient 315 hommes.
Les tâches des soldats territoriaux, qui peuvent être âgés jusqu’à 45 ans, sont de creuser les tranchées, s’occuper de l’entretien et de la garde des voies ferrées ; garder les prisonniers allemands. Pour une batterie de parc les réservistes territoriaux sont-ils chargés des magasins d’intendance, travaux préparatoires pour le Génie, du stockage et de l’entretien, réparation du matériel des autres batteries, l’artillerie à pied n’a pas de matériel affecté.
Maison du peuple dite fort Chabrol à Belfort [10]:
Le journal des marches et opérations de la 11ème batterie débute le 1 mars 1916 dans lequel je ne lis pas d’informations qui pourrait être pertinentes par rapport à la présence de Ferdinand dont son départ de cette batterie sera le 12 avril 1916 (26 N 1198/22).
D’une autre source : « À partir de 1915, Belfort devient une place de repli pour les troupes au repos, et une zone de formation pour les soldats partant sur le front dans le nord de la France ».[11]
Voici un extrait d’un témoignage de l’engagement du 9ème RAP dans cette guerre :
« Joseph Prudhon est né le 19 octobre 1888 à Authume (Jura). En 1914, il est employé à la compagnie des tramways parisiens. Jeune marié, il vit à Saint-Denis. Il est appelé au 104 RAL mais semble appartenir de fait (d’après les JMO) à l’échelon du 9e RA de Belfort. Le 21 mars 1915, il passe administrativement à cette unité avec laquelle il participe à l’offensive de Champagne ».[12]
Mon grand-père étant décédé avant ma naissance je n’ai pas pu le questionner sur son parcours militaire ; aussi je m’appuie sur le contenu de sa fiche militaire pour essayer de connaitre son parcours. Sa seconde fille, Marthe, dit qu’il est mort avec des douleurs aux poumons ayant été atteint par les gaz.
En 1914 près de Belfort ont lieu des expériences de protection contre le gaz hypérite[14] (gaz asphyxiant utilisé comme gaz de combat). Le début des attaques allemandes au gaz débute en avril 1915 et la distribution, en France, des masques commencent en 1918.
Pendant la présence de mon aïeul et après dans ce régiment, des bombardements touche la ville de Belfort jusqu’en 1917 quotidiennement : en février 1916 par des pièces à longue portée.[15]« Entre 1915 et 1916, l’armée allemande a installé, dans la forêt de Zillisheim*, un canon de marine appelé « Langer Max ». Le tube pesait 80 tonnes et faisait 17m de long. Il tirait des obus de 380mm d’un poids de 750kg sur une distance de 45km. Ce canon qui avait pour mission de tirer à grands coups sur Belfort ».[16]
*situé dans le département de la Moselle
En date du 13 avril 1916 Ferdinand passe aux dépôts d’artillerie de la 14ème région avec Grenoble en tant que quartier général [17]:
Il y retrouve son régiment d’origine : le 4ème du Génie : cependant des hommes des classes plus jeunes que la sienne seront gazés et évacués en septembre 1917 (je n’ai pas le lieu du gazage).
Il intègre au 14 avril 1916 le 11e régiment d’artillerie à pied ; déplacement sur Grenoble peut-être en lien avec les bombardements sur Belfort ?
Il n’existe pas d’historique régimentaire pour le 11ème et quant au journal des marches et opérations je ne peux pas les consulter faute de connaitre sa batterie d’attribution.
Sur sa fiche militaire je lis : en sursis jusqu’au 15 novembre 1917 ‘comme maçon à Clérieux’ :
Pour rejoindre son village il fait le voyage en train qui sont bondés ; les permissionnaires voyagent debout. Il n’y a pas de toilettes. Les trains sont mal éclairés, mal chauffés. En été, les soldats en uniforme de laine font le voyage en sueur. L’eau potable manque sur les longs voyages. Pour venir en train et parcourir 100 km il faut six heures ; ainsi le raconte l’historienne Emmanuelle Cronier.[18]
Je ne pense pas qu’il fasse partie des permissionnaires agricoles puisqu’il exerce le métier de maitre maçon.
Au 25 septembre 1918 je le retrouve dans le 10e régiment d’artillerie à pied. Il manque l’historique du régiment. Agé de 45 ans, dans sa tranche d’âge, dans ledit régiment, on relève pour l’année 1918, 25 hommes décédés.[19] De la classe 1893 : 213 000 hommes sont mobilisés, 13 400 se font tués soit 6, 3% de l’effectif (document affiché sur un mur intérieur du fort de Vaux).
A l’époque « La France fut le seul pays engagé dans le conflit où il était strictement interdit de publier les pertes ».[20]
Son cousin Jean-François Robin, né en 1888 à Clérieux, de la classe 1908, affecté dans le 157e régiment d’infanterie à Gap, meurt à l’hôpital temporaire de Florina* le 28 septembre 1917, de maladie contractée en service dans l’armée d’Orient.
* ville située en Macédoine occidentale, au nord de la Grèce.
Dans son village de Clérieux ou celui proche de Saint-Bardoux, les remobilisés : Augustin Crémy, classe 1892, est réformé pour maladie ; Edouard Joseph Monneron, classe 1893, blessé à l’oreille droite :
Robin Léonce, également classe 1893, ne participe pas à la guerre, il est père de sept enfants ;
Louis Paul Osval, né en 1873 à Clérieux, classe 1893, s’est engagé volontairement en 1891 pour quatre années ; « Maintenu dans ses foyers à la mobilisation comme habitant le territoire de Biskra (Algérie) ».[21]
La guerre se termine : « Tout d’abord, même si l’Armistice était signé, la guerre n’était pas terminée tant qu’il n’y avait pas un traité de paix. Celui-ci n’a été signé que 7 mois et demi plus tard, le 28 juin 1919, à Versailles. Notamment, les soldats alliés devaient accompagner la sortie du territoire des troupes allemandes, tout en reprenant possession des territoires occupés et annexés. Enfin, les opérations de démobilisation ont pris du temps car elles ont été échelonnées en fonction de la classe d’âge des soldats. De ce fait, dès qu’une classe d’âge était libérée, cela déstructurait tous les régiments, qui devaient donc être réorganisés à chaque fois ».[22]
« Les premiers à partir, du 16 novembre au 20 décembre 1918, sont les hommes des classes 1887 à 1891. Ceux des classes 1891 à 1906 sont libérés entre le 25 décembre 1918 et le 3 avril 1923 ».[23]
Mon grand-père est mis en congé illimité de démobilisation le 27 décembre 1918, premier échelon numéro 6 au 6ème régiment d’artillerie dont le casernement est à Grenoble et Valence.
Il n’a pas demandé sa carte d’ancien combattant comme l’a fait par exemple Jean-Louis Istier, né en 1872.[24]
Libéré du service militaire le premier octobre 1921, vingt ans plus tard son fils André, mon père, né en janvier 1921, sera incorporé dans les chantiers de jeunesse puis une autre guerre adviendra.
Pour aller plus loin : PDF ‘règlement de manœuvre de l’artillerie à pied, artillerie de siège et place’.
Ma tante Fernande Giroud se marie avec Paul Julien Cantin le 26/10/1929 à Clérieux :
Photographie personnelle
Les personnes présentes sur la photographie :
André Giroud (mon Sosa 2) :
Ferdinand Giroud (mon Sosa 4) et Justine Guillermet (mon Sosa 5) :
Ma tante Marthe (qui deviendra religieuse) :
Mon oncle Ferdinand :
Parce que mon père m’en avait parlé je recherche à Beauvallon la trace du couple Fernande/Paul Julien. Je les retrouve en 1931 au numéro 7 dans le village, ma tante est cafetière patronne et son mari est forgeron. [1]
Une photographie du début du XXe siècle montre la raison du métier de mon oncle :
Dans cette commune existe un haras de chevaux qui fournit du travail à mon oncle : [2]
« L’acquéreur Adolphe Essartial négociant à Valence s’intéresse surtout au domaine dans lequel son fils Paul élève des chevaux de course. En 1935, Samuel Bessy met le château aux enchères, c’est le centre hospitalier de Valence qui l’achète ». [3]
Paul Julien a appris le métier de maréchal-ferrant avec son père lui-même exerçant cette activité.[5]
Entre son départ du domicile familial et son mariage Paul Julien travaille au PLM où il est chauffeur.
Je n’ai aucune information m’indiquant si ma tante avait été formé pour travailler dans le commerce.
L’emploi de ‘cafetière’ demande à être conforme à la législation. Le Préfet de la Drôme émet un arrêté le 21/10/1933 obligeant les débits de boisson d’être à une certaine distance à vol d’oiseaux des écoles, des églises etc. [6]
A Beauvallon, en 1936, la distance entre le café de ma famille et l’église, l’école (qui deviendra plus tard la mairie) est supérieure à 50 mètres pour la population comprise entre 300 et 4000 habitants (source : recensement année 1936 pour la population de 1931 égale 308 personnes).
Je n’ai trouvé aucune plainte, aucun procès-verbal liés au métier de ‘cafetière’ à Beauvallon pour la période qui m’intéresse (4 M 1816, AD26) contrairement à des évènements vers l’année 1916 (4 M 1815, AD26).
En 1913, déjà, la préfecture de la Drôme demande aux maires s’ils ont pris un arrêté en lien avec les distances à observer entre les édifices et les débits de boisson, conformément à l’article 9 de la loi du 17 juillet 1880.
La réponse de la municipalité au questionnaire : [7]
Pour conclure sur ce village :
« Pour une population de 400 habitants en 1851, il existait deux cafés distants de cinquante mètres et, comme dans de nombreux villages, la clientèle se partageait en deux clans :
Les catholiques au café Baumgartner *; les anticléricaux et les protestants au café Merle, en face de la mairie et les soirs d’élection, en fonction du vainqueur, l’ambiance était chaude dans l’un ou autre ».[8]
*NDLR : le café que nous voyons derrière la charrette sur la photographie de la page numéro 2.
En 1946 je retrouve mon oncle Paul Julien et mon père André à Valence au coin de la rue Montplaisir (cliché familial) :
Mon oncle et ma tante exerceront le métier de ‘cafetier/cafetière’ et de buralistes jusqu’à leur retraite.
Ils se retireront à Clérieux au quartier des Chirouzes.
Cela fait plus d’une année que je rédige des articles en lien avec ma famille proche et lointaine dans le temps.
A travers cet exercice je cherche à cultiver la mémoire de mes anciens, rattacher leur vécu à l’histoire locale ou nationale.
Ma prochaine étape : écrire l’histoire de ma lignée agnatique du XVIe siècle au XXe siècle.
Je suis intriguée par la descendance de la seconde union de Pierre, frère de mon ancêtre Antoine Giroud (marié à Catherine Vinay). Il semblerait que son niveau social de cette descendance soit plus élevé que celui des Giroud.
Pierre nait le 20/11/1651 à Châteauneuf d’Isère. Il se marie une première fois le 24/06/1680 avec Françoise Rozeron à Châteauneuf d’Isère qui lui donne deux enfants, Marie et Pierre. Veuf, il se remarie le 15/04/1687 toujours à Châteauneuf avec Catherine Ferrier.
Je n’ai pas le détail des contrats de mariage ; comme je l’ai précisé dans un écrit antérieur : l’étude de maitre Rochas a brûlé. Les documents de l’année 1680 à l’année 1750 ont péri.
Le tableau qu’il peut voir dans l’église le jour de sa deuxième union [1] :
Pierre habite proche du lieu de Gralier (indiqué ainsi sur l’acte de décès du 12/08/1694 de sa fille Catherine). Les Graliers correspondent au nom de « Grailly » sur la carte Cassini.
Peut-être que Pierre remplace son frère Antoine parti travailler à Mercurol, dans la prolongation du bail à Charbonnel ? parce que Les Graliers sont à proximité du terroir Charbonnel.
De sa première union ses deux enfants décèdent avant lui. De sa seconde union, il a neuf enfants. Seul Mathieu né le 12/01/1688 arrive à l’âge adulte et se marie le 27/01/1711 à Châteauneuf d’Isère avec Jeanne Musselon.
Seul Mathieu né le 12/01/1688 arrive à l’âge adulte et se marie le 27/01/1711 à Châteauneuf d’Isère avec Jeanne Musselon.
Leurs trois enfants après ce Mathieu décèdent jeunes – enterrés au cimetière du village- et des cinq suivants nous trouvons la trace de Jean-Pierre marié le 31 août 1728 à Bourg de Péage avec Marguerite Ducros.
Jeanne Musselon est la fille de Jean, marié avec Louise Millian, de L’Ardoise. Malade il établit son testament[2] ; il veut que « son corps soit ensepulturé dans la chapelle nostre Dame de l’église paroichialle du dit Châteauneuf et dans la thombe de ses prédécesseurs ».
Il décède le 25/08/1699 à Châteauneuf sur Isère [3] :
Son corps est enseveli dans la chapelle Saint-Michel attenante au domaine de l’Ardoise, comme l’ont été avant lui les corps d’autres membres de sa famille à partir de l’année 1694.[4]
Chapelle Notre Dame Saint-Michel [5] (document du 20/04/1770) :
C’est une famille établie à Châteauneuf d’Isère depuis longtemps : Bernard Musselon, laboureur, y vivait en 1538. [1]
Le père de Jean (décédé en 1699), est un ‘Jean’, laboureur, né vers 1594 à Châteauneuf d’Isère, marié le 06/04/1628 avec Claude Vernet ; il signe son contrat de mariage.[6] Ce dernier achète une maison forte * :
« Le 05/03/1651 chez maitre Antoine Patras, notaire à Grenoble, Messire Louys de LA POYPE SAINT-JULIEN de GRANET, chevalier conseiller du Roy en ses conseils d’état et premier président de la souveraine cour du parlement de Dauphiné… a vendu … à sieur MUSSELON de Chasteauneuf d’Isère, fils à feu Jaime… la maison forte appelée de Lardoise dans le terroir dudit Châteauneuf d’Isère » (source Thierry Champel dans Généanet et l’article Page 28 et page 29, la chapelle et la maison forte de l’Ardoise, revue numéro 10 année 2007, tailles et détails).
* Edifice fortifié par un seigneur qui se compose d’un centre de commandement et de justice, et de sa résidence privée (définition L. Rogala, les maisons fortes de la baronnie de la Tour du Pin du 12e au 18e siècle).
Un document qui précise que ce Jean est consul [7]:
« La communauté d’habitants se réunissait rarement (trois à quinze fois par an). L’assemblée avait presque toujours lieu le dimanche (comme en attestent les dates des actes de délibération) ‘à l’issue de la grande messe’, sur la place publique en face de l’église. Elle était réunie uniquement dans des circonstances décisives telles que : la nomination annuelle des deux consuls ou échevins, chargés de maintenir la justice au sein de la communauté et de procéder au prélèvement des impôts. /
Consuls ? Syndics ? Ces fonctions requéraient des qualités rares à l’époque car il fallait être solvable et un tant soit peu instruit (savoir compter voire lire) ».[1]
[1] Page 40, 41, revue française de généalogie n° 257, 12/2021
Depuis l’année 1722 la chapelle ne connait plus de dépôt de corps : le 07/12/1721 le dernier enterrement dans ce lieu est pour Jean-Louis Musselon fils de Louis et de Marianne Rochas. [8]
Le 31/10/1725 Marguerite Musselon, née le 20/12/1711 est ensevelie au village [9] : ses parents, également Louis et Marianne Rochas, habitent le terroir de l’Ardoise. Louis est le fils de Jean et de Louise Millan.
Le 20/04/1770, bien avant la vente des biens, à la Révolution française, Barthélémy Charbonnel, recteur de la chapelle notre Dame Saint-Michel « lequel a volontairement cédé, remis et abandonné à sieur Pierre Alphonse Pouzin, bourgeois habitant audit Châteauneuf, ici présent et acceptant tous les fruits profits et revenus généralement quelconques dépendants de présent et à l’avenir de la dite chapelle dont ledit sieur Pouzin a dit avoir une parfaite connaissance, le présent bail ainsi fait et passé par le dit sieur Charbonnel pendant sa vie moyennant la rente ou pension annuelle et viagère de soixante livres… ».[10]
A la Révolution Française, le 14/02/1791, un fond situé au terroir des Fauries dépendant de la chapelle de Saint-Michel et Sainte-Catherine est vendu à Jean Belle et son fils Jean-Louis Belle ; également un fond en terre labourable situé au terroir de Champagnol, dépendant de la chapelle de Saint-Michel et de Sainte-Catherine est vendu à Jean Matton. [1]
Complément d’information :
Un édit de 1776 interdit les inhumations dans les églises pour des raisons de salubrité, mais cet édit n’est pas totalement respecté ; depuis 1950 seuls les archevêques ont eu le droit d’être enterrés dans une église ou cathédrale (source Pour la CSGHF, Chantal Cosnay, généalogiste professionnelle à Aix en Provence).
En 1653, mon ancêtre Mathieu Giroud, marié à Alix Vinay, habite toujours cette paroisse et je suppose encore au terroir de Charbonnel où il poursuit le bail de son père.
A cette période il est demandé aux habitants de loger une compagnie de chevau-légers du régiment du Marquis de Malespine et de fournir logis et vivres durant deux jours :
Une compagnie de chevau-légers : « Se dit des cavaliers légèrement armez, à la distinction des gensd’armes qui estoient autrefois pesamment armez ».[1]
En temps de paix, le roi disposait d’une petite armée permanente d’environ douze mille hommes, formée de sa garde personnelle (les gardes suisses, les gardes françaises, les chevau-légers, les mousquetaires à cheval, et quelques régiments d’élite). En temps de guerre, l’armée comptait théoriquement cent quarante mille hommes. Ces derniers étaient des engagés volontaires recrutés par les chefs de corps et leurs lieutenants (source : Page 106, Mazarin le pouvoir et l’argent, Georges Bordonove, France Loisirs).
Comment le peuple peut-il remplir ses engagements vis-à-vis des militaires ? :
« Il y eut de très mauvaises récoltes en 1649 et 1652 ».[2]
« Le soldat, obligé de vivre sur l’habitant, était aussi dur au compatriote qu’à l’ennemi. Sous les armes, il pillait de droit. Déserteur ou licencié, il brigandait ».[3]
Mon aïeul doit payer « pour la dépense de ‘’deux cheval’’ de Monsieur le marquis de Malespine pour un jour » (Aide à la transcription Roger Colin de Egda) [4]
Cette situation n’est pas nouvelle à Châteauneuf sur Isère : [5]
En 1653 nous sommes, depuis 1635, en guerre avec les Habsbourg d’Espagne. Ce conflit prend fin le 7 novembre 1659 par le traité des Pyrénées : Louis XIV épouse sa cousine l’infante Marie-Thérèse d’Autriche, fille de Philippe IV d’Espagne.
« En guise de dot, l’Espagne apporte à la France le Roussillon, la Cerdagne, l’Artois et plusieurs places fortes en Flandre et en Lorraine : Gravelines, Thionville, Montmédy, Mariembourg et Philippeville. Le duché de Lorraine, amputé, est occupé par des garnisons françaises ».[6]
Je ne trouve pas de documents parlant du marquis de Malespine au temps de Louis XIV ; seulement un élément de l’année 1764 en lien avec l’armée (B 2763, page 396/411, AD11) :
Je viens d’écrire à propos de Mathieu et la vie militaire. Antoine, son fils, revenu à Châteauneuf vers 1680 ne peut pas être concerné par un engagement volontaire ou forcé dans les milices provinciales. En effet celles-ci sont constituées début de l’année 1688 avec obligation d’être non marié et d’être âgé de 20 à 40 ans[7] ; à cette époque Antoine a déjà convolé depuis 15 ans.
Je poursuivrai le sujet militaire par un article sur mes aïeuls vivant sous le règne de Louis XIV, son armée et sous le règne de Louis XV et sa milice.
Certaines communautés, comme le Touvet ou celles du mandement de La Buissière peuvent débiter du bois. Cela conduit Antoine dans le département de la Drôme pour y travailler et rejoindre des membres supposés de sa famille (voir mon écrit sur son contrat de mariage à Alixan).[1
Ne trouvant plus trace de mon ancêtre Antoine à Alixan mes recherches se portent vers d’autres villages.
A Châteauneuf sur Isère je relève au début d’un acte notarié (retranscrit par mon cousin Michel Giroud) : [2]
« Transaction
Notaire Charbonnel le 04 juillet 1603.
Noble Charles de Gelas habitant de la ville de Valence, ayant appensionné à Antoine Girod, fils d’André, une maison et claudier joint ensemble situé au mandement de Châteauneuf, lieu-dit appelé Charbonnel, contenant environ 3 eminées plus une vigne et terre situés au dit mandement, terroir de Chenevon, un contenu d’environ 3 eminées plus une terre de la contenance d’environ 3 eminées au dit terroir de Charbonnel et finalement les non droits et actions que le dit de Gelas pouvoir avoir sur une étable ou grange situées au dit lieu le tout désigné et confiné par les dits actes sous la pension annuelle de 21 livres payables chaque jour et fête à la St Baptiste qui étant celui Girod ».
Nous sommes encore sous le règne de Louis XIII, au pouvoir de 1610 à 1643 et sous la régence d’Anne d’Autriche jusqu’en septembre 1651.
A Châteauneuf sur Isère le suzerain est l’évêque de Valence.
« Rappelons qu’en 1603, l’abbaye de la jeunesse * exerçait à Châteauneuf la police des mariages et qu’alors Charbonnel, notaire et greffier, la dirigeait »[3].
Le couple s’installe dans l’habitation des parents paternels : Mathieu poursuit le bail de son père à Charbonnel le 09/02/1623 * et ses enfants y naissent : Catherine en 1634, Antoine en 1636, Jeanne en 1640, Elisabeth en 1644 et Pierre en novembre 1651, où « Les habitants de Châteauneuf se plaignent de ce que, en moins de 40 ans, l’Isère a ravagé et rendu absolument incultes plus de 500 sétérées des meilleures terres, ‘chaque sétérée étant de 3500 pas’ ». [5] L’Isère à Grenoble le 11-23 novembre 1651 : 2500m3/s.[6]
*noté sur l’acte 2 E 2456 folio 35.
Mathieu et mes autres aïeuls ne sont pas touchés par la peste de 1629 : Pour se préserver du mal on se badigeonne le corps de vinaigre dans lequel ont macéré diverses plantes aromatiques et de l’ail.
Des années plus tard : défense aux moissonneurs d’aller travailler à Monteux et aux Granges le 16/06/1650. Délibérations consulaires touchant la défense aux hôteliers de loger des étrangers et au pontonnier d’en passer, à cause du mal contagieux le 26/06/1650 (E 8419 période 1640-1664, AD 26).
Cette situation expliquerait peut-être la date des décès de Jeanne et Elisabeth, filles de Mathieu.
Le 25/01/1632 Agnès De la Croix de Châteauneuf d’Isère loue à Mathieu Girod du mandement de Châteauneuf de la terre située au terroir de Corneries * d’une contenance d’une éminée pour le terme d’une année qui finira à la fête de Saint Jean Baptiste de l’année 1633.
* Corneries : f. et quart. Commune de Châteauneuf d’Isère ; Corneria, 1430 (terre de l’évêque de Valence) – Corneria (état-major) – page 111, dictionnaire topographique de la Drôme.[7]
Pendant ce temps-là, en 1634, le châtelain * a recours au magistrat épiscopal pour empêcher toute assemblée délibérante hors de sa présence.[8]
*NDLR : le châtelain représente le seigneur dans chacune des communautés. Ils ne sont pas nécessairement nobles (Page 9, organisation féodale, association d’étude drômoise, année 1970).
« Depuis le XIIe siècle la justice de Valence appartenait sans conteste à l’évêque, comme la justice du Valentinois et du Diois appartenait aux comtes/ D’après l’auteur de l’Inventaire des archives de l’évêché de Valence, Molinier de La Fabrègue, les évêques de cette ville, comme possesseurs de fiefs, avaient la triple juridiction, haute, moyenne et basse. Mais il est difficile de préciser l’époque à laquelle ces prélats commencèrent à la faire exercer ».[9]
Châteauneuf d’Isère fait partie du périmètre judiciaire de Valence, confirmé dans l’écrit page 169, tome 67, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26.
Le 05/08/1643 Jean Chappuis de Châteauneuf d’Isère vend et cède à Mathieu Girod, laboureur de Châteauneuf d’Isère, une pièce de terre située audit mandement, au terroir de Chanaran, contenant 2 sesterées, au levant terre dudit Girod, couchant terre et bois chastagnerés de Jacques Charbonnel, bise terre de Jean Troullier vi châtelain, du vent partie des hoirs de Benoit Vinay et partie terres des héritiers de feu le Seigneur de Granet pour 90 livres.[10]
Bail en commande de brebis le 28/11/1645 :
« Mathieu Girod laboureur * du mandement de Châteauneuf d’Isère confesse avoir en son pouvoir et tenu en titre de commande de Messire Guillaume Charency prêtre de Châteauneuf d’Isère, ci-présent, acceptant la quantité de dix brebis pour chacune des dites brebis le dit Girod sera tenu de payer au dit sieur Charency, une livre et demie laine chaque année et à chaque fête de Saint Jean Baptiste ».[11]
Complément d’information :
Le mouton peut fournir 1.5 à 6.5 kg de laine brute contenant 30 à 75 % de laine, le reste étant constitué principalement de suint. Il reste 1/3 de la tonte en laine après le lavage de celle-ci.
* « Le laboureur pouvait être propriétaire de terres et aussi travailler pour autrui. Mais surtout il possédait ses propres animaux de trait : bœufs, vaches, chevaux, mulets et ses outils de travail : charrues, charrettes. Il bénéficiait d’un niveau social mieux considéré, encore accru s’il était propriétaire-cultivateur ».[12]
En 1653 Mathieu habite toujours Châteauneuf d’Isère (EE10, archives communales, Châteauneuf sur Isère).
L’histoire du village :
En 1653 (vue 77, actes paroissiaux, AD26) son nom est Chasteauneuf d’Izaire ; en 1792 Châteauneuf d’Isère ;
« Les maisons nouvelles, en remplaçant les grottes ou baumes des premiers habitants, firent donner à l’ensemble le nom de castrum novum Isare ou Châteauneuf d’Isère à cause des remparts et fortifications de l’enceinte et de la rivière qui coule ses eaux noirâtres à leurs pieds. / Odilon, premier seigneur connu de Châteauneuf, appartenait à l’une de ces familles de nouveaux suzerains, et c’est à lui sans doute qu’il faut attribuer la plupart des travaux défensifs détruits en 1585, et dont il ne reste plus que des ruines, parmi lesquelles on remarque des fragments de cheminée et d’une porte de ville. Quant aux restes de remparts reproduits en héliogravure dans le beau travail de Mgr Bellet, intitulé Vita St Hugonis, ils sont évidemment romains ou gallo-romains, et permettent de supposer un autre château antérieur ; ce qui justifierait l’appellation de Château neuf donnée à celui d’Odilon ».[13]
Et avant la période Renaissance :
« Après l’éviction des Châteauneuf par les évêques de Valence, la possession de la terre amena quelques familles nobles. Ces seigneuries foncières furent celles de l’abbaye de Vernaison, des Burlet (famille d’Arces dont le membre le plus célèbre fut le capitaine Burlet, gouverneur de la Tour de Crest). Ces derniers sont venus bien après la famille de Blanchelaine déjà présente à Châteauneuf au XIIIe siècle ».[14]
En 1585 : « Maugiron ordonna à de Vocance de démolir promptement la tour et fort de Châteauneuf rez pied rez terre, en sorte qu’il n’en demeurât aucun vestige. Ainsi tombèrent les fortifications du bourg et le château des Châteauneuf, et à cette heure il n’y reste plus que des fragments d’une cheminée antique, d’une porte et de remparts romains, avec une citerne ovoïde fort curieuse ».[15]
Pour aller plus loin dans l’étude cette période : Antoine de Vocance par E. Lascombes née Comte, page 57, tome 18, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
« Il faut une heure et demi pour aller du village aux limites de la paroisse dans toute la partie du levant qui a deux grandes lieues de longueur, le long de l’ancienne route de Valence à Romans. Le village sur le bois de l’Isère et de la paroisse du côté de la bise n’est qu’à une lieue de ses limites du couchant.
L’église paroissiale et le village se trouvent situés sur le bord de l’Isère qui est la limite de la paroisse du côté de la bise. Son terrain jusqu’à une demi lieue au midi et au levant du village est fort mauvais sableux très montagneux par des rochers de pierre molasse où la chute des eaux creuse des ravins de plus de cinquante toises de profondeur, coupe les chemins forme des cascades et des précipices affreux. Il se détache même souvent des grosses pièces de cette pierre molasse qui ont écrasé plusieurs maisons du village et ébranlée l’église. Toute la partie près du village étant si mauvaise et si peu productible est peu habitée. Les chemins y sont toujours fort mauvais, montueux et ravinés qui rendent les approches du village très difficiles ».[16]
Aussi, le 19/06/1631 la surveillance du chemin de Châteauneuf à Romans, pour deux hommes, à raison de 13 livres par mois (E 8417, période 1624-1632, AD 26).
Un des curés Lombard exerce de l’année 1679 à l’année 1729 : « il écrit comme un cochon et ne sait pas tailler une plume/ les lignes sont extrêmement serrées et les actes de plus en plus succincts. L’étude Rochas père et fils, notaires de 1680 à 1750, ont péri par une main destructrice ». [17]
Mon aïeul Antoine (fils de Mathieu) échappe à l’exercice du curé mais peut être point à celui du notaire qui m’aurait permis de compléter la connaissance du patrimoine familial.
Antoine parti travailler avec son père à Mercurol de 1668 à 1672 [1], puis avec son épouse de l’année 1673 à celle de 1679, revient à Châteauneuf sur Isère pratiquer le métier de granger ou grangier* chez le sieur Chaléat. Au cours de l’année 1688, il poursuit le bail de son grand-père, de son père au quartier Charbonnel. [2] Son vécu fera l’objet de mon écrit suivant.
*information fournie par mon cousin Michel durant l’année 2012.
Le grangeage : « Il s’agit pour le paysan dépourvu de capital, voire d’outillage, de s’installer pour plusieurs années sur le domaine d’un propriétaire qui lui consent des avances nécessaires en semences, en argent et en denrées alimentaires, avances à valoir sur la prochaine récolte »[19].
Avance qui lui permet d’acheter le sel marin, le seul moyen de conserver les aliments, et élément nutritif indispensable pour le bétail.
Pour cela le paysan doit s’acquitter d’un impôt : la gabelle, dont son montant varie selon les régions.
Le Dauphiné fait partie des pays de ‘petite gabelle’ à environ 30 livres le minot.[20]
*NDLR : 1 minot égal 3 boisseaux ; Un boisseau français = 13 litres environ soit 13 litres x 3 = 39 litres ou 40 litres environ (source : page 13 « le 1er janvier 1789 » par Arthur Conte).
Lorsque Antoine et Catherine reviennent dans leur village natal ont-ils trouvé les chemins suffisamment entretenus à leur époque ? :
« La royauté, au XVe siècle, se borne à rappeler aux péagers leur devoir d’entretien des voies (avec menace de confiscation du produit des droits en cas de négligence), chargeant ses officiers (prévôts, baillis, sénéchaux), là où il n’y a pas de péager, de pourvoir à la remise en état des rivières, chemins et chaussées au moyen d’une imposition locale ».[21]
Le couple habite une maison dauphinoise-rhodanienne – affirmation appuyée sur une carte située dans la soutenance de mémoire de H. Raulin – où la maison dauphinoise est en pisé,
« Comme dans l’ensemble du Dauphiné du nord-est, l’habitat y est dispersé, voire, comme a pu le dire un géographe, parfois ‘émietté’. Des maisons à logis-grange-étable se mêlent insensiblement à des unités d’exploitation à logis individualisé ou indépendant, et les unes et les autres sont fréquemment organisées autour d’une cour. Nous retrouvons donc la dichotomie habituelle dans les régions de battage à l’intérieur. Mais ces traits généraux n’empêchent pas l’apparition de quelques caractéristiques particulières, dont l’une, parmi les maisons à logis-grange-étable, était la disposition du logis au centre, entre la grange et l’étable ».[22]
Les jours où mes aïeuls se reposent la famille peut se rendre au village, où la musique, présente depuis l’année 1665, anime les fêtes populaires grâce aux violoneux non-voyants et voyants.[23]
La prochaine étape d’écriture : le récit des enfants d’Antoine et de Catherine Vinay, nés et établis dans la paroisse de Mercurol.
[1] Page 43 et page 44 Les forêts du Haut-Dauphiné à la fin du XVIIe siècle et de nos jours ; Recueil des travaux de l’institut de géographie alpine. 1917, Tome 5 N°1. pp. 1-113.
[2] 2 E 2456 folio 35 du 18/11/1688, chez maitre Guercin notaire à Valence, AD26
[3] Page 255, Châteauneuf d’Isère par A. Lacroix, tome 27, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26
[4] Page 38, confréries et associations anciennes de Châteauneuf, Taille et détails numéro 20, année 2017
[5] Page 84, Volume 43 de 1909, l’Isère à Beaumont-Monteux par le curé Emile Froment, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26
Nous sommes sous le règne de Louis XIII, au pouvoir de 1610 à 1643 et sous la régence d’Anne d’Autriche jusqu’en septembre 1651.
Générations représentées sous forme de tableau :
Suite de mon récit ‘Le contrat de mariage à Alixan’ : Antoine Giroud marié à Marguerite Palhareys achète une terre à Châteauneuf sur Isère le 10/08/1633. [1]
Je retrouve Mathieu (leur fils), naissance vers 1592 à Alixan, mariage avec Alix Vinay (date et lieu non connus) et décès le 10/05/1680 à Mercurol paroisse Saint-Anne où il réside (vue 50 1Num 620, AD26). Il décède là où nait son petit-fils Jean en 1674 (fils de Mathieu/Alix).
L’explication est la suivante : Le 25 octobre 1669 Mathieu Giroud et son fils Antoine signent un bail de grangeage au quartier du Buisson (Saint-Clément) à Mercurol où cinq générations se succèderont.
De son union avec Alix dont il manque la date naissent à Châteauneuf d’Isère Catherine en 1634, Antoine en 1636, Jeanne en 1640, Elisabeth en 1644 et Pierre en 1651 (témoin au décès de son père à Mercurol).
La date manquante du mariage est-il expliqué par le reproche fait au curé Gabriel Guilhermin en 1634 au cours de la réunion des chefs de famille de la communauté ?
« De ce qu’il n’est presque jamais en ce lieu, ne faisant que courir d’un costé et d’autre/ »[2]et qu’il en oublie de noter des actes sur le registre paroissial ?
Pierre, pour être présent à l’enterrement de son père, comme son frère Antoine granger à Beaumont-Monteux, ne peut qu’emprunter le bac pour traverser l’Isère, au quartier des Robins [3] :
« Nous savons seulement qu’au siècle suivant, *faute de pont, on passait l’Isère sur un bac pour arriver au port de la Roche ‘sis en la Vimogne’. Et ce port de la Roche qu’on aurait pu aussi bien appeler port de Beaumont-Monteaux puisqu’il se trouvait sur la limite des deux mandements ».[4]
*NDLR : au XIIème siècle
« On voit une grande chaussée entre Valence et Mercurol. Quoyque elle ne soit plus pavée comme elle estait sous les Romains, elle n’a pas néanmoins perdu son premier nom avec les marques de son ancienne dignité. Elle n’en a pas d’autre que Vimagne. Le même toponyme (issu du latin Magnus, grand) se retrouve en divers endroits : Viemagne au nord du village de Beaumont. La voie traversait l’Isère sur un pont de pierres disparu. Son appellation de Pont de la Déesse lui vient d’un taurobole découvert à peu de distance en 1787 ».[5]
« (…) sur la rive gauche de ladite rivière d’Isère l’un des piquets ou perches auquel est attaché l’un des bouts de la traille ou corde du dit bac, étant planté sur le territoire de ladite communauté de Châteauneuf et l’autre sur la communauté de ce lieu ».[6]
En 1835 Nicolas Delacroix dans l’ouvrage ‘statistiques du département de la Drôme’ à la page 209 parle du pont de Romans au bac à traille de Châteauneuf d’Isère et du bac à traille de Châteauneuf d’Isère à l’embouchure de la rivière.
