Waouh, statut social des Popon à Claveyson

Dans le département de la Drôme :

Comme le nom Tivolle, Cheval, Bayard, celui de Popon fait partie du paysage de la Drôme des collines et plus spécifiquement du village de Claveyson dont le nom signifie domaine de l’enclos ou du parc, où les habitations n’ont jamais été réunies en une seule agglomération[1] ; voici ma branche :

Pierre Pupon (mon Sosa 67776)

Né vers 1430, décédé entre 1461 et 1507

Barthélémy Pupon (mon Sosa 33888)

Né avant 1486, décédé après 1533

Johannes Popon (mon Sosa 16944)

Né avant 1504, décédé ?

Maréchal

Jehan Popon (mon Sosa 8472)

Né avant 1522, décédé après le 03/07/1588

Marié avant 1539 en premières noces avec ? en deuxièmes noces en ? avec Antonia Thomas 

Jehan Popon (mon Sosa 4236)

Né vers 1550 décédé le 19/02/1602

Châtelain de Claveyson et de Mureils- sieur de Goutoule

Marié vers 1570 à Isabeau Thivolle, décédée après 1600 

Michel Popon (frère de mon Sosa 2118)

Notaire royal delphinal, châtelain de Ratières

Marié cm 2 E 10922 folio 27 le 30/01/1600 avec Jehanna Jullien

Charles Popon (mon Sosa 2118)

Né en 1583, décédé en 1638

Châtelain de Claveyson

Marié le 03/07/1603 à Magdeleine Montalon, fille de François et de Jeanne Figuet, née en 1579, décédée le 29/08/1667 à Claveyson 

Gabriel Popon (frère de Laurence)

Né vers 1611 à lieu non connu, décédé le 15/10/1676 à Claveyson

Capitaine châtelain de Claveyson, notaire

Marié le 13/09/1659 à Romans (paroisse Saint-Barnard) à Marguerite Guigou ; marié entre 1668 et 1669 à Marie Barbier ; marié en 1638 à Luce Villate et marié avec ? ; Sa signature [2]:

Laurence Popon (mon Sosa 1059)[3]

Née avant 1628 à Claveyson, décédée le 12/06/1701 à Margès

Marié le 27/11/1644 à Fayet (du) Michel, né vers 1600 à lieu non connu, décédé le 04/04/1683 à Margès, cm 2 E 11031 folio 207 du 27/11/1644. Sa signature [4] :

« Popon venant de l’ancien mot ‘pope’ signifiant dodu ».[5]

« Une modeste bourgade comme Claveyson, qui fut pendant de longs siècles un simple domaine féodal, a pour histoire principale celle de ses anciens maitres : c’est surtout par le rôle plus ou moins brillant rempli par eux, par les services plus ou moins importants qu’ils ont rendus au pays, qu’elle peut inspirer de l’intérêt./ Claveyson a été possédé par quatre familles, dont les trois premières étaient héritières les unes des autres : la famille de Claveyson, celle d’Hostun et celle de Lionne, par laquelle la terre fut vendue à la maison de Tournon ». [6]

« Le patrimoine des Claveyson, agrandi peu à peu, était déjà considérable. Dès le commencement du XIIIe siècle, ils possédaient la seigneurie de Mercurol, vers la fin du même siècle, ils acquirent de la maison de Montchenu la belle terre de Mureils ».[7]

https://remonterletemps.ign.fr/ carte IGN :

Jehan Popon, né vers 1550, est châtelain de Claveyson et de Mureils et sieur de Goutoule.

N’ayant aucunes connaissances quant aux ascendants de Jehan je n’affirmerai pas qu’ils correspondent à la définition : « A l’époque féodale, les châtelains étaient, en Dauphiné, des milites, des officiers nobles pourvus par le Dauphin ou par le seigneur des lieux de compétences militaires, judiciaires et financières qu’ils exerçaient dans le cadre des mandements ».

Les châtelains étaient encore avant la révolution de simples officiers dans le Dauphiné, précise Quentin Duquesne dans son ouvrage.[8]

Les seigneurs de Claveyson sont, à l’époque de Jehan et de son fils Charles, respectivement Charle Ier du nom, né le 30/03/1547 au château de Claveyson – pour son décès seul le testament en date du 16/09/1621 est connu- Charles IIe du nom, seigneur de Claveyson, Mureils, etc., né le 27/03/1597, fils de Charles 1er et de Renée du Peloux, sa seconde femme, Il devient seigneur de Claveyson vers 1611.[9]

Pour remplacer le château féodal délabré « Louis, seigneur de Claveyson, Hoston etc. en 1508, aidé de son frère Antoine, le commandeur de Malte, il entreprit de rebâtir le château de Claveyson, ‘de pied à la cyme, et le fist commencer par ung maçon qu’il envoya quérir à Amboyse’ ».[10] En 1548 l’embellissement du château se fait par le tracé d’allées et la plantation d’arbres.

