Bayard, leurs terres au lieudit les Chirouses (deuxième partie)

51 V 86, AD26 :

En 1824 en France, suite à la mort de Louis XVIII, son frère lui succède sous le nom de Charles X ; celui-ci soutenu par les ultras royalistes veut revenir à une monarchie d’avant la Révolution française.

Les mesures qu’il prend soulèvent la bourgeoisie : nous sommes en juillet 1830, des manifestations ont raison de ce régime. Charles X part en exil. Les insurgés désignent le cousin du roi, le duc d’Orléans pour lui succéder sur le trône en tant que roi des Français. Il portera le nom de Louis-Philippe 1er.

Quelques temps avant, dans le département de la Drôme, le sujet de l’instruction scolaire arrive sur la place publique : Le 28 mars 1828 le curé de Clérieux dépose plainte adressée au préfet contre Lhermet instituteur à Clérieux : « Parce que l’instituteur va ouvrir une classe-par l’autorisation du maire- pour le personnel du lieu au détriment des deux institutrices présentes (école religieuse) : ‘ L’instituteur ennemi du bon ordre et de justice’ ; Parce que l’instituteur fait du tapage avec des chansons chantées par la jeunesse dont les propos diffamants pour le curé ont été composés par l’instituteur ; Benoit de concert avec le maire fait courir une pétition dans l’intention de demander une autre institutrice Melle Berger, autorisée par fraude, pour faire sortir les demoiselles Revol ».[1]

Du côté de ma famille, Jean-Louis, le 05 août 1838, achète 34 ares de terre et des broussailles à Clérieux, au Chalon, vendeur Jean Tabarin, marchand [2]dont la santé laisse à désirer qui vend dans la foulée à Pierre Badoye 18 ares dans le même secteur.

Localisation dans la partie du village [3]:

Localisation sur le cadastre napoléonien, période 03/06/1819 au 19/07/1886 [4] :

« Il était plutôt courant de posséder une petite maison et des terrains. D’ailleurs, les statistiques du 19ème siècle montrent qu’il y avait alors plus de 60% de propriétaires dans la population ».[5]

Beaucoup sont devenus propriétaires d’une petite parcelle de terre avec la Révolution écrit Jacques-Olivier Boudon page 146 dans son ouvrage ‘Napoléon en cartes’.

Cependant des cessions sont effectuées par mon ancêtre : parmi des enquêtes que j’ai menées je retrouve son nom dans les tables des vendeurs durant la période 1843/1853.

Ses acquisitions restent dans ma famille : le 02 juin 1847 il achète à Joseph Bayard, un des frères de son épouse 5 ares de terre et broussailles à Clérieux au lieudit Chirouses : ‘du couchant grand chemin de Clérieux’[6] et le 21 novembre de la même année : ‘au couchant le chemin de Clérieux et au midi terre de l’acquéreur’ encore 3 ares* à sa cousine par alliance et belle-sœur Marie Bayard[7] ; La femme de Jean-Louis, Rose Bayard et Marie Bayard ont les mêmes grands-parents et Marie a épousé en premières noces un des frères de Rose.

*1 are = 26.32 toises ; 6 ares achetés font 157.92 toises et 1 toise = 3.80m2 soit 157.92 x 3.80 =

600 m2 (mes calculs d’après les mesures notées à la page 18 du fascicule ‘Si Clérieux m’était conté’)

Mes recherches sur l’origine de ces possessions :

Le 11 novembre 1702 (source : HDEPOT Romans sur Isère, B 3, page 37 du fascicule) :

Le père de ce Charles Popon, Gabriel est le frère de Laurence Popon mon Sosa 1059 ;

Etienne Barrier un de mes ascendants habite Saint-Bardoux ; il est lié à la famille Bayard par sa fille qui en épouse un fils ; les Bayard sont liés aux Popon par Marie Fayet fille de Laurence Popon ;

Peut-être qu’Etienne Barrier achète l’émine de blé pour maison ? dont la superficie correspond à 7.8 ares (soit les 5 ares et 3 ares des Bayard).

Je localise les parcelles achetées par Jean-Louis Giroud [8]: situées à notre époque entre ‘ les Mignots et la cité de la Vosnières’.

Pour complément d’information au 27 septembre 1824 je lis le nom de Jean-Pierre Bayard dans les états des sections des propriétés non bâties et bâties [9]: il possède pour moitié deux parcelles, une de terre labourable et l’autre de vigne, portant respectivement les numéros 649 et 650 ; l’autre possesseur était Louis Giroud. [10] 

Voici ci-dessous la localisation (en 1824 le lieudit les Chirouses est intégré au quartier « Mignot ») : [11]

Quatre générations vivront sur ces terres car, Ferdinand, fils du couple Jean-Louis et Rose, en tant que maçon en devenir, construit une habitation où ses parents y sont jusqu’au décès dudit Jean-Louis, tandis que lui, Ferdinand avec son épouse et enfants, logent rue de la Loive dans le village[12] (la maison achetée en 1816 n’apparait plus dans le relevé des matrices des propriétés foncières au 28 septembre 1824[13]) et ceci jusqu’au milieu de l’année 1852.