A ne pas confondre avec le bac situé à Vernaison : « La première mention d’un bac à Vernaison est la demande faite, le 11 avril 1821 par monsieur Bourgeat, fermier d’un bac du département / ». [7]
Au-dessus de la rivière : Beaumont-Monteux
Extrait de la carte Marius Villard (1914), Beaumont-Monteux et sa région par J.N. Couriol, revue drômoise n° 571 de 03/2019 :
L’origine des parents d’Alix est la paroisse de Sanson (Rochefort Sanson depuis) [8], Je trouve Le testament de son père à Barbières (testament mentionné dans une quittance 2 E 18842 folio 298 du 24/10/1638 chez le notaire Roux, AD26) et le testament de sa mère le 22/05/1629 chez Bonnet à Charpey. [9]
« Avant 1750 au moins les trois quarts des nouveaux époux sont originaires soi de la même paroisse, soit d’une paroisse située à 2 ou 3 lieux (2 heures de marche) mais après 1750, la proportion baisse et le lieu d’origine des époux est plus lointain ». [10]
La présence à Châteauneuf d’Isère de Mathieu -laboureur- avec Alix, se fait à priori à partir de la naissance de leur premier enfant en 1634 jusqu’à la naissance du dernier en 1651. Le père de Mathieu (épouse Marguerite) y décède après l’année 1633.
Également Antoine -le fils de Mathieu et d’Alix – naissance en 1636, mariage en 1673 à Châteauneuf d’Isère, décède à Beaumont-Monteux à partir du 23/07/1703 après son déplacement sur Mercurol pour une partie de son existence (voir la naissance de ses enfants dans cette paroisse).
Le mariage a lieu dans une église placée sous le patronage de Saint-André depuis 1192 et dédiée à Saint-Thomas jusqu’en 1888. Ce lieu de culte se trouve en mauvais état depuis les guerres de religion par manque d’argent : vers 1640 il existe plus de cent crevasses ou fentes toutes pleines de chauves-souris.[11] En 1689 les fenêtres sont sans vitres : on les garnit de toile cirée, ce qui ne laisse pas passer beaucoup de lumière. Et plus tard en 1702 le clocher est prêt à tomber.[12]
Le testament d’Antoine constatant sa présence à Beaumont-Monteux :
« Indisposé de sa personne tout en ayant sa tête habite Beaumont-Monteux et est granger au domaine de Bernard du sieur Belle de la Roche de Glun de son domaine situé au mandement de Monteux. Antoine donne 100 livres et une petite bague en or à Marie qui est célibataire ; il nomme Jean (né en 1674) son héritier universel ».[13]
Localisation du domaine de Bernard à Beaumont-Monteux (avec appui dans le testament LONG situé comme témoin qui habite le mandement de Monteux et dont une maison proche du domaine Bernard porte le nom)
(3 P 3289/1 tableau d’assemblage, AD26) :
« Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas les paysans les plus instables des campagnes. Certes, ils se déplacent, en bandes ou en famille, d’une paroisse à l’autre, à l’occasion des grands travaux saisonniers (moissons, vendanges) mais bien souvent ils possèdent leurs propres maisons et souvent un petit lopin de terre qui les fixe dans leur paroisse de résidence. D’autant que leurs déplacements ont lieu sur de faibles distances et sont souvent de courte durée… ».[14]
Mon ancêtre travaillant assez loin de la rivière Isère évite les crues de celle-ci. L’Isère peut s’écarter de son lit habituel de près d’un demi kilomètre, tantôt rive gauche, tantôt rive droite submergeant les terres et les transformant en marais ou en ilots provisoires.
Ce qui n’empêche point un aïeul Giroud d’avoir de la terre dans cette paroisse :
A la vente des biens du clergé, le 19/10/1790 : terres au quartier de la Grayère (aux confins du levant terre de pierre Gay, de bise terre de Bochard et de Jean Michel, du couchant chemin allant du couvent des récollets à l’Isère, du midi terre du nommé Giroud).[15]
« Requête par les consuls et habitants de Beaumont Monteux leur village presque tout emporté par l’Isère ;
Les dévastations et destructions des maisons d’habitation dans les villages sont telles que les personnes ici assemblées qui les voient sont saisie d’étonnement et de frayeur depuis quelques années et notamment en dernier lieu la rivière d’Isère dans ses fureurs a entièrement emporté les maisons ci-après à savoir :
Celle de Jean Antoine Prost, celle d’Etienne Boffard, de Jean Guilhermond, de Joseph Darnaud, de Joseph Rostaing, de Gaspard Miribel, de Jean Rodet, de Claude Duc, de Jacques Barre, de Jean Didier, de Pierre Guibert, de Jacques Rivoire, de Jean Savel et de sa femme, de Claude Sonier ».[16]
« Beaumont-Monteux, Montes, Montilius, Bellus Mons (983 habitants). Cette commune a reçu une partie de son nom du coteau de Beaumont qui lui est presque contigu, mais qui est situé sur Clérieu ; quant à celui de Monteux, il s’explique difficilement dans un lieu peu accidenté. */en 1343 Humbert II détacha, à son profit, de la terre de Clérieu, le village de Monteux ; ses droits passèrent à la couronne de France ».
*à moins qu’il ne se réfère au relief encaissé, avec la coupure de l’Isère (Page 4 à page 37, Beaumont-Monteux, 1986, imprimerie Nyonsaise ‘les Mimosas’, Cote 944,98, BLA, médiathèque de Valence).
Plus tard après son acquisition par différents personnages :
« En 1636, noble Ennemond de Jomaron, sieur de Saint-Sauveur, était seigneur de Beaumont et Monteux, ayant acquis cette terre en vertu de lettres de debitis par lui obtenues. Il la vendit au président de Chevrières. / Beaumont-Monteux resta jusqu’à la Révolution au pouvoir de la maison de La Croix ».[17]
En 1641 Jean de la Croix de Chevrières est comte de Saint-Vallier et de Vals, seigneur de Chantemerle, de Blanieu, de Lieu-Dieu, de Beaumont-Monteux, de Crosses, de Faranans, de Cottanes, baron de Serves et de Clérieux et marquis d’Ornacieu.
« M. Lacroix de Chevrières comte de Saint-Vallier a la plus belle fortune du département, évaluée à 600 000 francs en 1809. D’une vieille famille d’ancienne noblesse, à l’écart des affaires publiques durant la Révolution, il se ralliera à Bonaparte et présidera le Conseil général de la Drôme de 1800 à 1803, avant de devenir sénateur en 1805, puis titulaire de la sénatorerie de Gênes en 1909. C’est au vu de cas comme le sien que Napoléon a songé à établir une nouvelle aristocratie : le 1er mars 1808, la noblesse d’Empire est fondée. M. de Saint-Vallier sera fait comte de l’Empire ». [18]
En 1629 la peste sévit à Clérieux.[19] Je ne trouve pas trace de décès dans ma lignée durant cette année.
Peut-être que la maladrerie eut son utilité par rapport à la peste ?
« La maladrerie * de Beaumont, qui fut unie au prieuré de Saint-Bardoux, était probablement située à l’extrémité de la commune de Clérieux, près des limites de celles de Beaumont-Monteux ». [20]
« Au quartier de Champollion sur l’actuelle commune de Granges les Beaumont. Comme celle de St-Donat, elle dépendait du prieuré de St Bardoux. /Plus tard, en 1697, ces maladreries furent unies à l’hôpital de Sainte Foy, le plus ancien des hôpitaux de Romans ».[21]
Je traiterai le sujet de la rivière Isère et d’autres dans l’écrit suivant concernant Antoine uni à Alix Vinay où leur domicile se situe à Châteauneuf sur Isère l’autre côté de l’eau.
Pour conclure je suis satisfaite de trouver des documents (acte paroissial, acte notarié) expliquant la présence de mes aïeuls dans d’autres paroisses.
Mon énergie a été malmené par mon travail constant de vérification ‘si le lieu de vie correspondait au lieu de travail’.
« Les laboureurs : dans les campagnes, ils constituent l’un des groupes les plus mobiles et les plus difficiles à suivre à travers les archives. En effet, le non-renouvellement des baux agraires, tous les 3, 6 ou 9 ans, les oblige à passer d’une location à une autre, de ferme en ferme, parfois dans la même paroisse (situation la plus simple) ou dans des paroisses séparées par au moins 20 ou 30 kilomètres (situation la plus complexe) ».[22]
[10] Page 3, les voyages et les déplacements de nos ancêtres par Thierry Sabot, chez Thema
[11] Page 261, Châteauneuf d’Isère par A. Lacroix, tome 27, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26
[12] Page 107, La vie religieuse à Châteauneuf sur Isère, 6ème partie par Marie Jean Buis, archives diocésaines
[13] 2 E 7693 folio 264 du 22/07/1703 chez le notaire Servant
[14] Page 43, Les voyages et les déplacements de nos ancêtres, la mobilité en France de l’Ancien Régime à 1814 par Thierry Sabot, revue Thema numéro 12.
[22] Page 43, Les voyages et les déplacements de nos ancêtres, la mobilité en France de l’Ancien Régime à 1814 par Thierry Sabot, revue Thema numéro 12.
Les registres paroissiaux ayant disparu dans cette paroisse à l’époque du mariage de notre ancêtre, pour cause de destruction pendant les guerres de Religion, je m’attèle, dans cet article à faire une étude poussée de son lieu de passage à Alixan à partir de son contrat de mariage.
Nous sommes encore sous le règne d’Henri IV puis sous le règne de Louis XIII, né en 1601, décédé en 1643 qui régna de 1610 à 1643.
Mon ancêtre : GIROUD Antoine, affaneur, né vers 1566 à Le Touvet, décédé le 09/02/1623 à Châteauneuf d’Isère, marié le 00/09/1591 à Alixan avec PALHAREY Marguerite.
Le village d’Alixan et son église actuelle
Alixan autour de l’an Mil :
Page 18, Une histoire d’Alixan en mots et en images, BH 1240/2, AD 26.
« (…) à l’origine, un donjon flanqué sans doute d’une chapelle romane dont il reste la porte d’entrée aux masques ‘valentinois’. Lui succède une église gothique dont le chœur élégant subsiste encore ; flanquée d’une petite chapelle funéraire sans doute du XVe siècle. Les déprédations des guerres de religion amenèrent la reconstruction des voûtes de l’église au début du XVIIe siècle. / Le lieu de culte primitif était situé au prieuré de Coussaud, certainement sur un grand domaine gallo-romain. Les habitations se sont ensuite groupées autour d’une motte féodale vers le Xe siècle qui devient possession des évêques de Valence au XIIe siècle ».[1]
Histoire
Pour approfondir l’histoire religieuse de cette période la lectrice, le lecteur pourra lire :
Page 30, Une histoire d’Alixan en mots et en images, BH 1240/2, AD 26.
Page 6 à page 10, Alixan histoire et tourisme, par Jean Noël Couriol, les amis du vieil Alixan.
2 H 345, AD26.
2 H 226, Saint Martin de Coussaud (1214-1765), AD26.
Prieuré de Saint-Martin de Coussaud : dépendant primitivement de l’abbé de Saint-Félix de Valence, fut uni à l’abbaye de Saint-Ruf, avec la Congrégation de Saint-Félix toute entière, en 1343 (archives Drôme, fonds Saint-Ruf).[2]
Eglise paroissiale de Saint-Didier : l’église paroissiale de Saint-Didier, d’après un acte de 1339, 10 juillet, dépendait du prieur de Coussaud (regestre Dauphinois, n° 30020).
L’église Saint-Didier d’Alixan :
photographie de l’auteur
« Elle n’est que simple chapelle castrale lors de la construction du château, l’église paroissiale étant celle du Prieur de Saint Martin de Coussaud, elle doit au développement du village près du château et à la ruine du prieuré de Coussaud lors des guerres de religions de devenir l’église paroissiale au 17ème siècle. »[3]
« Carrefour de chemins à proximité de Valence et de Romans, le village et son château furent disputés au cours des guerres de religion. Défendu par le capitaine Bologne, Alixan est enlevé par les Protestants en 1561, puis repris en 1569 par les catholiques qui le perdent à nouveau en août 1580. Cette même année une bataille rangée dans la plaine aurait coûté la vie à 60 protestants et à 14 catholiques ; ces derniers entrèrent vainqueurs au village. Le dernier épisode se situe en 1596, lorsque le comte de la Roche et le sieur de Passage ne purent venir à bout de la garnison qui tenait pour la ligue et le duc de Mayenne ».[4]
« En 1591 on assemble aussi autour de Romans des troupes qui demeurèrent dix jours : une partie alla s’établir à Alixan et l’autre à Châteauneuf d’Isère ».[5]
« Sur un coteau solitaire, gisent les ruines du prieuré de St Martin de Coussaud. Depuis les guerres des protestants, cet établissement n’avait jamais pu se relever ; au siècle dernier, on apercevait une partie des bâtiments claustraux ; l’église était debout aussi, mais sans toiture ».[6]
3 P 3254/0 Section G, Coussaud plan parcellaire en date du 08/06/1811 – AD26.
« Voyage de piété au calvaire de Saint Martin de Coussaud. Il remonterait à la plus haute antiquité. La Révolution de 1793 le détruisit. Mais en 1826, des croix de bois furent plantées, qui ne purent durer qu’une quinzaine d’années. En 1854, arrive le terrible fléau de la peste qui est maitrisé, grâce aux prières à Saint-Martin, et le 11 novembre 1855, le supérieur religieux de N.D. de l’Osier érige un nouveau chemin de croix en fer sur colonnes de pierre qui se compose de 20 stations » (source : archives du diocèse paroisse Alixan)
Contrat de mariage entre Antoine et Marguerite :
2 E 2284 folio 85 le 01/09/1591 : contrat de mariage de GIROUD Antoine avec PALHAREYS Marguerite.
25 nobces Et oultre ce en amelioration de laquelle
dote establyes lesdictesGabrielle et Catherine Palhareys
seurs de ladicte future espouse lesquelles ont donné
et donnent à ladicteMarguerite future espouse leur
seur scavoir la chacune d’elles ung escu sol
30 payables aussy le jour des nobces Plus a
Fin page 1
esté convenu que ladicte future espouse sera abilhée
le jour de la celebration de cestuy leur mariage
d’une robe nuptialle sellon son estat et qualité
aux despens dudictAnthoine Giroud Et pour le
35 singulier plaisir que lesdictes partyes ont dict prendre
en cestuy leur mariage se sont donnés et
donnent reciprocquement par donnation pure et
irrevocable faicte entre les vivants et accause
de nobces et en cas de survye scavoir ledict
40 Anthoine Giroud à ladicteMargueritte Palhareys dix
escutz et ladicteMargueritte audictGiroud cinq escutz
sol desquelles sommes lesdictes partyes pourront faire
à tous leurs plaisirs et vollontés Et tant à la
vye qu’à la mort Et en cas de restitution
45 advenant que Dieu ne veulhe a promis ledict
Giroud rendre et restituer ladicte dote et verchere
et melioration d’icelle à ceulx à qui du droict
appartiendra à la forme du droict et lesdictes
donnations de survye payables par les hoirs
50 du premier mourant au survivant d’eulx deulx
dans ung an revolu apprès le premier decedant
Et ainsy l’ont promis et juré lesdictes partyes
respectivement et à ce faire obligé tous leurs biens
aux cours du balliage de St Marcellin
55 Chabeul Vallence Alixan et à la chacune d’elles avec
les renonciations et clauses opportunes Faict audict Alixan
dans la mayson coabitation de ladicteJehanne
Bonnardelle vers les Pillaudz de Laurens
Ballisz es presences de Bernardin Giroud Anthoine
60 Dalixan Claude Charvet dudict lieu du Touvet
et Guiffroy Poullet du mandement de La Buissiere
tesmoingz requiz qui n’ont sceu signer ne
les partyes qui ont dict ne le scavoir faire
et moy notaire recepvant soubsigné.
[Ainsi signé : Guercin notaire d’Alixan.]
Au moment de son mariage Antoine habite Alixan (noté sur le fascicule des cm de cette paroisse, relevé par l’association Egda).
En présence de Bernardin GIROUD, Antoine RENEJAN, Jehan EYNARD habitants du mandement d’Alixan, Claude CHAUVET dudit lieu du Touvet et Guiffrey POULLET du mandement de la Buissière tesmoins requis.
Mariage de Antoine GIROUD avec Marguerite PALHAREYS fille de feu Benoît du mandement d’Alixan et fille de Jehanne BONNARDELLE ; les sœurs de Marguerite sont Gabrielle et Catherine. Antoine habite le mandement d’Alixan. Pas de trace, faute de registres paroissiaux, d’actes concernant les sœurs de Marguerite, ainsi que du décès de leur mère Jehanne dans toutes les paroisses drômoises.
« Amy lecteur, je (te) prie ne te fascher si depuis le 14 octobre 1590 tous les baptizers non testés mis en se livre, ensanble les mariages (et) mortalages, c’est que le jour second de Pasques, en baptizant un enfant, mon patoulhard me fut pris sur le banc qui est à la chapelle de M. de La Chasserie, le 15 avril 1591. Ce jour-là il y avoyt force gendarmes (à) Alixan ; ne sçay si cella fut faict par eux ou par ceux du lieu ou par malice, (ce) qui a esté cause que, pour obeir au Roy (et) à nous pasteurs, j’ay pris la peine de demander aux notables les naissances de leurs enfans ».[14]
On comprend qu’il s’agit de son brouillon, terme très imagé dérivé du verbe patouiller : ‘patauger dans l’eau ou dans la boue’. Relevé par Egda, revue Racines Drômoises, numéro 120, deuxième trimestre 2017.
De même : « Il y a au folio 71 des excuses du curé en ces termes : « amy lecteur de l’eglise et toutes les recognoissances et documens de la cure et les mirent dans le four avec que le boys qui bruloit, et l’an 1567, le beau jour de la Tous saint, fut le premier qui mit le feu à l’esglise de Saint Fransoys aux Pères Cordeliers de Valence. Dieu luy face la grace d’en fere penitence ».[15]
« Le 21 octobre 1563, le curé de la paroisse, frère Bachasson, cordelier de Romans, embrasse la doctrine de Luther, et sur la place publique, brûle tous les livres religieux de la paroisse ».[16]
Ndlr : Concernant l’action de cette année 1563 nous pouvons avancer que l’évènement se situe à l’église du village parce que frère Bachasson fait partie de l’ordre franciscain appelé aussi cordelier alors qu’au prieuré de Saint Martin de Coussaud l’ordre religieux est celui de Saint Ruf.
Ceci pourrait expliquer que je n’ai pas trouvé trace d’actes concernant les témoins au contrat de mariage, ainsi que de la branche de Etienne Giroud implantée à Alixan.
Les témoins au contrat de mariage
J’ai effectué cette démarche afin de rechercher un indice de la date d’arrivée dans la Drôme de notre aïeul Antoine.
J’ai recherché si Claude CHAUVET ou CHARVET était décédé dans la paroisse d’Alixan ; je n’ai trouvé aucune trace dans les actes de sépulture – 234 J 874 (période 1553-1799).
J’ai procédé de la même manière pour Laurens BALLISZ sans trouver trace, dans les relevés des contrats de mariage, de cette personne – 234 J 162 (période 1582-1803).
Contrat de mariage entre GIROUD Bernardin, dit Bourne, laboureur du mandement de Montélier et GAUTIER Philippe, le 23/12/1586 à Alixan chez Maitre Guercin. Témoins : noble Jean Louis de Sassenage, honnête Gérantin Vignard, François Ribel, Claude Miribel, Claude Nicolas, Claude Coullard et Mathieu Odéard – 2 E 2281 folio 402, 234 J 162.
Je n’ai pas trouvé trace de la naissance, ni du décès de GIROUD Bernardin dans la paroisse de Montélier, d’Alixan et de Châteauneuf d’Isère – respectivement 234 J 413 (1607-1792) AD 26, 234 J 874 AD26 (1553-1799) et 234 J 883 AD26 (1627-1792). Je prends note qu’il manque les années 1555-1567, 1585-1586, 1590-1591, 1593, 1596, 1598, 1611-1618 dans les registres d’Alixan.
Le 07/03/1592 il est en location ; il doit 52 écus d’or à la fille pupille d’Antoine Miribel, 2 E 2284 folio 20.
Il achète de la vigne et une maison au terroir Plana à Alixan (en 1592) – 2 E 2284 folio 210 ;
Le 07/05/1601 il habite le terroir de Mirabaux à Saint Marcel les Valence – 2 E 2285 folio 308.
Contrat de mariage entre GIROUD Antoine dit Bourne, et VIDAL Jamette, le 08/04/1590 à Alixan chez Maitre Guercin. Témoins : Pierre Giroud (de Saint Paul), Pierre Berlhat, François Bouche, Jaussaud (du dit Alixan) – 2 E 2283 folio 486, 234 J 162.
Contrat de mariage entre POULET Juffrey (fils de Henry, la Buissière, diocèse de Grenoble) et CROSILHAC Péronette (fille de Noël, d’Annecy, Savoie) le 10/10/1596 à Alixan chez Maitre Odéard M. Témoins : de Fonteney Vincent, Chastaing Pierre, laboureur à Alixan, Crozel Henry, fils de Jacques, Etienne Gontard d’Alixan- 2 E 15387 folio 71, 234 J 162.
Contrat de mariage entre EYNARD Jean (fils de Reymond et de BRETTE Anne, du mandement d’Alixan) et CHALHIARAT Claude, le 25/02/1613 chez Maitre Odéard M. Témoins : Sercourt dit Parpaillon, Claude Mounier de Granges, Claude Giraud, Guillaume Romieux d’Alixan, Claude Vinson, Antoine Chomel, Claude Oboussier, Antoine Brette– 2 E 15391 folio 146, 234 J 162.
Explications possibles expliquant l’origine géographique de ces personnes
Peut-être puis-je émettre l’hypothèse qu’il en est de même pour le village d’Alixan situé à 10 km de Valence ?
« Les Valentinois des années 1450 étaient pour la plupart des immigrés venus du Royaume comme de l’Empire, et parfois de fort loin ».[17]
« Le comte de Savoie avait déjà songé à repeupler « ses » terres valentinoises pour les rendre profitables, en y installant des familles de colons savoyards, qui y firent souche. (…) Rappelons que l’Eglise, comme la Savoie avaient des prétentions sur les comtés de Valentinois et Diois depuis la mort en 1422 de Louis II de Poitiers ».[18]
« En 1447, on compte à Upie « 16 chefs de famille solvables et 34 misérables, 2 nobles et 2 ecclésiastiques ». Le sol de peu de valeur y est cultivé par des étrangers, venus de la Savoie pour la plupart, qui ne peuvent acheter le bétail agricole nécessaire et de plus sont chargés de dettes ».[19]
« Certains contrats de mariage sont passés devant notaire. Nous connaissons ainsi 18 unions pour la période 1419-1490 avec des Alixanais-Alixanaises. Les conjoints sont originaires de Chabeuil, Saint Jean en Royans, Hostun, Romans, Die, Saint Didier, Rochefort-Sanson, Marches, Chatuzange, la Motte-Chalançon, Saint Just en Royans et du duché de Savoie (sans plus de précision) ».[20]
La dot constituée par Jehanne (la mère)
Verchère : terre attenant à une ferme puis fond de terre légué ou assigné à une femme ;
4 écus sols ;
2 linceuls = deux draps ;
Une marmite en fer ;
Le tout payable le jour des noces plus les deux sœurs donnent chacune 1 écu sol payable le jour des noces ;
Antoine lègue 10 écus sols en cas de décès et Marguerite lègue 5 écus sols en cas de décès ;
Un écu sol, extrait de Google images.
« L’escu sol ne valoit que trente-six sols, les chapeaux quatre sols, les souliers à hommes sept et huit sols, la journée de l’homme deux sols, le chapon deux sols. La disnee à l’homme à cheval, aux plus fameuses hostelleries, ne coustoit que quatre et cinq sols, la nuictée sept sols ».[21]
Lieu d’habitation des parents de Marguerite
Dans le texte du contrat de mariage il est noté : ‘Pillaudz’ et sur la carte suivante je lis ‘Pilots’ ; j’émets l’hypothèse qu’il s’agit du même endroit.
Page 37, Une histoire d’Alixan mots et en images, BH 1240/2, AD 26
« Pilauds (les), h.et quart. Commune d’Alixan – les Pilos (pl. cad.) – Page 360, Dictionnaire topographique du département de la Drôme : comprenant les noms de lieu anciens et modernes / réd, sous les auspices de la Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, par J. Brun-Durand… ; publ. par ordre du ministre de l’Instruction publique ; et sous la dir. du Comité des t. 1891 ».
3 P 3254/1 – tableau d’assemblage – plan parcellaire (08/06/1811) AD26.
La différence de patois
A sa venue à Alixan Antoine parle le patois du Grésivaudan ou du Graisivaudan tel l’utilisation de « Anke (aujourd’hui), Prin la barota pe seyi d’erba (prends la brouette pour aller faucher de l’herbe), Yé a no (hier au soir) ou Te vè pa mod pe ke la frè (tu ne vas pas partir par ce froid) »[22].
La famille de sa promise parle le nord provençal septentrional :
Page 34 livre d’Alain Sauger intitulé La Drôme – les drômois et leur département (1790-1990).
L’adaptation d’Antoine a son nouveau parlé a -t-il donné accès à Mathieu, son fils né vers 1592, de suivre un possible enseignement ? :
« (…) Depuis 1576 douze enfants pauvres, choisis par les consuls, sont admis gratuitement à l’école d’Alixan ; les élèves qui lisent et écrivent donnent de 3 à 5 sols par mois en 1603. Pour ces écoliers supplémentaires, le précepteur reçoit 6 setiers de blé et 6 sommées de bon vin. Il faudra toutefois attendre 1747 pour que la femme du maître Armingaud soit chargée d’instruire les filles ».[23]
« Maitre Pierre Moysson, habitait le village d’Alixan, où peut-être il était né, lorsque le 25 septembre 1603 les consuls de Valence firent un traité avec lui, appelé alors une conduite, par lequel il s’engageait moyennant des gages annuels de cinq cents livres à régenter les enfants au collège de la ville en qualité d’abécédaire, c’est-à-dire à enseigner la lecture et les premiers principes de la grammaire. Il est tenu de désigner un autre régent destiné à le seconder.
Tous deux seront exempts des capages* et la ville leur fournira un logement dans le collège. De part et d’autre l’engagement est pris pour trois ans ».[24]
Pas de sauvegarde du testament d’Antoine et de Marguerite, l’intervalle des relevés des documents Alixan, période 1629/1729, 234 J 61, n’est pas en lien avec les dates des décès de nos aïeuls.
Je retiens, par des actes passés devant notaire, un seul enfant identifié Mathieu, né vers 1592 supposé à Alixan de ce couple Antoine/Marguerite,
Mes recherches effectuées dans la paroisse de Saint-Marcel-lès-Valence* n’ont pas été fructueuses quant à notre nom de famille : le nom « Giraud » n’est pas une transcription de « Giroud », ayant étudié le testament d’un Giraud Pierre dont le père est Giraud Antoine marié à une Jourdan– 2 E 2304 folio 241 du 03/11/1635, AD26
Ndlr : * par loi du 1er juillet 1850, la commune de Saint-Marcel-lès-Valence est érigée à partir de territoires distraits des communes d’Alixan, nous informent les archives départementales.
Pour aller plus loin dans les lectures
Bibliographie des patois de la Drôme, page 389 par Jules Saint-Rémy, tome 13, 1879, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26.
[2] Liste des abbayes, chapitres, prieurés, églises de l’ordre de Saint-Ruf par Albert Carrier de Belleuse, Volume 64 page 267, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
[3] Page 6, visite du centre historique du village d’Alixan, amis du vieil Alixan, mars 2012, document PDF.
[5] Les annales de la ville de Romans par le Dr Ulysse Chevalier page 165, tome 10 de la société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
[6] Page 11 à page 44, Alixan par l’abbé Vincent, année 1854, BH 233/8, AD26.
[7] Le Touvet : paroisse de l’ancienne province du Dauphiné ; aujourd’hui commune du département de l’Isère, arrondissement de Grenoble, chef-lieu du canton du Touvet.
[8] Mandement : circonscription territoriale qui groupait, dans les Alpes du Dauphiné, plusieurs paroisses ayant des alpages et des forêts en commun.
[9] Alixan : paroisse de l’ancienne province du Dauphiné ; aujourd’hui commune du département de la Drôme, arrondissement de Valence, canton de Bourg-de-Péage.
[10] Affaneur : manouvrier travaillant à la journée.
[11] Verchere (ou encore « verchiere » : à l’origine terre attenant à une ferme, puis fonds de terre légué ou assigné à une femme.
[12] Écu sol (ou écu au soleil) : monnaie en or créée en 1475 par Louis XI. Il y eut un « écu sol » spécifique pour le Dauphiné.
[16] Page 4, essai historique sur le village d’Alixan, du royaume de Provence Viennois à la révolution par Pierre Alixant, 1980, D 15264, médiathèque de Valence.
[17] Page 3, PDF numéro 038-06.1976.1, année 1976 Francis Mayaud, marchand de Valence vers 1450 vers 1530 par J. Roussiaud, Association universitaire d’étude drômoise.
[18] Les possessions des Poitiers, comte de Valentinois sur la rive droite du Rhône, page 1188 et page 1190, par Denys Faure, le petit Collines illustré numéro 20 de décembre 2016.
[19] Page 564 à page 565, Upie, la Drôme insolite de Pierre Palengat.
[20] Page 29, Une histoire d’Alixan en mots et en images, BH 1240/2, AD 26.
[21] Page 123 et page 124, les recherches et antiquités de la Province de Neustrie, à présent duché de Normandie par Charles de Bourgueville ou appelé Monsieur de Bras, rédigé en 1588.
[22] Dictionnaire du patois parlé en Grésivaudan de Gustave Grambin, dit ‘Lo Gueusto’, le Fragnier 38190 Crolles- 2 J 1039 AD38.
[23] Page 6 à page 10, Alixan histoire et tourisme, par Jean Noël Couriol, les amis du vieil Alixan.
[24] AD26 E, supplément, minutes de Neyremand notaire à Valence – Page 289 à page 290, volume 16 « Pierre Moysson » par A. G., Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
J’ai, ci-dessous, en main des éléments qui attestent de l’existence du port (embarcadère) :
« (…) de bize le chemin de Monteux au port de Châteauneuf d’Isaire » Q 119 acte 80 page 168. (Période révolutionnaire).
« Le 9ème dudit et jours suivants, le régiment des sieurs de Glandage, de la Baume et de Saint Ferréol passèrent l’Isère au port de Châteauneuf pour aller trouver lesdits princes à qui ils sont.
N’ayant aucune connaissance de l’année à laquelle Antoine rejoint le département de la Drôme, je ne m’attarde pas sur l’histoire de ce village. Voici un petit extrait :
« Consuls des lieux ci-dessous nommés, vous ne fauldrez, incontinent la présente reçue, envoyer au lieu de Chasteauneuf d’Izère, pour chacun de vos feux un masson et un pionner pour travailler au desmantellement des forts dudit lieu.
Ayant commis pour cet effet le Sr de Vaulcance auquel vous obéirez jusqu’à ce que le dit desmantellement soit bien et duement parachevé, ainsi que le verrez plus à plein sur la commission que lui en avons donnée.
Et à faute d’obéir, luy donnons pouvoir de vous y contraindre par toutes voies.
Faict au Mollard ce 9ème jour d’aoust 1585. Maugiron ».
« Châteauneuf d’Isère fournira 3 hommes (…) Beaumont Monteux fournira 2 hommes (…) Clérieux fournira 24 hommes (…) Mercurol fournira 3 hommes ».[2]
Des représentations de Romans et de son pont
Sous lequel a peut-être navigué Antoine pour rejoindre Châteauneuf d’Isère
Extrait du plan scénographique de Romans, 1618, Archives municipales de Romans, 8Fi31, fac-similé.
Après le passage sous le pont notre aïeul tourne le dos à Romans :
Tiré du profil de la ville de Romans en 1609, extraite de ‘le Dauphiné et ses confins vus par l’ingénieur d’Henri IV, Jean de Beins’, Archives municipales de Romans, 5FLR6, fac-similé.
« Sur la première pile avait été édifié l’hôpital des Jacinières, réservé aux jeunes filles en couches ». « La chapelle Notre-Dame sur le pont faisait face à l’hôpital. Il s’agissait d’un bâtiment gothique suffisamment vaste pour recevoir une centaine de personnes. Sous la nef nous trouvions plusieurs salles superposées jusqu’aux fondations qui reposaient sur le rocher ».[1]
[1] Page 73, contes et légendes de la Drôme, par Jean-Pierre Ginet, éditions E et R, Valence 1999.
Conclusion
Au travers de cet écrit et celui de « la venue d’Antoine dans la Drôme » j’étudie les raisons possibles de la venue de mon ancêtre dans la Drôme ainsi que les moyens aussi possibles mis en œuvre pour y parvenir.
De par son métier d’affaneur a-t-il rencontré sa promise aux champs, lors de pèlerinages, de fêtes, de foires ou aux veillées ?
[1]Page 112, la vie dans le Valentinois sous les rois de France, de 1500 à 1790, André Blanc, éditions A. et J. Picard (1977).
[2] Article ‘Antoine de Vocance’ 2ème partie page 55 à page 57, volume 18, année 1884, de la société d’archéologie et de Statistique de la Drôme.
A partir de ce document je commence à raconter les existences de mes ancêtres. Je démarre au XVIe siècle pour aboutir, je l’espère, au XXIe siècle.
Leurs mises en ligne se feront à la cadence, en principe, d’un article par mois ; cependant des rédactions autres pourraient s’intercaler dans ma programmation d’origine.
Dans cet écrit mon histoire familiale se situe sous le règne d’Henri IV, roi de France en 1589, mort en 1610.
Présentation de notre ancêtre
Antoine GIROUD, mon ancêtre est originaire du Touvet, né avant l’année 1566.
Je suppose qu’André GIROUD, son père, né vers 1540, décédé avant 1603 au Touvet, doit être le fils de Georges GIROUD de Bellechambre paroisse de Sainte Marie d’Alloix et de Glaude MONDON-DUMAS fille de Théron ou Théronne -leur contrat de mariage en 1537 déposé chez Me Jean Rebut (1533-1560) notaire de Sainte Marie d’Alloix – Chez le même notaire entre 1543/1553 Georges Giroud fait un acte et il dit qu’il est du Touvet ;[1] [source : mon cousin Michel Giroud].
« Bien souvent, il faut donc se limiter à dire sur quel mot a été formé un nom de famille. L’expliquer relève de la fiction et de l’acrobatie sans filet.
Les noms se sont donc formés à l’époque de la construction des grandes cathédrales /.
À tout moment donc, pour différentes raisons et par des processus variés, les noms de famille ont pu se voir déformer, transformer, reformer ».[1]
Giroud :
« Variation de Geroul, représente le nom de personne d’origine germanique gerwulf, issu de ger qui signifie lance et wulf qui signifie loup ».[2]
Patronyme très répandu dans l’Isère, ainsi que dans toute la région Rhône-Alpes (Savoie et Lyonnais), où le suffixe -oud est fréquemment utilisé à la place de -aud. C’est donc l’équivalent de Giraud, nom de personne germanique (voir Giralt) ».[3]
[1] Page 25, 38, 49, les noms de famille et leurs secrets par Jean-Louis Beaucarnot
J’ai trouvé trace de l’implantation d’un GIROUD Guilherme en 1286 curé à La Buissière ainsi qu’un GIROUD Guillaume en 1343 à Sainte-Marie du Mont (pas de relevé du nom de ‘Giraud’ dans et autour de cette paroisse).[2]
« 10 avril 1344 : albergement par noble Jacquemon Combreti, de Goncelin, à Guillaume Giroudi, de Bellechambre, paroisse de Ste-Marie-du-Mont, de la moitié d’un pré à Goncelin ».[3]
Saint Marie du Mont : « (…) Très excentrée, son seul débouché, la route vers Le Touvet, dessert de petits hameaux très isolés et en grande partie abandonnés. On a trouvé, sur le territoire de la commune de nombreux vestiges préhistoriques. Sa population est donc très anciennement installée ». [4]
Jean de Cassard, noblesse relevée présente au Fayet depuis le XIIIème siècle ; Hercule Prosper de Cassard, seigneur de Bellechambre (page 124, Armorial du Dauphiné).