« Le château de Claveyson gardait encore une partie de sa physionomie féodale, par sa masse, ses épaisses murailles et ses grosses tours rondes. Mais les larges fenêtres à meneaux avaient remplacé les meurtrières, et la couronne de machicoulis se contentait d’embellir l’édifice au lieu de concourir à sa défense/ d’après les ruines, l’ensemble des bâtiments formait un grand carré, au milieu duquel était une cour. Les murs d’enceinte s’étendaient dans la direction du midi, au-dessous du rocher. La grande porte extérieure était au bas, on y arrivait du village par le chemin qui longe le cimetière actuel, en suivant une belle allée d’ormes plantés par Pierre de Claveyson, fils de Louis ».[11]

Il faut faire la différence entre ce château et celui de l’époque de la famille Tournon (voir mon écrit : 

Thivolle, Tivolle, Thivol et l’aïeul Jacmatus paru en novembre 2023).

Je suis en présence d’hommes de loi dans cette famille : un des fils de Jehan (marié à Isabeau Thivolle) Michel est notaire de Ratières et de Claveyson, leur petit-fils Gabriel est notaire (le fils de Charles), un autre petit-fils Charles Popon des Marais est procureur d’office ; et de la descendance de Michel son fils et petit-fils sont notaires,

Au 19ème siècle un Jean Popon, notaire à Chanos-Curson, est le descendant d’un Charles, notaire de Mercurol avant 1626,

Le statut social des Popon est évident : des bourgeois. En 1583, un an après l’établissement du calendrier grégorien le prieuré de Châte fut cédé à Jean Popon, châtelain de Claveyson, comme mandataire de Denis Glos, qui en avait déjà obtenu le brevet en 1582.[12]

En 1607, Florisel, seigneur de Claveyson, Hostun, Mercurol, Mureils etc., perd sa jeune femme. Ce malheur l’affecte ‘au point de le détacher entièrement des affaires de ce monde’. Par un acte du 07/08/1608 passé chez Michel Popon, il arrente toutes ses terres de Claveyson et de Mureils à Charles Popon, au prix de 2742 livres par an,[13]

« Madeleine Montalon veuve de feu sieur Charles Popon, âgée d’environ quatre-vingt et huit ans, décédée après avoir reçu les saints sacrements de pénitence viatique et extrême onction a esté enterré dans l’église de Claveson le vingt neufème août mille six cent soixante ».

Gabriel achète de Michel du Fayet le domaine de Michelon et de Maucune et autres terres à Bathernay pour 10 500 livres le tout [14] et acte du 24/03/1667, plus des transactions « Nous soussignés, avons fait les concessions suivantes : à savoir que moi Michel Fayet vend purement et simplement les domaines et fonds que j’ai dans la terre de Bathernay acquis de feu noble Louis de Blanc de Chaptal, seigneur de la Garde et d’autres à monsieur Popon mon beau-frère et ce pour le prix de huit mille cinq cent livres, laquelle dette sera employée à l’acquittement de mes débits antérieurs. Et moi le dit Popon promets de payer ladite somme de huit mille cinq cent livres et de rapporter acquict à monsieur le dit beau-frère Fayet et de ses créanciers / » (E 1494, AD26).

Un hameau du village de Margès porte le nom de Fayet.[15] Michel Fayet sait rédiger [16]:

Les Popon se qualifiaient seigneurs de Maucune au XVIIIe siècle.[17]

Les filles de la famille, celles de Charles marié à Madeleine, sont instruites : Anne en 1638 signe son contrat de mariage, tout comme Charlotte en 1641 ; Marie signe son testament en 1668, Magdeleine entre en 1676 dans les ordres religieux du couvent Saint-Ursule de Romans où elle signe sa protestation.[18]

Elles sont bien dotées : « François et Jean DELACOURT (signent) père et fils marchands de Romans ont confessé avoir heu et receu de Me Gabriel POPON notaire royal et châtelain du marquisat de Claveyson absent moy dit notaire stipullant la somme de 2000 livres tournois pour reste plein et entier payement de la constitution dottalle faicte par ledit sieur POPON à Marie POPON sa fille et femme audit sieur Jean DELACOURT dans le contract de leur mariage receu par Me VILLATE notaire du 27 febvrier 1661 ».[19]

Retranscription du notaire Vierou du contrat de mariage, après le 15/10/1676 (date du décès de Gabriel Popon) * et sans les signatures des parties- des principaux éléments de la dot de mon aïeule Laurence Popon mariée avec Michel Le Fayet ou du Fayet ou Fayet [20] :

« La somme de sept cent livres, une robe, un lit garni de huit linceuls, une couette et quatre brebis le tout à elle légué par sieur Charles Popon son père en son dernier testament reçu par maitre Astruct, notaire, le 20/09/1638, plus deux coffres l’un de noyer pour usage bahut fermant à clé neuf et rempli de linge pour usage de femme ; ensemble quatre linceuls neufs le chacun de quatre aunes, une douzaine de serviettes faites à la petite venise, une nappe aussi à la venise, deux brebis de bon âge et lainage plus la somme de trois cents livres à elle donné dans son contrat de mariage par honnête femme Magdeleine Montalon sa mère plus la somme de deux cents livres et une robe à elle aussi donné en son dit contrat de mariage par sieur Gabriel Popon notaire royal, capitaine chatelain ».