[14]

« Du 03 janvier 1853 S’est présenté Ferdinand Giroud, journalier à Clérieux agissant tant pour lui que pour Xavier et Rosalie les frères et sœurs du dit et lieu qu’a déclaré que Giroud Jean Louis leur père est décédé à Clérieux le 12 mai dernier[15], sans tester et qu’il leur a déclaré par son décès :

1er la moitié indivise avec Rose Quinson d’une petite maison en ruines à Clérieux ladite moitié évaluée à un revenu annuel de huit francs.

2ème : environ cinq ares terre à Clérieux aux Chirouzes revenu trois francs ».[16]

Le notaire n’est pas bien informé de la situation foncière : il aurait dû transcrire : ‘six ares de terre (achats à Marie et à Joseph Bayard) aux Chirouses ainsi qu’une construction’ –ce qui n’apparait pas dans le document successoral. Quant à la maison dite en ruine il ne s’agit point de celle de Louis à qui le cadastre a attribué le numéro 260 : plus sur le document de Jean-Louis en date du 28 septembre 1824.[17]

Pour quelle raison Jean-Louis n’a-t-il pas fait construire son habitation sur le terrain de 34 ares dans le village ?

Il s’est ‘rattrapé’ en l’élevant au lieu-dit les Chirouses sur la parcelle numéro 649 [18](obtenue avec celle numéro 650 en 1838 [19]) où son patrimoine foncier s’est élargi : terres en héritage de son père et achats aux Bayard.

Jean-Louis Giroud, mon ancêtre, a une sœur Marie Anne née sept ans plus tard que lui le 5 janvier 1794 à Clérieux.

Celle-ci se marie en 1819 avec Jean-Antoine Ferrère originaire du département de l’Ardèche.

Il exerce le métier de mineur en pierres.

De leur union deux enfants, deux garçons qui décèderont jeunes : l’un à l’âge de sept ans et l’autre à l’âge de dix-sept ans.

Fiévreuse, alitée chez son cousin Jean-Louis Ramat à Clérieux, sentant sa mort approcher Marie Anne fait venir un notaire de Romans pour coucher sur papier ses dernières volontés. Ces dernières favorisent des cousines par alliances au détriment de son frère Jean-Louis.

Nous ne savons pas ce qu’il advient de son mari ; il n’était pas présent au décès de ses fils.

« Je nomme comme héritière et légataire universelle Rosalie Tardivet, épouse de Jean-Louis Romat son cousin voulant qu’elle recueille la généralité des biens que je laisserai à mon décès, à la charge par elle d’acquitter les sommes dont je viens de disposer ». (20)

Elle révoque tous testaments précédents.

Rosalie Tardivet, peu de temps après le décès de Marie Anne, part avec son époux s’installer en Algérie à Mustapha, reviennent à Romans sur Isère (source Généanet arbre ‘Divoux-Vincenti’).

Ils finissent leur existence à Marseille, lui comme mendiant. (21)


(20) 2 E 18851 du 29/08/1844, AD26

(21) vue 34, 2 Y 1097 (1874/1879) registres de mendicité de Marseille ET pour son décès : vue 123 acte 714 (1 E 1487), AD13 https://www.archives13.fr/ark:/40700/vta258e462555533ff4/daogrp/1#id:895079397?gallery=true&center=903.500,-2995.773&zoom=11&rotation=0.000&brightness=100.00&contrast=100.00&lock=true


[1] 10 T 20/2 B, AD26

[2] 2 E 15335 folio 406, AD26

[3] Si Clérieux m’était conté, BH 1875/15, AD26

[4] 3 P 2247/1, AD26

[5] Elise Lenoble et ses articles : https://www.aupresdenosracines.com/3-raisons-dutiliser-les-matrices-cadastrales/

[6] 2 E 18860 folio 269

[7] 2 E 18861 folio 559

[8] 3 P 2247/1, AD26

[9] 3 P 670, section E, AD26

[10] 3 P 671, AD26

[11] 3 P 2247/7, AD26

[12] Vue 33, recensement année 1851, AD26

[13] 3 P 671, AD26

[14] https://cartepatrimoine.ladrome.fr/notice-1969#notice_gallery-2

[15] Au lieudit les Chirouses Vue 62, recensement année 1851, AD26

[16] 3 Q 10578 acte 216, AD26

[17] 3 P 671, AD26

[18]Situation au nom de Ferdinand Giroud, 3 P 672, A26

[19] Situation de Jean-Pierre Bayard, 3 P 671, AD26

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