Complément de lecture avec l’article paru dans le tome 1, page 57 de la Société d’Archéologie et de Statistiques de la Drôme, ‘notice sur Hector Maniquet, seigneur du Fayet en Dauphiné’ par A. de Gallier.
« On sait par les textes anciens que naguère s’étendait, le long de l’Isère, toute une zone boisée occupant des régions basses trop humides pour être mises en culture. Les iles que formaient les diverses ‘brassières’ de la rivière étaient couvertes de bois et de pâturages, où la population des mandements riverains envoyait paitre leur bétail. Il fallut l’endiguement de l’Isère au milieu du XIXème siècle et l’assèchement de toute cette région basse pour que le sol fût défriché ».[5]
« (…) Le Grésivaudan répugne aux grosses agglomérations, et la population se disperse volontiers dans de multiples hameaux ».[6]
« Le canton du Touvet s’étend, en longueur, sur la rive droite de l’Isère, depuis Crolles jusqu’en Savoie.
Sol très fertile, se prêtant à toutes les cultures ; cependant les terrains, essentiellement calcaires, du bas de la montagne craignent la sécheresse. Parmi les produits agricoles que fournit ce canton, nous citerons le vin et la soie, dont il se vend des quantités considérables ; le chanvre, le fourrage, les céréales et les noix. Les arbres fruitiers n’y sont pas en très grand nombre ; ils ont dû céder la place aux mûriers ».[7]
La vie rurale au XIe et XIIe siècle
« Le Grésivaudan, aux riches aptitudes agricoles, connaît à cette époque une reconnaissance agraire que justifient la venue possible de colons à la fin du Xe siècle et surtout un remarquable essor démographique. Le développement de la population, provoquant la remise en culture de terres abandonnées et une poussée de défrichements, modifie les conditions d’occupation des sols et donne à l’économie régionale un vigoureux essor, sans transformer profondément les conditions du travail agricole ; l’antique association de la vigne, des céréales, de l’élevage et de la forêt demeure toujours à la base de cette polyculture vivrière. Si quelques industries artisanales, un commerce régional tendent à se développer, si l’accroissement de la circulation monétaire témoigne d’un renouveau commercial, l’économie aux XIe et XIIe siècle demeure sans conteste à base d’agriculture ».[8]
Histoire
« Le Grésivaudan faisant partie du Dauphiné, son histoire est marquée par les grands faits qui ont touchés ce dernier au fil des siècles. C’est au XIe siècle qu’une partie du comté du Viennois (sud) revient au duc d’Albon, Gigues, et l’autre partie (le nord) au comte de Maurienne, Humbert aux Blanches-Mains. Le premier crée le Dauphiné et le second la Savoie. Dès lors, il y eut beaucoup d’échauffourées entre les habitants de ces deux états. Les limites des territoires sont mal définies et la vallée du Grésivaudan fut toujours un lieu de passage, jalousée par les seigneurs des lieux. Les villageois ont certainement pâti de ces constantes querelles entre communautés et voisins. C’est le dernier Dauphin, Humbert II, qui est à l’origine du transport du Dauphiné à la France : il vendit ces terres en 1349 au futur roi Charles 1er, à Romans. Il percevait ‘certaines quantités de cens annuels avec leurs valeurs représentées en espèces dans les châtellenies d’Allevard, le Buissière et Montbonnot »’.[9]
« Tout comme le fait M. Allix pour l’Oisans, nous pouvons tout de même essayer d’évaluer à peu près le chiffre de la population à l’aide seulement des tous premiers recensements, à une époque où le ‘feu’ pouvait encore être assez rapproché de la famille.
Les meilleurs renseignements sont donc ceux de 1319 : On lit : paroisse de La Buissière 162 feux, paroisse de Saint Marcel 63 feux, paroisse de Barraux 194 feux, paroisse de Sainte Marie du Mont 44 feux, paroisse de Saint Vincent 100 feux et paroisse de Sainte Marie d’Alloix 43 fois, ce qui donne au total 606 feux ». [10] « La révision des feux à Bellechambre 19 habitants dont 7 mendiants.
Sous ce nom d’habitants il convient de comprendre exclusivement les chefs de famille ‘caput domus facientes’, ainsi que cela est expressément indiqué au folio 31, v° ».[11]
10 familles et 49 personnes sont présentes à Bellechambre après l’année 1755 et avant celle de 1762, en population des taillabilités du Dauphiné.[1]
Page 86 et page 87 – Les costumes régionaux d’autrefois
(Sous la direction de Caroline Brancq) chez archives et culture
Hypothèses émises pouvant expliquer le départ du Touvet d’Antoine
« (…) Misère et endettement ont obligé les paysans à se tourner vers d’autres sources de revenus que leur récolte ou les produits de leur élevage. Il s’agit alors pour eux de se louer ailleurs, comme affaneurs, non seulement sur des terres voisines, mais aussi dans d’autres régions afin de se procurer un minimum vital ».[12] N’oublions pas les mauvaises récoltes en 1584 et 1585 qui amènent la disette.
L’espoir de jours meilleurs l’aurait incité à rejoindre les personnes citées comme témoins sur son contrat de mariage, originaires de son lieu de naissance,
Je peux même supposer que parmi ces gens il y ait un frère, un cousin puisque le nom « Giroud » est cité.
Je n’oublie pas la possible fuite de l’enrôlement : « 1587 :(…) déboutant les consuls et la communauté d’Allevard de leur appel formé contre les consuls et les communautés du Haut et du Bas de Theys, de la Buissière, de Bellcombe, de La Terrasse, et du Touvet, pour les frais qu’avait occasionnés la levée d’une compagnie d’hommes d’armes du feu lieutenant général de Gordes. B 1995 (registre) AD 38 ».
La peste ravage le Dauphiné en 1586 et en « 1587 : arrêts – prescrivant aux consuls de Grenoble de tenir les rues propres et nettoyées à cause du danger de la peste, de préposer aux portes de la ville des personnes notables chargées de veiller sur ceux qui entrent, de faire annoncer que la tenue de la foire prochaine n’aura pas lieu et de prendre aussi telles autres mesures qui seront jugées nécessaires. B 1995 (registre) AD 38 ».
Peut-être qu’Antoine est déjà arrivé dans la Drôme à cette date ?
A Romans la peste sévit de septembre 1585 à novembre 1586 : Ennemont Chorin établit une liste des décès (E 3804, archives communales de Romans, information donnée dans la revue Drôme des Collines n° 110).
« Juillet 1586 la peste sévissant dans Romans, la compagnie du capitaine Rumfort, pour éviter la contagion, se loge dans les tours des remparts. Il est défendu aux habitants de déserter la ville, à peine de 20 écus d’amende ». [13]
Moyens utilisés pour quitter Le Touvet :
Hypothèse d’emprunt des chemins :
Extrait de la carte page 164, les grandes routes du Sud-Est (XIV°-XVI° siècles), dictionnaire du Rhône médiéval, tome 1 par Jacques Rossiaud, BH 2802, AD26.
« Il ne faut pas se méprendre sur le terme ‘route’ ; il ne s’agit en réalité, sauf exception, que de chemins praticables aux mulets de charge et aux porteurs. A la vérité, le terme de ‘voiture’ y est constamment employé, mais dans son vrai sens, qui est celui de ‘transport’ ; le doute à cet égard n’est pas possible. La seule indication relative à des véhicules sur routes est celle qui concerne les « charrettes’ (cadrigae) ou les charretiers ; elle est d’une rareté extrême. On la trouve le long du Rhône en 1455 et aussi à Romans au XVe siècle, mais elle ne remonte pas la vallée de l’Isère au-delà de Grenoble. Nous n’avons trouvé de chars ni en Grésivaudan, ni sur les routes d’Italie ».[14]
L’hypothèse de la navigation sur l’Isère :
« La navigation sur l’Isère était difficile. Si, durant les basses eaux, la vitesse du courant est de l’ordre d’un mètre par seconde, durant les crues elle atteint 2 à 3 mètres par seconde. Le courant, cumulé avec les dangers précités, rendait la navigation dangereuse durant les étiages et les crues et les mariniers, pour ne pas perdre leur barque, en tenaient compte ». »[15]
« Un nombre étonnant de bateaux et de radeaux descendaient ou remontaient l’Isère, transportant toutes les denrées encombrantes nécessaires aux besoins de Grenoble : le bois, le foin, le vin, sans compter le minerai de fer vers l’aval. Au Nord, le point extrême de la navigation était Montmélian, ce qui prouve bien que tout le Grésivaudan bénéficiait de la possibilité de navigation sur l’Isère, et pouvait ainsi exporter certains produits agricoles ».[16]
« Les Chartreux tiraient des revenus importants de l’exploitation de leurs forêts, qu’ils géraient avec grand soin. Elles fournissaient le charbon de bois pour leurs forges, tandis que les grands arbres d’excellente qualité étaient très recherchés pour la construction navale. Les domaines forestiers des religieux, autour des couvents de la Grande Chartreuse, mais aussi de Saint-Hugon et de Prémol, ont une histoire très riche. »[17]
« Les radeaux assemblés sur les rives de l’Isère et qui descendaient la rivière, pouvaient atteindre une trentaine de mètres, alors que ceux utilisés sur l’affluent de la Bourne, par exemple, n’excédaient pas 3 à 4 mètres. Destinés au bois de chauffage ou à la fabrication des navires de la marine à Toulon, ces radeaux étaient alors ‘déchirés’ à leur arrivée pour que les pièces de bois qui le composent soient vendues. Si une différence d’échelle est constatée dans la taille des bateaux entre les fleuves et les voies navigables secondaires, la règle se vérifie également pour les radeaux ». [18]
Ce qui m’amène au métier de radelier. Mon ancêtre aurait-il emprunté ce moyen de transport ?
Radeau sur l’Isère- Page 245, Pont de l’Isère par Bernard Billion, BH 2771, AD26.
D’après texte situé sur un mur à l’entrée du village La Sône, situé sur les rives de l’Isère :
[2] Page 158, notre histoire, nos origines, nos racines en Isère de 1100 à 1700 par Louis Dufier, cote 105699, bibliothèque Mazarine Paris.
[3] Page 213, regestre dauphinois ou répertoire chronologique et analytique des documents imprimés et manuscrits relatifs à l’histoire du Dauphiné, des origines chrétiennes à l’année 1349, tome 6 par le chanoine Ulysse Chevalier, édité en 1913.
[4] Page 15 – Artisans en Grésivaudan au XVIIe et XVIIIe siècle ‘les potiers de terre de La Terrasse’ de Perrine Blanc -Université Pierre Mendès, Grenoble II – U.F.R des sciences humaines, département d’histoire de l’art –juillet 2008.
[5]Page 845 Une forêt disparue ‘la forêt de Servette’ page 845 à 847 de J. Richard-Molard : Revue de géographie alpine. 1935, Tome 23 N°4. pp. 845-853.
[6] [6] Page 26 à page 43 -Essai sur la vie rurale en Grésivaudan aux XI et XIIème siècle présenté par H. Falque-Vert, 2 J 67 – AD38.
[7] Page 42 Géographie historique, physique, politique, industrielle, commerciale, statistique et pittoresque du département de l’Isère par V. Brunet édité en 1857.
[8]Page 127 à page 132 -Essai sur la vie rurale en Grésivaudan aux XIe et XIIème siècle présenté par H. Falque-Vert, 2 J 67, AD38.
[9] Page 15 – Artisans en Grésivaudan au XVIIe et XVIIIe siècle ‘les potiers de terre de La Terrasse’ de Perrine Blanc -Université Pierre Mendès, Grenoble II – U.F.R des sciences humaines, département d’histoire de l’art –juillet 2008.
[10] Page 6 à page 111, châtellenie delphinale à la fin du Moyen-âge. Le mandement de la Buissière en Grésivaudan du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle d’après les documents inédits de la Chambre des Comptes de Dauphiné, par Jacques Richard-Molard – 2 J 3 – AD38.
[11] Page 313, série B, période 1460-1461, fol. 1-18. Table, fol. 19-24 blancs, fol. 25, états des feux et des habitants du Dauphiné, comptes du Dauphiné.
[12] Page 120 à page 135 – Le Graisivaudan à travers les révisions de feux de 1427 à 1474 présenté par Eliane Baracetti – U E R d’Histoire et d’Histoire des Arts – Grenoble II année 1977-1978 – 2 J 258 AD38.
[13] Page 172, Annales de la ville de Romans de 1549 à 1599 -Tome 10- année 1876 par le Dr Ulysse Chevalier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
[14] Page 378, le trafic en Dauphiné à la fin du Moyen Age, in revue de géographie alpine, 1923, tome 11 n°2, pp. 373-420, de André Allix chez Persée.
[15] Page 31 à page 33 les bateaux et la navigation sur l’Isère par Alain Schrambach, revue généalogie et histoire, numéro 158-159, juin 2014.
[16] Page 273 à page 282, l’agriculture du Grésivaudan in revue de géographie alpine, 1937, tome 25 n°2, pp. 273-346, par Germaine Veyret-Verner.
[17] Conférence « quand le bois rapportait gros : les chartreux et la forêt », 10/2021, AD38.
[18] Page 56, les péages de Pizançon et Charmagnieu : l’exemple d’une fiscalité fluviale aux XVIIe et XVIIIe siècles, master 1 mention histoire et histoire de l’art, spécialité ‘sociétés et économies des mondes modernes et contemporains’ par Damien Delaye, juin 2009, université Pierre Mendes France.
Nous sommes vers l’année 1440. En France Jeanne d’Arc a été brûlée sur le bûcher en 1431 par les anglais à Rouen ; Charles VII est rentré à Paris en 1437. Il mettra fin à la guerre de cent ans en 1453.
A partir d’ici, pour reconstituer ma lignée Thivolle*, de mon Sosa 3052 à mon Sosa 97664, et rendre hommage à Robert Thivolle pour la somme de travail que cela a dû lui demander, je reprends ses résultats de son ouvrage sur ses ascendants ‘Thivolle’ :
« Disons que notre nom a un rapport original avec la tuile. / Si notre aïeul commun n’a pas travaillé la tuile, son surnom peut lui avoir été donné parce qu’il travaillait une terre ou sur un domaine appartenant à cette famille noble » (Source : B1/27, bibliothèque Egda).
« Certains coins de terre sont littéralement jonchés de fragments de tuiles à rebords ».[1]
[1] Page 200, recherches historiques sur Claveyson, tome 15, année 1881 par J. Vossier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26
*Ascendance que je rentrerai sous mon profil dans Généanet : d’autres internautes ayant rendu public leurs recherches (sans précisions vraiment) et ceci jusqu’à vers 1440.
« Au XVIème siècle, les Tivolle étaient si nombreux dans le secteur où je les trouve à l’origine de mes recherches, Claveyson et Saint-Andéol, que les curés de ces paroisses leur appliquèrent les recommandations du concile de Trente disant que, si dans une paroisse, plus du tiers des habitants porte le même surnom (devenu patronymique), ils devront, pour éviter les homonymies, et par conséquent les risques de mariages consanguins, ajouter à leur nom un deuxième surnom.
Ainsi, apparurent les Tivolle-Moran, les Tivolle-Cazat, les Tivolle-Garguet, les Tivolle-Maret, les Thivolle-Gordet, les Tivolle-Caillet devenus Tivolle la Caille et bien d’autres, Vineton, Jacquemet, Baléon, Byon, Capiton, Bernard.
Ce deuxième surnom fut abandonné peu à peu par les familles, quand elles s’éloignèrent de l’épicentre pour s’installer dans les plaines voisines. Seuls subsistent de nos jours les Thivolle-Cazat, l’une des branches très nombreuses de notre famille.
Il est probable que le deuxième surnom, apparu avant 1550/1580, venait du nom de lieux très voisins de Claveyson et Saint-Andéol.
En effet, Morand, Cazat(tes), Maret, Jacquemets, Byon, Bernard figurent comme lieux-dits sur les cartes anciennes de la région (carte de Cassini par exemple), les autres venaient peut-être des noms d’épouses ».[1]
Prieuré de Saint-Andéol (photographie personnelle de l’auteur de cet article) :
Jaquemet (Jacmatus) dit Tivolle (mon Sosa 97664)
(Naissance ver 1440, décès ?)
C’est le plus ancien ancêtre connu de la majorité et peut-être de toutes les familles Thivolle (Tivolle et Thivol).
Il est cité, comme habitant de Claveyson, dans l’histoire du Haut-Vivarais, en 1469.
D’autre part, il est cité dans une transaction entre son arrière-petit-fils Sébastien Tivolle et Martin Deschamps (notaire Ennemond Monier cote 10868 folio 80 du 12/12/1549, AD26). Dans ce texte, on cite le contrat de mariage d’Eymard Tivolle, fils de Jaquemet avec Etiennette Deschamps, le 28/11/1492 devant maitre Humbert Votier (ou Vocier), notaire à Claveyson (Eymard étant le grand-père de Sébastien).
Si Eymard s’est marié en 1492, on peut penser qu’il est né vers 1465/1470 et donc que son père Jaquemet est né vers 1440.
A cette époque, tous les textes notariaux étaient rédigés en latin, d’où Jacmatus.
Eymard Tivolle (mon Sosa 48832)
(Naissance environ 1465/1470, décès ?)
C’est donc le fils de Jaquemet Tivolle, que l’on a découvert dans le document déjà cité plus haut de maitre Ennemond Monier qui cite le mariage d’Eymard avec Etiennette Deschamps le 28/11/1492 devant un notaire de Claveyson, Maitre Vancier *(archives disparues).
Les Jaquemet étaient et son encore un hameau de Claveyson, situé au nord du bourg. Et il est pensable que la saga de nos Tivolle « historiques » ait commencé dans ce lieu.
*maitre Votier (ou Vocier) : reprise lecture du nom par Michel Giroud.
Colin Tivolle dit Jaquemet (mon Sosa 24416)
(Naissance vers 1500, décès entre 1545 et 1551)
Fils d’Eymard et d’Etiennette Deschamps, comme son surnom de Jaquemet l’indique, il a dû naitre vers 1495/1500 à Claveyson.
Il est vivant quand son fils Guérin se marie en 1545, mais il est dit ‘feu’ quand le même Guérin signe une reconnaissance de droit pour une terre, au prieur de Sainte Agnès, de la Motte de Galaure, en 1551.
Je n’ai pas trouvé le nom de sa femme.
Jehan Tivolle dit Caillet (mon Sosa 12208)
(Naissance 1530/1540, décès vers 1611)
Fils de Colin dit Jaquemet, il apparaît dans l’acte, déjà cité, du 28/06/1576 (maitre Lyvat) avec son frère Jehan, dit Gordet : ils prennent en grangeage, ensemble, la Grand-Grange de Monsieur de Claveyson.
Jehan s’est marié avec Mathieue Tivolle-Morand*, fille d’André, avant 1590 car Mathieue a reçu un legs de son neveu Peronon dans son testament.
Ce qui est surprenant, c’est que Jehan donne quittance le 20/01/1595 seulement, à Guillaume Tivolle-Morand pour la robe promise par André, le père, lors du mariage de sa fille Mathieue.
Jehan dit Caillet, disparaît du rôle des tailles en 1611 au profit de ses hoirs (héritiers), mais il s’était remarié avec Laurence Rome par contrat du 03/09/1600.
*voir plus bas dans ce document son ascendance
Jehan Tivolle-Caillet (mon Sosa 6104)
(Naissance vers 1570, décès vers 1640)
Fils de Jehan Tivolle-Caillet, qui vivait encore en 1600, et de Mathieue Tivolle-Morand, on le trouve dans les actes notariés de maitre Popon, vers 1636/1640. Il semble qu’il était dit « le vieulx » car il avait sans doute un frère Jehan Tivolle-Caillat dit « le jeune », qui disparaît du rôle des tailles vers 1611. Il a épousé Jeanne Gay qui, dans un autre texte de 1644, est dite morte « ab intestat » (sans testament) laissant six enfants.
En 1638, Gabriel Popon lui donne en grangeage, ainsi qu’à son fils Jehan, la « grande grange » de Claveyson. Dans l’acte de 1644, il est dit que Jehan a été le tuteur de ses petits enfants mineurs, ceux de Perenon, jusqu’à sa mort en février 1640. Les registres paroissiaux de Claveyson ne commençant qu’en 1658, il est difficile d’en savoir davantage.
Jehan Tivolle dit Caillet (mon Sosa 3052)
(Naissance vers 1600, décès après le 18/03/1647)
Dit ‘Sarmère’ dans sa jeunesse, pour le distinguer de son père, car il travaillait les terres de Sermeret. Ce que l’on sait, d’une façon sûre, c’est qu’il est l’un des six enfants de Jehan et de Jeanne Gay, d’après l’acte de 1644 concernant le décès de sa mère morte ab intestat. En 1638, Gabriel Popon lui donne en grangeage, ainsi qu’à son père, encore vivant, la ‘grande grange’ de Claveyson. Il a épousé Jeanne Dolane ou Dolagne, dont huit enfants étaient vivants lorsqu’il fait son testament le 18/03/1647.
Jehan a toujours cultivé ses terres de Sarmère et de Jacquemet à Claveyson. Après son testament chez Popon en 1647 il n’apparaît plus dans les actes notariés. Je suppose donc qu’il est mort assez rapidement, avant le 24/08/1647, date à laquelle le marquis de Claveyson *continue le grangeage à son fils Etienne.
* NDLR : à cette époque le marquis de Claveyson (Sébastien de Lionne), seigneur d’Hostun, Mureils et Mercurol.
Complément de recherches : l’ascendance de Mathieue Tivolle-Morand mariée à mon Sosa 12208 :
Humbert Tivolle dit Morand
(Naissance 1480/1500, décès avant 1566)
C’est le premier Tivolle connu de cette branche familiale, qui a encore des descendants patronymiques de nos jours, mais dont seul Marc Thivolle, de Paris, porte encore le surnom de Morand.
Humbert figure, comme décédé, sur un acte d’accord du 21 février 1566 entre ses deux fils suite au décès de leur père (maitre Maridat, notaire à Saint-Donat).
Humbert était laboureur à Saint-Andéol. Je ne connais pas le nom de sa femme, mais il a eu deux fils :
André, héritier universel, donc l’ainé ;
Jehan, le cadet, qui est peut-être l’ancêtre d’une autre branche puisque les deux familles étaient cousines.
André Tivolle dit Morand
(Naissance vers 1520, décès avant 1586)
Je rappelle que c’est l’édit de François 1er de 1539, dit de Villers-Cotterêts qui a établi les bases des registres de baptême, en obligeant les curés à les tenir. Avant cette date, pas de dates de naissance précises, du moins pour les roturiers. Et encore la loi ne fut pas toujours appliquée avant plusieurs années.
Donc, André, né vers 1520, est témoin au mariage de son fils Jehan en 1566 et passe aussi en 1566, un accord avec son frère Jehan sur la succession de leur père Humbert.
Il a épousé Claude Cheval (famille également nombreuse à Saint-Andéol) qui figure nommément sur le testament de leurs fils Guillaume en 1586, mais alors il est dit ‘feu’ donc décédé avant cette date.
A ce niveau de la rédaction il s’agit de mon travail personnel de recherches :
« L’orthographe du nom de Claveyson a été de tout temps très variable : on trouve Clavasio dans le XIe siècle, Clavaïso en 1169, Clavayso en 1289, Claveso, Claveiso, etc. On écrit aujourd’hui, généralement : Claveyson. / Claveyson voudrait donc dire quelque chose comme domaine de l’enclos ou du parc ».[2]
Sosa 1526 : TIVOLE Etienne Prodhome*, laboureur, né avant 1629 à Claveyson, décédé avant le 08/10/1662 à Claveyson, marié le à date et lieu non connus avec MONIER Marguerite
Sosa 1527 : MONIER Marguerite, née vers 1627 à Saint-Uze, décédée le 18/05/1680 à Mercurol
Cm E 2200 folio 119 (vue 141) du 03/03/1647 chez le notaire Popon (source Egda) ;
Promesse de mariage du 20/02/1647 folio 79 (vue 166, registre à la fin du E 2200) ;
* ce qui correspond à un caractère d’honorabilité dans la communauté paroissiale (source : le texte en lien avec Guillaume Tivolle-Morand, numéro D10, B1/27, bibliothèque Egda)
E 2200 : répertoire :
Signature d’Etienne Prodhome à la fin du contrat de grangeage le 24/08/1647 (vue 38. E 2200, AD26) :
Sébastien de Lionne, dit Sébastien II voit le jour en 1614. Il est le fils légitime de Hugues de Lionne, (docteur en droit, conseiller au parlement de Grenoble) et de Laurence d’Hostun de Claveyson. Il décède le 18/03/1676. En 1658 Sébastien fait ériger Claveyson en marquisat. [3]
« Ce fut grâce à sa haute situation et à son crédit que le Roi, par lettres-patentes données à Lyon en décembre 1658, érigea la terre de Claveyson en marquisat, en faveur de Sébastien de Lionne, l’aîné de la famille, et de ses descendants ».[4]
Ainsi le père d’Etienne jusqu’à son arrière-grand-père Jean en 1576 résidaient à la Grand’ Grange (E 2200, vue 36, AD26) :
Page 165, dictionnaire topographique de la Drôme :
(En parlant d’un chemin) : « Il passe à l’ouest du château du Mouchet, entre sur le territoire de Claveyson au quartier Choriol et arrive directement, par la Combe des Genêts, au hameau des Bouchères. De là, il traverse Bion pour passer auprès du nouveau château, bâti sur l’emplacement d’un vieux domaine appelé la Grand’ Grange, qui a lui-même remplacé une construction gallo-romaine ».[5]
« Le château actuel sans style date des Tournon. Le vieux manoir des d’Hostun sur la colline fut démoli par ordre de la dernière marquise de Lionne à l’époque de l’aliénation de la terre ».[6]
« Par acte du 21 juillet 1753, Mme de Lionne, prévoyant la perte définitive de son procès, se hâta de vendre Claveyson et Mureils à M. de Tournon/ Marc de Tournon, chevalier de Malte, qui acquit la terre de Claveyson et obtint du roi Louis XV sa ré érection en marquisat, appartenait à la branche des Tournon de Meyres ».[7]
Je constate que mes ancêtres n’ont pas été touché par la peste en 1630 « qui faisait de grands ravages à Romans ».[8]
Pas un seul Tivolle n’a repris le contrat de grangeage de ses ancêtres :
Gabriel, fils d’Etienne, naît soit au mois de décembre 1647 soit au cours de l’année 1648. En 1668 il n’est pas encore marié (mariage le 02/02/1672 à Margès avec Marguerite Point)[9] ; je fais la supposition qu’il n’a pas de frères :
En 1668, le marquis de Claveyson, Sébastien de Lionne remet le domaine de la Grand’Grange sur Claveyson en grangeage à Monsieur Robert pour 800 livres par an et 88 livres d’étrennes (E 2218, AD26).
Pour conclure : la Grand’Grange, dont ma lignée Tivolle a le grangeage de génération en génération, doit être d’une grande superficie pour, plus tard, la faire remplacer par un château.
Je fais la supposition que les Claveyson considèrent mes aïeuls comme des gens honorables en leur attribuant le contrat.
Dans la première partie de mon récit je cite le notaire Dupoisle en lien avec des actes concernant mes aïeuls.
« En parcourant les vieilles rues tortueuses, on remarque plusieurs anciennes habitations, parmi lesquelles la grande maison, ayant appartenu, avant la Révolution, à la famille de Tardivon, qui sans doute la tenait de l’héritage des Du Poisle. On aperçoit encore à l’intérieur des murs des traces de peintures à fresque qui semblent dater du XVIIe siècle ».[1]
Marie Françoise Chaléat épouse en premières noces Jean Dupoisle (le 05/03/1720 à Romans) puis en secondes noces (le 29/12/1736 à Clérieu) Just Henri de Tardivon seigneur du Clap et du Besset.[2]
Extrait du cadastre de Clérieu sous l’Ancien Régime par Reynaud Cadet [3]:
Habitation du notaire Dupoisle
Si Claude Bossan se rend à l’étude Charles Dupoisle, dans la rue des grandes maisons, le 24/05/1637, pour faire rédiger son contrat de mariage avec Barbe Rostaing, ses yeux peuvent se porter sur les vestiges médiévaux du village autrefois entouré de remparts (page 10, essai sur la baronnie de Clérieu) :
« Avons visité le chasteau, auquel il y a une tour sur la porte ruinée, avec l’esglise parrochiale aussy ruinée, ne se fait aucun service, ains se faict en une autre esglise au bas de la ville ».[4]NDLR (année 1566)
« L’ancienne église paroissiale de Sainte-Catherine, construite sur une éminence à côté du château, disparut avec lui dans le courant du XVIe siècle. Elle appartenait au Chapitre Saint-Barnard de Romans, comme la plupart des églises voisines ».[5]
« Le bâti ancien à Clérieux consiste en quelques portions médiévales du rempart périphérique autour de la motte, comprenant les vestiges d’une tour semi-circulaire. Elles se composent quasi-exclusivement de pierres de taille de molasse, bien que quelques blocs de tuf calcaire soient disséminés sans position particulière et que des galets soient utilisés en courtes assises de réglage. De nombreuses maisons du village présentent un grand nombre de remplois de pierres de taille, parfois moulurées, dont des encadrements de baie à meneaux-croisillons des XV-XVIème siècles ».[6]
Dans la rue des grandes maisons renommée rue des remparts, une maison dont l’escalier pourrait dater du XV ou XVIème siècle : [7]
Vue aujourd’hui de la motte castrale en cheminant par le bas du village, quand Claude Bossan avec son épouse se rendent à l’église paroissiale pour faire baptiser mon aïeul Antoine, le 17/12/1642 :
La nouvelle église, dite église paroissiale, identifiée ici en janvier 1703 (BH 1579, AD26) :
« Après la destruction de Sainte-Catherine, * l’église actuelle de Clérieu, dédiée autrefois à Notre-Dame, à ce que nous apprend M. l’abbé Vincent, devint à son tour paroissiale, héritant du vocable de l’édifice qu’elle remplaçait. A l’intérieur et à l’extérieur des murailles de ce monument d’un assez pauvre style, on aperçoit encore des vestiges de la litre seigneuriale aux armes de sa maison que le président de Chevrières y fit peindre au XVIIe siècle, comme seigneur haut justicier ».[8]
*au XVème siècle (Capella de Cleyriaco, XIVème siècle, Pouillé de Vienne, cité page 5 du fascicule ‘si Clérieux m’était conté’.
Complément d’information :
L’église Sainte Catherine a été construite en 1880 sur l’emplacement de l’ancienne église paroissiale.
Mon grand-père paternel, né en 1873, n’a pas été baptisé dans ce nouvel édifice. [9]
« Dans l’antiquité on redoute le voisinage des morts. Les cimetières sont placés hors des villages. Cette tendance s’inverse au Moyen-âge : le lieu qui enferme les sépultures devient primordial, le monument secondaire. Ainsi jusqu’au XVIIème siècle le cimetière entoure l’église et parfois se confond avec elle. On enterre dans l’église, contre ses murs et tout autour.
Mais à partir du XVIIème et surtout du XVIIIème siècle, l’Eglise et l’Etat s’emploient à éloigner les morts des églises et à retirer les cimetières des villages ».[10]
Emplacement de l’église et du vieux cimetière (vue 278, essai historique de la baronnie de Clérieu) :
Extrait du plan 3 P 2247/7 du 03/06/1819, 19/07/1886, AD26 :
3 P 670 = localisation du cimetière en 1824 : parcelle 432 (église parcelle 433) au quartier du village ;
Le vieux cimetière en 1544 (terrier 4 G 79) :
Les enfants de Claude Bossan voient encore en 1666 les remparts et la tour médiévale, si passage par le chemin au torrent appelé ultérieurement chemin du chalon mort, pour se rendre au cimetière enterrer leur père (clichés personnels de l’année 2022) :
Nous pouvons voir que l’église reconstruite en 1880 n’a pas la même orientation que celle du XVIe siècle.
Photographie année 2022 cimetière actuel de Clérieux, situé au-dessus de l’école privée, en service en 1859 (date du décès vérifiée dans l’état civil) :
Le cimetière Saint-Michel :
« Entre les villages de Veaunes et de Clérieux, mais sur le territoire de cette dernière paroisse, on remarque un mamelon arrondi surmonté d’une croix ; des débris d’ossements attestent en ce lieu l’existence d’un ancien cimetière ; une chapelle dédiée sous le vocable de Saint-Michel, s’élevait autrefois à son sommet ».[11]
Etat des fonds appartenant à la cure de Clérieux : [12]
Pour conclure il m’est apparu nécessaire d’étudier l’histoire de la paroisse de Clérieu avant la venue vers 1776 de Louis Giroud ; ce fond de connaissances, je pense, pourra m’être utile pour la compréhension de la vie de mes ancêtres avant et pendant la Révolution française.
[1] Page 370, extrait du cadastre, tome 4 Société d’archéologie et de statistique de la Drôme par Anatole de Gallier
Le 28 juin 1914, l’archiduc d’Autriche est assassiné avec sa femme en Bosnie, par un jeune nationaliste serbe bosniaque ; l’Autriche-Hongrie saute sur l’occasion pour éliminer le slavisme qui compromet la solidité de l’empire. Cela aurait pu rester un conflit local de la géographie des Balkans.
Par le jeu des alliances de la triple alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) et de la triple entente (France, Royaume-Uni, Russie) la guerre se met en mouvement. En plus, Guillaume II est convaincu qu’il faut profiter des circonstances pour éliminer la France. Il croit que, comme en 1870, la France sera isolée.
Le traité de Francfort est un traité mettant fin à la guerre franco-allemande de 1870/1871. Ce traité prévoit la cession de l’Alsace, de la Moselle à l’Allemagne. Ci-dessous la carte montre la frontière établie [1] :
Lorsque l’Allemagne, en 1914, déclare la guerre à la France, celle-ci mobilise 3 600 000 hommes toutes armes confondues, répartis en 173 régiments d’active, 173 régiments de réserve et 144 régiments territoriaux.
Mon arrière-grand-père maternel Marius Rivier nait le 29 novembre 1879 à Gras dans le département de l’Ardèche. Il se marie le 26 janvier 1910 à Valence, dans la Drôme, avec Louise Victoire Guillot. Il exerce le métier de chauffeur.
Des années plus tôt, bon pour le service militaire, classe 1899, le 16 novembre 1900 il arrive au corps où il devient soldat de 2ème classe et le 21 septembre 1901 il est envoyé dans la disponibilité à titre de soutien de famille. Il accomplit une seconde période d’exercices dans le 55ème Régiment d’Infanterie du 05 au 21 octobre 1908 avant de passer dans l’armée territoriale le 01 octobre 1913.[2] L’armée territoriale requiert l’ex soldat pendant douze ans avec une période de deux semaines.[3]
Le 55ème Régiment d’Infanterie a son dépôt à Pont Saint Esprit : il est constitué d’hommes du département Gard et du sud département Ardèche ; tous les hommes classe 1899 dépôt de Pont Saint Esprit ne seront pas mobilisés dans le même régiment en août 1914.