La suite du document parle de dons matériels, d’équivalences financières entre lui et sa femme et Gabriel Popon ainsi que la situation cadastrale du domaine ‘Les Julliens’, héritage perçu par Michel Fayet de sa belle-mère Claude Roujat.

*au-dessus de la signature du notaire Vierou il est noté ‘dudit feu maitre Gabriel Popon’.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer : Carte Cassini, lieu-dit ‘Les Julliens’ plus ‘les Roujats’ :

Sur l’original du contrat de mariage de Laurence Popon d’avec Michel Fayet date du 27/11/1644 à Saint-Uze (cm 2 E 11031 folio 207) il est indiqué ‘rentier du seigneur de la baulme* à Charmes’.

*NDLR : Méraud d’Hostun, seigneur de la Baume

Le statut social de Michel Fayet se laisse voir : Bail à ferme par Calvier, jésuite, pour le recteur du collège de Tournon, prieur de Saint-Donat, à Fayet, fermier de la baronnie de Charmes, de toutes les dimes en vin et en grains qui appartiennent audit prieuré à Arthémonay et Reculais, pour 200 livres chaque année (année 1647).[21]

Vente par Fayet, fermier de la baronnie de Charmes, à noble Nicolas de Marcoux, sieur du Bay, d’un domaine à Ginot sur Charmes, près de la rivière de l’Herbasse, moyennant 1500 livres et 2 pistoles d’Espagne d’étrennes (en 1649). [22]

Vente par noble Louis de Blanc de Chapteuil, seigneur de Maucune, à Michel Fayet, fermier de la seigneurie de Charmes, d’un domaine sis à Bathernay et de diverses pièces de terre, pour la somme de 6 700 livres (période 1583/1669, E 523, AD26).

Je retrouve Michel Fayet au 27 août 1666 : ‘habitant rentier au château de Saint-Mury’ *(E 1494, AD26) :

*château situé à Montchenu

Le rentier traite avec un propriétaire un bail à ferme (dit aussi arrentement ou albergement) pour louer une exploitation (grange) en contrepartie d’un paiement annuel.

En 1674 il habite Tournay :

Mes ancêtres Fayet ont sept enfants dont quatre filles : Marie s’unie à Thomas Bayard (voir mon écrit Jean Bayard, suffisamment établi pour payer l’impôt publié en janvier 2026).

Un arrière-petit-fils Fayet, du fils Gabriel du couple de Laurence et Michel, est vétéran des grenadiers de la garde ; il a fait les campagnes depuis l’année 1793 ; il prend sa retraite le 25 juillet 1806 ; il est nommé chevalier de la légion d’honneur.[23]


[1] Page 201, recherches historiques sur Claveyson, tome 15 par J. Vossier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26

[2] E 2200, année 1647, AD26

[3] Ascendance posée avec les recherches de Thierry Champel de mon association Egda et du fascicule B1/47 de la bibliothèque de ladite association.

[4] Cm 2 E 11031 folio 207 du 27/11/1644 à Saint-Uze 

[5] Page 135, les noms de famille et leurs secrets par Jean-Louis Beaucarnot

[6] Page 193, 194, recherches historiques sur Claveyson, tome 15 par J. Vossier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26

[7] Page 64, recherches historiques sur Claveyson, tome 16 par J. Vossier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26

[8] Page 161, Officier seigneurial et pacificateur, le châtelain dans les campagnes dauphinoises à la fin de l’Ancien Régime par Quentin Duquesne

[9] Page 26, recherches historiques sur Claveyson, tome 17 par J. Vossier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26

[10] Page 224, 227, recherches historiques sur Claveyson, tome 16 par J. Vossier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26

[11] Page 30, 32, recherches historiques sur Claveyson, tome 17 par J. Vossier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26

[12] Page 83, souvenirs historiques, notice sur Saint-Donat par Léon Gontier

[13] Page 24, 25, tome XVII, année 1883, recherches historiques sur Claveyson, J. Vossier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, AD26

[14] Vue 461, 1 FLR1766, archives communales de Romans

[15] Page 142, dictionnaire topographique du département de la Drôme

[16] E 1494, AD26

[17] Page 211, dictionnaire topographique du département de la Drôme

[18] Page 116, le monastère de Sainte-Ursule de Romans par Jean-Yves Baxter

[19] Vue 235, 2 E 3833, AD26 – aide à la transcription Thierry Champel de l’association Egda

[20] E 1494, AD26 

[21] E 2200, AD26

[22] E 2202, AD26

[23] Vue 53, SHD/GR 20 YC 36, mémoire des hommes

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