Je retrouve Marius avec son épouse à Bourg Saint-Andéol durant l’année 1911[4] et au 01 décembre 1912 à Meysse toujours dans l’Ardèche (information sur sa fiche militaire). Ordre de mobilisation générale en date du 02 août 1914 : départ pour la guerre arrive au corps le 14 août. Il est affecté au 255ème Régiment d’Infanterie composé d’Ardéchois, d’Aveyronnais, de Gardois, de ceux des départements des Pyrénées -Orientales, du Tarn et du Vaucluse.[5] Joseph Charles Figuière, né en 1885 à Gras comme Marius, est peut-être un camarade de celui-ci ; ont-ils dialogué dans leur village ? ils se trouvent dans le même régiment.[6]
L’effectif de ce régiment de réserve est de 38 officiers, 2223 hommes de troupes et 131 chevaux et mulets. Il s’embarque en chemin de fer à destination de Dieue sur Meuse où il cantonne.[7]
« Il est coiffé du képi modèle 1884 à coiffe garance et bandeau bleu foncé recouvert d’une housse en toile bleue. Il porte la capote en drap gris de fer bleuté dont l’existence remonte au second Empire. Le collet porte les numéros du régiment sur des pattes garance. Le pantalon garance est enserré au niveau des mollets dans des jambières de cuir noir modèle 1913 se laçant devant. Le ceinturon porte 3 cartouchières de cuir noir et la baïonnette dans son fourreau porté sur le côté gauche/ L’arme de dotation de l’infanterie métropolitaine est le fusil modèle 1886 modifié en 1893 (1886 M 93), aussi appelé fusil Lebel, du nom du directeur de l’Ecole normale de tir ». [9]
« C’est à Gussainville*, le 24 août 1914, que le 255ème entra en contact avec l’ennemie. Il formait alors un des éléments de la 75ème division, rattachée elle-même au 6ème corps d’armée qui avait reçu la mission d’interdire l’accès de Verdun par l’est à l’armée allemande ». [10] *village du département de la Meuse
Le 255ème RI est aux avant-postes : « Le plateau des Cotes forme à droite de la Meuse une longue barrière naturelle dont l’importance militaire est encore accrue par l’établissement de nombreux ouvrages fortifiés (forts de Génicourt, Troyon, les Paroches, le Camp-des-Romains, Liouville, Gironville, Jouy, Pagny) placés sur différents points entre Verdun et Toul, notamment dans le voisinage des trouées qui s’ouvrent ver la callée de la Meuse : celle-ci est elle-même défendue en son milieu par l’immense camp retranché de Verdun».[11]
Extrait de la carte ‘grand Verdun’ fournie par l’office de tourisme de Verdun :
Ce régiment est envoyé aux Eparges où, d’octobre à décembre : il organise la lisière du bois Haut, la cote 304, les abords ouest du village de Saint-Rémy, la tranchée (terme forestier équivalent de route) de Calonne*. Le 17 décembre 1914 il rejoint Lacroix sur Meuse.
*suit une route large, dure et droite (livre page 265 ‘Ceux de 14’). Cette route tient son nom du ministre des Finances de Louis XVI qui entreprend des travaux pour accéder à son château des Hauts-de-Meuse.
Extrait de la carte ‘grand Verdun’ fournie par l’office de tourisme de Verdun :
Au 17 novembre 1914 le front se stabilise, les troupes commencent à se fixer puis à s’enterrer.
« L’hiver 1914-1915 s’écoule ainsi, entièrement consacré à l’exécution de travaux défensifs ; mais la stabilité à laquelle les circonstances l’ont condamné, le séjour continu dans des tranchées dépourvues de tout confort n’ont nullement entamé l’allant de nos hommes ».[12]
Décembre : les Allemands creusent des tranchées tout au long du front ouest, de Nieuport à la frontière suisse écrit François Bertin dans son ouvrage ‘La Grande Guerre’.
Côté Français « Cela consiste à progresser, la nuit d’une cinquantaine de mètres, jusqu’à une tranchée amorcée par le génie. On l’occupe ; on la renforce ; et, quand elle est solide, on l’abandonne pour ‘bondir’ encore ».[13]
Le rôle de l’infanterie consistera à détruire les premières lignes des tranchées allemandes.
Année 2023 : restes de tranchées allemandes à Saint-Baussant dans le département Meuse : photographie personnelle de l’auteur :
« La bataille de Champagne étant arrivée à son terme, le général Joffre décidait de transférer son offensive principale en Woëvre, comportant une attaque en tenaille sur les deux faces du saillant de St-Mihiel. L’attaque brusquée, exécutée par surprise, avec le maximum de puissance, devait aboutir à un résultat complet rapide, sinon les progrès réalisés à cette occasion devaient être consolidés et les forces engagées remises à la disposition du commandant en chef. L’attaque eut lieu le 05 avril 1915, mais les conditions climatiques entre autres, seront telles que l’offensive échouera *».[15]
*Le sol reste sec jusqu’au 3 avril, puis pluie les jours suivants. L’offensive sur le bois de Lamorville est une proposition du général Dubail. [16]
« Le 7 avril, le 5ème bataillon*, superbement entraîné par le commandant Campestre, se portait à l’attaque du bois de Lamorville et pénétrait dans les lignes allemandes / énergiquement commandé, a marché le 07 avril, sous un feu violent, à l’attaque d’une lisière de bois fortement organisée, avec un courage, un dévouement, un esprit de sacrifice tout à faire exemplaires. S’est maintenu jusqu’à la dernière extrémité sur la position conquise. Obligé de se replier devant l’arrive de forces nombreuses, a rejoint avec calme et discipline son front de départ en ramenant les prisonniers qu’il avait faits ». *du 255ème RI
« Le combat de Lamorville constitue le dernier fait d’armes important que le 255ème accomplit dans le secteur de Lacroix. Deux mois plus tard, le régiment était relevé des tranchées de la cote 294 ; il se séparait du 6ème corps et était dirigé sur l’Argonne ».[18]
La 126 D.I a été créée par ordre du 6 juin 1915. Constituée le 19 juin 1915 en autre du 255ème R.I venu de la 150ème brigade.[19]
Pour recouper les points de vue, il est écrit dans le tome 2, les armées françaises pendant la grande guerre :« L’attaque tentée sur Lamorville se réduisait à une incursion dans les tranchées adverses suivie d’un retour aux positions de départ », et du rapport du 211ème régiment d’infanterie : Attaque du bois de Lamorville (7-8-9 avril 1915) :
« En avril, moment où se produisait en Woëvre, l’offensive française ayant pour but de ‘réduire la hernie de St-Mihiel’ le secteur devait reprendre son activité. Le commandant ayant décidé de faire simultanément avec l’attaque en Woëvre, une attaque sur le bois de Lamorville.
Les deux bataillons du 211è ont pour mission d’assurer l’inviolabilité du front et d’aider par leurs feux, le 29è B.C.P. et un bataillon du 255e régiment d’infanterie chargés de l’attaque proprement dite. A 15 heures commence la préparation d’artillerie à laquelle répond une contre-préparation des plus violentes. A 15 heures 45, l’attaque d’infanterie est déclenchée en deux colonnes : la colonne de droite, sous les ordres du commandant Zerbiny, comprend le 29’ B.C.P. une section de mitrailleuses et deux sections du génie ; la colonne de gauche, sous les ordres du commandant Campestre du 255 » R.I. comprend un bataillon de ce régiment, une section de mitrailleuses, deux sections du génie. Objectif pour tous : les tranchées en lisière* du bois de Lamorville. La colonne de droite, aussitôt sortie, est prise sous les feux extrêmement violents d’artillerie et de mitrailleuses ennemies et se heurte à des réseaux intacts. Elle ne peut atteindre son objectif. La colonne de gauche atteint son objectif, le dépasse, mais est obligée de se retirer une heure après ». *ouest (vue 14, PDF du 220è RI)
« La colonne de gauche, protégée par un défilement, parvient aux prix de grandes difficultés dans les tranchées allemandes qu’elle commence à retourner et à organiser. Elle y fait 2 officiers, 2 sous-officiers et 18 soldats prisonniers, mais prise d’enfilade par le tir des mitrailleuses ennemies et menacée d’être débordée sur son flanc, elle doit se replier ».[20]
Déjà du 22 au 27 septembre 1914, un affrontement a lieu à cet endroit : le 154ème Régiment d’Infanterie doit attaquer le bois de Lamorville pour déborder l’ennemi par le nord.
En 1914 : « Les avant-postes sont placés et dès le matin du 22 commencent les durs combats de Lamorville et de Lacroix-sur-Meuse, qui se poursuivent jusqu’au 26 ».[21]
« Deux ans après à la fin septembre 1917, par exemple, le 88ème régiment d’infanterie est sur la zone. Borne commémorative – Lamorville 1918 (Granit rose d’Andlau- France) : après la guerre, le sculpteur Paul Moreau-Vauthier (1871-1936) souhaita baliser la ligne de front sur sa position du 18 juillet 1918, avant la dernière offensive alliée. 118 bornes furent installées en Belgiques et en France » (photographie et texte du Mémorial de Verdun).
Elle se situe sur la départementale 162 entre les villages de Lacroix sur Meuse et Lamorville.
L’une des plus grandes peurs du soldat est de mourir sans que son corps ne puisse être identifié : si c’est le cas sa famille ne pourra pas se recueillir sur sa tombe.
Le 07 mars 1916 le maire de Valence reçoit ce courrier de la part du 55è régiment d’infanterie basé à Pont Saint-Esprit dans le département du Gard[22]:
Avant d’avoir la visite de l’officier d’état civil en 1916 mon arrière-grand-mère Louise Victoire se doute bien qu’un malheur est arrivé à son époux : plus de courrier de lui depuis environ 10 mois.
La correspondance est primordiale pour entretenir le lien entre la famille et le poilu. Donner des nouvelles même plusieurs fois par jour à la famille est une chose courante. Marius ne sait ni lire, ni écrire (information sur sa fiche militaire ‘degré d’instruction’). Il peut s’appuyer sur ses camarades pour leur dicter ses lettres.
Certains soldats préparent leur famille à leur disparition : ils rédigent une lettre testament : n’ayant pas de biens, mon ancêtre n’a pas eu besoin d’en faire rédiger une.[23]
Ce 7 avril 1915, le régiment de Marius est au combat : Représentation du champ de bataille[24] :
« Au coup de sifflet de l’officier, il faut escalader le parapet, traverser le réseau de barbelés, et se ruer sur le no man’s land balayé par les mitrailleuses et l’artillerie adverses ».[27]
Mon aïeul fait partie de la section des mitrailleuses ; son corps n’est pas retrouvé. Son nom n’est pas sur la liste des sépultures de guerre.[28] Peut-être qu’il est inhumé collectivement et anonymement dans un ossuaire ?
Joseph Charles Figuière, dont je parle dans mon écrit précédent, meurt le même jour, au même endroit que mon aïeul.
Le 19 avril 1915 un renfort de 250 hommes comprenant un adjudant, huit sergents et seize caporaux arrive de Pont Saint-Esprit pour remplacer en partie les pertes du 7 avril du 5ème bataillon.[29]
De la classe 1899 de la France : 244 000 hommes sont mobilisés, 29 650 se font tuer soit 12.2 % du nombre de soldats (document affiché sur un mur intérieur du fort de Vaux).
La mairie de Meysse transcrit son décès sur les registres le 8 juillet 1920 et le 09 août 1920 le tribunal de Valence rend son jugement : ‘tué à l’ennemi’[30].
Son nom figure sur le monument aux morts de la ville de Valence.[31]Il est absent sur celui de sa commune de naissance, Gras.
Concernant le 55e régiment d’infanterie : « Du 20 janvier au 6 mai 1915, le 55e régiment d’infanterie assure, avec le 61e régiment d’infanterie, la garde du secteur Béthincourt-moulin d’Haucourt-moulin de Raffécourt-bois Carré- tranchées nord de Malancourt/ aucune action particulièrement importante à signaler ; les troupes se font à la vie des tranchées, creusent la terre, construisent des abris ».[32]
Il résulte de cette guerre 600 000 veuves et 760 000 orphelins.[33]
« Laconique, redoutés par les familles, les avis officiels de décès rendirent la mort du soldat mystérieuse, énigmatique. Doublés de l’absence de la dépouille, ils plongèrent les proches dans un deuil inachevé. En effet, ne pouvant répondre aux quatre temps clés du deuil (l’oblation, la séparation, l’intégration et la commémoration), la mort revêtit alors une dimension particulière ».[34]
Le 16 novembre 1920 Louise Guillot, veuve Marius Rivier, se remarie avec Louis Xavier Sapet, poilu dans le 114è régiment d’artillerie lourde. Le ménage n’est pas riche : ma grand-mère Odette Rivier, en 1923, reçoit l’aide de l’Etat : « Il serait peut-être nécessaire d’habiller la pupille ».[35]
La commune de Clérieu (l’eau claire) n’a pris son ‘x’ que depuis qu’elle est commune en 1790.[1]
Je n’ai pas beaucoup de branches anciennes dans le temps originaires de Clérieu : la lignée BOSSAN établie dans cette paroisse retient mon attention.
Pierre Bossan, décédé avant le 24/05/1637 à Clérieu -indiqué sur le contrat de mariage de son fils Claude- est gauchandier. Il se marie avec Catherine Ferrier.
« Ce métier consistait à traiter les étoffes afin de les assouplir de les dégraisser et d’en assurer la finition en les traitant dans un moulin à eau ».[2]
Ce qui se pratiquait à Clérieu :
« A la sortie nord du village : on faisait rouir le chanvre ou le lin dans des fosses maintenues en eau. Le rouissage permettait de ramollir la tige de chanvre afin d’en extraire les fibres nécessaires à la confection de fils, ficelles ou cordes ».[3]
De père en fils les Bossan exercent ce métier dans les marécages de la rivière Herbasse *:
Claude, gauchandier, naît le 18/05/1610 à Clérieu, décède le 24/03/1666 à Clérieu. Il se marie avec Barbe Rostaing à Clérieu – Cm 2 E 7607 folio 101 du 24/05/1637 à Clérieu chez Dupoisle.
Il établit son testament le 23/03/1666 à Clérieu (2 E 7651 folio 1056, vue 67).
Son fils Antoine, gauchandier, nait le 17/12/1642 à Clérieu, décède le 18/02/1692 à Clérieu. Il se marie le 10/10/1666 à Clérieu avec Louise Bressot (cm 2 E 7651 folio 1098 du 22/08/1666 (vue 153) à Clérieu.
Il établit son testament le 16/02/1692 à Clérieu (2 E 9218 folio 162).
Pierre Bossan, gauchandier, nait le 08/09/1677 à Clérieu, décède le 05/07/1735 à Clérieu. Il se marie le 01/07/1694 à Saint-Bardoux avec Antoinette Berthun (cm 2 E 9219 folio 197 (vue 25) du 27/05/1694 à Clérieu chez Boffard).
Le père d’Antoinette est tisserand de toile à Peyrins. [4]
Les parents de Barbe, Claude Rostaing (laboureur) et Isabeau Disderon habitent Saint-Bardoux.
Ils peuvent être nés vers 1570.
S’ils rendent visite à leur fille et leur gendre, par le chemin des glissages ou le pas des muletiers, ils ne voient plus, comme trois ou quatre générations avant la leur, en descendant à Clérieu, le château des comtes de Poitiers.
« Guichard derniers des Clérieu, mort sans enfants en 1336 (extinction de la famille de Clérieu).
La baronnie de Clérieu passa aux comtes de Valentinois de la famille des Poitiers ».[5]
En 1522 Jean De Poitiers (vers 1475/ 1539), seigneur de Saint-Vallier, entre dans la conjuration du connétable Charles de Bourbon.
Jean est arrêté le 05/09/1522 et est transféré au Châtelet à Paris le 23/12/1523. Convaincu de lèse-majesté il est condamné à être décapité. Il est gracié par le roi suite à l’intervention de sa fille Diane.
Il teste à Pizançon le 24/08/1539.
« Saint-Vallier n’occupait d’abord qu’un rang de comparse, ou tout au plus de conjuré subalterne dans
La conspiration de Charles de Bourbon, lorsque tout à coup la fuite du Connétable l’investit du premier rôle dans cette tragique comédie/. En l’absence du principal coupable, Saint-Vallier fut désigné pour supporter tout le poids de l’accusation. Un crime aussi manifeste ne pouvait demeurer sans châtiment ; or, après Bourbon, Saint-Vallier était le plus en vue. Pour l’exemple on le condamna à mort ».
« D’autant que la conspiration, déloyauté, parjurements et trahisons de Charles de Bourbon est plus que notoire et manifeste, tant par l’évidence du fait, pour ce qu’il est en armes contre nous et notre royaume avec nos ennemis, que par les lettres qu’il a écrites aux Suisses/ ».[6]
« Le château de Clérieu a été démantelé * au XVIe siècle, après la condamnation de Jean de Poitiers et le vandalisme révolutionnaire aura raison de la nouvelle résidence seigneuriale ».[7]
*Démolir les murailles, les fortifications
« Le 19 février 1594, Charles de Lorraine, duc d’Aumale, par et grand veneur de France, chevalier des ordres du Roi, vendait, comme héritier de sa mère, pour le prix de six mille écus, la terre et la baronnie de Clérieu et Chantemerle à noble Jean de La Croix, seigneur de Chevrières ».[8]
Position de l’ancien château des Poitiers avant leur destruction, à Clérieu :[9]
Au 03/06/1819, 19/07/1886, 3 P 2247/1, AD26 :
Il ne faut pas confondre le château des Saint-Vallier avec celui du Merlet ou Merley.
« Anne de Jomaron, fille unique de Jean et Anne de Ruë, épouse le 1er octobre 1628, noble François de Ponnat, Conseiller du Roy. Elle hérite de tous les biens de son père par testament du 9 septembre 1641. La maison forte des Pangots passe ainsi dans la famille de Ponnat. Lors de l’épidémie de peste de 1656/1657, François de Ponnat donne asile aux religieuses Ursulines de Saint-Marcellin dans sa maison forte de Saint-Sauveur. Deux d’entre-elles prononcent leurs vœux dans la chapelle du château. Anne de Jomaron laisse à son décès (vers 1642) de nombreux enfants en bas âge et lorsque son époux, François de Ponnat, baron de Gresse fait son testament le 5 juin 1667, cinq filles et trois garçons sont encore vivants. C’est Jean de Ponnat, Sieur du Merley, leur fils, qui reçoit les biens venant de sa mère et qui comprennent : le château du Merley à Clérieux, les maisons de Romans, les vignes de Presles, le domaine de la maison forte des Pangots à Saint-Sauveur, les granges de Chatte, Blagneux et Chevrières. A partir de 1671, la maison forte des Pangots est désignée dans tous les actes officiels, la ‘ Maison forte du Merley’ ».[10]
Le 20 novembre 1688 Mme Philippe de Chastelard, de Marches, décède chez M. de Ponnat au château du Merley (Source : série E, page 2159, GG1 1607/1720).
« En 1672, le fief du Merley, situé à un kilomètre environ de Clérieu, appartenait à Jean de Ponnat, avocat du Roi au bureau des finances de la généralité de Dauphiné, fils d’un conseiller au Parlement. Le Merley est dans une position agréable, environné de bois, et Nicolas-Amédée, marquis de Saint-Vallier, qui voulait à sa terre de Clérieu une habitation plus centrale et surtout plus en rapport avec sa grande fortune que la maison exiguë de Curson se décida à faire l’acquisition du domaine des Ponnat. Le 05 mai 1753, il l’acheta/.
M. de Saint-Vallier entreprit immédiatement la construction d’un vaste château ».[11]
« Le beau château du Merley, tout récemment construit à Clérieu par M. de Saint-Vallier, ne put pas être sauvé ; il fut d’abord pillé, puis démoli et finalement brûlé ».[12]
Les évènements de ce 22/09/1792 (château du Merley) n’auraient-ils pas un lien avec les intentions de Nicolas de la Croix, seigneur marquis de Clérieu voulant prélever des impôts supplémentaires en 1751 ? (Relaté page 10 « si Clérieu m’était conté »).
Dans l’état des mandats acquittés par le receveur du district de Romans relatif au déplacement de la force armée, répressive des troubles je relève l’ordonnance du 11/10/1792 : [1]
Mur extérieur restant du domaine du Merley à Clérieux (photographie personnelle) 04/2022 :
Retranscription du procès en lien avec la destruction du château Le Merley :
Le 17/06/1793 :
« L’ accusateur public demandeur en poursuivant sur l’acte d’accusation dressé par le directeur du tribunal de Romans le 22/12/1792 d’une part Nicolas ALBERT, cordonnier, âgé d’environ 28 ans, natif et habitant de Clérieux, Sébastien RIVOIRE, charpentier, natif et habitant de Clérieux, âgé d’environ 32 ans, Pierre VENDRE, travailleur de terre et habitant de Clérieux, âgé d’environ 28 ans, Denis FABRE, moulinier en soie, natif de Baye en Ardèche, habitant à Clérieux, âgé d’environ 28 ans, Jean ASTIER, maindouce, travailleur de terre, âgé d’environ 28 ans, natif de Marsaz et habitant de Clérieux et Madelaine ALBERT, fille à feu Claude ALBERT, maçon, âgée d’environ 21 ans, native et habitante de Clérieux accusés détenus et défendeurs d’autre part et encore Jean ALBERT, cultivateur, Emanuel ALBERT, Louise REVOL, veuve ALBERT, cabaretière et Charles GRENIER tous habitant à Clérieux, accusés contumace » . (…)
Ces personnes, le 22/12/1792, ont été accusé (…) « que le 18-19 septembre 1792 un attroupement considérable des habitants de Clérieux et des villages voisins se porta à piller, dévaster et incendier le château du dit lieu appelé le Merlet, appartenant au sieur LA CROIX DE SAINT VALLIER.
Les dégâts furent pareillement faits tout à la maison habitée par le fermier que dans tous les autres bâtiments dépendants du dit château dans les meubles, linge et effets furent volés ; pillage, dévastations, incendie ainsi qu’aux bâtiments servant à l’habitation du fermier, greniers, remises, écuries, caves et surtout celui appelé grange neuve. (…)
Plainte en dénonciation par le plaignant il y joignit une lettre anonyme daté du 15/03/1792 à son nom, adressée à Grenoble par laquelle on lui marque en ces termes : « si vous continuez de nous faire des frais si mal injustes, nous foutons le feu à votre château, à tous vos domaines et à vos perches de foin ».
Pour le constatement, joint à la plainte, André BERGER, gendarme reçu les dépositions des témoins puis délivra le 12/11/1792 le mandat d’amener devant le juge de paix du canton de Clérieux contre les personnes citées ci-dessus.
Le juge de paix procéda à l’audition des accusés et délira contre eux un mandat d’arrêt le 07/12/1792.
Le sieur CHABRIER en sa brigade en exécution de ce mandat se transporta à Clérieux le 11/12/1792 pour arrêter et traduire ces prévenus dans la maison d’arrêt du tribunal de Romans mais il résulte du verbal de perquisition qu’aucun d’eux ne fut trouvé dans son domicile, ni ailleurs malgré les recherches exactes qui furent faites.
La condamnation fut « de payer au citoyen LACROIX la somme de trois cent mille livres pour lui tenir lieu de ses dommages, intérêts.
(…) L’accusateur public déclare qu’à l’égard des accusations de destruction des maisons ci-devant château du Merlet et de Curson et du pillage et débris des dites destructions, le procès est éteint ».[13]
Je ne fais qu’évoquer les ruines de « Châtillon » (cité vers 1337) dominant Pont de l’Herbasse (dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen-Age en France).
« La chapelle Saint-Jean, aujourd’hui en ruine, contenait une sépulture en pleine terre avec pégau, deux coquilles de pecten de Méditerranée et un bourdon (bâton de pèlerin) à l’extrémité ferrée daté du XIIème ou XIIIème siècle. Elle était accompagnée de deux tombes en pleine terre. Elle était probablement incluse dans une fortification de terre avec motte, fossé et basse-cours dominant l’Herbasse ».[14]
Une jacquerie de 1578 à 1580 commence à Clérieu, puis s’étend au Valentinois et à La Valloire, en réaction aux guerres religieuses et les maux sans nombre subits par les adversaires protestants et catholiques qui tous se disent pour le roi ».
[1] Source : page 7, numéro 62, année 2007, revue de la Drôme des Collines
[1] Inventaire Lacroix, judicature de Chanos, série B, numéro 1545 indiqué sur le numéro 20 de décembre 2016, revue le Petit Collines illustré
Marie Elisa GUILLOT nait le 21 octobre 1893 à Valence, centenaire, veuve, décède le 09 janvier 1994 à Valence dans la congrégation des petites sœurs des pauvres située quartier Chateauvert :
Plan Blay Foldex de Valence (avant 2020)
date non indiquéeMarie Elisa centenaire
Avant son union, elle rend visite, à sa grand-mère maternelle Marie Louise CLUSEL, décédée en 1918, qui habite 29 place de la pompe et rue du tricot à Saint-Péray [1]:
En 1911 elle part, à pied, du 23 quai du Rhône (recensement Valence, vue 655). En 1907 (âgée de 14 ans) voici la vue qu’elle a de l’avenue Gambetta jusqu’aux deux ponts sur le Rhône [2]:
Elle se marie le 16 septembre 1912 à Valence avec Fernand Firmin BEAUGIRAUD, employé du PLM. Ils n’auront pas d’enfants.
Vers l’année 1914 elle part vivre à Montélimar, pour mutation professionnelle de son époux ; en 1929 je la retrouve à Portes les Valence et en 1930 à Avignon (indiqués sur fiche militaire de son époux, classe 1902, matricule 645, bureau de Privas, AD07)[3].
Elle revient dans sa ville natale en 1931 (vue 96, recensement de l’année 1931) loge au 3ème étage du 18 rue de Thibert jusqu’à son départ pour la maison des petites sœurs des pauvres :
En 1927 la ligne Valence Saint-Péray est mise en service : Marie Elisa peut voir le tramway électrique dans l’avenue de la gare et au champ de mars, lorsqu’elle rend du quartier Thibert à la basse ville 17 quai du Rhône, pour rendre visite à sa maman et à sa sœur Louise :
Outre les échanges commerciaux entre les deux villes, « Saint-Péray a longtemps fait figure de ‘ville d’eau’ de Valence, et depuis toujours a été la promenade préférée des valentinois ; c’est aux ruines de Crussol, au Château de Beauregard, voire à Cornas réputé comme Saint-Péray, pour ses vins fins, que tous les dimanches, l’été surtout, ils vont en foule jouir de leur journée de repos ».[5]
J’ai quelques souvenirs de mon arrière grande tante qui employait « choser » lorsqu’elle ne connaissait pas le mot exact dans ses discussions. C’est elle qui nous racontait qu’elle allait à Saint-Péray.
Marius Hippolyte
Son frère Marius Hippolyte était nommé l’oncle Hippolyte par la famille. Il utilisait sa casquette pour corriger mes oncles et les frapper avec. Il allait souvent chez ma grand-mère, sa nièce.
Veuf, il est venu vivre avec sa sœur Marie Elisa à partir de 1969, après le décès du mari de celle-ci.
L’habitation comportait une pièce indépendante (chambre) avec fenêtre qui donnait sur le couloir d’entrée de l’appartement.
Sur le contrat de mariage de mes aïeuls Jacques Palharey avec Marie Garnier, le 05/06/1751 à Marsaz, [1] rédigé dans la maison de ladite Garnier, apparaissent en tant que témoins les noms de quatre curés exerçant pendant cette période, dans chacun leur paroisse : [2]
Humbert Ennemond Brenier (Clérieux), Jean-François Tabaret (Veaunes), Louis Tabaret (Chavannes), Marc Barbier (Marsaz) et Jacques Armand vicaire à Clérieux.
Jacques signe l’acte ainsi que son père Guillaume.
Sur l’acte de mariage, le 21/06/1751 à Marsaz apparaissent en tant que témoins les noms de personnes de la société civile (Claude Malot, Claude Robert, Claude Gay dit Joubert), tous habitants de Marsaz.
Jacques Palharey, travailleur, nait le 17/02/1723 à Clérieux, sa famille y est établie depuis plusieurs générations.
Par son mariage il vient s’installer à Marsaz : sa fille Marianne, nait dans cette paroisse le 20/01/1761.
La famille de Marie Garnier, également, est présente depuis plusieurs générations à Marsaz où les hommes exercent le métier de laboureur.
« Des paysans relativement aisés, appelés laboureurs » en parlant des gens de Marsaz, page 17 du document ‘ L’étang du Mouchet, étude historique par Stéphane Mourier, mis en ligne par l’Association pour la sauvegarde du patrimoine de l’Herbasse, collection 2009/2010.
En 1666, requêtes au Parlement pour obtenir permission d’imposer : 300 livres à Chanos-Curson, 600 à Marsas, 300 à Clérieux (C 865, AD26).
Le quartier du Mouchet à Chavannes et du Marais à Marsaz (plan cadastral de 1804) [3] :
« Ensuite, un procès de 1738 apporte une précision sur l’existence de ce troisième étang. Celui-ci se trouvait près du marais communal de Marsaz et lorsqu’il s’asséchait, il libérait des terres marécageuses utilisées comme pâturage par les habitants de Marsaz ».[4]
En 1756 Jacques Palharey (Pailherey) est cité dans un acte juridique [5]: son valet de ferme Pierre Robin à qui la justice demande de témoigner dans l’affaire suivante liée à Marie Chotard femme de Pierre Crozel :
« Ces terres communales, ou « communaux, étaient utilisées par les habitants comme pâturage pour leur bétail. A partir du mois de mai, les enfants ou les valets de ferme accompagnaient les animaux sur les communaux et les surveillaient, d’un œil parfois distrait, car il arrivait que des animaux soient retrouvés dans le pré d’un voisin ce qui occasionnait des cris et parfois un procès comme à Marsaz en 1756 ».
Pour information la distance entre Marsaz et Chavannes est de deux kilomètres.
Le choix des témoins d’un contrat implique des considérations familiales, amicales, professionnelles et hiérarchiques.
A la lecture des renseignements notés ci-dessus en lien avec mes aïeuls, leur aisance financière, je suis amenée à penser que ceux-ci faisaient des dons conséquents à l’église.
La présence de ces religieux chez le notaire témoigne d’un certain statut social et surtout d’une pratique religieuse accentuée.
Le 12 juillet 1793, un décret de la Convention déclare la ville de Lyon en état de rébellion contre la République et requiert contre elle une force armée.
Comment l’Histoire en est-elle arrivée là ?
Le Jacobin Joseph Chalier, est officier municipal lyonnais depuis 1790, avec cependant une suspension de ses pouvoirs au cours de l’année 1792. Il est en désaccord avec Roland, modéré, ministre de l’Intérieur. C’est un révolutionnaire violent verbalement dépassant les limites de ses attributions. À nouveau rétabli dans son poste, il fait régner la terreur jusqu’en 1793.
« Il est habité par l’idée que Lyon est une ville réactionnaire, voire contre-révolutionnaire, qu’il faut la nettoyer de tous les aristocrates, muscardins et accapareurs, bref de tous ses riches dont font partie les marchands-fabricants, rouages essentiels de la société lyonnaise ».
Chalier n’a pas saisi l’âme de la cité de la soie : « Si la Fabrique est le lieu d’affrontement tarifaire entre les marchands fabricants et les travailleurs de la soie dont les luttes au cours du XVIIIe siècle ont dû laisser des traces au sien de la profession, il existe cependant une réelle solidarité professionnelle, reposant sur la complémentarité économique entre le corps des marchands-fabricants et le monde des maitres et compagnons. En ignorant cette curieuse alchimie sociale, voire même en cherchant à la détruire, les « Chalier » déclenchent chez les Lyonnais une réaction violente de rejet qui aboutit au soulèvement sectionnaire du 29 mai au cours duquel la mairie est prise et les dirigeants du mouvement des « Chalier » sont mis en fuite ou en prison ».[2]
Lyon est une ville politiquement modérée qui valorise la défense des libertés individuelles et économiques. Aussi préfère-t-on s’allier aux royalistes en la personne de Précy, chef militaire plutôt que Chalier et ses amis, fauteurs de troubles, d’affrontements civils.
Joseph Chalier est guillotiné le 16 juillet.
L’annonce de cette exécution provoque la rupture entre Lyon et la Convention et accentue le caractère contre-révolutionnaire de la révolte lyonnaise.
La Convention décrète le siège de la ville qui débute le 9 août 1793 et continue jusqu’à la reddition le 9 octobre.
Il s’ensuit des représailles terribles par la Commission de justice populaire, « au nom de la Liberté ». Jusqu’en avril 1794, plusieurs centaines d’habitants, de toutes conditions sociales, sont condamnés à mort, guillotinés sur la place des Terreaux ou fusillés aux Brotteaux.
« On n’aura, maintenant, plus besoin d’aller plonger les enragés à la mer, pour les guérir de leur frénésie ; un seul petit tour de guillotine, et ces bêtes carnassières ne mordront plus ».[3]
Dans la liste des exécutés, figurent de modestes individus originaires de la Drôme dont Jean-Nicolas Reynaud « chapelier, habitant Lyon, né le 6/12/1764 à Valence, âgé de 27 ans, guillotiné le 26/12/1793 pour le motif de canonnier, contre-révolutionnaire, provocateur au meurtre », fils de Claude, garçon cuisinier et de Marguerite Farjon, mariés à Valence le 19/09/1747.
Aux pages 387 et 508 de l’ouvrage « Victimes et martyrs de la Révolution française en lyonnais Forez et Beaujolais » d’Antonin Portallier (Gallica), apparaît le nom d’Antoine-Alexandre Rey « rentier, né à Valence, demeurant à Lyon, condamné par la Commission Révolutionnaire de Lyon et fusillé le 26 frimaire an 2 (16/12/1793) aux Brotteaux pour le motif de grenadier et contre-révolutionnaire ».
Né le 21/08/1758 à Valence, il est fils de François Rey du Mouchet, trésorier en la généralité de Grenoble et de Marguerite Servant. Écuyer, seigneur du Mouchet, il se marie le 20.10.1789 à Lyon, paroisse Saint-Nizier avec Marie Louise de Mazenod de Saint-Thomas.
Il a pour ancêtre un avocat au présidial de Valence, docteur en droit, professeur à la faculté de Valence, d’où sa noblesse dite de robe. [4]
« Marie-Alix de Rostaing, mariée en 1709 à Louis-François de la Baume, comte de Suze, fut à son tour dame du Mouchet. Son fils Louis-Charles de la Baume-Suze vendit le fief, le 21 février 1759, à notre François Rey, trésorier de France en la généralité de Grenoble, qui obtint un arrêt du parlement de Dauphiné le maintenant en possession de l’étang dit du Milieu, pour une contenance de 18 sesterées, avec défense aux habitants des communautés de Chavannes et de Marsas d’y faucher l’herbe et d’y faire paître leurs bestiaux /… Alexandre Rey du Mouchet, garde-du-corps, fils du trésorier de France, périt au siège de Lyon, laissant veuve Mlle de Mazenod, remariée quelques années plus tard au comte de Saint-Vallier, pair de France, fils du dernier seigneur de Clérieu ». [5]
Pour en savoir plus sur le domaine du Mouchet à Chavannes, voir « L’étang du Mouchet », étude historique par Stéphane Mourier, mis en ligne par l’Association pour la sauvegarde du patrimoine de l’Herbasse, collection 2009/2010.
[1]Victimes et martyrs de la Révolution en Lyonnais, Forez et Beaujolais, par A. Portallier, pp. 289 et 511, Gallica.
[2] Persée, Mémoire et identité politique : l’exemple de la Révolution à Lyon in Annales historiques de la Révolution françaises, n°305. 1996, Benoît Bruno, p. 6 et 9.
[3]Compte-rendu aux Sans-culottes de la République française, p. 5, Gallica.
[4]Généanet, avec l’aimable autorisation de Thierry Champel
[5] Essai historique sur la baronnie de Clérieux, par Anatole de Gallier, p. 156.
Mon ancêtre Benoite Decluse ou bien Cluse nait vers 1706 à Saint-Martin le Colonel.
Elle se marie vendredi 09/09/1729 à Bourg de Péage avec Jean Mordedieu (dit Montoison) journalier, cardeur, drapier, originaire de la paroisse Saint-Barnard de Romans dont le décès sera constaté le 07/05/1754 à Romans.[1]Elle habite cette paroisse depuis environ deux années précise le curé.
Bourg de Péage en haut à gauche, Saint-Martin le Colonel en bas à droite soit une distance de 30 kms entre les deux lieux.
Mon aïeule est absente, au mariage de sa fille Jeanne avec Laurent Migouret, le 27/11/1755 [2]:
Benoite entre à l’hôpital Sainte-Foy de Romans le 09/07/1756 [3] et y décède le 23/09/1756.
« L’hôpital Sainte-Foy à Romans nommé primitivement maison de l’Aumône (domus eleemosynaria) est de beaucoup le plus ancien des hôpitaux de Romans. On ne connait à peu près rien concernant sa création et, faute de pouvoir en préciser l’époque, on la dit généralement immémoriale et qu’en 1070 elle existait depuis un certain temps…Peu de jours après son installation en qualité de médecin de l’hôpital de Sainte-Foy, Pierre Antelme présenta à l’administration, le 21 juin 1789, un mémoire sur les causes d’insalubrité et les vices de construction de cet établissement, ainsi que sur les moyens d’y remédier ».
« Les salles du côté nord, percées de petites fenêtres, dominés par les murs de la ville, éprouvent les effets nuisibles de la stagnation de l’air, et, en été, ne reçoivent du soleil qu’une réverbération brûlante. Du côté du midi, le vent peut arriver facilement dans les salles, mais il est chargé des émanations pernicieuses que lui fournissent des mares de fumier, les égouts de la souillarde et des étables. Les lieux d’aisance surtout, situés au midi, dans un cabinet saillant pratiqué contre le mur des salles, sont un foyer d’infection qui entraine trop souvent la mort des malades placés dans les lits voisins. De plus, faute d’une salle des morts, on est obligé de laisser les cadavres dans le lit jusqu’à ce qu’ils soient placés dans la bière. Il n’y a pas même de local particulier pour laver la vaisselle des malades ». [4]
Les hôpitaux sont des établissements religieux d’assistance charitable sans vocation médicale. Ils accueillaient les malades, les sans-abris, les mendiants et les aliénés qui y finissent leur vie.
« Le 2 janvier 1815, une nouvelle délibération accepte les conditions faites par la commission administrative des hospices pour le logement de la gendarmerie dans les bâtiments de l’ancien hôpital de Sainte-Foy, du côté de la rue Bonjour, changement qui n’eut lieu qu’en 1817 ».[5]
Sa sœur Catherine aussi quitte son village et décèdera à Clérieux en 1777.
Sur l’acte de mariage de Benoîte et de Jean apparaissent, en tant que témoins, les noms de Jean-Paul Ruël (curé de Saint-Barnard), d’André Morel (bourgeois), Louis Rondette (procureur), Pierre Guillaud (bourgeois), habitants de Romans.
Sur leur contrat de mariage [6] un des témoins, Jean François Blanc est drapier *, l’autre Antoine Perrier est cardeur de laine. Ils signent, ainsi que le père du marié, le document :
*un drapier est un homme dont l’activité consiste à fabriquer des draps et à les vendre.
« Il est vrai que la draperie, activité essentielle pour la ville héritée de l’Ancien Régime, a donné à Romans un grand nombre de notables. Mais elle décline rapidement pour disparaitre complètement. En 1823, on repère encore six teinturiers et quelques négociants. Mais, en 1856, il n’y a plus trace d’industrie de la draperie et le tableau des professions exercées à Romans au premier janvier 1870 ne fait aucune mention de drapiers, tondeurs ni de teinturiers ».[7]
Le père du marié, également prénommé Jean doit exercer dans le domaine du métier de drapier, comme le sera son fils, mon ancêtre Jean (dit Montoison) plus tard [8] ; à sa naissance le 19/12/1706 son parrain est Pierre Guérin, drapier.[9]
A la génération précédente, le 27/01/1675, sur l’acte de naissance de Jean (le père du marié) la marraine est Jeanne Barthelot veuve de Jacques Chevalier maître chapelier. [10]
Mon ancêtre Benoite Decluse est-elle admise à l’hôpital parce qu’elle n’a pas les moyens financiers de payer ses soins médicaux chez elle, son mari étant mort jeune à l’âge de 47 ans, la laissant sans ressources ?
Je relève, deux siècles plus tard, le nom de Mordedieu, marchand drapier à Bourg de Péage en 1905
(Retronews 15/04/1905, a 48, n°15, p 1, journal de Montélimar).
[1] Paroisse Saint-Romain, GG5, vue 261, archives communales de Romans
Le 10/05/1753, convocation de Jean Giroud, premier témoin envers un dénommé Deloche notaire, suite à la plainte déposée le 08/05/1753 par Laurens Dalicieux devant Etienne Chaléat, avocat au parlement, juge civil et criminel de la terre de la seigneurerie de Mercurol à Romans dans notre étude, [1]
Jean Giroud, travailleur habitant à Mercurol, âgé d’environ quarante ans, assigné à la requête de Laurens Dalicieux, laboureur au dit Mercurol, prête serment de dire la vérité la main levée et averti de la peine de mort portée par l’ordonnance contre les faux témoins.
Il s’agit de Jean, mon ancêtre, né le 12/04/1707 à Mercurol, décédé le 30/08/1756 à Mercurol, marié en secondes noces à Marie Anne Robin.
Il dépose : « Etant dans le bois du sieur Galix notaire au même lieu, à tirer de la bruyère pour le chauffage du four auquel les habitants du dit Mercurol cuisent leur pain, il vit venir à lui la fille du dit D’alicieux, nommée Marie tout échevelée et éplorée sans coiffe et sans tablier, et le sieur Deloche notaire à Tain galopant à cheval après elle, la dite D’alicieux se plaignant d’avoir reçu du dit sieur Deloche coups de pieds, de poings et de fouet / et le sieur Deloche ayant tourné bride lorsqu’il vit la dite D’alicieux arriver près du déposant et lui parlant prit le chemin d’un bois ».
Mon aïeul n’a pas fait établir ses deux contrats de mariage dans l’étude Deloche ; aurait-il connu ce notaire au cours de signatures en tant que témoin ou pour l’établissement de contrat de grangeage en sa faveur ?
Le second témoin Marie Brechon, âgée d’environ 25 ans, dépose :
Les trois témoins suivants confirment la violence et de la manière que celle-ci fut subie par Marie.
Laurens Dalicieux raconte que « Lundi dernier environ huit heures du matin Marie Dalicieux*, sa fille, âgée d’environ vingt ans étant à faire paitre son troupeau de bétail et laine dans le bois du nommé Antoine Lhote, travailleur au terroir de Laigue des lods paroisse de Saint-Clément, le sieur Deloche, notaire à Tain survint à cheval, et sans aucune ombre de provocation, étant descendu d’acheval se jeta sur la dite Marie Dalicieux qui ne put pas l’éviter par la fuite ainsi que firent plusieurs autres bergères qui gardaient aussi leur troupeau dans le même canton ».
*née le 22/04/1726 à Mercurol (source : relevés Egda)
La suite donnée par le juge Chaléat :
L’année suivante en 1754 un notaire Deloche exerce à Tain : [2]
Je suis en présence d’une famille d’hommes de loi :
Etienne est avocat au parlement de Paris et juge de la terre de Larnage ; son frère Jacques est notaire à Tain actif à partir de 1732 ; un autre Deloche : Charles Marcel, né en 1734, décédé vers 1801, est avocat au parlement, lieutenant en la judicature de Tain. [3]
Le fils de Jacques, Joseph Alexandre est notaire actif entre 1745 et 1764 à Tain ; né en 1722, décédé en 1798, son activité s’arrête lorsqu’il atteint l’âge de 42 ans. Son successeur, Ignace PASCAL la poursuit dans cette année 1764 toujours à Tain.
Le grand-père paternel Deloche, Claude, est notaire et greffier à Tain, actif jusqu’en 1732 ;
Je retrouve l’exercice du notariat à Tain pour un Deloche Jean-Louis entre l’année 1977 et l’année 1994. [4]
Marie ne s’est pas mariée : le traumatisme qu’elle a subi en est-il la cause ? Dans la déposition de son père, celui-ci nous informe que sa fille est malade, alitée et même en danger pour la vie.
Peut-être qu’un jour je rechercherais la suite de cette affaire.
« Mardi soir, vers 4 heures, un jeune garçon de 8 à 10 ans s’est présenté au quartier des Sablières, à Clérieux, chez M. Boisset.
Cet enfant n’a pu donner aucune indication sur son pays et sur ses parents.
Il parle le patois de Miribel. Tout ce qu’on a pu obtenir de lui, c’est que son maitre d’école se nommerait Duc, et que ses prénoms seraient Paul Charles ».[1]
Aussitôt je m’empresse de consulter les registres de recensement de la commune de Miribel en vue de rechercher qui peut être ce Paul Charles.
L’article datant de l’année 1909 le recensement le plus proche de cette date est celui de l’année 1906 ; Heureusement elle ne comporte que seize pages.
Je relève trois prénoms « Paul » de garçons entrant dans la tranche d’âge 8 à 10 ans, précisé nés à Miribel et un pour « Charles » né à Romans.
Que faire pour savoir lequel de ces enfants s’est retrouvé si loin de chez lui ?
Les tables décennales, intervalle 1893/1902, puis les actes de naissance de la même période apportent la réponse par rapport au deuxième prénom ‘Charles’ cité par « le fugueur » :
Charles Paul Pourier, né le 12/05/1902[2], dont le père Maurice est ouvrier agricole[3], habite le quartier de Chambarand. Charles Paul a un frère ainé né en 1900, un autre plus jeune de deux années. Ses parents ont pris en nourrice un enfant de l’assistance publique.
Le nom de ‘Duc’ : je n’ai pas trouvé de maitre d’école portant ce nom dans les recensements des années 1901 et 1906. L’enseignant est Jules Thomas ; Le seul ‘Duc’ existant est un propriétaire exploitant habitant au quartier Glanon.[4] Ce lieu se situe au-dessus de celui de Chambaran.
De son école en 1884 il y a une classe au village pour enseigner aux garçons (et une pour enseigner aux filles). [5]
« En 1882, la loi Ferry institue l’école gratuite, laïque et obligatoire, et y interdit l’usage des patois. Dans le cas contraire, l’enfant est brimé, puni ou moqué ».
Et en lien avec la première guerre mondiale :
« Devant l’immensigé des pertes humaines, un grand nombre d’hommes ont dû partir au front, de tous horizons géographiques (et linguistiques) créant ainsi un brassage linguistique important, dès 1915, après le « mélange » des recrutés au sein de différents régiments (auparavant regroupés par régions). Ces soldats n’ont pas eu d’autres choix que d’utiliser le français, pour comprendre et se faire comprendre ».[6]
Je visualise le village de Miribel ainsi que le quartier Chambarand [7]:
Je calcule la distance parcourue par l’enfant : environ 20 km à partir du village de Miribel (résultat fourni par Michelin trajet) :
Charles Paul arrive au quartier des Sablières chez les Boisset qui sont nombreux de famille[8] :
Je n’évoque pas l’angoisse des parents à la disparition de leur enfant.
Je trouve plus qu’étrange qu’à cette période de l’année, au mois d’août, où les agriculteurs sont dans leurs champs, personne n’ait aperçu un enfant de sept ans marchant seul ?
Charles Paul se marie le 08/02/1930 à Miribel avec Eugénie Lambert. Il décèdera le 26/06/1972 à Chantemerle les Blés (source INSEE).
[1] Journal de Valence du 20/08/1909- Page 149, la Drôme des collines d’autrefois par Françoise et Charles Gardelle, édition fontaine de Siloe
[6] Page 154, MORIN Laetitia. L’occitan dans la Drôme : état des lieux, géolinguistique et perspectives sociolinguistiques, sous la direction de Manzano Francis. – Lyon : Université Jean Moulin (Lyon 3). Thèse soutenue le 23/09/2016. Disponible sur : http://www.theses.fr/2016LYSE3048
« Vente par expropriation forcée à l’audience des criées du tribunal civil séant à Valence, de maison d’habitation et terre labourable, situés à Saint-Bardoux, quartier de Champlas commune de Clérieux, saisi contre Joseph Brenier ».[1]
A la requête de Marie Montalon mariée en premières noces à Jean-Pierre Giroud et tutrice de ses enfants mineurs Louis et Joseph Giroud ; mariée en secondes noces à Nicolas Juven, propriétaires à Peyrins.
A la requête de Marie Giroud mariée à Jean-Bruno Giraud, propriétaires à Geyssans.
Tous héritiers de Pierre Giroud, tisserand, cultivateur, né le 06/04/1785 à Clérieux, décédé le 29/01/1858 à Peyrins.
NDLR : Jean-Pierre et Marie enfants de Pierre Giroud.
A la première union de Pierre avec Marie Aillon, mineure, voici ce qu’il est écrit à la délibération du conseil de famille du 30/07/1811, parlant de lui :
« Et qu’il a les moyens de satisfaire au payement des dettes de la mineure dont on serait obligé de vendre une partie des biens pour les acquitter si ce mariage ne pouvait avoir lieu (…) qu’il a des moyens pécuniaires qui peuvent prouver à la mineure l’avantage de conserver les biens que ses père et mère lui ont laissé en payant les dettes dont ils sont greffés »[2].
La profession de Jean-Antoine, père de Pierre, journalier, granger ne favorise point l’acquisition de biens immobiliers. Je suppose que Pierre a dû travailler durement pour « avoir les moyens de satisfaire au payement des dettes de la mineure ».
La succession en question consiste en :
« Une petite propriété composée d’une pièce de terre labourable, d’une maison située au mas ou lieu dit Champlas à Saint-Bardoux (…) ; cette maison construite en bitume, pierre et cailloux et recouverte en tuiles creuses, est composée : d’un rez-de-chaussée, qui prend jour au midi par une fenêtre et une porte d’entrée ; d’un premier étage servant de galetas, prenant jour au midi par une ouverture au levant, par une autre ouverture, et au nord, par une autre petite ouverture ».
Tableau d’assemblage 3 P 3547/1, AD26 :
La direction du Nord située en haut de cette carte
La parcelle concernée en 1858 est la numéro 203 bis ; en 1819 existe seulement la parcelle numéro 203 :
Section B1, Brayes et Pize, 3 P 3547/2, année 1819, AD26 :
[1] Le courrier de la Drôme et de l’Ardèche du 21/11/1858
[2] Page 274, état civil Clérieux, an XI/1812, AD26
Aujourd’hui je rédige un article à propos de François RIVIER, cousin de mon ancêtre Martin RIVIER.
François nait le 01/08/1806 à Viviers. Il n’échappe pas à son devoir militaire et est incorporé au 16ème Régiment d’Infanterie Légère qui fait les compagnes de 1824 à 1832 à Cayenne et au Sénégal (source Wikipédia). Entré le 25/10/1831 à l’hôpital, il décède le 06/11/1831 à Cayenne par suite de gastro-entérite [1]:
L’information vient de l’Etat civil :
Extrait de la table des décès de l’arrondissement de Viviers, AD07
Son frère Jean Louis, né le 26/01/1804 a pu poursuivre son existence jusqu’au 22/10/1883, date de sa mort, à Espeluche dans la Drôme.
« L’armée s’étant ralliée à Napoléon 1er, Louis XVIII qui est obligé de se réfugier à l’étranger, publie le 23 mars 1815, à Lille, une ordonnance licenciant l’armée ».[2]
Après le retour de Louis XVIII en France, celui-ci maintient le licenciement de tous les régiments.
L’ordonnance du 25/10/1820 prescrit la formation de 80 régiments d’infanterie dont 60 d’infanterie de ligne et 20 d’infanterie légère. Le 10/02/1821 la légion de la Haute-Saône devient le 16ème Régiment d’infanterie légère dont fera partie François Rivier.
(Source Google)
« Au XVIIe siècle, à savoir au plus fort des revendications territoriales françaises sur le bassin de l’Amazone, la France se trouve favorisée par la possession d’un vaste territoire dénommé la France Equinoxiale, s’étendant au Sud, de la rivière des Amazones jusqu’à l’Orénoque, et au Nord, jusqu’au fleuve Maroni. Ce droit d’exploitation demeurait néanmoins très théorique, la présence française au début du XIXe siècle se limitant aux environs de Cayenne ainsi qu’à l’embouchure des principaux fleuves compris entre l’Oyapok et le Maroni ».[3]
« La colonie fut prise en 1809 par les Hollandais et fit retour définitivement à la France en 1817 ».[4]
« Le climat est chaud et constamment humide ; la températeur lourde et fatiguante varie de 20° à 32°. L’année se partage en deux saisons : la saison sèche en été (juillet à décembre), et la saison des pluies ou hivernage (janvier à juillet). Les pluies sont très abondantes : 3 mètres à Cayenne ».
L’insalubrité due au climat provoque le décès de François par une inflammation de la paroi de l’intestin causée soit par un virus, une bactérie ou un parasite.
Ayant rejoint l’armée au 01/01/1827 pour 6 années -selon la loi Gouvion-Saint-Cyr- François aurait été libéré de ses obligations militaires à fin 1832. Le destin en a décidé autrement.
Il est des lignées où le mot conformité aux actes d’état civil n’est pas inscrit dans le réel.
J’ai rédigé un article concernant l’usurpation d’identité d’un ancêtre par un autre dont la faute incombait à l’officier d’Etat Civil.
Le protagoniste était Jean-Michel, ° 1782 Chanos-Curson (oubli du curé, info à son 2ème mariage), x1 le 20.4.1800 Clérieux avec Laurence BRUNEL, y x2 le 7.1.1829 avec Marguerite Françoise BARTHELEMY.
Aujourd’hui je donne suite à cette histoire par un nouvel écrit.
Le couple Jean-Michel et Marguerite Françoise Barthélémy donne naissance à Jean-Baptiste le 26/10/1830 à Romans. Celui-ci se marie le 04/05/1857 à Peyrins avec Marie Marguerite Pinet.
De cette union nait le 21/04/1858 (vue 58) à Romans Maurice Baptiste.
Maurice Baptiste se marie en premières noces le 02/07/1894 à Saint-Etienne (vue 194, AD 42) avec Joséphine Mouton ; La mère[1] de Maurice décède à Saint-Etienne le 30/07/1893 (vue 136, AD 42) et son père «est dans l’impossibilité de manifester sa volonté», ainsi qu’il résulte d’un certificat annexé au présent.
Aussitôt, ils déclarent avoir eu deux filles nées à St-Etienne sous le nom de Mouton en 1889 et 1890. Joséphine Mouton décède à l’hôpital le 30.11.1899, « épouse de Maurice Giraud, cartouchier, n° 66 rue d’Annonay ».
Il se remarie le 24/11/1900 à Saint-Etienne (3 E 109, vue 164, archives communales de Saint-Etienne) avec Emilie Bride.
A la deuxième union de Maurice Baptiste je relève sur l’acte de mariage que son père est présumé disparu d’après l’affirmation sous serment tant des parties que des témoins :
Or son père Jean-Michel est décédé le 03/10/1895 à Romans (acte 347, vue 121, archives communales de Romans).
Je vais exploiter des pistes de réflexion de la raison pour laquelle Maurice Baptiste a affirmé sous serment que son père était présumé disparu[2] :
Il n’aurait eu plus de lien avec son père, celui-ci ayant quitté sa femme (recensement de Peyrins, année 1872, vue 23, AD26).
Maurice Baptiste n’a pas été contacté par un notaire pour un héritage éventuel[3] et de ce fait n’aurait pas été averti du décès de celui-ci à l’hospice[4], qui remonte à cinq ans en arrière.
Son livret militaire (1 R 49 bureau de Romans, Matricule 464, vue 478) indique un degré d’instruction générale zéro*, qu’il avait été réformé pour surdité en 1882 :
* ndlr : zéro signifiant ne sait ni lire ni écrire
Sa signature lors de sa deuxième union :
Sous le nom de « Giraut » l’état civil de Romans ne peut lui apporter une réponse quant au décès ou pas de son père Jean-Baptiste.
Additif : sur la fiche militaire d’Auguste Maurice (fils de Maurice Baptiste) disponible en ligne en 08/2022 je peux lire que celui-ci est réformé pour surdité complète, en plus d’être détenu en prison (1 R 1718, classe 1917, matricule 1757, vue 377/726, AD42).
[1] Présente à Saint-Etienne en 1891 au 10 rue du Mont-d’or (recensement sud-ouest 1F20 vue 738)
[2] Même si l’officier d’état civil avait vérifié l’acte de naissance, le décès de son père ne figurait pas sur celui-ci. Cette mention apparaitra qu’à partir de l’année 1945
[3] Tables des Successions et absences 1893-1898 (3Q 9917, AD26)
[4] L’hôpital de Romans était dénommé Hôpital-Hospice à la fin du XIXe siècle. Les registres de délibérations de la commission administrative pour la période 1891-1910 notamment (conservés sous les références 121S256-257) précisent bien « Hôpital-Hospice de Romans » : Information archives communales de Romans.
Jean-François BROTTIER nait le 26 nivôse an 6 (15/01/1798) à Anneyron[1], fils de François, travailleur, marié à Thérèse FAVIER.
Jean-François, garçon meunier, s’unie le 23/02/1830 à Anneyron à Marie Anne PALAIN, fille d’un meunier.[2]
Plusieurs enfants naissent de leur union.
Sur le recensement de l’année 1851 à Clérieux il est dit que Jean-François est fermier/meunier au quartier Virretard où ne vit que lui, son épouse et ses enfants Marie Pauline, 18 ans et Jean 15 ans.[3]
Marie Anne Palain décède à Clérieux le 01/04/1853 (indiqué sur l’acte de mariage de sa fille Marie Pauline le 08/10/1856 à Pact dans l’Isère).
Localisation de ‘Virretard’[4] en haut de la deuxième carte du village Clérieux :
Le 11/09/1853, pour le voler, le meunier tue Didier Reynier, son locataire de 75 ans, colporteur. Le décès de Didier Reynier est enregistré sur la commune de Chavannes (vue 33, AD26) parce que son corps fut retrouvé près de l’étang du Mouchet.
Durant cette année mon ancêtre Ferdinand Giroud marié en 1846 avec Rose Migouret ont une fille née le 18/03/1853 prénommée Rose Pauline. Ils habitent de l’autre côté du village de Clérieux, au quartier des Chirouzes, assez loin du drame qui vient de se dérouler.
Le procès de Jean-François Brottier a lieu le 24/10/1853. Il sera guillotiné le 19/12/1853 à Valence, place du petit Saint-Jacques :
« Brothier a été condamné plusieurs fois, une fois à cinq ans de réclusion pour vol. il avoue cette condamnation. Quant à une autre de dix ans de réclusion pour même fait, et qui aurait été prononcée par contumace il répond qu’il n’en a pas connaissance ».[5]
En 1856 au moulin de Virretard le nouveau fermier meunier est Joseph Millan marié à Traversier Marianne.[6]
Pour approfondir ce sujet je vous invite à lire « La Gazette des Tribunaux » page 2 en date du 29/10/1853 qui relate l’affaire ainsi que « Le salut public » également du 29/10/1853. Documents que vous pouvez trouver sur « Lectura Plus ».
Jacques Guilhot né le 16/10/1709 échappe au grand froid qui déferle dans la nuit du 05 au 06 janvier 1709 :
« Le sol se fige. A Nyons, la gelée brise les pierres et fend chênes et noyers jusqu’aux racines. Les températures tombent de -10 à -20°C. le Rhône est pris par les glaces ».[1]
De Louis Guilhot établi à La Chapelle en Vercors, seul son fils Jacques descend en direction de la vallée, à Montclar sur Gervanne.
Voici l’itinéraire possible suivi par mon ancêtre pour arriver à Montclar : les chemins de la transhumance :
Extraite de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », Année 2020, AD26
Auparavant Jacques s’en est allé à Pont en Royans faire son apprentissage du métier de cordonnier pour une durée de deux ans chez un maitre (2 E 14662 folio 65 du 2005/1728, AD26). Il a 19 ans.
Le 04/06/1743 il se marie avec une fille de Montclar : Isabeau Rochette. Il est dit travailleur.
Il se marie à l’église Saint-Marcel datant du XIIe siècle[2] :
En 1744 aussi le grand froid est là ; cependant Jean-Louis, leur fils, né le 20 avril peut y échapper.
Quelle est la raison pour laquelle il s’établit dans ce village ? : je n’ai trouvé aucun indice qui me permet de répondre à la question.
Le 05/11/1747 : « Dans la maison d’Antoine Prudhomme au lieu de Montclar à la déligeance de Jean-Louis Teste consul moderne dud lieu se sont assemblés en conseil général … ». [3]Le nom de Jacques Guilhot est écrit ; il n’est pas présent pour signer le document arrêté à cette date, de même à l’assemblée du 15/12/1748 où son nom apparait mais pas sa signature.
Et pourtant il sait signer ; voir celle-ci dans mon article ‘La Chapelle en Vercors, départ de ma branche cognatique’.
Jean-François, son fils, né le 08/08/1745 à Montclar, apiculteur, est inscrit le 16/03/1792 sur le registre de la garde nationale, selon la loi de l’Assemblée Nationale [4]; il est dit âgé de 44 ans ce qui amène à une naissance en 1748. Il est né en 1745 : puis-je dire qu’il ne connait pas l’année de sa naissance ?
Aussi, les prénoms ne sont pas inscrits en entier dans le registre : exemple Louis pour Jean-Louis Guilhot et mon ancêtre François pour Jean-François – en ayant auparavant vérifié qu’il n’existait un Louis et un François Guilhot dans le village.
Durant la période de l’an IV à l’an VIII mes ancêtres ne quittent pas leur village ; ils sont agriculteurs, ceci confirmé par l’étude du registre d’enregistrement des passeports du canton d’Aouste qui ne contient pas leur nom (L 1117, AD26).
Un arrière-petit-fils de Jacques, Louis est adjoint au maire lors du coup d’Etat de 1851 :
La municipalité de Montclar sur Gervanne est témoin des mouvements de Joseph Fauchier, cultivateur propriétaire au hameau de Vaugelas à Montclar.
L’adjoint au maire, Reboul dépose : « le 6 décembre, je fus acosté par Fauchier père, et le domestique d’Erand, qui me forcèrent à leur livrer la clef du clocher ».
Guilhot, adjoint aussi, dépose : « le 6 est venu me dire quil fallait partir, qu’on me fera voir les ordres plus tard ».
Dans la population des habitants témoignent : « Fauchier père et Boulard commandaient les gens de Vaugelas », « le 6, Fauchier, accompagné de quelques autres est venu me prendre au collet en disant qu’il fallait partir. Il était un des chefs du mouvement ».[5]
Louis est élu maire de la commune de Montclar jusqu’en 1861, aux élections du 12/09/1852 ; Sur un extrait du cahier des délibérations en date du 14/11/1852 [6] :
Je ne sais s’il est plus tranquille dans son époque que pendant celle où vivait son arrière-grand-père Jacques : au 01/06/1749 : « « Lesdits consuls qu’il est nécessaire de nommer des gardes de bois champêtre rapport aux grands dommages qu’il est fait dans la récolte. Lesquels dits assemblés après avoir ouï les remontrances du dit consul ils ont conclu et délibéré qu’ils nomment pour Montclar (les noms suivent) seront tenus de veiller exactement sur les fruits et récoltes et bois et toute sorte de dommage ».[7]
Le 17/11/1792 : un registre contenant le nombre d’armes et munitions qui existent dans la commune de Montclar ET Vaugelas : « Louis Guilhot un fusil de chasse ».[8]Il s’agit de Jean-Louis Guilhot, fils de Jacques.
La descendance de Jacques est toujours présente sur la commune de Montclar et au XXe siècle nait en 1928 René Louis Guilhot.
Un petit-fils de Jacques, Jean-Pierre, est dit rentier à Montclar au quartier des Combes (recensement année 1861 vue 13, AD26) : il cultive les pommes de terre, des céréales telles le seigle, l’avoine, il a également peut-être des noyers.
Le Chaffal où mon ancêtre Augustin Moulin (Sosa 782), travailleur, se marie vers le 19/04/1732 avec Benoîte Eynard – cm 2 E 6270 folio 137 du 19/04/1732 chez Prompsal à Châteaudouble (manque l’année 1732 dans les registres paroissiaux de Le Chaffal).
Extraites de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », Année 2020, AD26
Dans un cahier de Léoncel un auteur évoque les bandes de pillards, appelés routiers, pendant la période de la guerre de cent ans, qui furent une menace pour l’abbaye de Léoncel. [1]
J’émets l’hypothèse que ces hommes désœuvrés par une des trêves de ce conflit passèrent par la paroisse Le Chaffal et firent des dégâts.
« Le site du Chaffal est remarquable par sa position en belvédère, à 1021 mètres sur un replat dominant le creux du Pêcher. A l’exception d’un bâtiment récemment couvert, le hameau qui continue de donner son nom à la commune est aujourd’hui en ruines ; Il a été détruit par les Allemands en 1944. A cette date, l’église romane dédiée à Saint-Robert, désaffectée depuis les années 1920-1925 était encore debout. Laissée à l’abandon après 1944, elle s’est progressivement affaissée et démantelée ».[2]
L’année 1567 voit les huguenots faire des dégâts écrit Jules Chevalier.[1]
[1] Page 25, Beaufort et sa région par Jean-Noël Couriol, revue drômoise numéro 569 de 09/2018
Le Chaffal en 1918, cliché Raoul Blanchard, Ipimov fond IGA.
« Du 7 may 1644 : Esglise parochiale du Chafal, sous le vocable de Saint-Robert, au mandement de Châteaudouble, Dom Estienne François, prieur de Léoncel, commis pour le divin service que quinze en quinze, et fonctions curiales, moyennant 50 livres. Prieur : le sieur de Vilar, prieur de Beaumont, au diocèse de Valence.
Le presbytère est voûté, menace ruine ; les fenestres du chœur sont sans vitres et chassis. La nef est couverte, n’est pas pavée, ni blanchie et menace de ruine. Point de fonts baptismaux. L’autel du chœur est sans tableau, sans tabernacle, ciboire et sans lampe. Il y a 4 nappes, un calice d’estain avec sa patène, corporal et voile ; une croix et burette d’estain ; un missel, aube et chasuble. (…) les fonds ont été aliénés ou usurpés par le désordre des guerres civiles. Au clocher, il y a deux cloches.
Il y a 40 maisons, toutes catholiques, faisant environ 120 communiants ».[3]
Mon ancêtre Augustin travaille, peut-être avec un bail à fermes, dans une exploitation aux ordres du prieuré du Chaffal ou dans une exploitation coiffée des fermiers généraux aux ordres du domaine des cisterciens.
Ces deux ordres religieux proches voisins définissent les limites de leurs possessions, ceci pour éviter les conflits, qu’ils laissent en fermage et en métayage.
« Le prieuré du Chaffal appartenait au réseau casadéen, c’est à dire à la mouvance de la grande abbaye de la Chaise-Dieu, fondé entre 1043 et 1050 par Robert de Turlande ».[4]
« Les moines de Léoncel perçurent des dîmes et des cens, avec d’importantes variations dans le temps comme dans l’espace, dans les communautés du Chaffal … ».[5]
Et pour continuer avec peut-être l’autre métier d’Augustin, éleveur de mouton pour les gains à percevoir sur la vente de la laine :
Le 19/04/1732 sur son contrat de mariage le notaire note que la future épouse s’est épargnée par son travail et industrie la somme de deux cent trente-neuf livres (2 E 6270 folio 137).
Le 03/03/1726 Jean Moulin se marie avec Marie Brun ; elle apporte en dot 68 livres qu’elle a économisé « en brebis » et « en toile » – contrat de mariage 2 E 6268 folio 202 chez Prompsal à Châteaudouble.
« Aucune maison n’est dépourvue de métier à tisser le drap ».
« Châteaudouble, Combovin et Peyrus se partagent la fabrication de drap de laine de tout le plateau de Léoncel, jusqu’à et y compris Chaméane, Le Chaffal et la Vacherie. En l’an III (1795), les habitants du Chaffal vendent leur laine, parfois avant même que la tonte ne soit faite, ou aussitôt qu’elle est récoltée, aux fabricants de Peyrus où, sur 101 feux (familles), 66 pratiquent la confection de drap de laine ».[6]
Complément d’information :
» Sous l’ancien régime, la Vacherie forme une communauté distincte, rattachée à la paroisse du Chaffal ».[7]
« Que tous les métaux qui sont dans les maisons nationales, celles des émigrés et celles de la ci-devant liste civile, serviront à la fabrication d’armes et seront mis à la disposition du ministre de la Guerre/Pansu ainé dressait un reçu au citoyen François Moulin agent national de la commune de La Vacherie (modeste village de montagne qui n’était relié à la plaine que par un mauvais et dangereux chemin muletier) pour ‘la quantité de 275 livres de fer et 34 livres de cuivre provenant de l’église de la commune ».[1]
[1] Page 170, la patrie en danger par Michel Garcin, édition Nigel Cauvin
[1] Page 96, Vercors terre monastique et canoniale, cahier de Léoncel numéro 11
[2] Page 112, Vercors terre monastique et canoniale, cahier de Léoncel numéro 11
[3] Page 311, tome 46, année 1812, par Jules Chevalier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme
[4] Page 111, Vercors terre monastique et canoniale, cahier de Léoncel numéro 11
[5] Page 99, Vercors terre monastique et canoniale, cahier de Léoncel numéro 11
[6] Page 70, 71 l’élevage ovin à Léoncel et la production lainière, cahier de Léoncel n°10, 08/1993
[7] L’élevage ovin à Léoncel et la production lainière, cahier de Léoncel n°10, 08/1993
Les lois scolaires de Jules Ferry, la loi du 16 juin 1881 établit la gratuité absolue de l’enseignement primaire dans les écoles publiques,[1] complétée par celle du 28 mars 1882 qui rend l’enseignement primaire obligatoire.
« Comme pour la grande majorité du territoire français, les écoles communales de Valence sont installées dans des locaux existants, achetés ou loués par la Ville, souvent dans des conditions de travail et d’hygiène défaillantes à plusieurs titres. En 1874, Valence compte une seule école laïque pour garçons, située place de l’Université, qui accueille 45 élèves. L’inspecteur primaire dit à son sujet qu’il faut la « relever », afin de prouver que l’enseignement laïque peut vivre à Valence ».[2]
Les matériaux utilisés pour la construction des façades des écoles laïques de Valence sont en pierre de taille du sud de la Drôme (Saint-Paul Trois Châteaux) en pierre de taille de Chomérac, moellons de Guilherand et de la maçonnerie de moellons avec de l’enduit lissé.
Dans le recensement de l’année 1936, ma famille maternelle habite à la basse ville, au 7 quoi du Rhône :[3] Ginette Guilhot (ma mère), née en 1929, va à l’école maternelle Jules Renard :
« Neuf bâtiments sont visités et la municipalité opte pour une maison rue Pêcherie, qu’elle achète en 1884. Les locaux étant très vétustes, leur destruction est programmée afin de construire une école neuve* sur son emplacement. À l’issue d’un concours, les architectes valentinois Ernest Tracol et Eugène Poitoux sont désignés pour la réalisation du projet. Ils appliquent les règles de l’architecture scolaire naissante et réalisent en 1903 une école-type de la IIIe République, dotée de deux classes et de deux appartements de fonction. Implanté dans un quartier inondable, le bâtiment est surélevé afin d’être à l’abri des inondations du Rhône.
L’école Jules Renard ferme en 2011 et le bâtiment, rénové en 2016, accueille aujourd’hui la Maison pour tous du centre-ville. »[4]
*école maternelle (précisé page 29, Valence construit ses écoles, par Viviane Rageau, revue drômoise numéro 563 de 03/2017)
Ecole Jules Renard, archives municipales de Valence, 4 M 89
La suite de sa scolarité se passe à l’école de la rue François Pie dont, avec Odette sa maman, elles traversent le champ de mars pour s’y rendre :[5]
en 1884 cote F/17/*/2839
Puis Ginette, de l’année 1937 à l’année 1939, ayant déménagé pour la rue Montplaisir, est élève à l’école primaire Récamier. Moi-même j’y étais, en tant qu’aide à la scolarité de l’année 2014 à l’année 2018 sans que je sache, à l’époque, que maman y avait étudié.
Maman au dernier rang, la deuxième en partant de la droite :
école Récamier dans la cour
« En 1903, l’école communale de filles de la rue de l’Equerre accueille 129 élèves. Le non renouvellement du bail de l’immeuble où elle est implantée précipite le projet de construction d’une nouvelle école primaire de filles. La réflexion autour des quartiers en expansion montre que le nord-est de Valence (avenue de Chabeuil/rue Faventines) s’accroît de jour en jour et reste dépourvu d’école de filles. On projette une école à six classes, même si quatre serait suffisant compte tenu du nombre de filles à accueillir, mais la Ville compte sur la fermeture progressive des écoles privées et prévoit donc un effectif à la hausse.
L’emplacement choisi se situe à l’angle de la rue de l’Isle et de la rue Amblard (école Juliette Récamier) ».[6]
Cette école, pour moi, est d’une architecture élégante non seulement avec sa façade, mais avec son carrelage de l’époque à motifs, dans les couloirs, avec sa verrière immense dans la montée d’escaliers qui mène à des classes.
Façade de mon école vue de la rue Amblard en 1910 (4MV, 4M 99) et dessin d’exécution de chapiteau[7]
AMV, 4 M 99
Croquis de la porte d’entrée principale
La porte d’entrée principale se faisait rue Amblard ouvrant directement dans un couloir menant à la montée d’escalier. De nos jours l’entrée se fait rue de l’armée belge qui ouvre sur la cour de récréation.
La verrière et les chapiteaux sont toujours présents au XXIe siècle :
Cour de l’école Récamier (photographies de l’auteur)
A l’occasion de la fête des mères de l’année 1944 « le Secrétariat général à la Famille avait tenu à témoigner de façon tangible sa reconnaissance aux mères françaises, spécialement aux plus méritantes. »[1]
Ma grand-mère maternelle, Odette, ayant eu huit enfants, obtient la médaille d’argent ainsi qu’un bon pour une paire de chaussures et des tickets pour 2 kilos de sucre.
En 1939 le ministère du Ravitaillement est créé, chargé de l’orientation de la production agricole, de la centralisation des produits ainsi que de la répartition équitable entre toute la population française.
Pour cela, par le décret du 10 mars 1940, la France met en circulation des cartes d’alimentation.
Il existe également des tickets de rationnement pour les vêtements et articles textiles.
Carte de rationnement achats de chaussures :
Je vais survoler cette période tant qu’il y aurait à relater.
« Le ravitaillement devient de plus en plus difficile. Chaque jour pour maman, c’est un véritable tour de force que d’assurer nos repas et préparer une gamelle potable pour papa. (…) c’est le hasard qui décidera des légumes qu’elle va rapporter car le commerçant déchargera de sa voiture ce qui lui-même aura trouvé aux Halles : navets, topinambours, rutabagas, brocolis, choux rouges, seuls légumes en vente libre. (…) Aussi elle apprend un matin ou l’autre que le ticket DZ ou DA ou DW est validé chez le commerçant om nous sommes inscrits pour 1 kg de pommes de terre ou bien 500 g de pâtes ou encore 300 g de lentilles. Alors aussitôt il convient de courir à l’épicerie et prendre la file d’attente car les retardataires risquent fort de se heurter à l’écriteau « distribution épuisée » ! ».[2]
Les premières cartes de rationnements sont distribuées dès octobre 1940 pour les produits de base : pain, viande, pâtes, sucre. La population française est partagée en sept catégories (selon l’âge de l’individu, selon s’il travaille ou pas) : à chaque catégorie sa carte spécifique.
« Exprimé en rations journalières individuelles, on a en moyenne : 250 grammes de pain, 25 grammes de viande, 17 grammes de sucre, 8 grammes de matière grasse et 6 grammes de fromage.
Avec un tel rationnement, la nourriture d’un homme ne dépasse pas 1200 calories/jour alors qu’il est généralement admis qu’il en faut 2400 ! ».[3]
Les parents laissent leurs enfants, même ceux de la maternelle, manger à la cantine : c’est l’assurance qu’ils auront un repas.
Il faut se tenir au courant de à quel endroit trouver les produits, deviner l’heure à laquelle débute la file d’attente qui permettra de remplir son panier, surveiller le compteur de gaz et celui de l’électricité.
Le prix du sucre en morceau, en 1940, augmente de 59 %.[4]
En France en 1944, avant la libération, le prix du beurre était cinq fois supérieur au tarif officiel, et le prix des œufs était quatre fois plus élevé.[5]
Il manque tellement de produits que pendant la période de l’année 1943 et 1944 de nombreux coupons ne sont pas utilisés.
Le marché noir bat son plein :
« Le marché noir, c’est Pinton, le boucher, et la mère Mourdin, l’épicière. Ils disent à maman qu’ils n’ont pas ce qu’elle veut. Mais, après réflexion, ils en auraient peut-être… ils peuvent lui trouver, parce qu’un de leurs amis ira en chercher à la campagne. Il faudra compter avec les frais supplémentaires et les risques qu’il prend. Ce sera beaucoup plus cher… trois ou quatre fois ou même plus que le prix affiché, quand on donne des tickets. (….) Au marché noir, on peut se procurer de fausses cartes de tickets. ».[6]
Le mariage d’Odette, née RIVIER, avec Fernand GUILHOT est le 18/06/1927 à Valence.
Ces années n’ont pas dû être faciles autant pour ma grand-mère que pour mon grand-père réformé pour raison de santé à son service militaire.
Leur premier enfant, Gilbert, né le 10/11/1927 au 37 avenue de Chabeuil à Valence.
En 1931, au 17 quai du Rhône, je retrouve mes grands-parents, Gilbert et deux autres enfants nés entre temps.
Ma grand-mère se rapproche de sa maman dans le quartier qu’elle habitait avant son mariage.
En 1936 toujours dans la même rue mais au 7 quai du Rhône né Maurice.
Mon grand-père Fernand travaille en tant que cartonnier chez Vallon Mayousse à Granges les Valence.
Plan de 1935, cote 106, 404/405, archives municipales Valence
En 1946 la famille Guilhot habite au 109 rue Montplaisir avec tous les enfants, le dernier né en 1943.[7]
Ci-dessous visualisation de l’adresse : surnommé « la cour des miracles » :
Sa cour, qui à l’époque de mes grands-parents, n’avait pas de plantations d’arbres – photographie personnelle de l’auteur prise en juin 2024 :
Ma grand-mère perçoit les allocations familiales :
Le décret-loi du 12 novembre 1938 crée des allocations familiales indépendantes du salaire et des entreprises.
Le 29 juillet 1939 un texte loi renforce la progressivité du barème pour les allocations à partir du troisième enfant, supprime l’allocation au premier enfant au profit d’une prime à la première naissance.
Vers l’âge de leur retraite, mes grands-parents achèteront une maison rue des Basses Crozettes à Valence.
La famille réunie pour une photographie vers l’année 1949 :
Tante Marie « la tante des Baumes »
Son mari « l’oncle Beaugiraud » :
Odette Rivier :
Fernand Guilhot :
Louise Guillot épouse x1 Rivier, x2 Sapet :
Ginette Guilhot :
Hippolyte Guillot (frère de Louise et de Marie Guillot) :
Quatre des enfants de Fernand Guilhot x Odette Rivier :
De gauche vers la droite : Maurice, André, Henri et Yves :
(Manquent Gilbert et Pierre)
Yolande Guilhot :
Mauricette épouse Sapet (belle fille de Louis Guillot) avec un de ses huit enfants qu’elle aura :
Le mariage de Gilbert en 1951 à Valence :
Gilbert :
Pierre :
[1] 25/05/1944, l’Impartial à Romans, 8ème année, numéro 346.
[2] Page 20 Raymond Ruffin, « paroles de l’ombre », lettres et carnets des français sous l’occupation 1939-1945, édition les arènes.
Marie Justine Guilhot, sœur de mon grand-père maternel, naît le 11 septembre 1895 à Mirabel et Blacons [1] ; elle décède le 19 juin 1963 à Bourg les Valence dans sa maison.
Je la retrouve au recensement de l’année 1911 à Baix [2]en tant qu’ouvrière en soie chez Rey à Saint-Symphorien : elle vit avec ses parents et ses deux frères. Son père est métayer.
Le vingt-six avril 1916 elle est embauchée à la cartoucherie nationale de Bourg les Valence : elle a 21 ans.[3]
L’année 1916 voit l’arrivée de 1315 nouvelles cartouchières avec un pic de 260 recrutements en novembre précise Idelette Drogue-Chazalet dans son document.[4]
« Née en 1874 de la volonté de l’Etat de moderniser ses arsenaux, après la défaite de 1870, la cartoucherie nationale de Valence, ancienne manufacture d’indiennes, se situe à Bourg les Valence, quartier de Chony, site qui représente de nombreux avantages, notamment une superficie de plusieurs hectares, gage d’agrandissement futur à proximité d’un centre urbain, vivier d’emplois potentiels… ».[5]
Ci-dessus gravure de l’usine Sanial figurant sur l’acte de vente de la propriété en 1866.
Les femmes, souvent peu qualifiées, sont affectées à différents postes parfois dangereux de la production de cartouches : façonnage, étirage, conception de la balle, amorçage et chargement de l’étui, contrôles multiples et variés sont répartis en des ateliers bien distincts pour aboutir à des cartouches de différents calibres (source Idelette Drogue-Chazalet, journée européenne du patrimoine année 2007).
Elles travaillent à la chaine avec des gestes répétitifs et rapides, six jours sur sept, dix heures par jour en étant payé moins que leurs collègues masculins.
L’usine fonctionne jour et nuit. Les femmes qui normalement ne sont pas soumises au travail de nuit se retrouvent par roulement en travail d’équipe.
Photographie publique : sortie de l’usine cartoucherie nationale (sans date) :
Leurs conditions de travail sont déplorables : manipulation de poids ou respiration de substances dangereuses.
Alexandre Millerand déclare le 13 janvier 1915 : « il n’y plus de droits ouvriers, plus de lois sociales, il n’y a que la guerre ».
Plan de la cartoucherie année 1917 (en gris les ateliers) [6]:
Un certain mois de mai 1916 à 17 heures dans l’atelier de chargement survient une explosion, un incendie dû à un court-circuit en manipulant de la poudre. L’accident fait sept victimes.[7]
Marie Justine s’unie le 07 février 1920 à Valence à Henri Layes, cultivateur avec ses parents au quartier de l’Allée à Bourg les Valence. Marie Justine est déclarée sans profession sur l’acte de mariage.[8]
A la fin de la guerre de 14/18 les hommes sont de retour. Ceux-ci regagnent leur poste de travail et les mutilés ont des places réservées. De ce fait les « usineuses » comme les appellent le directeur Cahen, perdent leur emploi et ont des difficultés à en trouver un autre.
En 1921 le couple habite au 81 avenue de Romans à Valence[9]. Henri est manœuvre chez Allègre et Marie Justine est ouvrière chez Noury ; Ils ont pour voisins de palier Jean-Pierre FERRIER et son épouse Clémence*, grands-parents maternels de Marie Justine.
*Voir mon écrit ‘Rhône, déplacements dans cette vallée’ publié en janvier 2022’.
Henr Louisi Layes et son épouse Marie Justine Guilhot vers l’année 1946 (la photographie est ainsi prise : il manque à gauche le reste du corps d’Henri Louis).
Henri, blessé par éclat d’obus, plaie à la tête en juillet 1916 aux Eparges, reçoit la médaille militaire par décret du 20 octobre 1934, -journal officiel du 30/10/1934, avec admission à une pension définitive.[10]
En 1931 Henri achète, parmi onze autres acquéreurs, une parcelle[11] pour y faire construire une maison qui sera proche du nouveau lieu de travail d’Henri employé à la cartoucherie. Marie Justine avait arrêté son activité professionnelle.[12]
J’ai connu, enfant, un peu ma grande tante, veuve sans enfant. Mes parents, ma sœur et moi vivions dans sa maison : mes parents l’aidaient parce qu’elle était atteinte de la maladie de Parkinson.
Enterré en 1963 au cimetière « du gaz » vieux Bourg, aujourd’hui sa tombe n’existe plus. L’emplacement a été racheté.
[4] Page 166, La Drôme et la grande guerre, chapitre la cartoucherie nationale à Bourg les Valence, Idelette Drogue-Chazalet, édition du comité départemental d’histoire 14-18 de la Drôme, AD26
Comme je l’ai écrit dans mon article ‘Xyloglossie de ma ville : pas du tout’ paru en mars 2022 Victoire Guillot nait le 20 janvier 1888 à Valence.. En 1906 elle n’habite plus 8 rue de l’hôtel de ville, rue où son père décède en 1899. Elle habite 5 rue du Paradis[1] avec sa maman Marie Véronique, sa sœur Marie, son frère Hippolyte ainsi que sa demi-sœur Jeanne, son demi-frère Maurice.
Ce ne sont pas un neveu et une nièce qui sont domiciliés à cette adresse :
Marie Véronique Elisa BARBIER, veuve GUILLOT, a eu trois autres enfants après le décès de son mari :
Jeanne Marguerite Barbier née le 25/09/1901 à Valence, décédée le 06/06/1989 à Valence ;
Maurice Henri Barbier né le 22/05/1903 à Valence, décédé le 30/07/1903 à Valence ;
Maurice Joseph Barbier né le 03/08/1904 à Valence (vue 80), décédé 13/08/1914 (vue 90) à Valence ;
De 1900 à 1905 il n’est pas bon de se loger dans les rues de la rue Bouffier, boulevard Vauban, rue Farnerie et les rues à l’intérieur de ce périmètre, à consulter sur ce plan : [1]
« C’est dans cet espace restreint que se concentre une vingtaine de maisons de tolérance, soit environ cent à cent-cinquante ‘filles soumises’, sans compter la prostitution illégale et clandestine. Le quartier de la Citadelle est, de fait, le lieu de tous les excès, des débordements liés à la licence et à l’alcool, des trafics en tous genres ».[2]
Comme je l’ai écrit plus haut Marie Véronique et ses enfants ayant déménagé, vers l’année 1905, habitent rue du Paradis (quartier basse ville) peuvent ainsi éviter les agressions commises dans ledit quartier de la Citadelle bien que le rapport Calvet fait part des risques sanitaires dus au surpeuplement des logements [1] :
En 1910 la rue Paradis la première à gauche en remontant les boulevards :
Etrangement en 1911 mon arrière-grand-mère Louise Victoire habite 15 quai du Rhône[2] avec encore sa maman Marie Véronique Elisa et non avec son époux, s’étant marié une première fois le 26/01/1910 à Valence avec Marius RIVIER. Celui-ci meurt le 07/04/1915 au Bois de Lamorville (55) à la grande guerre, laissant une orpheline de trois ans.
Après recherche je retrouve en 1911 Louise Victoire et son mari Marius Rivier à Bourg Saint-Andéol, au 21 de la rue Poterne (recensement de Bourg Saint-Andéol, année 1911, 6 M 090, AD07).[3]
Sans profession (indiqué sur son acte de mariage) maintenant Louise Victoire, veuve n’a pas d’autres sources de revenus que ceux que l’Etat peut lui fournir ou alors d’aller travailler.
Elle ne peut rien attendre financièrement de sa belle-famille, son beau-père Marius Rivier décède dans un hôpital le 04/10/1918, qu’il n’a aucun actif au moment de sa mort (3 Q 9594 période 1906/1919, vue 14, AD07, bureau de Bourg Saint-Andéol).
« Les indigents mourraient à l’hôpital tandis que les bourgeois eux mourraient chez eux parce qu’ils recevaient, lorsqu’ils étaient malades, les soins chez eux. »[4]
« Dans la plupart des familles d’avant-guerre, l’homme est le seul qui travaille. Lorsque le conflit commence, des femmes et des enfants se trouvent immédiatement sans aucune ressource. La loi du 05 août 1914 sur les familles nécessiteuses de mobilisés, dites allocations militaires, étend les bénéfices des allocations militaires (1.25 francs par jour, majorée de 50 cts par enfant) à l’ensemble de mobilisés (…).
Ce texte est modifié par différentes lois : (…) celle du 04 août 1917 qui augmente l’allocation principale à 1.50 francs avec une majoration en fonction du nombre d’enfants. Ces allocations sont attribuées sous conditions de ressources par une commission cantonale. (…) ces allocations sont versées jusqu’à la paix. »[5]
Odette, ma grand-mère, fille du couple Guillot/Rivier devient pupille de la nation :
« La loi du 27 juillet 1917 a accordé le statut de pupille de la Nation aux enfants dont le père, la mère ou le soutien de famille était décédé du fait de la guerre ou de ses suites, ou se trouvait dans l’incapacité de travailler.Une fois le jugement d’adoption prononcé par un tribunal civil, le pupille de la Nation est pris en charge par l’Etat jusqu’à sa majorité. Il bénéficie d’une tutelle, d’un soutien et d’une protection sociale. Son dossier est géré par l’office départemental des pupilles de la Nation, regroupé en 1926 avec l’office départemental des anciens combattants ;»[6]
Louise Victoire se re marie le 16/11/1920 à Valence ave Louis Xavier SAPET. Elle est déclarée sans profession. Ils vivent depuis au 15 Quai du Rhône, dans la basse ville où Louise est déclarée ouvrière d’usine en 1946.
Deux enfants naissent de cette union :
Edmond, le 24/04/1920 à Valence, décédé le 04/11/1981 à Valence ;
André, le 10/06/1923, décédé le 23/11/2005 à Valence.
Avant que Louis Xavier SAPET et mon ancêtre Louise reconnaissent leur premier fils Edmond le 13/11/1920 :
Le 24/04/1920 à Valence l’acte de naissance d’Edmond (vue 43, AD26) cite Marius RIVIER comme son père ; or ce dernier est mort à la guerre de 14/18 en 1915 ;
Le 31/10/1920 rectification : Louise est déclarée veuve sur l’acte de naissance de son fils qui est dit de père inconnu.
Louis Xavier, pendant la guerre 14/18, arrivé aux armées à partir 12 décembre 1915 était affecté au 15ème escadron du train, 24ème compagnie, ravitaillements en vivre, munitions et matériels de toutes sortes dans des cantonnements hors de portée de l’artillerie ennemie (à l’exception des ‘Berthas’).[1]
Mon arrière-grand-mère décède le 27/07/1971 à Champis dans l’Ardèche dans une maison de retraite ; il était impossible à ma grand-mère Odette de s’occuper de sa maman, elle-même ayant huit enfants et pas assez de place dans son logement.
Marie Véronique Barbier finit ses jours chez sa fille Louise. Appelée « la petite mémée » elle meurt subitement d’une attaque cérébrale, le jour de Noel de l’année 1934 quand la famille faisait des bugnes (source : Ginette Guilhot).
Edmond qui travaillait dans les transports emmenait ma grand-mère chaque lundi voir leur mère Louise.
Moi-même accompagnée de mes parents, du frère (Hippolyte) et de la sœur (Marie) légitimes Guillot allions voir mon aïeule à Alboussière. Je me souviens d’elle aveugle, assise dans un fauteuil.
La bâtisse a depuis changé d’orientation : elle ne pratique plus l’accueil pour personnes âgées.
Maman et Louise Victoire GUILLOT en 1956.
[1] Vue 216, recensement de Valence, année 1906, AD26
[2] Vue 654, recensement de Valence, année 1911, AD26
À la fin du XIXe siècle, pour des raisons économiques, quelques-uns de mes aïeux ardéchois ont franchi le Rhône pour s’implanter à Valence.
Henry Guillot, artisan poêlier-fumiste, né à St-Didier-de-Crussol (devenu Alboussière) (07) et Elisa Barbier arrivent à Valence en 1887. Leur fille, Louise, mon arrière-grand-mère maternelle (Sosa 15), y naît en 1888 et s’y marie en 1910 avec Marius Rivier mais celui-ci meurt à la guerre en 1915. Elle se remarie en 1920 avec Louis Sapet[1] et, jusqu’en 1946, ils habiteront 15 Quai du Rhône, dans la basse ville.
Odette Rivier, née du premier mariage en 1911 à Bourg-Saint-Andéol (07), se marie en 1927 à Valence avec Fernand Guilhot, mon grand-père (Sosa 6), né à Baix (07).
Il est cartonnier chez Vallon-Mayousse comme son épouse qui travaille chez Blanc. Ils habitent au numéro 17 Quai du Rhône.
Valence a vu sa population s’accroître fortement de 1850 jusqu’à la Grande Guerre. Son développement exceptionnel a été impulsé par l’apport de population extérieure, plus que par l’évolution naturelle. Les Valentinois sont des déracinés !
Plus du quart des nouveaux habitants venait des communes voisines et l’Ardèche constituait également un grand réservoir : en 1891, pour 20 % des naissances, les parents étaient ardéchois.
Ils arrivaient du proche plateau et de sa bordure de la rive droite du Rhône, souvent après des contacts répétés avec la ville, à l’occasion des foires et marchés par exemple.
Ensuite, des courants plus lointains se sont établis, le plus souvent sans lien avec l’influence économique de la ville qui se nourrissait avant tout, et de plus en plus, de nouveaux arrivants. Ils se logeaient d’abord dans la basse ville, dans des conditions précaires, voire insalubres, puis au-delà des boulevards. En 1801, 93 % des Valentinois étaient logés dans la vieille ville ; en 1911 ce chiffre tombait à 26 %[2].
La population de la basse ville, au pied de la colline, par opposition à la ville haute, vivait du fleuve qui générait une intense activité artisanale et commerçante. Mais, tout au long des siècles, ce quartier a subi les assauts du Rhône. Les 29 et 30 novembre 1651 :« il y eut un débordement extraordinaire du Rhône qui fit un grand trou et emporta plusieurs maisons et ruina les murailles qui protégeaient la basse ville ».[3]
Sur l’emplacement du parc Jouvet actuel, les prairies et les jardins étaient régulièrement envahis par l’écoulement des eaux de la colline : « Le projet d’y créer un parc public est ancien. Il permettrait d’assainir ce quartier, rendu malsain par les eaux qui y stagnent et que l’on juge responsables des épidémies affectant périodiquement tout le quartier de la basse ville ».[4]
Crue du Rhône en 1955, quartier de la Basse-Ville, à l’arrière-plan, la rue Pêcherie.
« Valence était l’entrepôt de tout le sel qui remontait sur les barques. Vers ce point du quai où il n’y a plus rien et qu’on appelait le « portalet du sel », le cadastre de 1547 nous signale, outre les autres constructions de cette agglomération, dix maisons et boutiques à sel, appartenant à des familles importantes de ce temps qui faisaient ce commerce, entre autres celles de Gaspard Mayault, de Dymanche Emeric, de Jaume Merveilleux, hommes marquants de la bourgeoisie du XVIème siècle, dont nous avons retrouvé le nom et les possessions dans d’autres quartiers, car c’était à ce commerce qu’on faisait fortune.[5]
« Dans le quartier de la basse ville s’était développé, le long du fleuve, un artisanat lié à la présence des ports : le petit port de la Pêcherie pour le commerce local entre les deux rives, reliées par le bac à traille et le grand port du Bourg pour le trafic fluvial. Il a été occupé du IIIe siècle jusqu’à l’époque moderne ; il était peuplé par les haleurs, ou affaneurs, qui, à partir de 1475-1480 se feront laboureurs ou artisans.
L’îlot Soyons [rue Saint-Martin et rue des Jardins] reste aujourd’hui le dernier témoin de la structure médiévale[6].
Le recensement de l’année 1812 montre que les habitants étaient tisserands, jardiniers, journaliers, employés de l’octroi au bureau du bac-à-traille mais le métier le plus représenté était celui de marinier.[7]
Entre les deux guerres, des usines nouvelles ont vu le jour : la Boulonnerie calibrée ; Toussaint-Devilbis ; la Cuivrerie du Sud-Est ; les Cartonnage Blanc ; les Tanneries Balsan et Mirabel-Chambaud (place Notre-Dame de Soyons) ; les transports Bonnardel ; les Cafés Pivard ; les Graines Tézier, les Moulins Basset-Bouvier, etc.
Elles avaient un grand besoin de main d’œuvre et faisaient vivre de nombreuses familles, dont une importante communauté d’Arméniens, réfugiés à la suite du génocide de 1915 (en 1926, Valence comptait 827 Arméniens pour 30 964 habitants et 1670 en 1936 pour 34 275 habitants soit 4.87 %.[8]
Marie Thérèse Savelli écrivait en 1945 : « Les industries alimentaires : une notable partie de l’industrie valentinoise est dans la dépendance directe de l’agriculture, qui demeure la principale richesse de la vallée du Rhône. Tel est évidemment le cas de la meunerie. Ses humbles débuts sont à rechercher dans l’activité des petits moulins installés sur les ruisseaux de Valence, lesquels ont utilisé dès le Moyen-Age le blé de la plaine voisine. Vers 1880 le remplacement des meules par les cylindres intensifie le rendement et permet l’installation de grosses minoteries, vraies usines à farine, susceptibles d’écraser quotidiennement d’importantes quantités de blé. Dans ces conditions la Société Basset et Bouvier exploite les très anciens moulins Saint-Pierre, situés à Bourg, capables de triturer 100 quintaux de blé par jour. Elle dirige également les grands Moulins de Valence établis sur les quais du Rhône /… ».[9]
« Le couvent des Dominicains, autrement dit les Jacobins, occupait une partie de ce grand clos sur les bords du Rhône qui a été pris pour l’arsenal. Cette maison, fondée en 1234, avait pris rapidement de grands accroissements et une certaine renommée, car on porte jusqu’à cent le nombre des religieux qui y vécurent ensemble dans la ferveur… On assure qu’Humbert, dauphin de Viennois, aimait à s’y retirer, et que ce fut là qu’il conçut le projet d’entrer dans l’Ordre des Frères Prêcheurs.
La noble et riche abbaye des religieuses Bénédictines de Soyons y fut transférée en 1632, à l’époque des troubles qui ont agité ce pays.
Les Capucins s’étaient établis aussi sur les bords du Rhône, dans le local où se trouve aujourd’hui l’hôpital. On peut juger l’importance de cette maison religieuse par les bâtiments et l’étendue des jardins. Ce quartier était anciennement considérable et peut-être le plus important du vieux Valence »4.
La construction de l’autoroute en 1960-1965 a profondément modifié la basse ville de Valence.
À partir de l’avenue Gambetta, au niveau de l’ancien bac-à-traille et de la rue Pêcherie, jusqu’au Bourg-lès-Valence, de nombreuses maisons ont été abattues. Ainsi ont disparu la promenade le long du Rhône et tout un quartier populaire et laborieux, très animé avec des commerces et des cafés où se retrouvaient les mariniers, les pêcheurs et les ardéchois qui empruntaient le bac.
De l’Arsenal il nous reste la porte d’entrée et la chapelle Notre-Dame de Soyons, classées aux monuments historiques.
Quai du Rhône, quartier de la basse ville en 1914. Aujourd’hui, c’est une autoroute…
En rédigeant ce document je voulais retracer l’évolution sociologique de cette partie de la ville. Aux familles bourgeoises de l’époque médiévale, aux religieux après les guerres de religion, ont succédé les populations de la classe populaire à partir de la Révolution.
Complément à mon article :
La disparition, à Valence, d’un établissement séculaire, l’école des frères par Alain Balsan, revue drômoise numéro 581 de 09/2021.
Plan de Valence, annoté après 1945 :
En rouge les immeubles sinistrés, endommagés ou détruits lors du bombardement anglo-américain du 15 août 1944 [1] :
[1] Page 18, capture d’image extraite du livre ‘L’Hôtel de la Préfecture et du département de la Drôme’ paru en 2026
[1] Louis Sapet est ouvrier chez Tézier. De ce second mariage naîtront deux fils.
[2] Ville de valence et office du tourisme, 1991, cote 944/98 pp. 182-183, Médiathèque.
Je remonte mon arbre généalogique et voici ce que je lis dans la zone ‘fils de’ sur l’acte de mariage d’un de mes ancêtres Jean Pierre Giraud (fils) avec Jeanne Chaumier, le 05/02/1835 à Saint-Cierge la Serre :
« Jean-Pierre Giraud, condamné aux travaux forcés à Brest, à perpétuité ».
Le père du marié qui se prénomme également Jean-Pierre, mon Sosa 100, a commis un délit :
« Dans le courant du XIXe siècle, les larcins se payaient au prix fort et la sanction, souvent disproportionnée, conduisait très couramment au bagne, en rendant hypothétique la suite de la vie de leurs auteurs » (source : Revue Française de généalogie n° 194 juin-juillet 2011).
Sur sa fiche militaire il est noté qu’il est remplaçant d’un conscrit de l’an 13 : c’est le manque d’argent qui l’aurait poussé à l’agression ? [1]
[1] SHD/GR 21 YC 47 (vue 34), matricule 12647, mémoire des hommes
Le jugement de fin d’année 1824 lui impose le bagne où il y arrive en 1830.
« Après le jugement, le condamné retourne en prison dans l’attente du passage de la prochaine chaine. Il y subit la flétissure au fer rouge et il est muni d’un collier de fer rivé au cou d’où part une lourde chaine de trois pieds (un mètre) aec un anneau en son milieu où passe la longue chaine commune qui relie une centaine d’hommes ou plus ».[1]
Sa condamnation à perpétuité immatriculée à Toulon est commuée à un peu plus de dix ans à purger au bagne de Brest suite à l’ordonnance du 20 aout 1825 prescrivant la répartition des condamnés entre les ports militaires du royaume en raison de la durée de leur peine.[2]
« La condamnation aux galères à perpétuité ou au bannissement prerpétuel hors du royaume, emportait la confiscation des biens et équivalait à la mort civile ».[3]
Jean-Pierre retourne à la vie civile en 1843. Grâce à la diminution de sa peine il échappe au bagne de la Guyane, le bagne de Brest fermant définitivement en 1858. Celui-ci « est converti en dépôt de matériel. Pendant la Première Guerre mondiale, il sera successivement un hôpital complémentaire, un centre de réforme et un magasin. Après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment sera entièrement détruit ».[4]
Entre temps son épouse Anne Vézian meurt le 01/10/1829 à Chomérac. La table des successions et absences dit que ses enfants et non son époux, doivent hériter ; la colonne ‘observation de la déclaration » dit « reprise » [5]:
Jean-Pierre (l’ex condamné) décède le 15/06/1847 à Chomérac ; son fils Jean-Pierre devient héritier « d’aucun bien déclaré » noté sur la table des successions et absences.[6]
Seul le prénom du fils Jean-Pierre apparait sur la table : qu’en est-il de Louis, né en 1823, enfant du couple Giraud/Vézian dont la naissance n’est pas inscrite dans le registre de Chomérac ?
Il a la possibilité de faire la connaissance de son père lorsqu’il a 20 ans.
Louis se marie le 03/08/1853 à Saint-Julien en Saint-Alban et décède le 14/11/1896 à Flaviac (également enregistré dans les tables de successions et décès de Privas,3 Q 4214-7, vue 4, AD07).
Comme je l’indique dans le début de cet écrit, Jean-Pierre (fils) épouse Jeanne Chaumier.
Elle lègue à son mari et à ses enfants le 10/03/1855 la somme de 1200 frs (valeur du mobilier, argent, rentes et créances) :
Au le décès de Jean-Pierre, époux de Jeanne, sa succession, à partager entre ses nombreux enfants, s’élève à 41.50 frs de biens et à d’un capital de 830 frs.[8]
Pour conclure :
« Les bagnards ne sont jamais gros négociants, hommes de finances, importants notables ou banquiers ; ils sont par contre assez souvent :tisseur de toile, marchand de baguettes à nettoyer les fusils, d’amadou, de peaux, boulanger, potier de terre, bien plus fréquemment domestique, journalier, travailleur de terre, colporteur ou déserteur, quelquefois huissier.
(…) il se dégage cependant de ce modeste ensemble, qu’une multitude d’autres faits recoupent, l’impression d’une justice encore très fortement marquée par l’empreinte des dominants, malgré les transformations de 1790, trop souvent demeurées dans les textes. Cela engendre une justice, mais une justice partiale ».[9]
[1] page 10 et page 11 par Chantal Guibon, Racines Drômoises, revue numéro 111.
Jean-Pierre Guilhot (mon Sosa 96) né en 1779 à Montclar, se marie avec une fille Eynard dont l’origine géographique de sa branche maternelle est la paroisse d’Ansage. Cette dite paroisse a une chapelle nommée Sainte Marie Madeleine, jadis église de la paroisse dite d’Ansage et le Pêcher.
En 1698 la population des taillabilités relevée :[1]
Photographie de l’auteur de cet article :
« L’église Sainte-Marie-Madeleine est celle d’un prieuré relevant du prieuré voisin d’Anse, les maisons du hameau étant sans doute les vestiges des bâtiments conventuels. A quelques mètres, une nouvelle église a été construite à la fin du XIXème siècle » recopie d’une partie la plaque située sur le parvis de l’église d’Ansage.
« Datée de 1753 sur son mur méridional, mélangeant les moellons calcaires et les blocs de tuf, elle s’intègre parfaitement dans son décor minéral ».[2]
« Du 07 may 1644 Ensage : Un calice, patène, et burette d’estaing. Un ciboire de leton. Un corporal, un voile, une chasuble, une aube, un missel, rituel, trois nappes.
Esglise en estat, sauf que les fenestres sont sans vitres et la nef pas pavée. Point de tableau, ni fonts baptismaux. Une cloche sur une fenestre. Cimetière autour de l’esglise.
Les huguenots enterrent pesle mesle avec les catholiques. Un confessional, Point de chaire. 18 maisons catholiques faisant 30 communiants : 3 maisons huguenottes, pour l’enterrement desquelles Mgr a désigné un lieu ».[3]
Au mariage de Joseph Eynard avec Magdeleine Revol le 23 août 1785[4] à Ansage les témoins sont le sieur Lantheaume (bourgeois*) et Jean Claude Revol (ménager). Je relève également la présence un meunier Pierre Lantheaume, sur l’arbre l’Alain Pinche (Source Généanet).
* Bourgeois : donnent leurs biens à bail à des « rentiers » (fermiers) – page 70, l’élevage ovin à Léoncel et sa production lainière, cahier de Léoncel numéro 10.
Le 12 juillet 1745 Suzanne Peloux, veuve de Pierre God Barsat, protestante, est enterrée hors du cimetière ; les temps ont changé : la révocation de l’Edit de Nantes fait son effet [5] :
Les cahiers de Léoncel numéro 27 :
Le lien se fait entre Ansage et le hameau « le pescher » par les habitants de celui-ci qui vont à l’église d’Ansage.
Mon ancêtre Jean-Pierre Revol, dit Jourdan, nait le 29 mars 1739 à Ansage au hameau le pêcher[6] :
Son père Jean-Antoine décédé le 26 juillet 1751[7] est enterré au cimetière d’Ansage :
« Le 23 octobre l’évêque prescrivit encore de faire une grille en longues poutres immédiatement hors du presbytère, et de clore le cimetière en bois ; et M. de Mayres paya 8 florins ».[8]
Photo extraite de l’exposition « Chemins faisant : une histoire des routes du Vercors »
Année 2020, AD26 :
Un lieu pas si reculé comptant 21 maisons ; Un sentier mène de la Vacherie aux gorges d’Omblèze par la ferme de Lantheaume et le vallon du Pêcher.
Un autre un chemin transitant le hameau du « Pescher » permet de se rendre au Chaffal où là, également, j’ai des aïeuls.
Compléments d’une carte assemblés en trois morceaux [9]:
[1] Page 81, population des taillabilités du Dauphiné, tome 40, année 1906, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
[2] Page 63, les chapelles du pays de Gervanne, Jean-Noël Couriol, les cahiers de Léoncel numéro 27
[3] Page 309, tome 46, année 1912, par Jules Chevalier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
[8] Page 377, état des diocèses de Die et de Valence en 1509, tome 16, année 1882, par l’abbé Fillet, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
[9] Livre ‘Dis Grand-père c’était quoi ta colo ? par Loulou Bouvier, édition Deval année 2001
[1] Page 81, population des taillabilités du Dauphiné, tome 40, année 1906, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
[2] Page 63, les chapelles du pays de Gervanne, Jean-Noël Couriol, les cahiers de Léoncel numéro 27
[3] Page 309, tome 46, année 1912, par Jules Chevalier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
[4] Page 377, état des diocèses de Die et de Valence en 1509, tome 16, année 1882, par l’abbé Fillet, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.
(5) Livre ‘Dis Grand-père c’était quoi ta colo ? par Loulou Bouvier, édition Deval année 2001
Marie née le 01 septembre 1802 à Les Vastres, décédée le 06 janvier 1872 à Saint-Jean Chambre.
Ses parents et ses grands-parents :
Ses grands-parents paternels se marient, devant le pasteur Pierre Peirot, le 06/02/1752 au Mazet Saint-Voy, où naissent neuf enfants, au hameau La Faurie ou les Fauries, dont apparemment atteignent l’âge adulte pour s’établir sur la paroisse de leurs parents.
Un frère ainé, Jean-Pierre, une belle-mère[1], un père journalier sachant signer*[2] décédé trop tôt, trop de membres de la famille Ferrier sur le même territoire aurait-il incité Marie Ferrier à quitter son village des Vastres ?
* la plupart des protestants ayant appris à lire (voir à mon écrit « protestants, certains parmi mes ancêtres »).
« Les Vastres occupe un plateau vallonné de 100 à 1150 m, plutôt fertile avec un terrain moins sablonneux que celui de Saint-Agrève grâce aux apports volcaniques. La terre est plus noire. Les blés portent chapeau et remplacent souvent le seigle. Vaches et chevaux paissent dans de grasses prairies. Par contre, ce coin est particulièrement rude, balayé par la burle comme à Champagne ou Creaux ».[3]
Je trouve la trace de mon aïeule à Saint-Basile au hameau de Mounens en tant que manouvrière (ouvrière le plus souvent agricole qui accomplit des travaux saisonniers pour le compte d’autrui), où elle donne naissance à Marie[4] née le 30 octobre 1833, à Jean-Jacques le 13 décembre 1838 et à Jean-Pierre le 08 septembre 1843.
Tous les trois sont déclarés de père inconnu. Ils sont baptisés dans la religion catholique.[5]
Hameau où vit Marie (section F) Saint Basile (section B)
3 P 2828 1, AD07
En 1856 Marie n’apparait pas sur la liste de recensement de Saint-Basile. Je la retrouve à Saint-Apollinaire de Rias en 1861 travaillant en tant que journalière chez Jean Ponton au quartier Réveille.[6]
En 1872 Jean-Jacques et Jean-Pierre vivent à environ 10 kms de leur mère qui décède à Saint-Jean Chambre, quartier les Rabarines dans sa maison d’habitation, en tant indigente [7]:
Je fais le lien avec la famille de Clémence PONT, épouse de Jean-Pierre Ferrier, dont les grands-parents maternels habitaient au quartier des Rabarines :
Sosa 110 : CHAREL Jacques, cultivateur, né le 08/06/1777 à Saint-Agrève (vue 11), décédé le 15/03/1859 à Saint-Jean Chambre (les Rabarines), marié le 03/06/1810 à Saint Jean Chambre (vue 58) avec PONTON Isabeau.
[1] Marie Anne Gential, noté sur l’acte de décès de Pierre Ferrier le 10/02/1817, les Vastres 6 E 282/2, vue 200/334, AD43 (j’ai recherché le mariage de Pierre et Marie Anne : je ne l’ai pas encore trouvé)
[2] Indiqué sur l’acte du 16/06/1796, E dépôt 234/3 150, Le Mazet Saint-Voy
[3] Page 105 à page 117, du Chiniac au Mézenc, à l’aube des temps nouveaux, par Jean Montabonet.
[4] Sur son acte de naissance (vue 18) il est noté : Jean Pommier beau-frère de la déclarante
[5] Jean-Pierre Ferrier, ADA 5 J 62/2, archives du diocèse de Viviers, AD07
En cherchant de la documentation en lien avec mon ancêtre Jacques Guilhot, je lis ceci qu’au 05/11/1747 :
« Il est nommé Antoine Prudhomme de son consentement pour en faire la fonction pendant six mois et assistera aux services divins moyennant la somme de septante cinq livres aux conditions de fournir sa maison pour y tenir l’école payables en deux payements égaux et dans le temps qu’il sera obligé de la tenir à Vaugelas on fera comme les anciennes coutumes ».
Au 15/12/1748 :
« Conclu que le sieur Antoine Prudhomme fera les fonctions de précepteur et qui continuera de faire ces fonctions pendant le temps et termes de quatre mois sous le prix et somme de treize livres par mois et fournira sa maison comme il a été convenu ci-devant ».[1]
Sur le contrat de mariage le 11/11/1739 d’Antoine Prudhomme (avec Jeanne Beatrix) où il est dit qu’il est travailleur de terre, journalier, je peux voir sa signature [2] :
*
*
*Vérifiée sur le document du conseil municipal du 05/11/1747 à Montclar.
Déjà en mars 1733 je trouve sa signature en tant que parrain (vue 63, paroisse de Montclar, AD26).
Carte Cassini (source IGN)
Comme cela est formulé dans le contrat de maitre d’école [3] :
De plus le rôle du dit maitre est de veiller à l’assiduité des enfants dans le domaine religieux
« Le recrutement de l’enseignant se fait pendant les foires (exemple celle de Gap), le bouche à oreilles ou par le biais des affiches d’un journal de la capitale de la province ».[4]
Le conseil général -c’est ainsi que cela se nomme- n’a pas de tracas à Montclar : tous ces hommes appartiennent presque tous à la même paroisse.
Au choix de Besson pour maître d’école, à 114 livres par an (1er novembre 1717) ;
En 1729 : Le traitement des instituteurs Besson, Gautier, Evesque, Rostaing, Prudhomme et Dorille, pour 2, 4, 6 et 12 mois, montent de 25 à 72 livres ;
Aux 150 livres de gages à Colomp, pour diriger l’école (1er décembre 1765) ;
Aux 174 livres données à Bérard, pour l’école (14 décembre 1766) ;
Et au vote de 75 livres à de Bardonnenche, pour 6 mois d’école (3 novembre 1771) ;
Aux 75 livres de Pelourson, pour 6 mois d’école (5 novembre 1775) ;
Quittances aux consuls par Besson, « précepteur de la jeunesse, de quarante-quatre livres treize souls pour ses gages de l’année 1750 » ;
Par Pelourson, de 62 livres 10 sous, pour avoir servi de précepteur « l’espasse » de 5 mois (1783).
En 1733 Jean Gautier est précepteur de la jeunesse (vue 63, registres paroissiaux de Montclar, AD26).
S’ils appartiennent au village les écoliers doivent parcourir environ 2 kilomètres et demi pour rejoindre la maison du régent située à Vaugelas.
Depuis le 01/11/1790 jusqu’au 31/07/1796 Jean-Baptiste Rouy exerce le métier de précepteur des petites écoles. Il est reconduit dans sa fonction.[5]
En 1644, lors de la visite de l’Evêque, Charles Jacques de Leberon, Evêque de Valence et de Die, je lis que le curé enseigne les petits enfants gratis et qu’il n’y a pas de maitre.[6]
Les registres paroissiaux perdus ou brûlés ont amenés, de 1744 à 1747, des tentatives de reconstitution des registres période d’actes passés entre 1709 et 1736 à La Chapelle en Vercors.
Afin de pouvoir poser la recherche de mes ancêtres par génération j’ai analysé tous les contrats de mariages au nom de Guillet, Guillot, Guilhot, dans les paroisses de la Chapelle en Vercors, Saint-Martin en Vercors, Saint-Agnan en Vercors, Saint-Julien en Vercors, Vassieux, Saint-Jean en Royans, Die et Crest.
J’ai, également, relevé tous les actes de baptême, de mariage et de sépulture ainsi que des testaments et autres documents notariés pour les lieux nommés ci-dessus.
Les fascicules qui m’ont permis ce travail sont ceux de l’association Egda.
Les voies au 1 siècle avant/V siècle après JC :
Extrait de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », année 2020, AD26
« L’absence de route praticable était censée mettre les communautés villageoises relativement à l’abri du passage des gens de guerre, les routiers du Moyen Age comme leurs confrères plus tardifs s’écartant peu des ‘sentiers battus’ ».[1]
« Forteresse naturelle, le Vercors est une terre où se réfugier, se cacher, s’isoler. Sans accès facile durant des siècles, elle a forgé une population indépendante et courageuse ».[2]
Cependant, comme je le relève plus loin dans ce document, les chemins menant à la plaine existent par exemple pour aller à Pont en Royans.
« Au Moyen Age, le village se trouvait à l’est du bourg actuel, sur le piton rocheux de Foirevieille. Son église et sa centaine de maisons étaient protégées derrière les murailles de la forteresse de la Bâtie. Elle s’appelait la Bâtie de l’Orme en 1253, la Bâtie des Monts de la Vernaison en 1313, puis tout simplement la Bâtie.
En 1573, de Gordes, lieutenant du roi et chef catholique reprend la place tenue par les protestants et fait démolir le château. Du village originel comme de la forteresse ne restent que quelques ruines ».[3]
« Les Vaudois du XIVe siècle remplacés ensuite par les protestants au XVIe siècle, se sont réfugiés aux montagnes. Ces derniers avaient conquis le Diois de 1562 à 1569 ».[4]
« Mes ancêtres diois au XVe siècle et suivant ‘montaient’ par le col du Rousset avec leurs mules, bien avant le raccourci réalisé par le tunnel de Rousset. Il fallait une journée pour monter de Die par Chamaloc ou par Romeyer, traverser le mandement de Rousset, et encore un jour pour redescendre avec leur tribut de quelques poules et menues monnaies de La Bâtie de Vercors (La Chapelle en Vercors) ».[5]
E. Lavisse dit que sous Louis XIV les pâturages couvrent une grande partie du royaume. Ils s’étendent surtout dans les régions de montagnes et de collines de la Lorraine, du Dauphiné et de la Provence… [6]
Le chemin d’accès a peut-être été facilité par les mouvements de transhumance des brebis ?
Les hauts plateaux accueillent en majorité des brebis venant des Bouches du Rhône (de la Crau), du Vaucluse, du Gard et des Alpes de Haute-Provence mais aussi du Royans, du Diois et de la Gervanne dit l’article de la revue page 9 et page 15 Vercors numéro 75 de mai 2019.
L’ancienne place -place de l’église- de la Chapelle en Vercors :
Ecole d’architecture de Grenoble, laboratoire espace rural et montagne, 1984. Dessins et relevés par MM. Legoupil, Sallin, Schweizer et Tirard sous la direction de MM. Lyon-Caen et Schneegans. [7]
Le clocher de l’église date du 16ème, 17ème siècle.[8]
L’ancêtre de ma branche maternelle Louis Guilhot (Guillot) (Sosa 768), marchand, nait vers 1673 à La Chapelle en Vercors (manque les registres), décède le 07 mai 1741 à La Chapelle en Vercors.[9] Il se marie -date non connue- avec Catherine Ripert qui décède le 07 décembre 1745 à la Chapelle en Vercors.
Le meunier Louis Magnan au hameau des Bayles fait sa farine avec son moulin à eau qu’il exploite. Mes ancêtres, ainsi, sont approvisionnés en pains.[11]
En 1715 Louis habite dans le village de la Chapelle en Vercors. [12]
Exerçant la profession de marchand, Louis signe des transactions chez le notaire de Saint-Martin en Vercors dont le ou les témoins viennent quelquefois de Gresse en Isère.[13]
Au 01 août 1742 sa famille et lui ont pour coseigneur Jean Malsan, habitant à la Chapelle de Vercors qui déclare posséder une trente deuxièmes positions de la seigneurie de Vercors tenu à titre de ferme par le nommé Jean Blanc (C 95, AD26).
En 1762 Louis Alexandre Expilly relève le nom des nobles ayant des terres à La Chapelle en Vercors : il s’agit du sieur de Bonne, capitaine au régiment de Navarre, le sieur de la Morte, le sieur de Plan de Sieyès* et la marquise de Sassenage.[14]
*Plan de Sieyès : reboulel ou Recoubeau : cette famille acquit de grands biens en Dauphiné, par suite de l’alliance du conseiller Jean de Sieyès avec Melle de Veynes du Prayer (vue 549, Armorial du Dauphiné).
Louis fait mettre par écrit ses dernières volontés le 11 avril 1736 étant détenu de maladie corporelle ; sur son testament il est indiqué Guillot Louis, fils de Pierre, travailleur de La Chapelle de Vercors.
Il donne legs à ses enfants André, Anne, Magdeleine, Marie, Jean, Jacques et Louis (dans le mariage avec Jeanne Arthaud) ; Lègue à Catherine Ripert qu’elle vive avec Louis.[15]
Louis est maréchal-ferrant : « Seuls les maréchaux-ferrants avaient qualité, disent les statuts de 1687, pour ferrer, panser et médicamenter toutes sortes de bêtes chevalines. Ce mot médicamenter peut étonner : jusqu’au XVIIIe siècle, les maréchaux furent en même temps vétérinaires ».[16]
Avec le métier de son fils, Catherine peut voir les diverses personnes et peut être, ainsi, éviter l’ennui.
La signature de Louis (marié à Catherine Ripert), celles de ses enfants et de son frère :
Signature de Louis dans un acte notarié 2 E 14662 folio 65 le 20/05/1728 où il paye un maitre pour apprendre à Jacques Guillot le métier de cordonnier.
De son fils Jacques 2 E 14662 folio 81 du 14/11/1728 :
Et celle en 06 1743 sur son contrat de mariage :
Au contrat de mariage de Jean 2 E 14660 folio 311 du 27/03/1720 :
Louis (maréchal ferrant) fils de Louis (x Ripert) 2 E 14666 folio 210 du 29/08/1738 :
La fille Catherine de Louis (maréchal ferrant), née en 1728 qui signe le 17/08/1745 son acte de mariage :
De son frère Henry :
A la vue de la graphie de leurs signatures je peux penser que la plupart de mes aïeuls savent lire, écrire (selon s’il y a un régent). En 1644 il y a « un maistre d’escole » écrit Charles Jacques de Leberon dans ses visites pastorales des diocèses de la Drôme.[17]
J’attire l’attention sur ce que dit Thierry Sabot : « il ne faut pas confondre capacité à lire et aptitude à écrire ou à signer : en effet, il semble bien que les individus sachant lire étaient beaucoup plus nombreux que ceux sachant seulement écrire ou au moins signer ». [18]
La fréquence de signature d’un de nos ancêtres en tant que témoins nous renseigne sur la notoriété de celui-ci dans le village et le fait d’habiter celui-ci :
Louis Guilhot est requis assez souvent en tant que témoin par exemple dans le registre 2 E 14660 vue 294, vue 295.
Louis paie au total 1340 livres (soit l’équivalent de 18 444 euros [19]) pour les dots de ses enfants :
Cm 2 E 14660 folio 311 du 27/03/1720 (vue 315) : Jean Guilhot x Jaliffier Marguerite
Dot de 120 livres + une bague en or achetée par Louis Guilhot ;
2 E 14662 folio 194 du 09/07/1725 :
Mariage d’Anne Guilhot x Gerin Jean
Dot principale de 300 livres plus d’autres petites sommes ;
Cm de Louis x Arthaud : le père de Louis a donné 240 livres
La même somme que pour le mariage de Marie x Berard Pierre ;
Lu sur le cm 2 E 14671 folio 124 (vue 141) du 24/07/1735 ;
2 E 14666 folio 211 du 30/08/1738 : André Guilhot :
Dot : 200 livres plus 140 livres
« Deux villages fournissant l’essentiel des maîtres du Vercors. En effet, tous les maitres originaires du Vercors viennent de Vassieux et de la Chapelle en Vercors ».[20]
Pour que l’école physiquement existe il faut que les habitants payent et rétribuent le maitre. Il appartient à chaque communauté de s’investir financièrement pour l’instruction de ses enfants.
Le financement de l’instruction se fait par un impôt local réparti en même temps que la Taille, de richesse, c’est-à-dire qu’une personne riche paie plus qu’une autre pauvre.
« On y compte un quart de feu pour les fonds nobles, et 5 feux trois quarts, un douzième et un trente-deuxième de feu pour les biens taillables, y compris néanmoins un tiers, un vingt-quatrième et un quatre-vingt-seizième de feu pour les fonds affranchis. Cette paroisse est à 6 l. et deux tiers E.N.E. de Valence ».[21]
« Mais pour imposer ces charges locales, il est impératif de recevoir la permission de l’intendant. Selon l’attitude et la position de l’intendant vis-à-vis de l’instruction du petit peuple des campagnes, ce dernier va représenter un frein à l’instruction ou bien, au contraire, il va l’accompagner dans son développement. »[1]
Les communautés choisissent seules leurs maitres d’école et sont juges de leurs capacités.
« Il arrive fréquemment que le régent *soit aussi secrétaire de mairie et ce, dès le XVIIe siècle ».[2]
*régent, précepteur de la jeunesse : enseignant
« D’après Bonnin, ce sont donc les notables* qui décidaient de la tenue d’une école dans le village et, par le biais des délibérations consulaires, il apparaît que tous partageaient le même souci de l’instruction ».[3]
*Notables : propriétaires fonciers parmi les plus importants de la communauté.
« Le rôle du précepteur de la jeunesse est, en effet, de veilleur à l’assiduité religieuse des enfants/auxiliaires privilégiés du clergé paroissial, les maitres d’école font l’objet d’une surveillance constante de la part des autorités religieuses ».[4]
D’après l’annexe 12 du mémoire scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII -XVIIIe siècle, La Chapelle en Vercors compte 97.2 % de catholiques.
Les paysans, à la fin du 17ème siècle, ont besoin de leurs enfants pour les aider aux champs et n’envoient pas ceux-ci apprendre à lire et à écrire.
Je traite le domaine instruction/statut social et finance dans cet écrit par manque de plus de documentations en lien avec cette paroisse.
Pour conclure, si mes aïeuls sont instruits ne serait-ce-t-il pas parce, plus en avant dans le temps, les protestants ont fui le diois pour se réfugier dans les montages ; ce qui a permis à des villages des hauts plateaux la présence de régents ou précepteurs de la jeunesse. Être de la religion dite réformée oblige les dits protestants à savoir lire et écrire afin qu’ils avoir accès aux Saintes Ecritures (voir mon article « Protestants, certains parmi mes ancêtres » paru en décembre 2021).
[1] Page 16, 17 Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26
[2] Page 125, Scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII-XVIIIe siècle, 06/1975, BH 1387, AD26
[3] Page 10, Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26
[4] Page 48, 49, Scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII-XVIIIe siècle, 06/1975, BH 1387, AD26
[5] Ecole d’architecture de Grenoble, laboratoire espace rural et montagne, 1984. Dessins et relevés par MM. Legoupil, Sallin, Schweizer et Tirard sous la direction de MM. Lyon-Caen et Schneegans.
[1] Page 174, routiers et capitaines… par Claude Magnan, revue drômoise n°512-513 de 09/2004
[2] Page 8, le Vercors magazine du Parc naturel régional, numéro 71 de 05/2017
[3] Page 108, la Drôme insolite de Pierre Palengat
[4] Page 1060 à page 1063, Le petit collines numéro 18, juin 2016, folios 1033 à 1092
« Il existait deux itinéraires privilégiés, quasi exclusivement masculins, de la montagne vers le bas-pays et du Vivarais en Dauphiné (…). Ce qu’on appelait la Montagne, c’est-à-dire les hautes terres traversées par le Lignon aux confins du Vivarais et du Velay, constituait la principale aire d’émission de jeunes adultes qui partaient s’installer en Vivarais. Ce mouvement est perceptible dès la fin du XVIe siècle. Il se poursuit jusqu’à la Révolution »[1]
Emigration, due au surpeuplement du territoire, qui se poursuit après la Révolution,
Prenons l’exemple de mon ancêtre Pierre GUILHOT, (Sosa 480), protestant *, granger, laboureur, né le 30/01/1698 à Chanteloube, Chaudeyrolles, décède dans la même paroisse, se marie au Désert le 12/06/1740 avec Marguerite GOUNON.
« Bonnefoi était vicaire à Saint-Voy. Devenu protestant, il s’enfuit à Genève (…). Vers 1564, le Consistoire de cette ville le renvoie dans son ancienne paroisse, où son ministère est une bénédiction. Les 800 familles de la région, composées entièrement de laboureurs, se rangent à la religion, disent les Mémoires de l’époque ».[2]
Le fils Pierre (Sosa 240), journalier, né le 05/06/1753 à l’Aulagnier Petit à Le Mazet Saint-Voy, décédé avant 1818 à lieu non connu, se marie le 21/03/1784 au Désert les Vastres (vue 112) avec Claire GENEST.
Il travaille chez Demars à Mars (Ex Saint Romain le Désert) dit l’acte de naissance de son fils Jacques.
Jacques, est cardeur de laine, cultivateur (indiqué sur l’acte de naissance de son fils Jean-Louis). Il est né le 13 germinal an 2 (02/04/1794) (vue 34) à Mars (ex Saint Romain le Désert) (15/09/1793 à Mars date donnée sur son acte de mariage), décède le 02/09/1864 à Mars, il se marie à Saint-Front avec Anne NEBOIT.
Les marchands drapiers du bas-pays fréquentent les foires du Velay comme le fait remarquer A. Debard (2013, page 72) et à son mariage Jacques exerce le métier de cardeur de laine : cela l’incite-t-il à descendre plus bas vers la vallée pour pouvoir vivre de son métier ?
A la génération suivante Jean-Louis s’établit à Alboussière (au hameau le Mas, indiqué sur l’acte de naissance d’Henri son fils) et y décède le 24/10/1867. Il est cultivateur.
Le hameau du Mas est là où est née son épouse Jeanne Victoire VERGIER.
Signature de Jean-Louis à l’acte de naissance d’Henri, vue 17, le 31/12/1858 à Alboussière, AD07.
Je n’ai pas recherché les contenus des contrats de mariage de mes aïeuls *; les montants des dots pourraient peut-être avoir une signification quant aux unions dans d’autres villages.
Les registres de recensement de l’Ardèche débutent à l’année 1911 ce qui crée un manque pour avoir connaissance du niveau social de mes ancêtres.
Comme l’a fait René Neboit-Guilhot dans son article : « Quand nos aïeux et nos aïeules quittaient leur village sous l’Ancien Régime, revue de la Saga, numéro 98 de 06/2021 ».
Pour la suite de cette partie d’article aller lire : « La basse ville de Valence, installation ancêtres » publié le 15 mars 2022.
« Il y a eu, dans la Plaine de Valence, comme dans toute la vallée du Rhône entre les deux défilés de Tain et de Donzère, une très importante émigration ardéchoise. Temporaire d’abord, elle est devenue définitive, par suite des vides qui se sont produits parmi les anciens habitants, les populations du couloir rhodanien ne résistant pas à l’attrait qu’exerçaient sur elles Lyon et Paris, par suite de la facilité des communications. Dans certaines parties de la campagne valentinoise, les gens du pays estiment à 60 p. 100 de la population le nombre des Ardéchois d’origine. »[3]
Jean-Pierre Ferrier, mon Sosa 26, n’échappe pas à cette situation ; il est né le 08/09/1843 à Saint-Basile et est décédé le 07/09/1926 à Châteauneuf d’Isère. Il s’est marié à Saint-Jean Chambre le 26/06/1869 avec Clémence Pont(s).
Signature de mon Sosa 26 sur l’acte de naissance de son premier enfant le 07/03/1870 à Saint-Jean Chambre :
En 1872 il est avec son épouse à Saint Appolinaire de Rias (recensement vue 13).
Tous leurs enfants ne sont pas nés dans la même commune : il y eu naissance à Chalencon (Antoine Eugène en 1876).
L’annuaire du Département de la Drôme [4], année 1894 page 417 qui donne l’indication de la présence de mon ancêtre à Valence :
Il est arrivé après l’année 1883 (naissance de son fils Louis Jules à Saint-Jean Chambre).
Dans le recensement de Valence -année 1896, page 628- il est noté qu’il habite au numéro 91 de l’avenue de Romans, qu’il exerce le métier de cultivateur : je lis dans le cadastre de l’année 1809 de Valence des terrains de pâture et de terres labourables, ce qui peut expliquer le lieu d’habitation de notre ancêtre.
A l’heure actuelle le numéro 91 correspond au rond-point qui permet de se rendre soit à l’avenue de L’Yser, soit continuer dans l’avenue de Romans.
3P 3615/2 section A1 Polygone ou mas de Rolin, cadastre de Valence année 1809, AD 26.
Dans le recensement de l’année 1911, page 669, je retrouve sa trace au 85 avenue de Romans où il est noté en profession : manœuvre.
De nos jours se situe un pôle universitaire à cette adresse.
En 1921 il habite avec sa femme Clémence Pont(s) au 81 avenue de Romans et exerce toujours la profession de manœuvre (recensements de Valence (vue 693).
Ils iront finir leurs jours chez leur fille Louise Fanely à Châteauneuf sur Isère.
Leur autre fille Justine Clémence, mariée à Paul Frédéric Guilhot, réside en 1920, au numéro 81 avenue de Romans (source : 4 Q 1317, AD26).
« (…) beaucoup d’agriculteurs embauchaient, pour cela, des journaliers. L’embauche se faisait sur la place St Jean, à Valence. Les hommes –souvent Ardéchois- cherchant du travail, s’y présentaient et les patrons venaient choisir ceux qui leur convenaient. Ils se mettaient d’accord sur le prix de la journée. Le marché était conclu. Les foins duraient plusieurs semaines. Les faucheurs étaient nourris et couchaient à la fenière ou à l’écurie ».[5]
Également « Le développement de l’élevage du ver à soie allait procurer à tous de nouvelles ressources. Une activité industrielle en découla. (…) l’entreprise allait occuper une centaine d’ouvriers et surtout d’ouvrières originaires, pour la plupart, du Vivarais. »[6]
Extraites de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », Année 2020, AD26.
A Mirabel et Blacons on utilise la rivière Gervanne : elle fait tourner les moulinages du quartier de Romezon et de l’entreprise Rey au hameau des Berthalais.
L’activité du moulinage consiste à tordre les fils de soie naturelle après la filature et avant le tissage.
Mon Sosa 25 Fanny Louise GIRAUD, ovaliste*, a parcouru plus de 40 kms pour se rendre de son village natal à Mirabel et Blacons où elle y est arrivée après 1866. Elle descend d’une lignée établie à Chomérac depuis plusieurs générations. Elle est née le 20/09/1851 à Chomérac (07), décédée le 19/08/1934 à Montclar sur Gervanne, mariée le 11/05/1871 à Mirabel et Blacons avec Pierre Guilhot.
En 1872 elle vit à Montclar avec son époux et leur premier enfant (vue 15, recensement année 1872, AD26).
Elle travaille en temps d’ouvrière en soie, je suppose à l’usine de soierie du Dérot au bord de la Gervanne.
En 1895 mon aïeule est à nouveau à Mirabel et Blacons au quartier de Sauzet (naissance de sa fille Marie Justine).
* ovaliste : ouvrier qui prépare la soie ovalée destinée à la fabrication des bas, tulles et ouvrages de passementerie au moyen d’un métier en forme ovale. L’ovale est une machine destinée à tordre la soie.
En conclusion je montre comment s’est faite l’émigration dans la Drôme, dans mon arbre, d’une branche vellave et de deux ardéchoises.
Pour aller plus loin : le livre de Paul Perrève ‘La Burle’ ; l’auteur raconte sa vie de médecin de campagne dans le haut Vivarais.
[1] Page 9 Quand nos aïeux et nos aïeules quittaient leur village sous l’Ancien Régime par René Neboit-Guilhot, revue de la Saga, numéro 98 de 06/2021
Tout protestant n’accepte pas d’abjurer sa foi. Beaucoup d’entre eux préfèrent quitter la France…
Je remercie particulièrement les bénévoles de l’association Saga Ardèche pour les relevés des actes car sans ce travail je n’aurai pas eu la possibilité de rédiger ce document.
J’emploie le terme « protestants » plutôt que celui de « huguenots » : étymologie incertaine. Ce terme viendrait de l’allemand Eidgenossen qui signifie confédérés. Employé d’abord par dérision, il a commencé à se répandre vers 1559-1560.
Jusqu’au milieu du XVIe siècle les curés et évêques privilégient le cumul de revenus aux obligations de leur sacerdoce. Les protestants reprochent aux catholiques le clinquant de leurs cérémonies ainsi que la décoration des autels, images de la Vierge, vitraux etc. et d’autres différents quant à l’interprétation de la religion chrétienne.
C’est cet état de chose qui sème la graine du Protestantisme. Les Protestants croient que la Bible est l’unique source de la révélation spéciale de Dieu à l’humanité, et qu’elle nous enseigne donc tout ce qu’il faut pour être sauvé du péché.
Les personnes sont initiées à la religion prétendue réformée, d’abord avec les thèses de Martin Luther puis deux décennies plus tard avec celles de Jean Calvin.
Pour les calvinistes lire la Bible est une obligation ce qui entraînera l’accession à l’érudition réservée jusque-là aux religieux. Très tôt les protestants ouvrent des petites écoles et collèges. Pendant la période du Désert les pasteurs sont tenus d’instruire les enfants.
« Ainsi donc, le maître protestant faisait partie intégrante de la structure religieuse tandis que le maître catholique n’était qu’un auxiliaire ».[1]
La publication des édits : celui de Saint-Maur en 1568 interdit le culte protestant en France sous peine de mort et bannit les pasteurs.
L’édit de Nantes signé par Henri IV marque la fin des guerres de religion, entre catholiques et protestants, qui avaient ravagé la France de 1562 à 1598. Les Protestants peuvent désormais pratiquer leur religion sans être inquiétés pour leur personne ou leurs biens.
De 1598 (Édit de Nantes) à 1685 (Révocation de l’Édit de Nantes), la religion protestante est légale ; les protestants ont leurs temples, leurs pasteurs et leurs registres officiels. [2]
A la révocation de l’Edit de Nantes par le roi Louis XIV les protestants doivent déclarer baptêmes, mariages et sépultures auprès des curés. Les pasteurs fuient à l’étranger.
A partir de cette époque nous identifions nos ancêtres de la religion prétendue réformée par les actes d’abjuration notifiés dans les registres catholiques, par la vente de leurs biens immeubles (terre nue, construction ou terrain bâti) avec obtention d’une autorisation de l’Intendant de la province, par les registres
du désert de 1736 à 1792 tenus illégalement par leurs ministres du culte, et plus tard, par les registres de réhabilitation de leurs unions antérieures à l’édit de tolérance de 1787, enregistrés auprès du greffe du tribunal civil ou du curé.
« Jusqu’à l’Edit de 1788 il est impossible aux protestants d’avouer qu’ils ont été mariés par un pasteur. Ils risquent des poursuites judiciaires, de lourdes peines et surtout l’annulation de leur mariage qui rend leurs enfants illégitimes incapables de prétende à leur héritage ».[3]
D’où plusieurs dilemmes graves pour les protestants entre 1685 et 1787 :
– soit de rester fidèles à leur foi protestante ; et dans ce cas d’être des couples illégaux et leurs enfants déshérités ;
– soit de se marier devant un curé catholique, en abjurant leur foi ; dans ce cas, leurs enfants devenaient légitimes et avaient le droit d’hériter ; dans ce cas le curé catholique inscrivait en marge : N.C. (nouveaux convertis) et ne se faisait aucune illusion sur leur foi ;[4]
– la période 1685-1733 est la plus dure appelée la période « du désert » (avec dragonnades, emprisonnements et galères) ;
« Louis de Marillac : vers la fin de l’année 1680, il travailla à la conversion des protestants en exigeant d’eux seul les impôts arriérés, puis en les chargeant de taxes exorbitantes tant pour l’impôt que pour le logement des gens de guerre. Ceux qui se convertissaient étaient exemptés de ces charges. Peu à peu il en arriva à employer la violence pour hâter les conversions qui tardaient à se produire. C’est ainsi qu’en 1681 il faut autorisé par le ministre de la guerre Louvois (18 mars) à se servir des soldats comme missionnaires. »[5]
Confiscation des biens des consistoires* et des religionnaires fugitifs :
Biens des religionnaires fugitifs du Vivarais et du Velay : paroisse de Boffres : 19 000 livres, celle de Champis 600 livres. NDLR : (Pour plus d’explications cf page 7 et 8 de l’ouvrage).[6]
De même : 1742-1743 : L’année suivante, on recommença à faire payer des amendes aux paroisses protestantes. Quelques-unes d’elles qui avaient été épargnées jusqu’ici furent contraintes de rembourser les arrérages depuis 1733.
*consistoire : avant la révocation de l’Edit de Nantes, le mot consistoire désignait le conseil des Anciens qui dirigeait chaque église locale (ou paroisse). Il correspondait à notre actuel conseil presbytéral.
Il y a urgence pour le pouvoir royal à faire revenir dans la religion catholique les nouveaux convertis :
Colonne de gauche : catholiques ; colonne de droite : nouveaux convertis vers 1740[7]
La royauté met en œuvre des enlèvements d’enfants que l’on pratique à l’égard surtout des familles riches ; les collèges, les couvents et les maisons de propagation de la foi les reçoivent.
« La même année 1734, d’autres jeunes filles réussirent à s’évader du couvent de Privas, (….), et la fille de Boissy de Saint-Jean-Chambre. Les religieuses croyaient pourtant cette dernière tout à fait convertie. Aussi, grand fut leur désappointement quand elles s’aperçurent de son évasion. »[8]
« Des habitants catholiques de Préaux et de Saint-Jeure d’Ay, deux places voisines l’une de l’autre, avaient décidé de se protéger mutuellement ; mais une compagnie de protestants, de la garnison de Bosas, commandée par le capitaine Clavel, se saisit de Préaux et pilla l’église … »[9]
A Saint-Jean-Chambre en 1684 un détachement de dragons réduit en ruine le temple et fait beaucoup de ravages auprès des habitants. Le nouveau temple est inauguré en avril 1837.
Je n’ai pas assez d’éléments d’ordre familial dans les listes fournies par l’ouvrage de E. Arnaud pour reconnaitre un ou plusieurs de mes ancêtres, autre que les frères Sallier.
Sosa 1952 : VERGIER Jacques, laboureur, né vers 1647 à Boffres (indiqué sur son acte de mariage), décédé le à, marié le 27/04/1677 à Boffres (vue 18) PRP 12 2 (1646/1683), AD07 avec CROZAT (CRUZAT) Judith
Sosa 1953 : CROZAT (CRUZAT) Judith, née en 1652 à Boffres (indiqué sur son acte de mariage), décédée le à date et lieu non connus – Abjuration le 21/11/1683 à Alboussière (vue 202) ;
Mariés dans le temple de la Bâtie de Crussol par le pasteur Durand ;
Abjuration le 21/11/1683 à Alboussière (vue 202), AD07 :
« L’an 1683, et le 21ème novembre honnête Judith Crozat femme de Jacques Verger laboureur du mandement de Boffre paroisse de St Disdier agée de 40 ans a fait abjuration de l’hérésie de Calvin dans laquelle elle avait vécu ici jusqu’à présent et profession publique de la R.C d et R, ayant été avertie des peines décernées contre les relaps en présence de Jacques Verger (…). »
D’autres attendent l’année 1685 :
Sosa 978 : VASSEL Nicolas, marchand drapier, né le à date non connue à Toulaud, décédé après le 21/05/1738 à Toulaud (cession 2 E 11176 du 21/05/1738 à Boffres, vue 517), marié le 31/03/1693 à Toulaud (vue 138 et vue 166) avec CHALAYE Jeanne
Sosa 979 : CHALAYE Jeanne, née le 00/00/1672 à Toulaud, décédée le 07/11/1722 à Toulaud (vue 12)
Abjuration le 16/10/1685 à Toulaud (vue 77), AD07 :
« (…) Jeanne Chalaye, habitante à Chalaye, fille à Jean Pierre Chalaye et à Izabeau Coulet, âgée de 12 ans ».
Sosa 1116 : BARATTIER (BARATHIER) Jacques, né vers 1616 à Toulaud, décédé le 23/01/1691 au cimetière à Toulaud (vue 44), marié le à date et lieu non connus avec BORD Béatrice – abjuration de la religion réformée le 10/10/1685 à Toulaud (vue 69)
Sosa 1117 : BORD Béatrice, née le à date et lieu non connus, décédée avant 06/1686 (2E 22470 du 26/06/1686, vue 37) à Toulaud.
« Le 10/10/1685, devant nous curé de Toulaud en Vivarais, diocèze de Valence Antoine Beranger agé de 45 ans, Jacques Barattier agé de 69 ans habitant aux fond (…) ont fait abjuration de la religion réformée dans laquelle il avait malheureusement vécu jusqu’à présent et promis de vivre et mourir dans la foy catholique apostolique et romaine instruits de la peine contre les relaps sans y estre forcé (…) » vue 69, AD07.
Le renoncement à sa religion autorise son enterrement dans un cimetière catholique.
Pour les sépultures, les protestants eurent leurs propres cimetières jusqu’en 1685 (extrait du livre le Gildas page 20/347).
L’origine de l’usage des cimetières familiaux est connue : l’interdiction d’enterrer dans le cimetière paroissial, terre sacrée, ceux qui refusaient les sacrements catholiques pendant la période du Désert. [10]
« Avec la Déclaration de 1736, ceux auxquels la sépulture ecclésiastique n’était pas accordée ne pouvaient être inhumés qu’en vertu d’une ordonnance du juge de police du lieu, rendue sur la conclusion du procureur du roi ou de celui des hauts justiciers. Ainsi, sur la déclaration de proches parents ou de voisins immédiats, les décès des protestants devaient être enregistrés devant un juge sur des registres pour « non catholiques ».[11]
« Quelques cimetières son anonymes, la surface est nue, rarement cimentée, parfois garnie de galets ou enherbée. L’anonymat s’explique en partie par l’histoire du protestantisme. Jean Calvin recommandait des funérailles honnêtes, décentes, sans pratiques superstitieuses ; il recommandait qu’il n’y ait pas de pierre tombale, ni de prêche au cimetière, ni d’offrandes. Les versets bibliques gravés sur les stèles sont également un signal protestant. Ils sont presque toujours absents des cimetières crées par des familles catholiques »[12]
Son fils Jean, mon Sosa 558, se marie à l’église son père ayant renié sa religion.
Sosa 558 : BARATTIER Jean, né vers 1653 à Toulaud, décédé le 18/05/1723 à Toulaud (vue 22), marié le 25/06/1686 à Toulaud (vue 96) avec COMBEL Esther (Aster) –cm 2 E 22470 du 03/06/1686 à Saint-Georges les Bains (vue 37)
Sosa 559 : COMBEL Esther (Aster), née date non connue à Bourg Les Valence, décédée le 04/03/1733 à Toulaud.
La petite fille de Jacques épouse catholiquement un de mes ancêtres drômois :
Sosa 278 : BAL Jean, né le 27/04/1689 à Saint-Donat, décédé le 13/12/1749 à Saint-Donat, marié le 03/11/1725 à Valence (paroisse Saint-Jean) (vue 172) avec BARRATIER (BARATIER) Jeanne
Sosa 279 : BARRATIER (BARATIER) Jeanne (Jeane), née le 26/11/1689 à Toulaud (vue 33), décédée le 22/12/1770 à Saint-Donat
Cm 2 E 8885 du 08/10/1725 chez Tracol Jacques à Saint-Péray (vue 551, AD07)
Tout protestant n’accepte pas d’abjurer sa foi. Beaucoup d’entre eux préfèrent quitter la France.
Les premiers départs : milieu XVIème siècle – première moitié XVIIème siècle.[13]
« Le château de Mirabel jouait alors un rôle stratégique pour les protestants et assurait le passage des Huguenots vers le Dauphiné et la Suisse car il était possible de rejoindre Privas via la vallée de l’Auzon, en évitant le col de l’Escrinet et la vallée du Rhône tenus par les catholiques. »[14]
Un de mes aïeuls ou son frère Jacques PONTON fuit notre pays pour arriver en Suisse.
Plus deux autres notices au nom de Pouton Jacques mises en ligne sur refuge huguenots :
Le 22 septembre 1687 PONTON Jacques de Saint-Jean-Chambre a reçu 2 florins 40 couronnes, sans provenance précisée.
De Schaffhouse, point de sortie principal de la Suisse, le protestant se dirige, sous la conduite d’un guide, vers Erlangen Bayreuth et le Brandebourg, par Heidelberg jusqu’à Francfort-sur-le-Main ou plus loin dans d’autres pays.
Jacques Sallier et Antoine Sallier*, de Boffres, frères sans doute**. Le second, cardeur de laine, se réfugie à Lausanne et sert de guide aux camisards Billard, Dupont et Mazel, qui soulèvent le Vivarais en 1709. Il est à Neuchâtel le 24 mars 1710. Il a été naturalisé (page 366 de l’ouvrage).[15]
* naissance à Champis (La Bâtie de Crussol) le 03/02/1675 (Saga Ardèche). Cette personne pourrait être collatérale de mon ancêtre Sallier Jeanne (Sosa 987).
** ils ont tous les deux, pour une naissance dans la même paroisse, pour parents : père Mathieu et mère Jeanne Courret (ou Couvert). Jacques décède le 14/02/1700 à Lausanne canton de Vaud (Suisse).[16]
La Suisse accueille temporairement près de 60 000 réfugiés ; 20 000 s’y seraient installés d’après Quadroni, Dominique et Ducommun, Marie-Jeanne : le Refuge protestant dans le Pays de Vaud https://journals.openedition.org/abpo/2848?lang=en
Les migrants se déplacent notamment vers la Prusse suite à l’Edit de Potsdam du 29 octobre 1685, rédigé en français et distribué même clandestinement dans notre pays.
Les pays du « Refuge », ces pays qui accueillent les religionnaires sont l’Angleterre, les Pays-Bas, les états protestants du saint-Empire germanique (Palatinat, Brandebourg, Wurtemberg, la Hesse), les Etats-Unis, l’Afrique du Sud.
La période du « Désert » ou « Sous la Croix » désigne principalement les années où les protestants doivent vivre leur foi dans la clandestinité ; les pasteurs sont itinérants ; ils animent – en plus de l’enregistrement des actes baptêmes, mariages et sépultures- des assemblés ; pour ces dernières ils sont secondés par des prédicants ou prédicateurs sans formation.
« On sait que les pasteurs du Désert consignaient d’abord leurs actes sur des brouillons. Quelquefois Pierre Duran et un peu plus tard Mathieu Morel écrivaient avec des lettres grecques. Ils les recopiaient ensuite dans un registre sur papier timbré caché en lieu sûr. Ainsi, en cas d’arrestation, on ne trouvait sur eux que quelques pages de brouillon que l’on peut retrouver parmi les pièces du procès. »[17]
Sosa 204 : CHAUMIER Pierre, travailleur de terre, né vers 1731 à Saint-Cierge la Serre, décédé le 18 floréal an 12 (08/05/1804) à Saint-Cierge la Serre (vue 22), marié le 27/02/1772 à Saint Cierge la Serre avec COSTE Catherine
Sosa 205 : COSTE Catherine, née le 15/12/1740 à Saint Cierge la Serre, décédée le 26/01/1823 à Saint-Cierge la Serre (vue 2) ;
A la déclaration de sa naissance : il est noté « fille bâtarde » ;
Je suppose que ces parents se sont convertis entre la date de sa naissance et son mariage catholique :
Vue 5, 170/1792, Saint-Cierge la Serre, AD07
Sosa 216 : PONT (PONS) Jacques (Jaques), cultivateur, né le 23/03/1725 à Saint-Jean Chambre (vue 128), décédé le 1er jour complémentaire an 8 (17/09/1800) à Saint-Jean Chambre (vue 463), marié le 27/04/1741 à Saint-Jean Chambre (vue 6) avec BOIS (BOUIS) Antoinette
Réhabilitation de leur mariage le 24/05/1788 à Saint-Jean Chambre (vue 108) –cm du 04/04/1751
Sosa 217 : BOIX (BOIS) (BOUIS) Antoinette (Anthoinette), née date non connue à Saint-Apollinaire de Rias, décédée date non connue à Saint-Jean Chambre
Voir la transcription de l’acte de réhabilitation plus loin dans cet écrit.
Vue 6, PRD 17, AD07
Le pasteur François COSTE qui célèbre l’union :
« Le 15 mai 1741 François Coste vient renforcer Peirot, ainsi que Dunières, mais Jean Pierre Fauriel Ladreyt qui ne s’est pas remis de la mort de son frère quitte le Vivarais pour s’établir en Angleterre. »[18]
« Le pasteur François Coste dit Juston était originaire de Saint-Jean-Chambre. Après ses études au séminaire de Lausanne dirigé par Antoine Court, il est consacré en 1741. Ce registre qui couvre les années 1741 à 1746 et donc le premier de son ministère. C’est le seul que nous ayons.
En 1752, le pasteur Coste découragé par les difficultés et la répression conduit jusqu’à Rotterdam une troupe d’émigrants du Vivarais à destination de Dublin. Par la suite il exerça son ministère tantôt en bas Languedoc tantôt en Vivarais puis en Suisse. En 1768 le synode décida de lui réclamer ses registres de baptêmes et de mariages. Les retrouvera-t-on un jour ? » vue 2/299, PRD17 1741/1788, AD07.
L’Edit de Tolérance signé par le roi Louis XVI permet aux protestants de bénéficier de l’état civil sans avoir l’obligation de se convertir au catholicisme.
« Du vingt-quatre mai mil sept cent quatre-vingt-huit, dans la maison de la Dame veuve abrian en la ville de Vernoux par devant nous et juge mage sont comparus Jacques Ponse et Antoinette Bois habitants au Puy, paroisse de Saint-Jean-Chambre lesquels, pour se conformer à l’Edit de Novembre 1797, enregistré au Parlement de Toulouse, le vingt-trois février suivant, et publié en l’Audience du Sénéchal d’Annonay, du 13 mars, Nous déclarent, en présence de Sieur Jean Antoine Pourret juge de Vernoux, Jean Antoine Sabatier notaire, Jacques Bernard Victor Saint André et Maurice Faure tous habitans au dit Vernoux qu’ils se sont unis en vrai et indissoluble Mariage, à la suite du contrat civil qu’ils ont passé le 04 avril 1741 et que leur Union conjugale a été suivie de la naissance de cinq enfants vivants (…).
Nous requérant de leur donner acte de cette Déclaration, que Nous dit Juge-Mage, Lieutenant Général, leur avons octroyé, pour leur servir et valoir, ainsi que de raison, en conformité de sus-dit Edit, et Nous sommes signé avec lesdits témoins. Non les parties illitérées de ce requis. »
Deux ans plus tard la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen en 1789 proclame la liberté de conscience et le libre exercice du culte. Les protestants deviennent des citoyens à part entière.
Sans oublier que « peu après le départ de Koenig*, sous le régime de la Terreur, tous les temples protestants et toutes les églises catholiques de France furent fermés par ordre de la Convention nationale, et les ministres des deux cultes contraints de cesser leurs fonctions sous peine de mort, comme aux plus mauvais jours de Louis XIV et de Louis XV. [19]
* Koenig est un pasteur.
Les temples sont reconstruits entre 1820 et 1860.
D’un cousinage de ma branche maternelle « Pont » ou « Ponts » :
Le 16/01/1791 à Saint-Jean Chambre Jean Jacques Ponton épouse Marguerite Riou : déclaration de mariage, vue 414, AD07.
Le 05/02/1792 toujours à Saint-Jean Chambre le même couple se marie devant le pasteur Jacques Rattier, PRD 11, vue 326, AD07.
Double mariage : devant le pasteur pour leur foi, devant le curé pour leurs droits.
Que peut-on en conclure : que le catholicisme a éradiqué le protestantisme ?
Pour aller plus loin :
Les protestants entre exil et espoir de Pierre Coulet édition Dolmazon
On appelle encore du nom de Boutières, autrefois Boteria, la partie montagneuse de l’Ardèche, qui s’étend du Rhône au sommet de la chaîne cévenole, et correspond aux cantons de Privas, La Voulte, St-Pierreville, St Martin de Valamas et St-Agrève.
Les Boutières constituaient ainsi la partie centrale du Vivarais, tandis qu’on appelait la partie méridionale le pays des Royols, et la partie septentrionale, le pays des Bedos.[20]
[1] Page 50, scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII, XVIIIe siècle, BH 1387, AD26
Guide des archives des familles protestantes en France : guide publié par les Archives nationales en 1987 ; associations généalogie protestante ; internet …. –Chantal Cosnay, généalogiste professionnelle à Aix en Provence pour la CSGHF.
[3] Page 12, revue Racines Drômoises numéro 131 de 2020
Guide des archives des familles protestantes en France : guide publié par les Archives nationales en 1987 ; associations généalogie protestante ; internet …. –Chantal Cosnay, généalogiste professionnelle à Aix en Provence pour la CSGHF.
[5] Page 84 journal de Jean Migault, maître d’école : 1681/1688, pdf dans Gallica
[9] Page 43, Arnaud, Eugène (1826-1905). Auteur du texte. Histoire des protestants d’Annonay en Vivarais pendant les trois derniers siècles, par E. Arnaud, 1891, dans Gallica
[10] Page93, voyage à pied à travers le Vivarais et le Velay en 1841 par François David Délétra, édition Olivetan.
[11] Page 41, les registres paroissiaux racontent la vie de nos ancêtres par Thierry Sabot, édition Thisa
[12] Page 47 à page 51, les cimetières familiaux par Jean-Claude Rouchouse, revue drômoise numéro 565 de 09/2017.
[13] Pdf, Les réfugiés protestants de la Châtellenie de Lille en Hollande, thèse d’Alain Desrousseaux, Université d’Artois
[16] Familysearch registres des protestants 1566-1897
[17] Page 34, Saint-Maurice en Chalencon sur le site Vivalay
[18] Page 18, pdf de Chalencon à Silhac, cahier PHA numéro 4, site Vivalay
[19] Page 123, Arnaud, Eugène (1826-1905). Auteur du texte. Histoire des protestants d’Annonay en Vivarais pendant les trois derniers siècles, par E. Arnaud, 1891, dans Gallica
[20] Chapitre IX, tome 1, les Huguenots du Vivarais par le docteur Francus, éditions la bouquinerie
Par oubli d’inscription de sa naissance sur le registre paroissial, au moment de son mariage le futur époux est affublé de celle d’un homonyme et de faux parents
Article publié dans Racine Drômoise page 14 numéro 118 de l’année 2016
Par oubli d’inscription de sa naissance sur le registre paroissial, au moment de son mariage le futur époux est affublé de celle d’un homonyme et de faux parents, selon le seul acte trouvé à Mercurol paroisse Saint-Clément. -Vue 156, Chanos Curson, 5 RI 151/R8 période 1762/1792, AD26.
Jean Michel Giroud se marie à Clérieux le 30 germinal 8 (20/04/1800) avec Laurence Brunel, il est dit « âgé de 17 ans et demi, habite à Mercurol, fils de Jean et de Laurence Robin »,
5 MI 97/R10, vue 209 période an II-an X, Clérieux, AD26.
Selon l’âge indiqué et le lieu, le calcul de sa naissance nous amène dans la paroisse de Mercurol où, effectivement, un Michel Giroud est né de ce couple le 17/11/1782.
Veuf en premières noces de Laurence Brunel, Jean Michel se remarie en 1829 à Clérieux avec Françoise Barthelemy et ce second mariage nous informe de sa date de naissance, le 17/11/1782 à Chanos-Curson. Selon l’extrait de naissance délivré par le maire de Mercurol, il serait le fils de feu Jean et de Laurence Robin. C’est une erreur du maire quant aux parents et sans aucune preuve de la date exacte avancée par l’officier d’état civil. – Vue 151, 5 MI/R13 période 1825/1832, actes de mariage de Clérieux, AD26.
Car il existe un autre Michel Giroud, né à la même date, qui se marie le 20/11/1810 à Mercurol avec Marianne Vassi. Il est dit : « âgé de 27 ans, habite à Mercurol où il est né le 17/11/1782, fils de feu Jean & de Laurence Robin ». – Vue 186, 5 MI 156/R14, période an XI-1812, Mercurol, AD26.
Là, les choses se compliquent : comment Jean Michel marié le 30 germinal an 8 pourrait-il contracter un autre mariage en 1810 sans qu’il ne soit indiqué « veuf de … » ?
Aucune mention en effet parce qu’il ne s’agit pas du même individu mais de son cousin germain…
Tout s’éclaire par la présence de Jean Michel Giroud, âgé de 30 ans, témoin au mariage de son frère Pierre avec Marie Aillon, le 16/11/1811 à Clérieux, qui est fils de Jean et de Claudine Delhomme !
Pierre est né à Chanos-Curson le 06/04/1785 et il a dû faire établir un acte de notoriété parce que pour lui aussi l’enregistrement de sa naissance manquait dans les registres ; ci-dessous un extrait :
Vue 261 et 262, Clérieux, 5MI 97/R11, période an XI-1812, AD26.
Jean Michel Giroud meurt le 01/03/1858 à Romans et il est dit « né à Romans » !
Et la boucle est bouclée… Heureusement qu’il s’est marié, sinon son existence n’aurait pas pu être inscrite dans sa lignée.
Descendance Giroud
GIROUD Mathieu, fs d’Antoine (+/1651), lab. Châteauneuf-d ‘Isère, x ca 1650 avec Alix VINAY.
1 – GIROUD Antoine x NF 12.2.1673 Châteauneuf-d ’Isère, Cm Me Belle, Romans 2E 15025/16, avec Catherine VINAY, fa de + Jean & Jeanne PANCHINNIER.
1.1 – GIROUD Jean x NF 20.2.1703 Chanos-Curson, Cm Me Servant, Mercurol, avec Michelle POULIN, fa de + Etienne & Catherine RICHARD.
1.1.1 – GIROUD François, x 11/5/1745 Marsaz avec Marie DURET fa d’André le Cadet & Jeanne VIOSSAT.
1.1.1.1 – GIROUD Jean, ° 7.7.1750 Mercurol St-Clément, x 7.11.1768 Veaunes avec Laurence ROBIN, fa de François & Françoise BLACHON.
a – Pierre, ° 5.1.1769 Beaumont-Monteux, x1 le 10 pluviôse 7 Clérieux avec Marie CARRÉ, y x2 le 30 pluviôse 8 avec Marie GAY.
b – Jean, ° 16.6.1776 Mercurol, + 23 pluviôse 4 à la guerre (AD 26, L.872).
c – Michel, ° 17.11.1782 Mercurol, y x 1 le 20.11.1810 avec Marie Anne VASSI, y x2 le 25.7.1827 avec Marie PELAS.
d – Marie Madeleine, ° 7.4.1785 Mercurol, y x 27.4.1815 Gabriel BRUYERE.
1.1.2 – GIROUD Jean, x1 le 6.5.1741 Cm Me Bossard, St-Donat 2E 9251 avec Louise BELLIER, x2 le 3.8.1745 Mercurol avec Marie Anne ROBIN (x2 François RAMA).
1.1.2.1 – GIROUD Jean Antoine, ° 15.3.1751 Mercurol du x2, x 11.5.1773 Tain avec Claudine DELHOMME.
a – Marie, ° 29.5.1774 Larnage, x (date ?) avec Nicolas DREVETON
b – Catherine, ° 4.2.1778 Chantemerle-les-Blés, x 1 le 10.4.1808 Chanos-Curson avec Joseph QUINSON, x2 le 31.5.1837 Clérieux avec Antoine OCHIER.
c – Marie Madeleine, ° 2.1.1781 Chanos-Curson, x 8.8.1821 Clérieux avec François PERROT.
d – Jean Michel, ° 1782 Chanos-Curson (oubli du curé, info à son 2ème mariage), x1 le 20.4.1800 Clérieux avec Laurence BRUNEL, y x2 le 7.1.1829 avec Marguerite Françoise BARTHELEMY.
e – Pierre, ° 6.4.1785 Chanos-Curson, (oubli du curé, certificat de notoriété), x 1 le 16.11.1811 Clérieux avec Marie AILLON, y x2 le 24.12.1831 avec Marie Anne GRENIER.
Comment le laboureur Blaise Valernod, mon Sosa 572, a-t-il pu épouser Marie Faure, héritière d’un milieu social plus élevé que le sien….
Article que j’ai donné à la publication et paru dans la revue Racines Drômoises page 6 et page 7 numéro 124 de l’année 2018.
Comment le laboureur Blaise Valernod, mon Sosa 572, a-t-il pu épouser Marie Faure, héritière d’un milieu social plus élevé que le sien, issue de la bourgeoisie et antérieurement de la noblesse ? L’explication se trouve au niveau du Sosa 4584 : Abraham Faure qui, par son mariage, fit le lien entre la noblesse et la bourgeoisie.
Anatole de Gallier, le généalogiste de la Maison de Beaumont, écrit[1] : « la noblesse commençait à se rendre moins difficile sur l’article des alliances ; il fallait réparer les pertes causées par les dissipations et les guerres. Françoise Fournier étant morte, Hiérosme de Monteux la remplaça par Françoise Garnier, sœur d’un avocat de Lyon et de ce second mariage il eut sept enfants dont Anne, mariée à Abraham Faure, sieur de Bavière /… ».
Sur le métier de laboureur, Prosper Valernaud[2] dit, à propos du procès soutenu par Jean Valernod, des Vials, consul de la communauté de Mantaille, fermier de Noble Jean Gardon de ses domaines des Vials et des Marguerits contre le Marquis Claude de Murat, président à mortier au Parlement de Dauphiné (période de 1732) : « Que le Marquis de Murat ne demande que le vingtain des journaliers, tandis que Valernod était un laboureur /…. Tout en étant fermier, Valernod était propriétaire d’un domaine situé à Coussieu, mandement de Mantaille, domaine qu’il exploitant lui-même. Il est évident que s’il n’avait été qu’un journalier il n’aurait pu soutenir un procès contre le marquis de Murat devant le Bureau des Finances à Grenoble ».
Aucun élément ne permet d’affirmer que Blaise Valernod fût apparenté à la branche anoblie des Valernod ci-après ; cependant la dot de 1300 livres ainsi que plusieurs signatures des témoins, en nid d’abeilles, sur son contrat de mariage font émettre l’hypothèque qu’il fut parent de la lignée des consuls de Saint-Vallier.
Ascendance agnatique Valernod-Faure
Pour les Sosas postérieurs au numéro 1147, généalogie commune avec Michel Giroud et Roger Colin, mes cousins de la Drôme des Collines.
Nota : Creures, paroisse de Beausemblant ; Laveyron, lieu-dit rattaché à Saint-Vallier.
572 – VALERNOD (VALERNAUD) Blaise, lab. Laveyron, ° 11/8/1662 St-Vallier, y + 2/9/1700. Double Cm 23/10/1688: 2E 14260/5030 Me Gril, Le Gd-Serre & Me Monet, Fay-le-Clos 2E 9674/146.
Test 1/9/1700 Me Ollivier, St-Vallier 2E 4894/3085 : enf. Joseph, Blaise, Jean. Acte inachevé vu que le testateur est tombé dans un délire.
573 – FAURE Marie, ° ca 1660/1665.
1144 – VALERNOD Louis, ° 17/10/1638 St-Vallier, y + 11/10/1697, x ca 1660.
4585 – MONTEUX (de) Anne, Vve 1 Antoine de La GAVANIERE (par test sa sœur).
9152 – VALERNOD André, ° 1529/1541, x 22/11/1564, + 1617.
9153 – ESPINASSE Gabrielle, ° 1539/1548.
9168 – FAURE Roc (Roc d’Oriol ou Roc Faure, de Barbières), ° ca 1525, + 1609.
9169 – BOULIEU Marguerite.
9170 – MONTEUX (de) Hiérosme[3] sgr de Miribel et de la Rivoire, médecin ordinaire d’Henri II
(veuf1 Françoise FOURNIER, x2 ca 1530, fs de Sébastien, médecin d’Anne de France.
9171 – GARNIER (GARNYERE) Françoise, tutrice des enfants de Beaumont en 1569, ° ca 1510, +1584/.
18304 – VALERNOD Barthélemy, dit le Vieux, ° 1500, x ca 1525. + 1564/.
18305 – CHIROUZE …, ° 1469/1512.
18336 – FAURE Jean, Sgr de Barbières, ° ca 1495, + 1544.
18337 – SAINT-PRIEST (de) Claudine.
18340 – MONTEUX (de) Sébastien, docteur St-Antoine-l ’Abbaye et Lyon, ° ca 1448 « Rieux en Languedoc[4] ». Il fut le premier à comprendre les raisons de l’intoxication par l’ergot du seigle appelée le ‘mal des ardents’ ou ‘feu de Saint-Antoine’ et publia un ouvrage de référence sur la consommation des céréales.
36608 – VALERNOD André, ° 1421/1476, x 25/1/1491, + 1521/.
36609 – PALUELLE Berlionne, ° 1444/1476.
36672 – FAURE Arthaud, de Barbières, ° ca 1430.
73216 – VALERNOD Johannès, dit Balay, ° 26/10/1441, + 2/2/1493.
73344 – FAURE Jean, ° ca 1400.
73345 – BEAUMONT (de) Françoise, ° ca 1425.
146432 – VALERNOD Gononi, ° 1389/1423, x 26/10/1441.
146433 – BALAY Johanna, ° ca 1420.
146690 – BEAUMONT (de) Humbert ou Imbert III, chevalier, Sgr de Pélafol*, Barbières, Rochefort & d’Autichamp, ° ca 1365, + 15/11/1436. (*Cf. note 1, p. 140).
146691 – CORDON (de) Pernette ou Péronette.
Le village de Barbières est dominé par la dentelle de pierre du château de Pélafol, dont il ne reste aujourd’hui que le donjon pentagonal. Fief appartenant à l’évêque de Valence, ce château de la fin du XIIème siècle dominait la partie haute de Barbières. La partie basse, appartenait aux comtes de Valentinois. Au XVIème siècle, il appartenait à Antoine de Beaumont, seigneur de Barbières, connu sous le nom de « Capitaine Barbières » et fut détruit en 1595.
La marquise Marie de Valernod, empoisonnée à l’arsenic
(article rédigé par Josette Cador)
Extérieur du château de Murat, quartier des Rioux, au nord de Saint Vallier
« Madame de Valernod, veuve du marquis de Murat, étoit dans son château de la Saône [Lens-Lestang] près de Beaurepaire ; elle y avoit fait transporter des provisions de bouche, qu’elle avoit trouvées dans la succession de sa mère. Elle crut y trouver de la farine d’orge, dont sa mère faisoit beaucoup d’usage. C’étoit de l’arsenic préparé avec de la farine ordinaire pour la destruction des rats. Le 23 du mois dernier, Madame de Murat commanda une soupe de cette farine, qu’on lui servit à dîner. Elle étoit à table avec deux de ses fils et le vicaire de la paroisse. A peine eut-on commencé à en manger que les symptômes les plus effraïans décèlent le poison. Tous les gens de la maison accourent, mais comme le château est isolé, les secours sont lents et les remèdes mal administrés. La marquise de Murat est morte le lendemain matin, après avoir éprouvé des tourmens et des contractions si horribles que son corps, dit-on, n’avoit plus qu’un pied et demi de longueur. Son fils aîné aïant mangé moins de cette soupe fatale qu’il avoit servie et que la rapidité des effets du poison sur les autres convives lui avoit fait rejetter encore à tems, a été bientôt hors de danger. On espéroit sauver les jours de son frère et du vicaire. Ils devront leur guérison aux soins de Monsieur Daumont, médecin de Valence, qui ne put arriver que le troisième jour à minuit et les fit mettre dans des bains en leur donnant à boire sans relâche quantité de lait et d’eau ». (Journal historique et littéraire, Vol 168, 1784, Luxembourg).
« L’an 1784 et le vingt-six mars fut inhumée dans le caveau de la chapelle du seigneur, à côté du chœur de l’église paroissiale, haute et puissante Dame Marie De Valernos, par ordre de sa famille, veuve du seigneur marquis Victor de Murat, décédée le vingt-quatre du même mois, âgée d’environ cinquante ans, sans avoir pu recevoir les sacrements de l’église, morte comme subitement par l’effet d’un poison, munie cependant des prières et suffrages de l’église, … ».
Lignée noble des Valernod
1 – VALERNOD (de) Marie, ° 26.8.1739 St-Vallier, + 24.3.1784 Lens-Lestang, x 4.7.1759 St-Vallier, château des Rioux, avec Victor Louis de MURAT, marquis de l’Estang, Sgr de Moras, Manthes, Lemps, St Sorlin, fs de Claude (+ 2.6.1766 Lens-Lestang), conseiller du roi et de + Louise Gabrielle de FALCOZ de LA BLACHE, château de La Sône.
2 – VALERNOD (de) Hugues Joseph, baron de La Batie, ° 1.9.1695 Valence St-Apo, + 12.6.1777 St-Vallier, x ca 1735 Louise de MONTFERRAND.
4 – VALERNOD (de) Jean Baptiste, écuyer, président Présidial Valence, ° 27.4.1658, bapt. 26.4.1661 St-Vallier, y + 28.5.1707, x ca 1693 Anne CAMUS de CHAVAGNIEU
8 – VALERNOD (de) Hugues, Sgr de Fay, Cm 3.10.1654 Me Guilhaud, Romans 2E 3965/230 avec Anne de MISTRAL (+ 22.7.1687 Valence St-Jean), fa de + Laurent, Sgr de Gonas & + Justine de BRIGANDIERES
16 – VALERNOD (de) Jean, avocat Parl. Grenoble x ca 1620 Louise de LIONNE, AD 26 Cm E 1844 (non dépouillé).
32 – VALERNOD (de) Alexandre (*), Sgr de Chamfagot, conseiller du Roi, auditeur Chambre des Comptes Grenoble, & ? Sébastienne de GARAGNOL.
« La famille Valernod, originaire de Laveyron, lieu-dit de Saint-Vallier, tira sa noblesse d’Alexandre de Valernod, sieur de Champfagot ».[5]
64 – VALERNOD Jean & Tiphaine de ROZEL.
128 – VALERNOD François & Jeanne de LUC.
(*) La famille Valernod, originaire de Laveyron, lieu-dit de Saint-Vallier, tira sa noblesse d’Alexandre de Valernod, sieur de Champfagot. (Armorial de Dauphiné, Rivoire de la Batie, pp. 760-761, BH 2001, AD26).
Afin de reconnaitre, sans doute, le dévouement dont le capitaine-châtelain Valernod avait fait constamment preuve en dirigeant avec succès ses lucratives opérations, la Dame de Saint-Vallier lui concéda, le 11 février 1561, les eaux des deux ruisseaux de Combe Blanche et de Combe de Cise, au-dessous desquels s’éleva le château des Rioux occupé par la famille Valernod. Par faveur insigne, Jean Valernod, marchand de Saint-Vallier, fut autorisé à établir un pigeonnier dans sa maison appelée le Colombier, près du cimetière actuel.[6]
Blaise Valernod, complément d’ascendance
(Article rédigé par Josette Cador)
Par la lecture et la traduction d’un parchemin en latin de l’an 1532, concernant la vente d’une maison à Lyon, Roger Colin nous propose de compléter la famille de Françoise Garnier, Sosa 9171, publiée dans Racines Drômoises numéro 124.
« A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Nous garde du scel commun royal établi aux contrats es bailliage de Macon et sénéchaussée de Lyon savoir que par devant Drolin notaire et tabellion public et Royal /… se sont personnellement établies honorables et agrégés personnes sieurs Jehan et Hiérosme Garnier frères, citoyens de Lyon, enfants et héritiers universels de feu honorable homme sieur Hiérosme Garnier, en son vivant marchand bourgeois dudit Lyon, tous deux ensemble et chacun d’eux seul, mineur de vingt-cinq ans et mineur de quatorze ans, de l’autorité congé et licence de honnête Louis Grégoire notaire Royal au bailliage et sénéchaussée de Lyon leur beau-frère et curateur /… par acte de ladite curatelle reçus par Me Jean Symon notaire, autorisant son dit beau-frère quant à passer le contenu en ces présent /… mêmement pour payer et acquitter certain légats fait par frère André Garnier frère desdits vendeurs religieux de St Sulpice de Bourges audit couvent et certain aréages de la pension après délaissée deux à dames Isabeau et Bonaventure Garnier leurs cousines germaine fille et héritière de feu sieur Eustache Garnier /… par ces présentes vendent et appensionnent, cèdent, remettent et transportent par vendaison irrévocablement à noble femme Dame Claude Laurencin femme de noble Jean Dupeyrat docteur en droit, lieutenant général pour le Roy au bailliage et sénéchaussée de Lyon, présent acceptant et acquérant /… pour le prix de mille livres tournois lequel prix lesdits frères Garnier vendeurs ont reconnu et confessent avoir eu et reçu en écus en or au soleil et de poids /… à savoir leur grande maison avec les boutiques et tous autres membres et appartenances d’icelle situé audit Lyon, sise en la rue de la Saunière /…
Fait et rédigé à Lyon ce vingtième-quatrième janvier mil cinq cent trente deux. (AD 26 E 800).
Compléments familles de Monteux et Garnier
4584 – FAURE Abraham, Sgr de Bavière.
4585 – MONTEUX (de) Anne.
9170 – MONTEUX (de) Hiérosme[7], Sgr de Miribel et de La Rivoire, Vf1 Françoise FOURNIER, x2 ca 1530.
9171 – GARNIER (GARNYERE) Françoise, ° ca 1510, + 1584/.
D’où, du 1er lit :
– Marguerite, x 28.4.1555 Antoine de BEAUMONT, Sgr de Pellafol, Barbières, etc.
– Françoise, x 25.12.1558 Gaspard ALLEMAN.
Du second lit :
– Sébastien, + 1582 d’un coup d’arquebuse.
– Clauda, x1 Guigues Antoine de ROSTAING (x2 Marguerite ALLEMAN).
– Anne (Sosa 4585).
– Antoinette, x1 le 5.9.1646 Claude de VEILHEU, x2 Melchior de GAUBERT, x3 Pierre de MAGNAT.
18342 – GARNIER Hiérosme, marchand, bourgeois de Lyon, ° ca 1480, + / 24.1.1532, x Françoise de RIVOL, + 1532/.
D’où 5 enf. : Jean, avocat Lyon ; André, religieux couvent St-Sulpice de Bourges (Cher) ; autre Françoise, x1 Louis GREGOIRE, notaire Lyon, x2 François de LA PRAYE ; Jérôme, avocat Paris.
Jérôme de Monteux (1490-1560), médecin du roi
Sébastien Monteux, père, était médecin et conseiller d’Anne de France, femme de Pierre II, duc de Bourbon. Vers 1507, il vint se fixer à Saint-Antoine près de Saint-Marcellin, en Isère, où les religieux soignaient les malades « du feu de Saint-Antoine » ou « mal des ardents », due à l’intoxication due par l’ergot du seigle.
« Son fils Jérôme, né vers 1490-1495, fut reçu docteur à Montpellier en 1518. Il exerça la médecine auprès de son père puis à Vienne et enfin à Lyon, jusqu’en 1543.
À la fin de cette même année : « Il fut appelé par François Ier à Fontainebleau pour y donner ses soins à Catherine de Médicis [mariée depuis le 28.10.1533], femme du dauphin Henri d’Orléans, alors enceinte de son premier enfant, François[8], qui naquit le 19 janvier 1544.
Catherine de Médicis (1519-1589)
Après être restée dix ans sans avoir d’enfant, cette princesse se sentit grosse en avril 1543 grâce aux bons conseilsdu médecin Jean Fernel, qui conquit par ce fait une juste célébrité. (Note : Guy Patin dit qu’il recevait 10.000 écus chaque fois que la reine accouchait).
Claudine de Turenne, épouse de Just II de Tournon et dame d’honneur de Marguerite de Valois, ne fut peut-être pas étrangère, ainsi que le cardinal de Tournon, à la fortune de Monteux, qui trouva bientôt en Catherine de Médicis une cliente bien disposée à réparer des débuts un peu lents dans l’auguste carrière de la maternité ».
Le couple royal ayant enfin trouvé le mode d’emploi grâce aux conseils des deux médecins, Catherine a finalement été enceinte neuf fois.
En récompense, Monteux fut fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel :« Mince faveur, ce collier était distribué à tant de monde qu’il était nommé « le collier de toutes les bêtes ». Toutefois, sa noblesse n’est pas contestable car, à défaut de titres anciens, elle est établie par l’exercice de la charge de médecin et conseiller du roi ».
Dans la dédicace de ses Opuscula juvenilia adressée à François II, Jérôme de Monteux donne des détails sur ses fonctions à la Cour : « Je fus choisi par le Roi, votre grand-père, pour soigner la mère et l’enfant au moment où, dans le ventre de la Reine, votre mère, germaient les premiers principes de votre existence. Les lourdeurs de tête, la toux, les aphtes, les inflammations des gencives, les diarrhées, les fièvres, la variole, rien ne vous a été épargné, et cependant, grâce à Dieu et à notre faible secours, vous avez été guéri ».
Il donne quelques détails curieux sur la façon dont on élevait les enfants de France. Ceux-ci n’étaient pas sevrés avant deux ans. Après, l’on passait au pain, aux légumes et à la chair, mais tout cela, il fallait d’abord le mâcher, puis le leur mettre dans la bouche. Au lieu de cela, il commandait des chaudeaux, espèce de bouillie, faits de pain, de farine, d’amidon, d’amandes, de gruau, d’orge, de pois ou du pain trempé dans du jus de viande /… ».
Jérôme de Monteux a publié de nombreux ouvrages sur la médecine. Il a abandonné la Cour vers 1555 et s’est retiré en Dauphiné, où il est décédé vers 1560.
En italiques, extraits de « Vie et œuvre de Jérôme de Monteux », par H. de Terrebasse, Lyon, 1889, livre transmis par Roger Colin de l’association EGDA.
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